Chers Collègues,

Le financement de la santé par le biais de l’aide internationale va souffrir dans les prochains mois alors même que le nombre de priorités augmente sur la table des négociations. On ne parle plus seulement du SIDA, de la tuberculose et du paludisme mais aussi de la santé maternelle, du renforcement des systèmes de santé ou de la transition épidémiologique par exemple. Certaines organisations de la société civile qui militent pour une aide accrue pour certaines pathologies ou problématiques ciblées l’ont bien compris et tentent de progresser vers un agenda commun plutôt que vers une fragmentation de leurs actions de mobilisation. Ils ont établis une déclaration commune qui n’est qu’un premier pas vers un plaidoyer plus cohérent.

 

Veuillez trouver ci-dessous notre sélection hebdomadaire.

 

Bonne Lecture.    

 

David Hercot & au nom de Wim Van Damme


Global Health

 

1.                  H Pol Plan – Global health funding: how much, where it comes from and where it goes

Mc Coy et al. ; http://heapol.oxfordjournals.org/cgi/content/full/24/6/407

Le financement mondial de la santé a augmenté au cours des dernières années. Cette croissance a été accompagnée par une multiplication des acteurs et des initiatives de la santé mondiale. Ce document décrit létat du financement global de la santé, en tenant compte des sources de financement gouvernementales et privées, et soulève un certain nombre de questions liées à la gouvernance mondiale de la santé. Les données présentées sont organisées dans un schéma décrivant les différents acteurs et trois fonctions du financement mondial de la santé. La plupart des données utilisées sont des données secondaires issues de la littérature et des rapports annuels des différents acteurs. Dans deux cas, ils ont également utilisé des données primaires inédites qui ont été collectées par les auteurs du document.
Parmi les conclusions, retenons que le volume de laide publique au développement pour la santé est souvent gonflé et que les données sur les sources privées de financement de la santé mondiale sont insuffisantes, mais elles indiquent un rôle important des acteurs privés.
Le financement de la santé mondiale est fragmenté, compliqué, désordonné et inadéquatement étudié et requiert une attention immédiate. En particulier, il est nécessaire de suivre et d’évaluer le financement de la santé mondiale qui passe par les canaux privés, et d’évaluer de façon critique qui profite de la hausse globale des dépenses de santé.

 

Health Financing

2.                  Science speaks – Uganda’s Minister of Health Worries About A Slowdown in US Commitment to Fighting AIDS

http://sciencespeaks.wordpress.com/

Le ministre de la santé Ougandais a envoyé une lettre à l’administration Obama leur demandant de ne pas réduire le soutien des Etats Unis au PEPFAR et au Fonds Mondial. Il plaide pour que le nouveau projet d’initiative mondiale pour la santé du président Obama  soit un pas en avant dans la lutte contre le SIDA tout en incluant les autres problèmes de santé qui ont été négligés jusqu’ici.

 

3.                  Reuters – Experts warn of less money for AIDS research, treatment

http://alertnet.org/thenews/newsdesk/B213820.htm

Les principaux dirigeants de la lutte contre le SIDA se sont réunis à Paris au cours d’une conférence scientifique sur les progrès dans la lutte contre le SIDA. Ils ont plaidé pour un maintien de l’aide malgré la crise financière. Selon Peter Piot, la lutte contre le SIDA disparait de la liste des priorités suite à la crise financière. Les efforts consentis pour sauver les banques vont réduire les moyens dont les états disposent. En outre, tous les pays sont concernés par la réduction de l’activité économique et voient leurs recettes diminuer. Plus de la moitié des 9,5 millions de personnes qui ont besoin d’ARV n’y ont pas accès.

 

4.                  The Standard – Experts seek new options to fund health services

http://www.standardmedia.co.ke/InsidePage.php?id=1144026640&cid=4&

Les pays de l’OCDE invoquent de plus en plus facilement la crise financière internationale comme prétexte pour ne pas tenir leurs engagements en matière d’aide internationale. Dés lors, les initiatives récentes pour développer de nouvelles sources de financement innovantes qui devaient s’ajouter à l’aide deviennent la solution pour financer le développement et éventuellement remplacer l’aide internationale promise. De leur côté, la plupart des dirigeants africains prennent leur temps pour atteindre les 15% promis à Abuja. Selon un rapport de la banque mondiale publié en avril, 1,7 million de patient pourraient manquer de traitement suite à la crise financière. Lors d’une réunion à Nairobi, les représentants des pays africains ont discuté de l’introduction d’une taxe sur les billets d’avion qui devrait permettre de générer des fonds pour la santé. Cette taxe déjà en vigueur dans plusieurs pays Africains et Européens a permis de générer 842 millions d’Euro depuis 2006. Ces fonds servent à financer la prise en charge des enfants séropositifs.

 

5.                  Lancet – Vaccines and the world of child health

Editorial ; http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)61839-0/fulltext

Ce rapport conjoint de l’OMS, l’UNICEF et la banque mondiale sur les progrès de la vaccination dans le monde montre que 106 millions d’enfants ont été vaccinés l’an passé. Mais un cinquième des bébés dans le monde ne sont toujours pas complètement vaccinés. De nouveaux vaccins voient le jour et appellent plus d’argent pour ce secteur du système de santé alors même que le financement des programmes actuels est déjà un défi.

 

Drugs

6.                  BMJ – European Union criticised for health policies towards developing countries

http://www.bmj.com/cgi/content/full/339/oct21_2/b4328

Un rapport publié mardi passé par Oxfam international et Health Action International dénonce les politiques de l’Union Européenne en matière de droit du médicament qui favorisent les intérêts des grosses compagnies pharmaceutiques au dépend de « millions de personnes » qui n’ont pas accès aux médicaments essentiels et génériques.

Le rapport relève notamment les accords de commerces bilatéraux signés avec l’Europe qui incluent des clauses très dures sur la protection des brevets entrainant une réduction de l’accès aux médicaments génériques pour les pays et augmentant considérablement la facture de médicaments pour les usagers. Ceci au moment où l’Union Européenne développe en interne une politique de promotion des médicaments essentiels génériques en luttant contre les abus de l’industrie pharmaceutique. Le rapport dénonce également la saisie par l’Union Européenne de
médicaments génériques à destination des pays en développement. L’Union Européenne dans sa réponse a souligné qu’ils n’imposaient pas de mesures plus importantes que celles contenues dans les accords internationaux sur le commerce et qu’ils déploraient la saisie de médicaments génériques tout en soulignant l’importance de lutter contre le trafic et la mauvaise qualité des médicaments et donc le droit [voir l’obligation] pour les états de contrôler les médicaments transitant [ou produit pour l’exportation] sur leur territoire.

 

Health Systems

7.                  HP&P: 10 best resources on … health workers in developing countries

Grepin & Savedoff ; http://heapol.oxfordjournals.org/cgi/content/full/24/6/479

Lorsque l’on parle de renforcement des systèmes de santé, les ressources humaines sont souvent un paramètre clé. L’augmentation de l’aide internationale pour la santé depuis l’an 2000 a mis en avant le goulot que celles-ci représentent dans de nombreux pays. Cet article donne un aperçu des études les plus pertinentes dans le domaine pour les pays à faibles revenus, essentiellement issues d’Afrique anglophone. Les trois thèmes développés sont la quantification des besoins, le comportement du personnel et les migrations.

Cet article présente dix études qui tentent d’étudier les dynamiques entre le personnel de santé et le marché du travail dont ils font partie. Le nombre et la qualité des ressources humaines qui travaillent dans les services de santé n’est pas seulement influencé par les décisions du gouvernement de financer et de nommer les agents. Ils sont également influencés par l’attitude du secteur privé, par les usagers des services de santé et par le personnel de santé lui-même lorsqu’ils font des choix pour leur formation, leur emploi, leur lieu de travail ou leurs efforts au travail. Trois documents clés ont été publiés de puis 2003 qui forment un socle de référence pour ce domaine de recherche : Toward a Global Health Workforce Strategy (Ferrinho and Dal Poz 2003), Human resources for health : overcoming the crisis (2004) et le rapport mondial de la santé de l’OMS de 2006. Les auteurs citent et présentent ensuite les dix études qu’ils estiment importantes en matière de recherche sur les besoins en ressources humaines, le comportement des prestataires de soins – motivation financière et non financière et la migration du personnel de santé.

 

8.                  Lancet inf – Obamas research-funding stimulus

Haitham M Ahmed ; http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(09)70259-2/fulltext

Dans ce petit commentaire publié dans le Lancet infectious disease, l’auteur soutien que la réduction du budget alloué à la recherche aux Etats-Unis a profité au développement de la recherche dans les pays moins avancés.

Selon lui, depuis 2003, l’argent alloué à la recherche médicale et scientifique a diminué progressivement. La compétition pour obtenir l’argent disponible s’est accrue et les fonds disponibles se sont détournés des pathologies non endémiques aux Etats Unis. Traditionnellement le Japon, les Etats Unis et l’Angleterre ont financé une partie importante de la recherche pour des maladies telles que le paludisme ou la schistosomiase. Cette prédominance a inhibé l’intérêt pour la recherche dans ces domaines dans les pays où ces maladies sont endémiques.  Mais la réduction du budget pour la recherche aux Etats-Unis a entrainé un regain d’intérêt par les pays concernés. Et cite l’exemple du Brésil, de la Chine et de la Tanzanie. Il mentionne également les nouveaux acteurs telle la fondation Gates qui financent la recherche et les compagnies privées comme Merck qui tentent de développer des partenariats avec les pays moins avancés pour accroitre leur activité. Ces évolutions sont bénéfiques pour la disponibilité des médicaments et technologies dans ces pays.

 

9.                  The Economist – New ideas for global health

http://www.economist.com/sciencetechnology/displaystory.cfm?story_id=14698347

La fondation Bill & Melinda Gates se prépare à lancer un nouvel appel à projet pour soutenir des inventions technologiques qui pourraient améliorer la santé des habitants les plus pauvres de la planète. Ces petits montants doivent permettre à l’inventeur de peaufiner son idée avant de la soumettre à une recherche ou un développement plus poussé.

 

American health care reform :

BMJ news – US inches closer towards healthcare reform as houses prepare for debate

http://www.bmj.com/cgi/content/full/339/oct20_2/b4306

Le BMJ analyse les 5 projets de loi sur la réforme de santé qui sont actuellement débattus dans les comités du congrès des Etats-Unis.

 

11.NYT Senate Leader Takes Risk Pushing Public Insurance Plan

http://www.nytimes.com/2009/10/23/health/policy/23health.html?ref=health

Les derniers échos des discussions sur la réforme américaine du système de santé font état d’un possible retour de l’option publique. Le chef de la majorité au Sénat envisage d’inclure une option pour une assurance publique dans la loi avec une clause permettant aux Etats de ne pas participer.

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