Une projection à l’horizon 2030 avance le chiffre inquiétant mais plus que probable de  54%[1] de la charge totale de morbidité liée aux maladies non-transmissibles (diabète, cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires) dans les pays en voie de développement (PVD). Sous le poids des maladies infectieuses et des maladies non-transmissibles (MNTs), les systèmes de santé de ces pays seront donc soumis à rude épreuve. Afin de ne pas compromettre les efforts réalisés et les succès enregistrés par ailleurs en matière de santé, de développement économique ou d’éducation, la réponse devrait être rapide et à la hauteur, à l’échelle internationale et nationale.

Lueurs d’espoir

Longtemps parent pauvre des politiques publiques internationales de santé et des financements – les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) 2015 ont fait de la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme (OMD 6) la priorité -, et alors qu’on connaît les interactions négatives entre les maladies infectieuses et les MNTs, par exemple entre le VIH/SIDA et le diabète, certains éléments et événement récents tendent à prouver que les choses commencent à changer.

On parle désormais de la convergence entre le traitement du VIH/SIDA et des MNTs au sein d’un système de santé[2] où le VIH/SIDA serait considéré comme une maladie chronique[3]. Les médias nationaux, récemment en Tanzanie[4] ou au Malawi[5], des PVD se font également l’écho de la menace des MNTs. Des réunions régionales[6] en Asie sont consacrées au fléau des MNTs. On s’inquiète à présent des risques afférents, d’une part sur les systèmes de santé des PVD, ainsi que sur leur force productive.

La communauté internationale n’est pas en reste : la réunion de haut niveau des Nations Unies sur les MNTs de septembre 2011[7], le « rapport » de l’OMS sur l’intérêt d’instaurer une taxe/contribution de solidarité sur le tabac, et la création récente d’un centre dédié à la recherche et la formation sur les MNTs[8] sont des signes positifs.

Question du financement

Ces « bonnes nouvelles » ne doivent pas occulter un point essentiel : le financement de cette lutte. A l’échelle internationale tout d’abord. L’horizon 2015 approchant à grands pas, les cartes risquent d’être rebattues en matière de financement.


[1] Global burden of disease and risk factors, Alan D Lopez, Colin D Mathers, Majid Ezzati, Dean T Jamison, and Christopher JL Murray, The World Bank, 2006

[2] http://www.unaids.org/en/resources/presscentre/featurestories/2012/july/20120722chronicdiseases/

[3] http://ncnguyana.com/ncngy/index.php/local/local-news/social-issues/3940-guyana-moving-to-treat-hivaids-as-non-communicable-disease

[4] http://www.ippmedia.com/frontend/index.php?l=43708

[5] http://www.africanews.com/site/Malawi_fights_ignored_but_dangerous_diseases/list_messages/41983

[6] http://www.nationmultimedia.com/national/Non-communicable-disease-tops-Asean-health-meets-a-30185586.html

[7] http://www.who.int/mediacentre/news/notes/2011/noncommunicable_diseases_20110919/fr/index.html

[8] http://www.lshtm.ac.uk/centres/global_ncd/. Le « Centre for Global Non-Communicacle Diseases[8] » sera hébergé par la « London School of Hygiene and Tropical Medicine  à Londres.

 

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