Edito : Le Sommet de l’ONU sur les maladies chroniques non transmissibles

La semaine dernière s’est tenu le Sommet de l’ONU sur les maladies chroniques non transmissibles. Les représentants du Réseau ‘SWIHPS’ nous donnent ici leurs premières impressions sur les résultats de ce sommet.

La Réunion de Haut niveau de l’ONU sur les maladies chroniques non transmissibles trouve son origine du fort plaidoyer des pays membres du CARICOM (Coalition des Caraïbes  pour la Santé) auprès de l’ONU pour le renforcement des efforts politiques en vue de  faire face à l’épidémie des maladies chroniques non transmissibles (MCNT). Leur appel avait été repris par l’Alliance sur les MCNT qui s’était d’abord focalisée sur 4 groupes d’affections (cancer, diabète, maladies cardiaques, maladies respiratoires). Cet appel a galvanisé et obtenu le soutien de l’opinion publique internationale. Grace à ses ressources – financières et humaines- et à l’engagement des experts de l’OMS et de l’Alliance, des publications ont été faites dans le Lancet et d’autres média très influents. Le résultat fut alors une campagne qui a finalement réussi à donner un label et une voix aux MCNT contrairement à la multiplicité des thèmes comme par le passé.

Quatre membres du ‘Réseau SWIHPS’ ont participé à ce sommet et nous livrent leur rapport.

D’abord, la reconnaissance des MCNT comme une ‘épidémie à bas bruit’ (Margaret Chan) a permis de mettre ces problèmes de santé à l’agenda tant au niveau national que mondial. Dans la déclaration finale, l’utilisation du mot ‘épidémie’ et l’introduction de la nécessité d’une revue en 2014 indiquent que ce niveau d’influence des MCNT sur les politiques de santé pourra rester haut dans les années ou décades à venir. Malgré les enjeux et intérêts divers, les acteurs ont pu obtenir des consensus :

  1. Les MCNT ne sont pas seulement un problème majeur de santé, mais aussi un important problème de développement, freinant le développement et aggravant la pauvreté et l’exclusion ;
  2. La nécessité d’un investissement (financier, technique, social et institutionnel) pour faire face aux MCNT. La notion d’achat des interventions efficientes ‘best buys’ dont le coût est estimé à 12 milliards US$ – 10 milliards US$ pour les soins individuels et 2 milliards pour les interventions publiques – permettrait d’offrir des interventions efficientes dans tous les pays à faible et moyen revenus. La coopération internationale est nécessaire pour fixer les standards, offrir l’expertise technique et lutter contre les facteurs de risque communs ;
  3. Se basant sur le succès de la mise à échelle des interventions prioritaires dans les pays à faible revenu, plusieurs acteurs ont souhaité d’inclure les MCNT dans une approche intégrée de soins de santé primaires, de les incorporer dans le cadre du renforcement des systèmes de santé et au sein des composantes telles que la surveillance épidémiologique, la délivrance des médicaments et consommables médicaux…
  4. L’utilisation des téléphones, de l’internet et des médias sociaux pour passer des messages de santé sur les MCNT a été vivement recommandée ;
  5. Le leadership des gouvernements a été également souhaité pour organiser la collaboration multisectorielle. Le secteur privé a un rôle important à jouer et devrait être régulé du fait des conflits d’intérêts. La stratégie à utiliser pour impliquer le secteur privé n’est pas suffisamment définie ;
  6. L’Assemblée générale de l’ONU a demandé à l’OMS de développer un cadre conceptuel pour suivre les progrès au niveau global et de préparer avant la fin 2012 un ensemble d’indicateurs pour suivre les tendances et évaluer les progrès effectués par chaque pays. Une réunion de suivi sera organisée en 2014 pour évaluer ces progrès.

La réunion était essentiellement politique et pour le plaidoyer, et par conséquent les discussions se sont focalisées sur la cohérence des stratégies et leur faisabilité. Nous avons en outre identifié quelques déficiences ou controverses :

–      La voix des pays du Sud pouvait être plus forte surtout des patients et de la société civile. La société civile était présente mais il s’agissait surtout des acteurs du Nord. Les pays du CARICOM étaient bien représentés. Certains représentants des pays (Uruguay, Indonésie) ont parlé au nom de leur bloc ;

–      Contrairement aux sommets de l’ONUSIDA, les points de vue des patients étaient presque absents et seul Lance Armstrong (patient guéri d’un cancer) a intervenu ;

–      La stratégie de mise en œuvre des interventions et des réformes des systèmes de santé et de l’offre de soins n’est pas claire. Les contraintes financières et humaines restent élevées. Les pays auront besoin d’un appui pour traduire les politiques en interventions et pour faire des choix judicieux indispensables pour intégrer la lutte contre les MNCT dans les soins de santé primaires. La faisabilité reste préoccupante et le Sommet de New York n’était pas ‘technique’ pour explorer les problèmes et proposer les solutions ;

–       La forte insistance sur l’implication du secteur privé menace l’approche de finalité publique qu’il faudrait envisager dans la lutte contre les MCNT. En effet, les agendas et intérêts cachés des grandes firmes industrielles justifie que l’on soit prudent. Il y a une différence entre un intérêt raisonnable et la recherche effrénée du profit.

Toutefois, ce Sommet était un important jalon qui ne se limite pas au seul secteur de la santé publique pour la lutte contre les MCNT. Pour le Réseau SWIHPS, il y a eu des opportunités pour souligner l’importance des soins de santé primaires et donc du renforcement des systèmes de santé pour faire face aux maladies chroniques. Pour des réponses efficaces à l’épidémie des MNCT, les systèmes de santé doivent offrir des soins de qualité.

 

Esteban Londoño, Josefien Van Olmen, Maurits Van Pelt et Slim Slama

Représentants du Réseau SWIHPS au Sommet de Haut Niveau de l’ONU sur les MNT.

 

N’hésitez pas à nous donner votre point de vue.

Bonne lecture

Isidore Sieleunou et Basile Keugoung

Non Communicable Diseases Summit

1. Globalization and Health – HIV/AIDS, Chronic Diseases and Globalisation

Christopher J Colvin;

http://www.globalizationandhealth.com/content/7/1/31/abstract
open source PDF

Colvin fait le point sur l’évolution dans le monde vers la reconnaissance du VIH/SIDA comme une maladie chronique. Depuis la disponibilité de la thérapie antirétrovirale, la gestion du VIH/SIDA peut être faite avec succès sur du long terme. Des changements observés dans le monde et décrit dans cet article indiquent en effet que le VIH/SIDA peut être considéré comme n’importe quelle autre maladie chronique. L’article traite de l’utilisation de ce langage de chronicité pour la pandémie de VIH/SIDA et attire l’attention sur les conséquences que cela peut avoir. Ces conséquences peuvent se faire sentir sur les malades mais aussi sur les Etats et le financement du VIH/SIDA en tant que maladie chronique par la communauté internationale. Il invite à mieux réfléchir sur la signification et les implications de la reconnaissance de la « chronicité » de cette maladie.

2. Global Health (new issue) – NCDs

http://www.globalhealthmagazine.com/summary/ncds_its_time_for_a_change/
Les décès dus aux maladies non transmissibles (MNT) comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et le diabète ont représenté 36 millions dans le monde en 2008, un nombre qui devrait augmenter à 52 millions en 2030. L’OMS a déclaré dans son rapport de situation d’avril sur les MTN que plus de 80 pour cent des décès cardiovasculaires et de diabète, et près de 90 pour cent des décès par maladie pulmonaire obstructive chronique surviennent dans les pays à faible et moyen revenus, comme le sont les deux tiers des décès par cancer. Les maladies tuent aussi à un âge plus jeune comme dans les pays développés – 29 pour cent des décès des MNT dans les pays à faible et moyen revenu se produisent chez les moins de 60 ans contre 13 pour cent dans les pays à revenu élevé. “Il n y a pas un problème de santé dans l’histoire du monde qui a été si caché, méconnu et sous-estimé”, a déclaré John Seffrin, PDG de l’American Cancer Society.
Malgré la croissance rapide des maladies chroniques, peu de ressources y sont consacrées.

3. Lancet – Role of law in global response to non-communicable diseases

Roger Magnusson, David Patterson ;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(11)60975-6/fulltext
Un consensus se dégage sur le coût abordable des interventions qui pourraient réduire effectivement le fardeau des maladies non transmissibles dans les pays à faible et moyen revenus. Ces interventions prioritaires sont axées sur les causes immédiates des maladies non transmissibles dans tous les pays: l’usage du tabac; la consommation nocive d’alcool; l’insuffisance de l’activité physique ; la surconsommation du sucre, du sel et des graisses saturées. L’article a énuméré quelques actions prioritaires pour toutes ces interventions. Une caractéristique frappante de ces interventions est que des actions légales et réglementaires doivent être prises par les gouvernements pour s’assurer de la réussite de leur mise en œuvre. Malheureusement, il y a eu peu d’attention à la nécessité d’un leadership mondial en matière du droit en santé publique. Les expériences des pays à revenu élevé avec des hausses d’impôts, des étiquettes d’avertissement, des interdictions de publicité et de vente au détail pour contrôler le tabac et l’alcool suggèrent que la mise en œuvre des interventions prioritaires dans les pays à faible et moyen revenus aura une forte résistance des industries qui tirent des bénéfices de ces produits nocifs. Des organisations internationales spécialisées en droit existent mais peu sollicitées. L’article énumère trois priorités sur lesquelles un leadership international du droit en santé publique doit se concentrer : les ressources juridiques, le renforcement des capacités dans le domaine et une reconnaissance croissante de la nécessité d’une assistance juridique technique.

4. NEJM – Global Noncommunicable Diseases — Lessons from the HIV–AIDS Experience

K.M. Venkat Narayan, Mohammed K. Ali, Carlos del Rio, Jeffrey P. Koplan, and James Curran; http://healthpolicyandreform.nejm.org/?p=15249&query=home
L’impact des maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et des troubles psychiatriques majeurs est très perceptible et constitue à l’heure actuelle un challenge majeur pour le développement des nations. Une réunion de l’assemblée nationale des nations Unies s’est tenue les 19 et20 septembre dernier à New York pour réfléchir sur les mesures de lutter. Avant la tenue de cette rencontre, K.M. Venkat Narayan, Mohammed K. Ali, Carlos del Rio, Jeffrey P. Koplan, and James Curran ont produit un papier en guise de plaidoyer invitant les nations unies à s’inspirer des leçons tirées de l’expérience de la lute contre le VIH/sida. Pour ces auteurs, comme l’a été pour le VIH/sida en 2001 au sommet de l’ONU, où une «Déclaration d’engagement” sur le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et le sida, a été produite, ce qui a permis une action collective et une mobilisation conséquente de ressources additionnelles pour affronter la pandémie de VIH/SIDA. Cette  expérience  pourra être appliquée pour la lutte contre les maladies transmissibles. Cependant, ils reconnaissent que les défis sont énormes, mais comme l’expérience avec le VIH/SIDA l’a démontré, les solutions sont réalisables.

Global Health Policy

5. Lancet editorial on 9/11

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(11)61396-2/fulltext
Les attaques terroristes dans la ville de New York, la Virginie et la Pennsylvanie le 11 septembre 2001, ont été les plus meurtrières vues sur le sol des Etats Unis d’Amérique depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les événements de cette journée ont changé la trajectoire historique de l’Amérique et du monde. A ce titre, ils ont eu, et continuent d’avoir, des conséquences profondes pour la santé.

6. BMJ news – Global fall in neonatal deaths over past 20 years is too slow, says study

Zarocostas, J. ; http://www.bmj.com/content/343/bmj.d5530.full

Zarocostas nous résume les grandes idées contenues dans un article paru dans Plos Medicine et portant sur la mortalité néonatale (www.plos.org/press/plme-08-08-oestergaard1.pdf).

En 1990, 4,6 millions d’enfants sont décédés au court de leur premier mois de vie. En 2009 on estime ce nombre à 3,3 millions. Malgré une chute globale de 29% sur ces vingt ans, les progrès réalisés pour améliorer le taux de mortalité néonatal ont été très lents, particulièrement en Afrique.

Il ressort, comme l’une des conclusions principales de cet article, que le lieu de naissance d’un enfant influence dramatiquement ses chances de survies.

7. Lancet National, regional, and worldwide estimates of stillbirth rates – Easterly’s letter

William Easterly,Laura Freschi ;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(11)61405-0/fulltext
Dans son papier, Easterly pose le problème de la mesure des morts – nés, en particulier dans les pays en développement ou les systèmes de santé sont relativement fragiles. Pour lui, la faiblesse des mesures réalisées jette le doute sur la capacité à créer des estimations crédibles.

Il s’appui notamment sur un article publié dans le Lancet le 16 avril 2011. Dans cet article Simon Cousens et ses collègues, face au manque de données des pays pauvres sur les mort – nés, ont crée un modèle statistique pour produire des estimations sur les 193 pays couverts par leur études.

Même si pour certains les résultats issues d’une modélisation valent mieux qu’aucun résultats du tout, des questions se posent : ces estimations sont meilleures pour faire quoi et pour qui ?

8. Plos – Building the Field of Health Policy and Systems Research: An Agenda for Action

Sara Bennett, Irene Akua Agyepong, Kabir Sheikh, et al.;

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001081
Dans ce troisième papier de la série sur la politique de santé et les systèmes de recherche (PSSR), Bernett et al. soutiennent qu’il y’a un besoin urgent de construire le domaine de la PSSR et en particulier de développer la compréhension entre les différentes frontières disciplinaires.

Le développement de la PSSR est entravé par un ensemble de questions connexes, à savoir (1) une forte dépendance du financement international, (2) une focalisation excessive sur l’utilité directe des résultats de la PSSR issus des recherches, (3) une tendance à sous-estimer les contributions des sciences sociales à la PSSR.

Pour les auteurs, l’innovation du financement de la PSSR est nécessaire afin que les acteurs locaux, notamment les décideurs, la société civile et les chercheurs, aient une plus grande influence dans la détermination de la nature de la PSSR à mener.

L’investissement stratégique devrait être faite en promouvant une compréhension partagée des cadres théoriques et approches méthodologiques pour la PSSR, y compris, par exemple, le développement des revues de la PSSR, les ateliers méthodologiques, et le partage des programmes d’enseignement de la PSSR.

9.   UN Dispatch – In Cameroon: When HIV Treatment Fails, Do We Let the Patient Fail As Well?

Mark Leon Goldberg; http://www.undispatch.com/in-cameroon-when-hiv-treatment-fails-do-we-let-the-patient-fail-as-well
Dans cet article, l’auteur nous présente le cas d’une jeune camerounaise de 30 ans atteinte par le VIH. A travers cet exemple, il met en avant le défi de santé publique majeur que constitue le fossé dans la façon dont les gouvernements et les bailleurs ont approché historiquement les personnes vivant avec le VIH.

Le problème se pose en ces termes : la seconde ligne de médicament ARV est beaucoup plus coûteuse que la traditionnelle première ligne. Or, comme un plus grand nombre de personnes accèdent à la première ligne de traitement, les possibilités que les gens développent des résistances à cette première ligne augmentent ainsi que les besoins en médicament de seconde ligne. Les donateurs et les gouvernements des Pays en Développement ne peuvent tout simplement pas se permettre ce genre de dépenses.

Les dépenses en R&D des industriels pharmaceutique expliquent en grande partie le coût élevé du traitement de seconde ligne. Il s’agit donc de trouver une solution pour garantir aux industriels un retour sur investissement satisfaisant tout en fournissant aux patients des médicaments à moindre coût. C’est sur ce chemin qu’UNITAID s’est engagé.

10. ITM – SHSOP Working Paper 3 – Universal Health Coverage

An Appelmans, Luc Van Leemput; PDF 825 Kb

Appelmans et Leemput produisent une réflexion sur la couverture universelle des soins. Il a été question pour des deux auteurs de mettre en exergue les débats qu’ont suscité la couverture universelle des soins au cours de ces dernières années tant sur le plan conceptuel que sur le plan des directives de sa réalisation. Cependant  un large consensus se dégage autour des objectifs de la couverture universelle des soins impliquant un accès à un paquet essentiel de soins de qualité pour tous. Prenant l’exemple de la couverture universelle des soins de la Belgique, ils  révèlent que le chemin vers le CU a été long et périlleux avec une progression d’approches diverses permettant à ce jour de couvrir presque tout le monde. Cependant,  le défis actuels est de pouvoir atteindre les migrants clandestins («sans-papiers» les) et de maintenir des soins de santé abordables  pour une population vieillissante. Ils soutiennent qu’au regard des ressources limitées, des choix et des arbitrages sont nécessaires pour progresser vers la couverture maladie universelle. Les auteurs mettent également en exergue le rôle que pourrait jouer la Belgique dans la réalisation de la couverture universelle des  États fragiles et stable et des pays à faible revenu à travers un soutien mettant en évidence le développement d’un contrat social mondial pour la santé et enfin, en encourageant l’émergence de fonds domestiques et ceux issues de l’aide internationale.

11. Guardian – The worst country in the world to be a sick child

Sarah Boseley –

http://www.guardian.co.uk/society/sarah-boseley-global-health/2011/sep/06/children-doctors
L’OMS dans son rapport annuel de 2006 avait sonné l’alerte de la pénurie des ressources humaines en santé et avait conclu que les efforts entrepris ne pourront pas atteindre les résultats escomptés si un engagement n’est pris pour accroitre le nombre du personnel de santé surtout dans les pays en développement. Cinq ans après cette alerte, la situation ne semble pas évoluer positivement. Sara Boseley sur son blog de Global Health, reprenant les éléments d’une enquête de Save the Childreen, revient sur l’impact désastreux de l’absence du personnel de santé sur la mortalité infantile. Pour l’auteur, les enfants des pays pauvres qui meurent de malnutrition, de diarrhée, de paludisme, de pneumonie et de nombreuses autres maladies le sont souvent  par incapacité de se procurer du médicament ou de complément alimentaire nécessaire, mais aussi pour absence d’un infirmier ou d’un agent de santé communautaire capable de diagnostiquer le mal et et le soigner. Dans certains endroits, les enfants ne voient jamais un agent de santé dans leur vie ou parfois de façon très brève avant de mourir et les pires endroits au monde sont le Tchad, la Somalie, le Laos, l’Ethiopie et le Nigeria. La Suisse, la Finlande, l’Irlande, la Norvège et la Biélorussie constituent des endroits où les enfants ont de grande chance de grandir sainement. C’est ce qui à faire dire à Justin Forsyth, directeur général de Save the Children, que la survie d’un enfant dépend de l’endroit où il est née. Elle exhorte donc les leaders mondiaux à s’attaquer à la pénurie des travailleurs de la santé sinon cela coûterait des vies tout en encourageant les pays les plus pauvres à consacrer 15% de leur budget au secteur de la santé.

12.   Plos (Policy Forum) – Towards Improved Measurement of Financial Protection in Health

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001087
La plupart des systèmes de santé ne parviennent pas à offrir une protection financière adéquate aux citoyens en raison de l’insuffisance de mécanisme financier de mise en commun et de prépaiement.

Le préjudice causé par la protection financière adéquate va bien au-delà de celui mesuré par les indicateurs classiques tels que les dépenses de santé catastrophiques et l’appauvrissement.

Un large ensemble de mesures est nécessaire pour mieux éclairer l’élaboration des politiques sur la protection financière, y compris de nouveaux indicateurs qui permettent d’identifier les citoyens qui ne peuvent pas se permettre d’utiliser les services de santé et qui par conséquent peuvent avoir des dépenses de santé faible ou nul.

Les options comprennent l’expansion de l’utilisation des enquêtes auprès des ménages qui évaluent les barrières de coût d’accès aux soins de santé et le calcul des estimations des « besoins ajustés »  de l’utilisation et des dépenses des soins médicaux.

Emerging Voices

13.   WHO Bulletin – Remind me again why we are here

Amal Shafik and Bart Criel;

http://www.who.int/bulletin/volumes/89/9/11-089755/en/index.html
La réflexion sur les défis de l’assurance de santé communautaire, nous rappelle la scène d’un film. Le chef de guerre, après avoir perdu plusieurs batailles et des milliers d’hommes, demande à son lieutenant: « Rappel moi : Pourquoi sommes-nous ici ? » Au milieu de toutes ces batailles, la guerre elle-même était devenue l’objectif. Atteindre la stabilité et la paix, en tant que but ultime, avait été oublié. En d’autres termes, les moyens étaient devenus la fin.

De même, pour de nombreux régimes d’assurance santé communautaire, la multitude des exigences logistiques de démarrage, la gestion et le maintien de ces régimes semblent éclipser leur objectif initial : la santé et le bien-être d’une communauté spécifique et de ses membres. En outre, la mise en œuvre de l’assurance santé communautaire dans les pays à faible revenu, notamment en Afrique subsaharienne, est trop rigide : les dessins sont souvent standardisées et n’ont pas la souplesse nécessaire pour s’adapter au contexte local.

Les économistes de la santé devraient se concentrer sur le développement d’un modèle différent de l’assurance santé communautaire pour permettre à ces régimes de rester fidèle à leur but tout en demeurant financièrement viable et durable.

Development & Aid

14.   Guardian – Aid still benefits companies from donor countries

Claire Provost; http://www.guardian.co.uk/global-development/2011/sep/07/aid-benefits-donor-countries-companies
En dépit d’une promesse faite il y’a 10 ans sur la fin de « l’aide liée », les bénéficiaires de l’aide sont encore obligés d’acheter des biens et services auprès des entreprises des pays donateurs, révèle un rapport (PDF) du Réseau Européen sur la Dette et le Développement (Eurodad), un réseau de 54 ONG de 19 pays européens.

 

Ont contribué à l’édition de cette lettre: Mohamed Ali Ag Ahmed, Matthieu Antony, Morris de Kouame

 

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Sincères salutations,

L’Equipe éditoriale

Basile Keugoung, Isidore Sieleunou, David Hercot, Kristof Decoster, Josefien Van Olmen, & Wim Van Damme

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