Rédigé par Basile Keugoung

Il est de plus en plus reconnu que le débat énergique et souvent passionnel qui a duré la dernière décennie entre l’utilisation des approches verticales ou horizontales au détriment de l’autre pour l’offre de soins était contreproductif. Les experts se penchent aujourd’hui vers des stratégies qui pourraient permettre d’obtenir des synergies entre les programmes verticaux et les services de santé généraux (Marchal 2011).

De nombreuses études ont montré que les programmes verticaux produisaient sur les services de santé généraux –hôpitaux et centres de santé- aussi bien des effets positifs que négatifs (Keugoung 2011). Mais l’on ne devrait pas penser que le résultat de cette interaction est une addition d’effets positifs sur les effets négatifs car certains effets ont plus d’impact que d’autres. Par conséquent il est important pour chaque acteur du service de santé général de monitorer l’interaction entre son service et les programmes que ce service met en œuvre afin de trouver des stratégies lui permettant de tirer le plus d’efficience et de gains pour mieux offrir les soins.  Il en est de même du manager du programme vertical qui doit considérer le programme qu’il gère comme une entité qui du fait de l’expertise et des moyens qu’elle dispose peut renforcer la capacité des services et du district à gérer efficacement les interventions liées aux programmes. Pour cela, sa stratégie devrait s’inscrire dans une vision à long terme à travers un accompagnement qui se rétrécit progressivement tandis que le district de santé devient autonome dans la gestion effective des activités du programme.

Mais ceci reste encore illusoire dans la plupart des contextes des districts de santé en Afrique sub-saharienne où les approches décisionnaires sont encore très centralisées au niveau des policymakers du Ministère de la santé, et eux-mêmes très influencés par les bailleurs et les Organisations internationales (Biesma 2009).

Pour que cela se réalise, il faudrait un changement de paradigme pour donner au district de santé la position qu’il aurait dû occuper depuis 25 ans. A Hararé, le district était bien conçu, mais il n’a jamais pu grandir, ou n’a jamais su grandir ou encore on ne lui jamais donné l’opportunité de grandir pour être à la hauteur de son âge. Et les responsabilités sont aujourd’hui partagées.

Par conséquent, 25 ans après Hararé, il est temps d’évaluer pour mieux préparer le Jubilé d’or.

 

 

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