Editorial-

Retenir le personnel de santé dans les pays à faible revenus: une opération difficile dans un contexte de mondialisation

Par Basile Keugoung – Lire ici

Financement et politiques de santé internationale

 

1. BMJ (news) – Agencies renew pledge to tackle measles after target to reduce deaths by 90% is missed

Anne Gulland;

http://www.bmj.com/content/344/bmj.e2957?etoc=

Résumé par Laure Fotso

L’OMS a annoncé lors d’une conférence de presse en avril dernier, qu’il redoublait d’efforts dans la lutte contre la rougeole dont la mortalité mondiale a chuté de 74% entre 2000 et 2010 ; loin de l’objectif de 90% adopté en 2005 par l’Assemblée mondiale de la Santé. En 2010, l’Inde a représenté près de la moitié (47%) de tous les décès par rougeole et l’Afrique environ un tiers (36%). Quant à La couverture vaccinale, elle a augmenté en Afrique de 56% en 2000 à 76% en 2010 et en Inde de 55% à 74% pour la même période.

Suite à cette annonce, une nouvelle stratégie mondiale de réduction de la mortalité de la rougeole et de la rubéole congénitale à zéro d’ici à 2020 a été mise sur pied. L’initiative a été soutenue par plusieurs partenaires et a bénéficiée de 605 millions $ de l’Alliance GAVI. Mais il y a encore un manque à gagner de 112m $ dans les fonds.

Tous les jours, la rougeole tue 382 vies, dont les enfants de moins de 5 ans en majorité. Pourtant, cela pourrait être évité par deux doses de vaccin. Face à cette situation, il est à déplorer la baisse du financement depuis 2008 de la vaccination contre la rougeole, alors que les Etats-Unis déploient des efforts pour l’éradication de la poliomyélite.

Il découle en fin de cette conférence que la rougeole est encore une maladie mondiale qui ne se limite pas aux pays en développement et peut traverser les frontières. En 2011, près de la moitié des 72 cas de rougeole qui ont été importés aux États-Unis venaient d’Europe. Pourtant, il y a encore du scepticisme au sujet des vaccins chez les patients en Europe, avec la peur au cours de la rougeole, des oreillons et de la rubéole qui font encore des ravages. Des efforts restent donc à fournir.

2. Reuters – Fund fighting killer diseases cuts jobs, to focus on 20 countries

http://www.reuters.com/article/2012/05/01/us-globalfund-idUSBRE84015720120502

Résumé par Morris Kouame

Comme nous l’avons plusieurs fois mentionné dans les articles précédents de notre newsletter, le Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose a essuyé plusieurs critiques relatives à la corruption, au détournement et à la mauvaise gestion des ressources financières mises à disposition. Ces manquements ont obligé certains donateurs à geler leurs  contributions. Pour d’autres, une réforme du fonds devrait être opérée avant de bénéficier de toute subvention. Ces exigences viennent d’être prises en compte selon le nouveau directeur du fonds mondial Gabriel Jaramillo déclarant dans un communiqué que le fonds a achevé une réorganisation pour rééquilibrer son effectif avec 39% de personnes chargées de la gestion des subventions et 38% pour  les rôles de soutien. Une source proche de l’organisation avance que cette réorganisation occasionnerait environ 120 à 130 licenciements. Le fonds prévoit donc de débourser environ 3 milliards Us cette année et l’année prochaine et des ressources supplémentaires seront désormais concentrées sur 20 « pays à fort impact” qui portent le plus lourd fardeau des trois maladies, notamment le Nigéria, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et la République démocratique du Congo.

 

3. Science Speaks – UN: World will fall short of ambitious 2015 HIV/AIDS goals

Meredith Mazzotta;
http://sciencespeaksblog.org/2012/05/02/un-world-will-fall-short-of-ambitious-2015-hivaids-goals/#ixzz1ttujlwQ5

By Meredith Mazzotta⋅ May 2, 2012 ⋅Post a comment

Résumé par Laure Fotso

Il découle de la dernière assemblée générale de l’ONU que les objectifs mondiaux 2015 de lutte contre le VIH/SIDA ne seront pas atteints. Ces objectifs visent à un monde avec zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès liés au SIDA.

Un nouveau rapport s’est focalisé sur les progrès vers l’atteinte des objectifs fixés pour 2015 et les défis à surmonter pour les atteindre à temps. Il donne également une mise à jour sur les progrès accomplis à partir de 2010 ou plus tôt dans plusieurs domaines clés à noter:

La réduction de la transmission du VIH parmi les utilisateurs de drogues injectables (UDI) de 50 % : pour atteindre cet objectif, les nouvelles infections doivent baisser d’au moins 120 000 par an.

 La mise de 15 millions de personnes vivant avec le VIH sous ARV : 8,4 millions de personnes supplémentaires dans les pays à revenu faible et intermédiaire ont besoin de recevoir un traitement.

La réduction de décès par tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH de 50 % : Les décès par tuberculose devront diminuer de 180 000 par an.

L’élimination virtuellement de nouvelles infections à VIH chez les enfants : pour atteindre l’objectif, il faut une diminution de 390 000 nouvelles infections par an.

Malgré des gains substantiels dans la dernière décennie, les auteurs soutiennent que la réponse actuelle est peu probable d’aboutir à la réalisation des objectifs ambitieux pour 2015.  Quelques suggestions spécifiques sur la façon de changer de cap et d’atteindre les objectifs figurent dans le rapport incluant l’extension de la protection sociale non-discriminatoire/non-stigmatisante pour l’accès des UDI aux services de santé; l’expansion des services de test pour augmenter le taux de dépistage; des efforts pour accroître les taux de dépistage de la tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH, l’utilisation de schémas thérapeutiques efficaces chez les femmes séropositives enceintes.

 4. BMJ (news) – Global health research needs to focus on clinical trials to deliver products for patients, says report

Bob Roehr;

http://www.bmj.com/content/344/bmj.e3031

Résumé par Alma Benzaïd

Un rapport indique que la recherche pour le « Global Health » a besoin de se concentrer sur les essais cliniques pour fournir des produits aux patients, de Bob Roehr

Selon un rapport écrit par une coalition de 40 organismes internationaux de bienfaisance situés aux Etats-Unis, parmi lesquelles la International AIDS Vaccine Initiative et la Fondation Bill & Melinda Gates, les investissements en matière de recherche pour la santé mondiale devraient devenir plus importants pour les essais cliniques que pour la recherche fondamentale.

Depuis les dix dernières années, le gouvernement américain est le premier investisseur mondial en matière de recherche en santé mondiale, avec un investissement d’environ 12,7 milliards us$ (9,5 milliards €) correspondant à 45% de l’investissement total mondial et à 70% de tous les investissements du gouvernement dans ce domaine. Il serait en outre impliqué dans 24 des 45 nouveaux outils sanitaires enregistrées entre 2000 et 2010. Le gouvernement américain a été le principal bailleur de fonds de la Recherche et du Développement pour 26 des 30 principales maladies négligées qui touchent le monde en développement. La majeure partie de ses financements ont été destiné au VIH/SIDA (57%), mais la tuberculose (12%) et le paludisme (10%) ont aussi bénéficié d’investissements considérables aux fins de recherche.

Le rapport identifie quelques succès, tels que le vaccin contre la méningite MenAfriVac, qui permettra d’éviter 43 700 cas de méningite au cours des 10 prochaines années et d’économiser environ 570 000 US$ pour la mort, l’invalidité et les soins médicaux, et le test Xpert MTB / RIF prévu pour tripler le nombre de patients atteints de tuberculose résistante aux médicaments dignostiqués. Cela devrait conduire à l’utilisation d’un régime médicamenteux approprié et à freiner la propagation de la tuberculose résistante aux médicaments.

Le  gouvernement américain a concentré ses dépenses sur la recherche fondamentale (62%), dont seulement 1/5ème est destiné aux essais cliniques plus coûteux, de fait soutenus à hauteur de 60% par l’industrie et la Fondation Gates.

Le rapport explique pourquoi les investissements américains doivent désormais se concentrer sur les essais cliniques humains, afin de  traduire les nouvelles découvertes ayant amélioré la compréhension des maladies touchant les pays en développement en produits médicaux utiles.

Le financement du gouvernement américain pour la recherche en santé mondiale a légèrement diminué pendant la récession, et l’administration Obama a proposé des réductions supplémentaires dans le budget 2013, notamment de 25% dans le financement des maladies tropicales négligées. Kaitlin Christenson,  directeur de la coalition, a expliqué l’utilité de ce rapport pour renforcer la preuve que le gouvernement américain est le chef de file en matière de santé mondiale, et pour souligner l’impact positif de son financement, qui devrait être au moins maintenu s’il n’est pas augmenté. Une partie du financement américain a augmenté pour soutenir des soins de santé et la capacité de la recherche dans les pays en développement qui se sont engagés à les entretenir avec leurs propres ressources. À titre d’exemple, le  Kenya Medical Research Institute a travaillé avec des partenaires internationaux pour l’élaboration d’un vaccin contre le paludisme.

 

5. WHO Bulletin – Securing the public good of health research and development for developing countries

John-Arne Røttingen et al.;

http://www.who.int/bulletin/volumes/90/5/12-105460/en/index.html

Résumé par Devaki Erande

L’accès aux médicaments essentiels et à des technologies de santé est toujours un défi dans des pays en développement. Ce défi consiste à s’assurer que les produits de santés existants dans ces pays soient accessibles à des prix abordables et que les innovations et les découvertes répondent aux besoins sanitaires de ces pays. La connaissance générée par la recherche peut être un bien public si elle est disponible pour tous sans restrictions. Mais aujourd’hui il y a un déficit dans la production de ces biens public. L’OMS à son tour prend des mesures pour encourager cette production à travers les droits de propriété intellectuelle depuis une décennie. Cet article discute des différents mécanismes de financement et d’allocation de ce bien public proposé par des pays, des intellectuels, la société civile et aussi par le secteur privé. Aussi fourni-t-il des recommandations après l’analyse des propositions sur les efforts mondiaux visant à promouvoir la politique de la recherche et du développement pertinente à des besoins spécifiques des pays en développement. Une des recommandations importante c’est d’établir un forum mondial sur la santé et la recherche et le développement sous les auspices de l’OMS. L’engagement par tous les pays de tous les niveaux de revenu est nécessaire pour relever le défi mondial de générer de la recherche et le développement répondant aux besoins de santé spécifiques des pays en développement.

 

Talents Emergents

6. PLOS – The Midwives Service Scheme in Nigeria

Le programme d’offre de soins des sages-femmes au Nigeria

Seye Abimbola et al.;  paru dans plosmedicine.org

Lire le résumé par Alma Benzaïd


 

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