De nouvelles données sur la contraception montrent que “Environ 222 million de femmes ont un besoin non satisfait de contraception moderne. La proportion de femmes mariées utilisant des contraceptifs modernes dans le monde en développement dans son ensemble a peu changé entre 2008 (56%) et 2012 (57%). Cependant, on note d’importantes variations régionales.  Alors que la prévalence contraceptive  a augmenté de manière substantielle en Afrique de l’Est (de 20% à 27%) et en Asie du Sud (de 50% à 56%), on note peu de changement en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale, les régions où moins de 10% des femmes mariées utilisent des méthodes modernes de contraception”.

La planification familiale (PF) est essentielle pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Combler le besoin actuel non satisfait pour les méthodes modernes de contraception ne servirait pas seulement à toutes les femmes dans les pays en développement qui ont effectivement des  besoins non satisfaits mais “permettrait également d’éviter 54 million supplémentaires grossesses non désirées, dont 21 million de naissances non planifiées, 26 million d’avortements (dont 16 million à risque) et sept million de fausses couches, ce qui permettrait également d’éviter 79.000 décès maternels et 1,1 million de décès infantiles “. La PF peut également générer une série d’autres avantages, tels que la réduction de la pauvreté et aider les pays à atteindre les objectifs de développement économique. Selon de récentes projections démographiques, l’Afrique sub-saharienne a le taux de fécondité le plus élevé dans le monde, avec une moyenne de 5,5 naissances par femme et la population de la région qui était de 788 million mi-2007 va atteindre 1,2 milliard en 2025.

L’accès à la PF est souvent cruellement négligé dans les priorités de développement et dans de nombreux milieux à faibles ressources où seul un nombre limité de méthodes contraceptives sont disponibles aujourd’hui: principalement les pilules, les injectables (Depo-Provera) et les préservatifs, tandis que les dispositifs intra-utérins, bien que très populaires dans plusieurs pays en Asie sont à peine utilisés en Afrique sub-saharienne. De même, les implants contraceptifs commencent seulement à être disponibles dans les pays à moindre ressources. Par conséquent, un meilleur accès à la PF et à un plus large éventail de méthodes contraceptives existantes est nécessaire, particulièrement en Afrique sub-saharienne où les besoins non satisfaits et taux de grossesses non désirées sont parmi les plus élevés. La recherche et le développement de nouvelles méthodes contraceptives, y compris les technologies «polyvalentes » permettant de prévenir à la fois les grossesses et le VIH, sont également essentiels pour améliorer les programmes et services de PF.

Il y a clairement un « momentum » pour la PF :  après la stratégie  – Santé des femmes et des enfants-  lancée en 2010-11 par le Secrétaire Général des Nations Unies et qui inclut la promotion d’un ensemble complet d’interventions et de services, y compris la PF, un sommet sur la planification familiale a été organisé cette semaine, et plus précisément le 11 Juillet 2012, à Londres par le gouvernement britannique et la fondation Bill & Melinda Gates. Le sommet avait pour but de récolter des engagements de la part des pays à faibles ressources et de la communauté internationale en général afin d’accroître l’information sur  planification familiale volontaire, les services et les consommables pour permettre à 120 million de femmes et de jeunes filles parmi les plus pauvres du monde à utiliser la contraception d’ici à 2020. “Répondre à la demande mondiale pour la planification familiale volontaire ne sera pas seulement à sauver et améliorer la vie des femmes et des enfants, mais contribuera à l’autonomisation des femmes, à réduire la pauvreté et, finalement, à renforcer les nations», a noté le Dr Babatunde Osotimehin, Directeur exécutif du UNFPA/ FNUAP.

Afin d’atteindre ces objectifs, il est important avant tout d’adopter une approche fondée sur les droits. A la lumière du sommet sur la planification familiale à Londres, des préoccupations ont été soulevées par de nombreuses organisations de droits de l’homme et en santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR), ce qui a conduit à un document révisé du sommet. L’introduction d’indicateurs basés sur la performance pour la planification familiale pourrait être une menace pour le choix des contraceptifs gratuits et pourraient sans un suivi adéquat conduire à des mesures coercitives pour atteindre des objectifs et cibles fixés par les bailleurs de fonds. Il est également important de promouvoir la PF dans le cadre de l’intégration des services de santé sexuelle et reproductive, y compris des liens étroits entre le VIH et la PF afin de répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH.  Les gains acquis à la suite du programme du sommet de Caire de 1994 qui a introduit le concept de SDSR et  l’intégration des services ne doivent pas être perdus.  S’attaquer aux obstacles structurels de l’accès à la planification familiale et aux autres services de santé sexuelle et reproductive, obstacles  rencontrés par les femmes et les jeunes filles dans toute leur diversité, sans discrimination est primordial. Enfin, les médicaments génériques ont besoin de rester définitivement à l’ordre du jour dans le contexte d’une négociation de haut niveau et avec les industries pharmaceutiques en faveur de méthodes contraceptives financièrement plus accessibles. Documenter et surveiller la mise en œuvre de cette nouvelle initiative est donc crucial. Nous ne devons pas seulement améliorer l’accès et la qualité des services PF mais le faire bien!

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