Titre original: “World’s pharmacy” faces new challenges from Western drug companies

Jack Andrew

Source : http://www.bmj.com/content/345/bmj.e6207

Le fait que l’Inde devienne un champ de bataille mondial des droits de propriété intellectuelle met-il en péril son rôle comme «pharmacie du monde»? Quel effet cela aura sur l’accès abordable aux médicaments? Telle est la réflexion que nous propose Andrew Jack.

Certaines sociétés pharmaceutiques multinationales occidentales soutiennent que la situation actuelle jette un froid sur leur volonté d’investir en Inde dans la recherche de médicaments et compromet leur capacité à développer de nouveaux médicaments. D’autres réclament de nouvelles molécules tout en déplorant le monopole des brevets. Pour MSF, cette situation offre un accès abordable aux patients à la fois au niveau national et international.

En effet, Cipla et ses pairs ont apporté un traitement à des millions de personnes, notamment les personnes atteintes du VIH en Afrique. Le manque de protection des brevets signifiait qu’ils pouvaient non seulement vendre des médicaments à moindre coût, mais aussi de combiner des médicaments, rendant les traitements plus faciles à prendre et plus efficaces. Mais, l’adhésion de l’Inde à l’Organisation Mondiale du Commerce inclut la condition que d’ici 2005, il respecte les brevets des médicaments innovants. Pourtant, Le système indien a été conçu pour empêcher la pratique de la «perpétuation des brevets», selon laquelle les compagnies pharmaceutiques apportent des modifications mineures à leurs produits afin d’étendre l’exclusivité sur le marché. Alors, de nouvelles réflexions sur la façon de rendre les médicaments disponibles  et abordables dans un système de santé indien inadéquat et de contexte de pauvreté croissante continue à germer. Pour faire face, des entreprises ont adopté des approches différentes : Vente de médicaments en Inde aux prix occidentaux ; Offre de gamme de profondes remises en Inde afin de refléter la capacité des patients à payer…      Ces transactions n’ont pas empêché la poursuite des affrontements juridiques  sur les brevets, conduisant à des décisions qui prêtent souvent à confusion : En Septembre dernier, un tribunal a confirmé les brevets de Roche sur l’erlotinib (Tarceva), mais a également permis à Cipla de continuer à produire.

En réalité, ces disputes n’ont pas empêché l’intensification de l’activité commerciale et de partenariat dans le pays ces dernières années. Car les génériques indiens vendent leurs versions avec des réductions de prix de médicaments tant aux États-Unis et qu’en Europe une fois que le brevet soit arrivé à expiration. Dans le même temps, les compagnies pharmaceutiques occidentales ont étendu leurs activités en Inde et ont tous formé des alliances avec des entreprises locales.

L’espoir est permis, malgré la grande question de l’accès limité pour les patients à faible revenu partout dans le monde.

Laure Fotso

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