Chers Collègues,

La saison des Cinquantenaires de l’Indépendance des pays africains continue avec son lot de manifestations, de défilés, de discours… organisés à des milliards de FCFA. Les noces d’or des pays africains se situent malheureusement dans un contexte où leurs collègues asiatiques qui étaient plus pauvres en 1960 sont aujourd’hui leurs bailleurs et continueront à l’être pour plus longtemps encore si une prise de conscience n’est résolument faite par les gouvernements et les peuples africains.
Sur le plan sanitaire, par exemple, le paludisme a été éliminé voire éradiqué dans plusieurs pays asiatiques et le VIH/SIDA est maîtrisé. L’infrastructure sanitaire dans des pays tels que l’Indonésie, la Malaisie ou la Thaïlande sont des références mondiales drainant d’ailleurs des touristes médicaux occidentaux.
Par contre, en Afrique sub-saharienne, la prise de conscience n’est pas encore effective et il y a plus de festivités que des réformes concrètes qui pourraient permettre le développement social et économique et le bien-être des populations.
La conséquence inévitable est la forte morbidité et mortalité liées aux problèmes de santé que l’on pouvait prévenir et/ou traiter.
Les gouvernements sont plus prédateurs que sociaux et tout est mis en œuvre pour que malgré ces conditions de vie dérisoire des peuples, les dirigeants se maintiennent éperdument au pouvoir jusqu’à leur mort et que toute revendication soit taxée de politicienne.
Peut-on avoir une meilleure gouvernance des systèmes de santé dans ce contexte de mauvaise gouvernance générale ?

Bonne Lecture

 

Basile Keugoung, < ?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />David Hercot, Kristof Decoster, Josefien Van Olmen, & Wim Van Damme


Global Health

 

1. Health and Human Rights – Taking up Daniels’ challenge: the case for global health justice

Gorik Ooms & Rachel Hammonds;

http://www.hhrjournal.org/index.php/hhr/article/viewArticle/201

Gorik Ooms et Rachel Hammonds ont répondu à l’article publié par Norman Daniels dans Just Health qui soulignait la nécessité d’une assistance mutuelle pour assurer le droit à la santé au niveau national et l’absence d’arguments pour cette assistance au niveau international. Pour Gorik Ooms & Rachel Hammond, il ya une responsabilité mondiale pour la santé des populations et des obligations de justice (au-delà de la charité) pour assurer (et pas seulement respecter ou protéger) le droit à la santé dans tous les pays : ce sont des obligations de justice pour la santé mondiale.

D’abord, les lois internationales affirment les obligations de justice pour la santé mondiale au-delà des obligations nationales et caritatives et l’approche des droits de l’homme constitue un guide et trace les contours entre la responsabilité nationale et la responsabilité mondiale pour remplir les obligations qui découlent des aspects socioéconomiques des droits humains et faire face aux iniquités dans la santé mondiale. Ensuite, les approches innovatrices de l’assistance internationale qui ont découlé de la réponse mondiale au VIH/SIDA montrent la faisabilité de l’amélioration des indicateurs de santé à partir des efforts extérieurs au pays et donc les obligations de justice sanitaire mondiale ont plus de poids : le poids des vies non sauvées. Le Fonds Global serait une forme embryonnaire du nouveau paradigme de l’assistance sanitaire international. La signature des accords sur des paramètres délimitant les responsabilités entre les responsabilités nationale et mondiale pour la santé mondiale permettrait d’avancer vers une institution mondiale de distribution de la santé.

 

2. Globalhealthpolicy.net –   A UN Agency for Women? Lessons from History

Devi Sridhar;

http://www.globalhealthpolicy.net/?p=155

L’ONU a adopté le 2 juin 2010, une résolution créant une nouvelle Agence pour les Femmes qui s’occupera de la santé maternelle et des violences contre les femmes, l’insuffisance des ressources, et enfin du faible positionnement et l’incoordination des problèmes de la femme au sein du système de l’ONU. Devi Sridhar relève quelques zones d’ombre sur l’efficacité d’une telle Agence pour résoudre les problèmes de la femme.

En effet, une Agence similaire UNAIDS avait été créée en 1994 avec les mêmes objectifs pour lutter contre le VIH/SIDA et donc elle n’a pu atteindre tous ces objectifs. Une Agence de l’Onu qui s’occupe d’un problème de santé utilise 4 fonctions pour faire avancer la prise en charge de son problème : le plaidoyer,  l’exceptionnalité, le  point focal de l’information et enfin la gouvernance.

Malheureusement, une Agence de l’ONU présente de nombreux inconvénients : la bureaucratisation, la difficulté de coordination, la compétition due aux contributions volontaire, et enfin la détérioration de l’information. 

L’espoir est que UN Women marche mieux que son prédécesseur UNIFEM. Quel problème suscitera la création d’une autre Agence de l’ONU : la Sécurité alimentaire peut-être ?

 

3. Lancet – Health workers lost to international bodies in poor countries

David Southall, Mamady Cham, Omar Sey;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)61157-9/fulltext

Southall et al. attirent l’attention sur la fuite des cerveaux des personnels de santé dans les pays pauvres du secteur public vers les Organisations internationales qui offrent de meilleurs salaires et conditions de travail. Ceci aggrave la pénurie en personnels et par conséquent démotive les personnels publics qui ont alors une charge de travail énorme. Pour faire face à ce fléau, les auteurs suggèrent de :

1-     Elaborer un programme de remplacement des staffs recrutés dans le secteur public

2-     Renforcer le système de santé public

3-     Contribuer à la formation du personnel dans le pays et à l’amélioration de leur moral

4-     Appuyer la mise en œuvre du code de pratiques sur le renforcement du système de santé

5-     Inclure cette problématique dans l’agenda du Forum de l’Alliance Globale sur les personnels de santé qui se tiendra en Thaïlande en 2011

6-     Pour les zones rurales ou reculées, faire le plaidoyer pour l’application des mesures pour la rétention  des personnels publiées par l’OMS en juillet dernier.

 

 

 

4. Lancet (Correspondence ) – Prioritisation of health research

Roderik F Viergever, Zafar Mirza, Robert Terry, Malebona P Matsoso;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)61247-0/fulltext

Les auteurs répondent aux ’13 Young Voices’ qui suggéraient de définir les objectifs de la recherche dont l’un serait de définir régulièrement les priorités de recherche dans chaque pays. Des Initiatives existent déjà pour la recherche : la Stratégie Globale et le Plan d’Action sur la Santé publique, l’Innovation et ,a Propriété intellectuelle, et la Stratégie de l’OMS sur la recherche en santé dont le but est de prioritiser la recherche en santé et les besoins de développement pour la période 2008-2015.

 

HIV/AIDS

 

5. Bloomberg Business week  – AIDS drugs flow to the third world

http://www.businessweek.com/magazine/content/
10_33/b4191021714150.htm?campaign_id=rss_null

 

Les Industries pharmaceutiques octroient de plus en plus des licences aux compagnies privées locales dans les pays à faible revenu pour faciliter l’accès aux antirétroviraux (ARV). Ceci permet de réduire les coûts des médicaments de quelques milliers de $ dans les pays riches à environ 120 $ par an. Toutefois, cela permet à ces industries de faire aussi de la publicité et de ne pas supporter les coûts de distribution.

 

 

6. Council on Foreign relations (expert brief) – Messy Politics of Donor Support for HIV

Laurie A. Garrett;

http://www.cfr.org/publication/22766/messy_politics_of_donor_support_for_hiv.html?breadcrumb=/publication/by_type/region_issue_brief

Laurie Garrett s’étonne des critiques émises lors de la Conférence de Vienne sur le VIH/SIDA. En effet, les USA-administration et fondations- qui ont environ 25% du PIB mondial contribuent pour 85% pour la lutte contre le VIH/SIDA.

Par contre, on observe une anarchie des bailleurs pour la lutte contre cette pandémie qui a entraîné une baisse des fonds de 7,7 à 7,6 milliard $ entre 2009 et 2008. L’Autriche qui hébergeait la Conférence ne contribue presque pas au financement des programmes VIH/SIDA, les pays de l’Europe de l’Est qui ont une épidémie galopante telle que la Russie n’avaient pas de délégation officielle à la conférence. Seule les USA, la Grande Bretagne et la Hollande donnent au Fonds Global des financements qui reflètent leur PIB et ont d’ailleurs augmenté leurs contributions en 2009 bien que Cameron, le nouveau Premier Ministre britannique ait indiqué son intention d’orienter son aide extérieure santé vers le paludisme, ce qui réduirait le budget pour le SIDA de plus de 350 million $. Les pays tels que la Chine, le Brésil et l’Inde continuent de recevoir des milliard de $ du Fonds Global.

La France par exemple donne 80% soit 338,4 million $ % de son aide pour le VIH/SIDA au Fonds Global et autres agences multilatérales contre 12% soit 528,4 million $ pour les USA.

Le passage des engagements financiers du G8 au G20 prédit de nouvelles baisses qui sont déjà de 11% entre 2006 et 2009. Ce qui augmente par contre, ce sont les financements des ONG et fondations. En 2011, les USA prévoient pour la santé :

         641 million $ pour la santé maternelle et infantile

         645 million $ pour le planning familial et la santé de la reproduction

         55 million $ pour le Fonds des Nations-Unis pour la population

         5,85 milliard $ pour le VIH/SIDA

 

7. Globe and Mail – HIV is a 20th-century disease that needs 21st-century research

Alan Bernstein & Peter Piot;

http://www.theglobeandmail.com/news/opinions/hiv-is-a-20th-century-disease-that-needs-21st-century-research/article1667175/

Bernstein and Piot relevant que nous avons besoin des approches de qualité pour les essais cliniques qui testent plusieurs concepts en peu de temps, avec peu d’argent tout en préservant la sécurité, l’engagement communautaire et en respectant les règles d’éthique. L’étude sud-africaine a montré que le gel vaginal microbicide pouvait réduire la transmission du VIH de 39% voire de 50% chez celles qui l’utilisent régulièrement tandis qu’en Thaïlande, le vaccin réduisait cette transmission de 31%.

Ces dernières années, l’attention était focalisée sur l’accès à la trithérapie qui a permis de passer de 400 000 en 2000 à près de 5 million de bénéficiaires –ne représentent que le 1/3 des personnes ayant besoin des ARV, et des million de personnes s’infectent aussi chaque année- et à la réduction de la morta
lité de 18% en Afrique sub-saharienne.

Les nouvelles approches qui mettent ensembles les bailleurs et les scientifiques du monde entier à travailleur pour faire progresser la prévention et d’autres objectifs globaux de santé sont nécessaires. Aujourd’hui, les essais sur la prévention du VIH prennent 7 ans pour planifier, financer, conduire la recherche et analyser les données. Une collaboration entre les différents acteurs est requise et une nouvelle génération de chercheurs qui sont convaincus qu’ils pourront aider à endiguer cette pandémie.

 

 

Other diseases

 

 

8. Lancet – Africa is desperate for praziquantel

Peter J. Hotez, Dirk Engels, Alan Fenwick, Lorenzo Savioli;

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)60879-3/fulltext

Hotez et al. notent que la schistosomiase est l’une des maladies tropicales négligées la plus dévastatrice affectant près de 200 million de personnes. Dix ans après l’adoption par l’Assemblée Mondiale de la santé d’une résolution pour assurer la couverture complète en praziquantel des personnes à risque, moins de 10% des enfants d’âge scolaire à risque reçoivent ce médicament. Ceci reflète l’accès limité au praziquantel car 0,08 US$ par comprimé serait élevé pour les Ministères de la santé de certaine pays africains. Merck KGaA a proposé d’offrir 200 million de comprimés gratuitement pendant 10 ans et de livrer 100 million au coût de production. Mais, un milliard de comprimés sont nécessaires pour traiter 400 million de personnes par an, soit 10 à 20 fois les dons actuels pour prévenir 280 000 décès par an et 100 million US$ seraient nécessaires chaque année.

Au-delà du praziquantel, il faudrait développer la recherche sur la maladie, les nouveaux médicaments et le vaccin.

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