Editorial- Les gouvernements africains cherchent-ils à améliorer l’accès aux soins pour leurs populations ?

Par Morris Kouame – Lire ici

 

Lancet : Supplément sur la couverture universelle

 

1. Lancet (Editorial)- La lutte pour la couverture universelle

Titre original: The struggle for universal health coverage

http://www.lancet.com/

Le Lancet a publié une série d’articles sur la couverture universelle. Ces articles traitent des thèmes variés relatifs à la couverture universelle tels que le lien entre la proportion de la couverte et les indicateurs de santé, les dimensions politiques et économique de la transition vers la couverture universelle et des expériences de mise en place des assurances maladies en Afrique et en Asie.

 

Politiques de santé

 

2. BMJ (Analysis) – L’Afrique sub-saharienne n’est pas seulement affectée par les maladies infectieuses

Titre original : No more disease silos for sub-Saharan Africa

Patricio Marquez & Jill Farrington;

http://www.bmj.com/content/345/bmj.e5812

Les pays d’Afrique sub-saharienne sont confrontés à un double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles. Pour certains pays, comme l’Ile Maurice et les Seychelles, les maladies non transmissibles sont aujourd’hui la principale cause mortalité des personnes de plus de 45 ans.
En 2008, la région africaine a enregistré le taux le plus élevé de mortalité des maladies non transmissibles dans le monde. Ainsi, l’Afrique a enregistré  en termes de décès pour les hommes (844/100 000) et pour les femmes (724/100 000) et pour les dix prochaines  années, ces chiffres seront à la hausse. Cependant comment venir à bout ces maladies non transmissibles ? Pour Patricio Marquez et Jill Farrington auteur de cet article, la connaissance de leurs déterminants communs et les liens entre les maladies devraient être utilisés pour stimuler le développement de programmes coordonnés pour à la fois  les  prévenir et les traiter. Mais comment l’Afrique sub-saharienne pourrait–elle répondre à cela compte tenu des ressources déjà limitées? Les auteurs de l’article proposent donc trois démarches.

D’abord il faut capitaliser les éléments qui existent entre les liens et  les conditions en s’appuyant sur par exemple sur les conditions sociales, comme la pauvreté généralisée qui limite l’accès à une nutrition adéquate et des services de santé de base qui  affectent les deux groupes de maladies en termes de causalité, de  comorbidité et de soins.

Ensuite, mettre l’accent sur les besoins de soins communs plutôt que sur des catégories de maladies à travers une approche intégrée comme par exemple, la stratégie DOTS (traitement sous observation directe, de courte durée) pour les cas de tuberculose qui a été appliquée à la gestion des personnes souffrant de diabète sucré au Malawi.

Enfin, il faut capitaliser l’expérience de la mobilisation des ressources et des capacités existantes comme ce fut le cas pour la mobilisation de ressources et la lutte contre le VIH. Cependant, pour y parvenir, des défis doivent être relevés. Les auteurs préviennent qu’il faut éviter de créer encore un autre silo ou un ensemble de silos car les limites organisationnelles, financières et celles des services des systèmes de santé pourraient resurgir avec l’approche utilisée pour les programmes spécifiques de la maladie.

Patricio Marquez et Jill Farrington concluent en avançant que beaucoup de maladies et une utilisation inefficace des ressources pourraient être évitées en Afrique sub-saharienne, si les approches sont  repensées en s’appuyant sur des preuves scientifiques et sur les expériences des pays.
De ce fait, les gouvernements africains et la communauté internationale devraient accorder la priorité à la construction de systèmes de santé qui offrent une protection financière universelle contre le coût de la maladie avec un meilleur accès à des  soins de qualité  qui répondent aux besoins multiples des populations.

Morris Kouame

 

3. Malaria Journal – Tendances sur la disponibilité et les prix des ACT un an après l’AMFm: Situation des zones rurales en Tanzanie

Titre original: Trends in availability and prices of subsidized ACT over the first year of the AMFm: evidence from remote regions of Tanzania

Prashant Yadav, Jessica L Cohen, Sarah Alphs, Jean Arkedis, Pete Larson, Julius Massaga and Oliver Sabot;

http://www.malariajournal.com/

Contexte:

La Tanzanie a mis en place un programme de subvention qui a pour but d’améliorer l’accès tant financier que géographique des ACT dans les cliniques du secteur publique et les magasins privés qui les détaillent, ceci en particulier dans les zones rurales et reculées ou les disparités en accès aux médicaments existent de manière régulière.

Le programme de subvention des ACT a été lance par le Fonds Mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA, la Tuberculose et le Paludisme et est actuellement pilote dans 7 (sept) pays africains dont la Tanzanie.

Cette étude est la première qui examine de manière rigoureuse la disponibilité et les prix subventionnés des ACT pendant la première année de la mise en place des unités où l’on retrouve les médicaments antipaludiques à des prix abordables.

Cette étude doit répondre aux questions suivantes :

Comment la disponibilité et les prix des ACT ont changé dans les premiers 6 mois de la mise en place de ce programme dans les zones rurales et reculées ?

1)      Est-ce que la disponibilité et les prix diffèrent selon que le magasin est situé en zone rurale reculée ou en zone urbaine ?

 

Méthodologie :

Elle consistait en un audit périodique des points de distribution d’ACT agréés situés dans les 2 régions sélectionnées pour cette étude. La disponibilité et les prix des ACT ont été explorés, de même que les autres facteurs tels que : l’enclavement, la densité de la population.

 

Résultats :

Cette étude a été conduite de Février 2011 à Janvier 2012. Les résultats ont été les suivants :

– La proportion de points de distribution d’ACT agréés qui ont stocké les ACT est passée de 25% à 88% à Mtwara et de 3% à 62% à Rukwa ;

– La disponibilité des ACT était rependue ;

– Il n’y avait pas de relation significative entre l’enclavement et la disponibilité des ACT ;

– Les doses adultes étaient beaucoup plus disponibles ;

– Et les prix sont partis de 1.03 USD au départ à 0.81 USD

 

Conclusion :

Le programme de subvention des  prix des ACT en Tanzanie a conduit à une meilleure disponibilité des ACT à prix abordables.

Gaston Wamba

 

4.     Health Planning & Management – Les barrières à la mise en œuvre des directives de l’OMS sur l’allaitement maternel exclusif chez les mères vivant avec le VIH en Afrique sub-saharienne: une exploration des idées, des intérêts et des institutions

Titre original : Barriers to implementing WHO’s exclusive breastfeeding policy for women living with HIV in sub-Saharan Africa: an exploration of ideas, interests and institutions

Gwendolen G. Eamer et al.;

http://onlinelibrary.wiley.com/

La transmission verticale du VIH survient lorsque la femme séropositive transmet le virus à son enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. Les directives OMS 2010 concernant la nutrition de l’enfant et le VIH recommande l’allaitement maternel exclusif pour les mères séropositives vivant dans des contextes à ressources limitées. Même s’il est démontré que la mise en œuvre de cette stratégie réduit considérablement la transmission verticale du VIH, la mise en œuvre complète de ces directives de l’OMS est très limitée en Afrique sub-saharienne.

Cet article fait une analyse des idées, des intérêts et des institutions dans la constitution des barrières limitant la mise en œuvre de ces directives à travers une revue des programmes de prévention de la transmission verticale du VIH dans les pays d’Afrique sub-saharienne.

Les résultats montrent que les programmes de prévention verticale du VIH à travers l’allaitement maternel exclusif ne se traduisent pas en activités par les gouvernements et les personnels de santé à cause des barrières idéologiques et structurelles.

L’identification et la compréhension de l’importance des idées, des intérêts et des institutions sont primordiales pour combattre les barrières limitant la mise en œuvre des barrières.

Basile Keugoung

 


5. Plos – le dépistage des maladies infectieuses sur le site des soins : diversité, complexité et barrières dans les pays à faible et moyens revenus

 

Titre original : Point-of-Care Testing for Infectious Diseases: Diversity, Complexity, and Barriers in Low- And Middle-Income Countries

Madhukar Pai et al.;

http://www.plosmedicine.org/

Le dépistage des maladies infectieuses sur le site des soins pourrait améliorer la prise en charge dans les contextes à ressources limitées où l’infrastructure sanitaire est faible et l’accès aux soins médicaux de qualité reste un défi.

Il existe une diversité de tests pour le dépistage des maladies infectieuses. Ces tests vont des plus simples (tel que le dépistage personnel du VIH) pouvant être utilisés à domicile aux plus complexes (nécessitant des appareils plus sophistiqués) et disponibles uniquement dans des hôpitaux. Entre ces deux extrêmes, certains tests peuvent être disponibles au niveau communautaire, des centres de santé ou des laboratoires spécialisés.

Toutefois, la disponibilité de ces tests ne signifie pas automatiquement qu’ils seront utilisés à grande échelle par les populations et les services de santé. Les barrières à l’adoption et à l’utilisation sont d’ordre économique, politique, régulatoire, ou liés à l’insuffisance des ressources humaines, des infrastructures (par exemple la disponibilité de l’énergie électrique), et des équipements de laboratoire. D’autres barrières sont liées à l’insuffisance de la chaine d’approvisionnement, de la protection du personnel et à la mauvaise gestion opérationnelle des tests. Un autre groupe de barrières est d’ordre technique où les professionnels de santé préfèrent faire des traitements empiriques en se basant uniquement sur l’épidémiologie locale des maladies infectieuses plutôt que sur la certitude issue du laboratoire.  En plus, dans les formations sanitaires de premier échelon, les guides thérapeutiques se focalisent sur des syndromes (maladies fébrile, toux chronique, infection respiratoire aiguë, maladie diarrhéique…) plutôt que sur les diagnostics étiologiques.

Il est donc important de comprendre ces barrières, leur complexité et leur diversité si l’on veut mettre en place des programmes de dépistage des maladies infectieuses au niveau des sites de soins.

D’abord les industries devraient analyser et comprendre le contexte dans lequel le test devrait être utilisé afin d’adapter le test au contexte. Ensuite, les bailleurs devraient prendre en compte les implications de la technologie sanitaire et s’assurer que le développement du test est coordonné avec les mécanismes d’approvisionnement, le coût et l’utilisation à grande échelle. Enfin, les managers des systèmes de santé devraient s’investir dans des programmes de dépistage sur site, pas seulement acheter les tests, mais surtout s’assurer que les test sont disponibles, qu’il y a un système d’assurance qualité, que les résultats sont rapportés et les cas notifiés et enfin que la prise en charge des cas est effective.

Basile Keugoung

Journaux

6. WHO Bulletin (new issue)

http://www.who.int/

Le numéro de septembre du Bulletin de l’OMS est disponible. Vous y trouverez un éditorial intéressant de Isanaka Sheila et collègues sur Comment réduire l’écart entre les connaissances et l’offre de soins pour le contrôle des maladies diarrhéiques infantiles.

D’autres articles portent sur les résultats de la circoncision sur les indicateurs de contrôle du VIH/SIDA au Kenya,  l’évolution du dépistage VIH en Afrique, les implications de la mise en œuvre des directives OMS de prise en charge antirétrovirale en Ethiopie, ainsi que deux revues systématiques sur les stratégies de délivrances des moustiquaires imprégnées et sur l’impact de l’assurance maladie en Afrique et en Asie.

 

Vient de paraitre : Livres

 

 

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