Jeffrey D. Sachs;

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Titre original : From Millennium Development Goals to Sustainable Development Goals

Même si à la mobilisation mondiale en faveur des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) a permis de réduire les taux de pauvreté de certains Pays en Voie de Développement (PED), un consensus est largement partagé sur la nécessité de poursuivre les efforts en la matière au-delà de 2015, et d’accorder une visibilité aussi importante aux objectifs environnementaux. Un panel de haut niveau nommé dans le cadre des préparatifs pour le sommet RIO+20 de juin 2012 a publié un rapport recommandant aux dirigeants mondiaux d’adopter des Objectifs de Développement Durable (ODD), correspondant à une triple combinaison d’un développement économique, environnemental et social. Au sein de la nouvelle ère géologique du monde, les scientifiques ont défini un seuil d’activité humaine au-delà duquel le bien être humain et la vie sur terre pourraient être dévastés. Les dégradations actuelles touchent plusieurs éléments cruciaux tels que le carbone, l’azote, les cycles des eaux, et génèrent plusieurs crises telles que le changement climatique causé par la pollution de l’environnement et la perte massive de biodiversité due à la déforestation.  L’incessante croissance de la population mondiale menace l’économie mondiale et l’environnement, en augmentant le besoin en productivité de céréales et d’aliments pour animaux pourtant détournée vers la production de biocarburants, et en provoquant l’instabilité des prix des denrées alimentaires.

Les ODD concernant la planète entière,  ils doivent donc poser des objectifs communs à tous les pays riches et pauvres, pour atteindre un bien être global pour les générations actuelles et futures. Dans le domaine économique, les ODD doivent s’appuyer sur les OMD ayant servi à lutter contre la pauvreté, la faim et la maladie, afin que les besoins de base soient assurés à tous les individus, tels que l’accès à l’eau potable, à une nutrition adéquate, aux services de santé primaires, et aux infrastructures de base. Dans le domaine environnemental, les Etats doivent gérer les crises par des comportements faisant coexister progrès technologique et préservation de la nature. Dans le domaine social, les Etats doivent promouvoir le bien-être de tous leurs citoyens et leur assurer un accès équitable aux services publics, sans discrimination fondée sur le sexe, l’origine ethnique, la religion et la race. Adopter de nouveaux indicateurs, comme le Bhoutan, permettrait de mesurer le bonheur national brut. Une gouvernance de qualité à tous les niveaux (local, national, régional et mondial) doit caractériser chacun de ces trois domaines d’action pour assurer la réalisation des ODD. Ainsi, les Etats doivent coopérer, partager idées et informations (en recourant aux nouveaux médias sociaux et technologies de l’information), et soutenir la recherche, le développement et le secteur public vers les infrastructures de base, sans négliger la place du secteur privé, en tant que principal titulaire de la plupart des technologies de pointe, dans l’énergie renouvelable respectueuse de l’environnement.

Les points forts des OMD expliquant leur longévité relèvent de leur facilité d’identification, de leur caractère moral et pratique leur permettant d’être mis en place par des mesures dynamiques et spécifiques adoptées par les gouvernements, les entreprises et la société civile. Néanmoins, leurs faiblesses concernent leur durée sur 15 ans sans jalons intermédiaires qui auraient permis un retour d’expérience et d’adapter les politiques aux résultats, la lenteur de la collecte des informations dans les pays pauvres, qui impose aux gouvernements d’investir dans des systèmes de notification en temps réel pour produire des données fiables sans décalage, la nécessité d’intégrer dans les politiques d’action le secteur privé, ses technologies de pointe et ses capacités à parvenir à une solution à grande échelle. En outre, les promesses de dons au profit de l’Aide Publique au développement n’ont pas été respectées, et les pays devraient s’accorder sur des normes transparentes et spécifiques de financement des ODD, telles que des quotas et évaluations liées aux revenus nationaux.

Alma Benzaïd

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