Chers Collègues,

Il y a quelques jours, l’introduction de la version anglaise de la lettre faisait déjà référence au drame d’Haïti. Une semaine après, Haïti reste une préoccupation majeure pour chacun de nous soucieux de la santé. Beaucoup de familles Haïtiennes sont aujourd’hui en deuil et nous partageons leur souffrance. Mais au delà de l’enfer logistique actuel sur le terrain pour restaurer les routes d’approvisionnement en eau et en nourriture, c’est la reconstruction des infrastructures du pays et en premier les structures démocratiques selon son président qui commence à soulever de nombreuses questions.

Bonne lecture.

David Hercot

La sélection a été réalisée avec l’appui de Kristof Decoster, Josefien Van Olmen, Wim Van Damme et Peter S. Hill


Global Health Initiatives

Cette semaine, le Lancet publie une étude de l’impact de la stratégie accélérée pour la survie et le développement de l’enfant. Cette étude tempère les bons résultats annoncés par l’UNICEF à la fin du programme en 2005. Ils montrent aussi que la réduction de la mortalité n’est pas fortement différente dans les districts prioritaires par rapport à la zone de contrôle. Plusieurs explications sont avancées. La première est qu’il ne s’agit pas d’une recherche « randomisée et contrôlée » mais d’un programme mis en œuvre dans certains districts et accompagné d’un plaidoyer pour la mise en œuvre simultanée dans les autres districts. Dans les problèmes soulevés, retenons notamment les problèmes de disponibilité des intrants ou l’inadéquation des politiques nationales par rapport aux interventions communautaires proposées. Les auteurs soulignent le peu de progrès voir le recul dans certains cas de la prise en charge curatives des enfants malades. Ceci met le doigt sur la boite noire du système de santé et les difficultés pratiques de mise en œuvre de ces interventions à haut impact. Cela rappelle également la théorie du chainon manquant : si vous sauvez un enfant du palu aujourd’hui et qu’il meurt de la diarrhée demain, vous avez échoué. Les auteurs suggèrent d’inclure dans le paquet de base les interventions pour prévenir les causes de décès les plus fréquentes, notamment la pneumonie et la diarrhée dans beaucoup de pays ou la SASDE a été mise en œuvre.

1. Lancet online – Evaluation: the top priority for global health

http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)60056-6/fulltext

Dans cet éditorial qui commente l’étude UNICEF, le Lancet suggère que plus d’efforts soient fait pour évaluer les programmes mondiaux à grande échelle. L’évaluation devrait être inscrite dans les programmes d’emblée plutôt que d’être un wagon que l’on raccroche par après. L’évaluation doit être une priorité de premier rang si l’on souhaite maintenir la crédibilité des actions internationales en santé.

2. Lancet online– Assessing the scale-up of child survival interventions

Stefan Peterson ; http://www.lancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)62193-0/fulltext

Peterson pense qu’il est maintenant grand temps d’investir dans la recherche sur le déficit de mise en œuvre des interventions à haut impact. On connait les interventions qui marchent mais on ne sait pas assez comment surmonter les problèmes de mise en œuvre dans un contexte de systèmes de santé complexes et souvent faibles. (voir aussi Nishtar ci après – 3 ) Malheureusement, il constate que la majorité des fonds de recherche sont alloués au développement de nouvelles technologies.

3. WHO Bulletin – The mixed health systems syndrome

Sania Nishtar ; http://www.who.int/bulletin/volumes/88/1/09-067868/en/index.html

Ce commentaire publié dans le bulletin de l’OMS souligne pourquoi les systèmes de santé mixtes qui sont la réalité dans tous les pays actuellement ne permettent souvent pas d’obtenir de bons résultats. L’auteur souligne l’action croisée de trois facteurs qui caractérisent beaucoup de ces systèmes de santé mixtes défaillants : Financement insuffisant de la santé, environnement législatif qui permet au secteur privé de fournir des services sociaux sans les moyens législatifs de contrôle appropriés et un manque de transparence et de gouvernance. Elle parle du syndrome de système de santé mixte lorsque l’offre de service comprend à la fois des services publiques et privés mais montrant des faiblesses en terme de qualité et d’équité. Elle suggère plusieurs paquets de réforme pour permettre aux systèmes de santé mixte qui sont maintenant un fait dans la plupart des pays d’améliorer leur performance : (1) résoudre les problèmes politiques et économiques qui sont à la base de beaucoup d’inéquité de pouvoir d’argent et de ressources, qui sont parmi les déterminants sociaux de la santé principaux. (2) accroitre les sources de financement public de la santé. (3) Utiliser la régulation pour que le secteur privé contribue efficacement aux objectifs de la santé pour tous. Elle suggère que les Initiatives Mondiales pour la Santé peuvent catalyser ce changement dans les pays à revenu les moins élevés. Notamment par la mise sur pied d’une plateforme internationale pour le financement du renforcement du système de santé.

4. CGD – Evaluation, Evaluation Everywhere: IOM Progress on Evaluating the Impact of PEPFAR

David Wendt ; http://bit.ly/61SZop

En 2008, l’Institut de Médecine des Etats Unis (IOM) a été mandatée pour évaluer l’impact de PEPFAR. L’auteur évalue les progrès réalisés à ce jour. Il se demande pourquoi le comité ne consulte pas les centaines d’évaluations existantes sur les projets du PEPFAR. « Ce serait inestimable si le comité pouvait mener et publier une revue synthétique systématique des études d’évaluation déjà menées sur les programmes et projets PEPFAR ». Il s’étonne aussi de la faible participation des militants pour le SIDA, généralement présent lorsque ce genre de dossiers est abordé.

Retrouvé une traduction complète de l’article par George Ngufor Fotoh sur notre blog.

Global Health Policy

5. GHE – Event Report – Nobel Forum Seminar on the EU as a Global Health Actor

David Gleicher (Global Health Europe) ; http://bit.ly/GHE_EU_GHactor

Début Décembre, la présidence suédoise de l’UE a convoqué une réunion de haut niveau pour les acteurs européen de la santé mondia
le à Stockholm. L’objectif du séminaire était de contribuer au travail en cours de définition de la nouvelle politique de santé mondiale de l’Union Européenne. Les messages clés étaient «d’élargir le champ de recherche en santé dans l’UE au-delà de la bio médecine afin de soutenir la santé publique en se concentrant sur la recherche sur la mise en œuvre plutôt que sur les nouvelles technologies et de soutenir la recherche en sciences sociales pour mieux comprendre les interconnexions entre la santé et d’autres politiques, ainsi que les déterminants sociaux et politiques de la santé. “

6. CGD – The End of Exile for Sexual and Reproductive Health and Rights

Rachel Nugent ; http://blogs.cgdev.org/globalhealth/2010/01/the-end-of-exile-for-sexual-and-reproductive-health-and-rights.php

Nugent est satisfaite des prises de position d’Hilary Clinton sur le retour en grâce de la santé sexuelle et reproductive au sein de l’administration américaine après huit ans de purgatoire. Les besoins des femmes et des filles seront au centre des priorités de la politique étrangère des Etats-Unis. Aussi bien dans l’Initiative Mondiale pour la Santé qui sera lancée prochainement que dans la politique de sécurité alimentaire. Plus d’argent sera disponible dans les mois à venir, l’UNFPA en a déjà profité. Elle a également suggéré que son équipe allait faire son possible pour que les changements de courant dans la politique américaine ne puissent pas changer drastiquement ces engagements. En matière de droits de la femme et de services de santé sexuelle et reproductive notamment de planification familiale, Nugent souligne la tension qui existe entre l’enthousiasme de la communauté internationale et l’accueil réservé de beaucoup de gouvernement partenaires. Notre valeur de droit de la femme est mise en tension avec le principe d’appropriation par les pays. La convention internationale sur les droits de la femme et celle sur les droits de l’enfant qui sont signées par la majorité des pays peuvent être une base pour un terrain d’action commun. Le problème c’est que les Etats-Unis n’ont pas ratifié ces conventions et qu’ils sont donc mal placés pour les défendre. En attendant, profitons de ces bonnes paroles conclut-elle.

7. European Review – Investing in Health: A Contribution to the Achievement of the Lisbon Agenda

Martin McKEE and Marc SUHRCKE ; http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?aid=6906144

Les auteurs évaluent si la santé devrait être partie intégrante de l’agenda de Lisbonne qui vise à faire de l’Europe l’économie la plus compétitive du monde.

Traduction du résumé (g) :

Dans l’agenda de Lisbonne, les États membres de l’Union Européenne se sont engagés à investir pour que l’UE devienne l’économie la plus compétitive du monde.
Dans cet article nous passons en revue les éléments de preuve pour savoir si l’investissement dans la santé doit faire partie de ce processus. En nous concentrant sur les études microéconomiques, nous montrons comment une meilleure santé peut accroître la productivité et l’offre de travail. En outre, il y a un effet positif indirect en raison des investissements que les sujets sains font pour leur propre éducation. Les gouvernements qui visent la croissance économique durable – au sens large – doivent inclure la santé de leur population ainsi que l’éducation et l’infrastructure physique dans une stratégie d’investissement équilibrée.


Go to archiveGo to homepage

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Please fill in the below * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.