Chers Collègues,

 

En français, le terme santé globale réfère aux différentes dimensions de la santé, les déterminants sociaux environnementaux, biologiques de la santé mais également l’ensemble de la personne dans son corps et dans son esprit. Ce que les anglophones appellent « Global Health » se traduit souvent assez mal par santé globale. Bien souvent le vocable global est appliqué à tout ce qui concerne les pays tiers : maladies tropicales, maladies négligées, systèmes de santé dans les pays pauvres,… Idéalement, pour être géographiquement global, il devrait couvrir des concepts qui sont pertinents à l’échelle mondiale, ici et ailleurs tel le droit à la santé ou l’accès aux soins. Si l’on considère le système de santé global, outre la dimension géographique, il y a lieu de considérer les différents éléments du système de santé sans en oublier aucun. Le plaidoyer de Julio Frenk ci-dessous va dans un sens plus global mais ne vous méprenez pas tout ce qui est « global » en anglais n’est pas forcément « global » en français. Il m’est donc parfois difficile de traduire justement le terme « global health » qui ne cesse pourtant de nous hanter.

Bonne lecture.

David Hercot

La sélection a été réalisée avec l’appui de Kristof Decoster, Josefien Van Olmen, Wim Van Damme et Peter S. Hill


Global Health Initiatives

1.  Plos Medicine – The Global Health System: Strengthening National Health Systems as the Next Step for Global Progress

Julio Frenk; http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000089

Dans un deuxième article d’une série de quatre sur la nature changeante des institutions de santé mondiales, Julio Frenk pense qu’il est vital d’avoir une conception claire des systèmes de santé nationaux car ceux-ci restent la base des progrès que nous pourrons enregistrer dans la santé mondiale. Il examine quelques-unes des idées fausses sur les systèmes de santé, offre un cadre et des suggestions sur la façon d’améliorer la performance des systèmes de santé nationaux. Pour lui les systèmes de santé nationaux ne sont ni une boite noire, ni un trou noir ou une liste de course. Nous avons maintenant accru nos connaissances sur ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas dans les systèmes de santé. Nous savons également que certains systèmes fonctionnent mieux que d’autres pour un même investissement. Enfin, un système de santé n’est pas une juxtaposition d’éléments mais inclus également (1) les liens et la coordination de ces éléments. Il suggère d’élargir notre vision du système de santé pour (2) inclure la population comme un élément clé, (3) de prendre en compte l’ensemble des objectifs d’un système de santé – au-delà de l’amélioration de la santé, prendre en considération l’équité, la protection financière et la réponse aux attentes des patients [responsiveness] – et enfin (4) sur les fonctions du système (services, financement, collecte de fonds, gestion). Plusieurs déterminants influencent la performance d’un système de santé indépendamment de ses moyens financiers : Les technologies, l’architecture du système, les institutions et le leadership. Récemment beaucoup d’efforts ont été consentis pour améliorer le premier élément. Dans ces recommandations soulignons la nécessité de mettre en œuvre des échanges d’expérience entre les pays pour la mise en œuvre d’une approche diagonale. Il suggère que la communauté internationale soutienne une communauté de pratique pour que la connaissance et l’action se renforce mutuellement.

2.  Plos Medicine – The Global Health System: Linking Knowledge with Action—Learning from Malaria

Gerald T. Keusch et al. ; http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000179

Dans cet article, les auteurs essaient de tirer quelques enseignements sur cent ans de recherche contre le paludisme pour améliorer le système de santé mondiale. Ils concluent que la recherche mondiale doit plus impliquer les institutions locales de recherche pour développer des outils adaptés au contexte et pour renforcer la collaboration entre le niveau global et local. Ils suggèrent aussi que la recherche prends du temps, des décennies, et que nous devrions commencer dés aujourd’hui la recherche sur les défis de demain tel que les maladies chroniques. Ils pensent également que la recherche doit plus s’impliquer dans la mise en œuvre, doit développer les liens entre le Nord et le Sud et doit s’efforcer de rendre les messages compréhensibles pour les décideurs et la population afin de bénéficier d’un soutien accru. Enfin ils pensent qu’il est utile de développer plusieurs types de partenariats. Le système de santé mondial/global doit viser à une collaboration adéquate entre les acteurs de la recherche, les bénéficiaires du système et les personnes chargées de la mis en œuvre.

3.  AFGH – Making progress on global health in the Spanish, Belgian and Hungarian Presidency of the European Union: civil society recommendations

http://bit.ly/6VpioA

AFGH Espagne a remis sa lettre sur la santé mondiale, adressée aux trois prochaines présidences de l’UE et signée par plus de 450 ONG internationales, au Secrétaire d’État espagnol pour l’UE, M. Diego López Garrido.

 

4.  HP&P – The effects of global health initiatives on country health systems: a review of evidence from HIV/AIDS control

Biesma et al;

http://heapol.oxfordjournals.org/cgi/content/full/czp025v1

Les effets des Initiatives Globales de Santé sur les systèmes de santé des pays : Une revue de l’évidence  de la lutte contre le VIH/SIDA (Résumé)

Cette publication revoit les connaissances au sujet de l’impact des Initiatives Mondiales de Santé qui ont eu des effets profonds sur les systèmes de santé des pays récipiendaires  à moyen et faible revenu. Trois initiatives qui comptent pour les deux tiers du financement extérieur destiné à la lutte contre le VIH/SIDA  dans les pays à ressources limitées ont été sélectionnées (Global Fund, MAP et PEPFAR). Cette publication est basée sur 31 articles et rapports nationaux et régionaux. Des effets positifs et négatifs ont été identifiés : Parmi les effets positifs ont note une extension rapide de la prestation de services pour les patients atteint du SIDA, une plus grande participation des intervenants, et l’acheminement de fonds à des acteurs non gouvernementaux, principalement les ONG et les organismes confessionnels. Les effets négatifs comprennent la distorsion des stratégies nationales, notamment par la distraction des gouvernements de leurs efforts coordonnés pour renforcer les systèmes de santé et la réémergence de la verticalisation de la planification, de la gestion et du suivi-évaluation. Des études régionales et sous-nationales doivent être menées afin de déterminer le degré d’alignement des Initiatives Mondiales de Santé et leur capacité à renforcer les capacités des pays à lutter contre le VIH. La prise en compte des populations marginalisées, du cout – efficacité et de la pérennisation à long termes sont impératifs.

Traduit par George Ngufor Fotho et David Hercot

Dr
ugs

5.  Glaxo offers free access to potential malaria cures

http://www.guardian.co.uk/

Le PDG de GSK, Andrew Witty, a annoncé que sa société allait publier les détails des composés chimiques de sa bibliothèque qui ont le potentiel d’agir contre le parasite du paludisme. Avec cette déclaration, Witty a probablement anticipé les critiques des ONG sur le débat sur les droits intellectuels et le droit à la santé pour  l’accès aux médicaments essentiels pour les pauvres qui a eu lieu au conseil d’administration de l’OMS la semaine passée.

Version Française de l’article réalisée par George Ngufor Fotho.

6.  EU and US block moves for greater access to essential medicines for world´s poor

David Hammerstein ; http://bit.ly/88GAvs  

En lien avec la discussion ci-dessus, Hammerstein donne son avis sur le débat qui a eu lieu  au conseil d’administration de l‘OMS, qui s’est déroulé à Genève. Le conseil s’est réuni pour étudier le rapport du Groupe de travail sur le financement de la R & D pour les médicaments essentiels. Les sociétés pharmaceutiques sont accusées d’avoir exercé des pressions, voire manipulé le rapport. Les pays industrialisés défendent un statu quo sur la propriété intellectuelle alors que les pays émergeants et en développement, les ONG et le monde académique plaident pour de nouveaux mécanismes. Une fracture est apparue et la cohérence des politiciens Européens qui se targuent de vouloir lutter contre la pauvreté quand ils parlent d’Haïti est ternie par la défense d’intérêts économique quand il s’agit de permettre l’accès des plus pauvres à des médicaments de première nécessité.

7.  Open AIDS Journal special issue on TRIPS for ARV

open/toaidj/

Pour ceux d’entre vous qui sont motivés par le sujet et qui n’ont pas peur de l’anglais le Open AIDS Journal a sorti un numéro spécial gratuit consacré aux brevets et à l’accès aux médicaments contre le SIDA.

On Haiti

8.  Growth of aid and the decline of humanitarianism

The Lancet ; Full Text

La catastrophe en Haïti et l’aide massive dans le monde entier pour aider Haïti à faire face à la souffrance ont suscité un débat mondial. Dans un éditorial, le Lancet critique non seulement les politiciens et les médias (les suspects habituels) pour leur indignation plutôt sélective (et la hiérarchie implicite des crises), mais aussi, et peut-être plus étonnamment, le secteur de l’aide. Trop d’organisations humanitaires agissent souvent en fonction de leur propre agenda. La compétition prime au dépend de la collaboration et même de la collaboration avec des petites ONG bien implantées. Le marketing prend parfois le pas sur l’humanitaire. C’est pourtant d’humanitaire que les Haïtiens ont besoin.

Comment rendre à l’humanitaire ses lettres de noblesses ? Comment concilier besoin de fonds propres pour la survie de l’organisation et besoin de collaborer avec les ONG locales qui ont une vraie plus value pour une meilleure performance ? Comment venir en aide aux populations les plus en détresse ? Les Haïtiens en faisaient déjà partie avant le tremblement de terre mais les Somaliens eux sont de plus en plus abandonnés.  Autant de questions soulevées par cet éditorial. N’hésitez pas à commenter sur notre blog

9.  Washington Post – After the earthquake, how to rebuild Haiti from scratch

Jeffrey Sachs ; http://www.washingtonpost.com/

Sachs plaide parmi d’autres pour la mise sur pied d’un fonds unique transparent multi bailleurs pour la reconstruction d’Haïti.

10.         Guardian – We can turn Haiti around

Kofi Annan ; http://www.guardian.co.uk/

L’ex secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan estime qu’il ne faut pas attendre une tragédie pour donner un appui structurel aux états fragiles ou à la limite de la rupture. Tous les acteurs de la communauté internationale ont la responsabilité collective de soutenir et de réparer les Etats fragiles.


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