Bonjour à tous,

Cette semaine, nous faisons dans l’éditorial, la synthèse du débat sur le profil idéal du responsable du district sanitaire en Afrique sub-saharienne. Nous vous invitons à lire et à commenter.

Par la suite, vous trouverez trois articles   dans le menu de cette semaine. Le premier concerne la liste des interventions clés pour lutter contre les maladies non transmissibles. Le deuxième est une synthèse du Rapport OMS sur le paludisme dans le monde 2016. Le troisième est une étude sur la prévalence de l’hépatite chronique B et la capacité de prise en charge à Madagascar.

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Bonne Lecture

Basile Keugoung

Facilitateur

Edito – Gestion du district sanitaire en Afrique sub-saharienne : Quel est le profil idéal du responsable ?

En Afrique sub-saharienne, les districts de santé sont dirigés essentiellement par des médecins. Ceux-ci sont soit des médecins généralistes ou des médecins titulaires d’un Master en santé publique. En santé publique, les spécialités sont variées : épidémiologie, gestion de projet, gestion des systèmes de santé…. La CoP PSS a lancé un débat sur le profil idéal du responsable. La question était la suivante : Quel serait le meilleur profil pour diriger le district sanitaire ?

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Maladies non Transmissibles

  1. OMS : Liste des interventions clés pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles

http://who.int/ncds/management/WHO_Appendix_BestBuys.pdf?ua=1

Titre original: ‘Best Buys’ and other Recommended Interventions for the Prevention and Control of Non-Communicable Diseases

Les interventions ont été sélectionnées sur la base de l’efficience, de l’efficacité, de l’accessibilité financière, de la capacité de mise en œuvre, la faisabilité, des contextes nationaux, de l’impact sur l’équité et de la nécessité d’une combinaison d’interventions tant de masse et individuelles.

  • Lutte contre le tabac
    • Augmenter les taxes et les prix du tabac
    • Mettre en place la politique des paquets standards et/ou des messages de mise en garde sanitaire sur tous les paquets de tabac
    • Abolir la publicité, la promotion et le sponsoring sur le tabac
    • Interdire de fumer dans les lieux publics, dans les bureaux et les transports publics
    • Faire des campagnes de masse pour éduquer le public sur les effets du tabac sur la santé
  • Lutte contre l’alcool
    • Augmenter les taxes sur les boissons alcooliques
    • Eliminer ou restreindre la publicité sur l’alcool
    • Réduire la disponibilité physique de l’alcool (réduction des heures de vente)
  • Lutte contre la mauvaise alimentation
    • Réduire la consommation de sel à travers la reformulation des produits alimentaires pour qu’ils contiennent moins de sel et définir des normes de sels dans les aliments
    • Réduire la consommation de sel à travers le développement d’un environnement favorable dans les lieux publics : hôpitaux, écoles, lieux de travail
    • Réduire la consommation de sel à travers la communication et les campagnes de masse dans les médias pour induire un changement de comportement
    • Réduire la consommation de sel à travers l’étiquetage des produits
  • Lutte contre l’inactivité physique
    • Mettre en œuvre l’éducation du public et des campagnes de masse pour l’activité physique en combinaison avec l’éducation communautaire, des programmes environnementaux et de motivation pour induire un changement de comportement favorable à l’activité physique.
  • Lutte contre les maladies cardiovasculaires et le diabète
    • Traitement médicamenteux (y compris de contrôle de la glycémie et de l’hypertension) et conseils aux individus aux personnes ayant eu une crise cardiaque ou un accident vasculo-cérébral ou à haut risque
  • Lutte contre le cancer
    • Vaccination (2 doses) des filles de 9-13 ans contre le papillomavirus humain
    • Prévention du cancer du col par un dépistage chez les femmes de 30-49 ans.

Paludisme

2. OMS : Rapport sur le paludisme dans le monde 2016

http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/254913/1/WHO-HTM-GMP-2017.4-fre.pdf

Le Rapport sur le paludisme dans le monde 2016 résume les progrès accomplis sur la voie des objectifs pour 2020 définis par la Stratégie mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030. En 2030, les objectifs de la stratégie sont les suivants :

  • Réduire d’au moins 90% le taux de mortalité liée au paludisme au plan mondial par rapport à 2015
  • Réduire l’incidence des cas de paludisme au plan mondial par rapport à 2015
  • Éliminer le paludisme dans au moins 35 des pays où il y avait transmission en 2015
  • Empêcher la réapparition du paludisme dans tous les pays exempts en 2015

Cette lutte passe par la lutte antivectorielle, l’accès et l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides (MII), la chimioprohylaxie chez les femmes enceintes, le test de diagnostic rapide et le traitement du paludisme et enfin la surveillance.

Pour les 91 pays et territoires endémiques de cinq régions de l’OMS, Le ra présente des données relatives à 26 indicateurs et analyse l’évolution de ces indicateurs au fil du temps.

Le pourcentage d’enfants soumis à un test de diagnostic rapide (TDR) du paludisme a augmenté de 77% et celui des femmes enceintes bénéficiant du traitement préventif intermittent pendant la grossesse (TPIp) a été multiplié par cinq au cours des cinq dernières années. En outre, l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) a quasiment doublé au sein de la population à risque.

Malgré ces progrès remarquables, en 2015, le nombre de cas de paludisme et de décès associés a été respectivement estimé à 212 millions et à 429 000 au niveau mondial. La région Afrique de l’OMS reste la plus touchée avec, à elle seule, quelque 90 % des cas de paludisme et 92 % des décès associés en 2015. La région Asie du Sud-Est regroupe 7 % des cas de paludisme dans le monde et 6 % des décès associés. Au niveau mondial, les trois quarts des cas de paludisme et des décès associés sont concentrés dans moins de 15 pays, et un tiers pour le Nigéria et la République démocratique du Congo.

En Afrique, la population n’ayant pas accès aux outils permettant de prévenir et de traiter la maladie se compte encore par millions. Le manque de financements et la fragilité des systèmes de santé restreignent l’accès aux interventions essentielles et compromettent la réalisation des objectifs mondiaux. Selon le présent rapport, moins de la moitié des 91 pays et territoires touchés par le paludisme sont en bonne voie pour réduire de 40% l’incidence du paludisme et la mortalité associée, deux objectifs intermédiaires pour 2020.

En 2015, le financement de la lutte contre le paludisme s’élevait à 2,9 milliards US$. Pour atteindre l’objectif de financement fixé par la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 à 6,4 milliards US$ d’ici 2020, les contributions nationales et internationales doivent augmenter de façon substantielle.

Hépatites Virales

3. BMC Public Health – Prévalence de l’infection par le virus de l’hépatite B et infrastructure de diagnostic à Madagascar : implication pour la stratégie de l’élimination de l’OMS

Titre original- Prevalence of chronic hepatitis B virus infection and infrastructure for its diagnosis in Madagascar: implication for the WHO’s elimination strategy

Soa Fy Andriamandimby et al.

https://doi.org/10.1186/s12889-017-4630-z

L’OMS a développé une stratégie mondiale pour éliminer les hépatites B en 2030 et traiter 80% des personnes infectées par le virus de l’hépatite B éligibles au traitement antirétroviral. Une première étape pour atteindre cet objectif est d’analyser la situation afin d’élaborer les plans nationaux. L’étude fait une estimation de la prévalence de l’hépatite B et décrit l’infrastructure existante pour son diagnostic à Madagascar.

Une enquête stratifiée multiples de dépistage de l’antigène de surface HBs de l’hépatite B a été conduite chez les adultes de plus de 18 ans à travers 28 sites de surveillance sentinelles du pays. La liste des formations sanitaires qui effectuent le dépistage a été obtenue du Ministère de la Santé et le laborantin a été contacté.

AU total, 1778 adultes ont été recrutés. La prévalence de l’antigène HBs était de 6,9% (IC à 95% : 5,6-8,6). Les populations avec un niveau socioéconomique bas et résidant en zone rurale avaient une séroprévalence plus élevée. Les ratios des formations sanitaires dotées d’équipement pour le dépistage de l’hépatite B étaient de 1,02 et 0,21 formations sanitaire pour 100 000 habitants dans la capitale (Antananarivo) et en dehors de la capitale respectivement. Il n’y a pas de formations sanitaires capables de faire le dépistage ADN de l’hépatite B ou de faire l’élastographie pour mesurer le degré de fibrose hépatique. Il n’y a que 5 hépatologues à Madagascar.

L’endémicité de l’infection par le virus de l’hépatite B est moyennement élevée à Madagascar et la capacité de diagnostic et de traitement est très limitée. La prévalence élevée en zone rurale et chez les pauvres relève la nécessité d’une approche de santé publique pour décentraliser la prise en charge de l’hépatite chronique à travers l’utilisation des méthodes de diagnostic simples et à bas coût.

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