Chers Collègues,
 

Du 14 au 18 Octobre, le premier sommet mondial de la Santé aura lieu à Berlin. The Lancet a invité des orateurs influents à partager leurs réflexions sur les priorités que le sommet ne doit pas omettre. Nous avons inclus un article de Peter Piot. Mary Robinson, de GAVI et Cesar G Victora de l'université Pelota au Brésil ont également donné leur avis (non inclus ici). Dans un communiqué l'association People's Health Movement (PHM) a exprimé un certain nombre de préoccupations au sujet de ce sommet.

 

Le bulletin du Global Fund Observer vient d'être publié. Nous avons sélectionné un commentaire sur les efforts déployés par le Fonds mondial pour lutter contre la corruption, comme cela est illustré par les deux récentes suspensions de la Mauritanie et des Philippines. Dans le Lancet Infectious Disease, Lee examine certains aspects de la vaccination contre le pneumocoque qui a été lancé récemment au Rwanda et au Ghana.

 

L'accès aux soins est au cœur de toute politique de santé. Le BMJ souligne la nouvelle stratégie d'accès universel proposée par l'OMS en Asie. Notre collègue Keugong fait valoir qu'à côté des interventions au niveau international pour assurer la disponibilité des médicaments dans les pays à faible revenu comme le propose Ravinetto, une action au niveau national devrait également être entreprise si l'on veut que des médicaments de qualité soient disponibles pour tous. Morris relate un rapport commandité par le groupe parlementaire sur le SIDA du Royaume Uni qui montre qu'en matière de traitement du SIDA, nous sommes assis sur une bombe à retardement et souligne la nécessité d'intensifier la mise à disposition des ARV car le nombre de patients nécessitant un traitement par ARV va augmenter de manière exponentielle au cours des prochaines années. Enfin, nous incluons un rapport de MSF qui dit qu'une meilleure utilisation de la réglementation des brevets pourrait améliorer la disponibilité des traitements. 

 

La cerise sur le gâteau vient du Guardian. La réforme de la santé aux États-Unis fait face à une forte résistance. Le journal britannique révèle pourquoi les membres du Congrès américain mettent tellement de pression sur l'administration Obama.

 

Bonne lecture.

 

David Hercot, Kristof Decoster, Josefien Van Olmen & on behalf of Wim Van Damme


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Global Health

1.                  Lancet – Health is global

Peter Piot, Geoff Garnett ; Full Text

A l'approche du sommet mondial de la santé à Berlin, les auteurs plaident pour une santé mondiale qui prendrait en compte les maladies chroniques non transmissibles, le poids de la croissance démographique, l'urbanisation et le changement climatique sur l'eau et l'hygiène du milieu et la nécessité de transférer les technologies vers  ceux qui en ont besoin. Pour ce faire, le nouvel agenda de la santé mondiale devrait inclure un approche multisectorielle et une recherche multidisciplinaire. Deuxièmement, le financement pour la recherche devrait être accru et troisièmement, les sources de financement devraient être développées sur le modèle des partenariats pour le développement des technologies soutenu entre autre par la fondation Gates. Enfin, les pays riches devraient lancer un programme de renforcement des capacités de recherche institutionnelles sur le modèle suivi par la Rockfeller Foundation il y a un siècle. La nouvelle ère de la santé mondiale doit voir son centre géographique se déplacer vers les pays à faible et moyen revenu. Le monde a besoin de plus d'équité pas seulement en santé mais aussi pour la définition des priorités de recherche et leur mise en oeuvre.

 

2.                  PHM statement regarding the World Health Summit

http://www.phmovement.org/en/node/2666

Le mouvement pour la santé des personnes (People's health movement) a publié un communiqué dans lequel il explicite ce que le sommet mondial de la santé lui fait craindre. Tout d'abord il constate que malgré le fait que le sommet revendique la participation de la société civile, le coût élevé de la participation et la participation sur invitation sont deux facteurs qui limitent la probable contribution des associations qui militent pour les populations. Deuxièmement, ils émettent des craintes qu'un sommet convoqué par deux puissances du Nord, avec la participation massive et le financement du secteur médical industriel reflète plus les vues de la santé mondiale des pays industrialisés que du monde dans son ensemble. L'OMS est une organisation plus démocratique ou la voix de chacun peut être entendue malgré les pressions des bailleurs. Le site web du sommet indique que les déterminants sociaux de la santé seront à peine abordé et que les progrès médicaux auront la part belle ce qui risque d'amener à la conclusion que le progrès technique a seul permis les avancées en te
rme d'espérance de vie en niant l'importance de l'amélioration des conditions de vie et la meilleure répartition du pouvoir. Bien que le sommet affirme que la santé est un droit de l'homme, la prédominance du secteur industriel est en contradiction avec ce principe au vu de l'intérêt limité voir opposé de l'industrie. La responsabilité de l'industrie est vis à vis de ses actionnaires et ne peut donc pas avoir le rôle central dans les décisions concernant la santé mondiale. Finalement ils demandent au Lancet, à l'OMS et aux autres organisations invitées de prendre des précautions avant de participer au sommet.

 

Global Health Initiatives

3.                  AIDSPAN – Full Disclosure Works

Bernard Rivers ; http://www.aidspan.org/index.php?issue=107&article=2

Croire que le Fonds Mondial pourrait échapper aux détournements est naïf. La question est plutôt de savoir combien et si les détournements seront identifiés et comment ils seront traités. Le fait que le Fonds Mondial se donne des moyens pour traquer la corruption et rende publique ses résultats est positif dans ce monde où le silence est trop souvent la règle. Ceux qui détournent doivent sentir le vent froid souffler dans leur dos. Après sept ans, le Fonds Mondial est finalement arrivé à un système de contrôle opérationnel et le cas de la Mauritanie et des Philippines témoignent du travail de l'inspecteur général.

 

4.                  Lancet – Pneumococcal campaign foreshadows wider initiatives

Katie Lee ; http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(09)70248-8/fulltext

La Gambie après le Ghana ont lancé une campagne de vaccination contre le pneumocoque avec le vaccin conjugué heptavalent. Ces vaccins ont été donnés par Wyeth Pharmaceuticals via GAVI. La pneumonie est responsable de un décès sur six en Gambie. Les problèmes majeurs liés à ce vaccin PCV7 sont tout d'abord l'absence de sérotypes très fréquents en Afrique (mais ce problème devrait être résolu prochainement, voir infra), le stockage de ces vaccins monodoses [59cm3 par dose] et la gestion des déchets liés aux seringues en verre [non autodestructibles]. Mais GAVI a lancé le premier programme Advanced Market Commitment pour résoudre le problème de sérotypes et l'on devrait à très court terme disposer de vaccins à dix sérotypes. Ce programme garantit un certain prix aux producteurs pendant dix ans ce qui les encouragent à se lancer dans la production. 1,5 Milliards de Dollars ont déjà été promis dans ce fond par Gates et certains pays donateurs. Le responsable de la campagne accès aux médicaments essentiels de MSF souligne l'importance de garantir une partie de cet argent pour les producteurs des pays en développement, même si ceux-ci arrivent plus tard sur le marché, afin de garantir des prix bas.

 

Access to Care

5.                  BMJ – WHO outlines strategy for universal healthcare coverage for Asia

http://www.bmj.com/cgi/content/full/339/sep29_3/b3989

Lors du comité régional pour le pacifique Ouest à Hong Kong fin septembre, l'OMS a adopté une nouvelle stratégie qui demande aux pays de la région de tendre vers l'accès universel aux soins. Si le système de santé ne fournit pas une protection financière significative de nombreux ménages peuvent être poussés dans la pauvreté. La crise financière actuelle a accru ce risque ce qui rend cet appel d'autant plus urgent. Le niveau élevé des dépenses directes de santé des ménages dans la région est une barrière majeure à l'accès universel. Celles-ci ne devraient pas dépasser 30 à 40 % des dépenses de santé. Le prépaiement des soins est également crucial. Enfin le pourcentage du PIB investi dans la santé est également un facteur clé de l'accès universel. Même s'il est plus facile d'approcher la couverture universelle dans un pays riche, il est crucial pour les pays de la région de tendre vers cet idéal.  

 

6.                  Lancet Inf – The availability of drugs for rich and poor people in developing countries

Basile Keugoung ; Full Text

Ravinetto a souligné la nécessité de surmonter la différence de qualité des médicaments disponibles entre les pays riches et pauvres. La collaboration interagence, la mise en application des règlements internationaux et le recours à des procédures adéquates pour l'achat des médicaments sont avancés comme des moyens importants. Mais les pays au sud du Sahara ont également un besoin urgent d'autres mesures au niveau national. Au jour d'aujourd'hui, la disponibilité des médicaments est toujours faible. En outre, le ticket modérateur demandé dans la plupart des pays est un frein pour les patients pauvres. Ceux-ci sont nombreux particulièrement dans les pays dont plus de 50% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

La conséquence de cette exclusion est l'apparition d'un marché noir ou les médicaments sont de mauvaise qualité qui est souvent le seul recours pour les pauvres et les habitants des campagnes. Les pharmacies officielles sont concentrées dans les villes et les centres de santé stockent souvent les médicaments dans de mauvaises conditions lorsqu'ils ont encore les moyens de se fournir en médicaments.

Les pays concernés devraient mettre en application les règlements internationaux sur la qualité des médicaments et n'acheté des médicaments que de fournisseurs et de pays qui garantissent la qualité de leurs médicaments et pas des fournisseurs les moins chers seulement. Pour contrer le marché noir au niveau national, il faut mettre à disposition de toutes les structures des médicaments de qualité à des prix fortement subsidiés. Il est urgent de renforcer la capacité des systèmes nationaux de fourniture de médicaments.

 

7.                  Lancet Inf – Urgent action needed to defuse HIV treatment timebomb

Kelly Morris ; Full Text

Dans ce petit article, l'auteur relate la parution d'un rapport commandité par le groupe parlementaire sur le SIDA de Grande Bretagne dont le sujet est: "la bombe à retardement du traitement [du SIDA]". En résumé le rapport plaide pour un appui accru au traitement du SIDA car le nombre de patients qui aura besoin de traitement et de traitement de deuxième ligne ne va cesser de croitre. Près de 50 millions de personnes pourraient avoir besoin de traitement en 2030. Hors le traitement permet de réduire la charge virale et la susceptibilité à la tuberculose. Si l'on veut contrôler l'épidémie il est donc crucial de mettre les patients qui en ont besoin sous traitement dés maintenant sans quoi le nombre de cas de VIH et de tuberculose pourraient bien spiraler. Réduire le prix des médicaments et mettre en commun les brevets tels que UNITAID essaie de le faire sont des pistes importantes pour avancer vers une plus large couverture en ARV. Un activisme politique est nécessaire aujourd'hui, pas contre l'industrie pharmaceutique mais tous ensemble pour tenir les engagements pris à Gleanagles et oubliés par le Canada actuellement.

 

8.                  Eldis – The global politics of pharmaceutical monopoly power

E.F.M. Hoen, Access to Essential Medicines Campaign, MSF, 2009 ; Eldis – summary

full report (PDF; 803 KB)

Ce document indique que de nombreux pays ont été en mesure d'utiliser les flexibilités de l'ADPIC pour accéder à bas prix aux médicaments génériques. Toutefois, comme les brevets de produits pharmaceutiques commencent à être octroyés dans les pays producteurs, cette situation va changer. Par exemple, la Déclaration de Doha a permis à l'Inde, qui a longtemps servi de la «pharmacie du monde en développement», de mettre en œuvre une législation sur les brevets contenant un certain nombre de garanties très importantes.

Pour résoudre les problèmes actuels des prix élevés des médicaments en raison des monopoles de brevet, le document estime que les pays devraient utiliser pleinement les dispositions de la déclaration de Doha. En outre, l'OMC devrait prolonger le délai actuellement fixé à 2016 pour que les PMA se conforment aux obligations de l'accord ADPIC. Le document introduit une re-définition du concept d'innovation comme englobant la découverte, le développement et la livraison, faisant ainsi de l'accès une partie intégrante de l'innovation.

Tout aussi important, la communauté internationale devrait envisager d'appuyer les communautés de brevets en tant qu'outil d'amélioration de la gestion de la propriété intellectuelle pour l'accès et l'innovation. En ce sens, le document suggère un nouvel accord sur le partage des coûts et d'avantage de recherche médicale et de développement (R & D) pour le bien de l'humanité. De la même manière, le document souligne une proposition pour modifier la façon dont la R & D est financée. Au cœur de cette proposition est l'élimination du lien entre les prix des médicaments et la découverte de médicaments. Le document souligne également l'importance d'établir un cadre commercial à la R & D qui met l'accent sur la contribution équitable au coût de la R & D par des moyens multiples – pas exclusivement par l'octroi de brevet assurant un monopole.

 

US Healthcare reform

9.                  < /span>Guardian – Revealed: millions spent by lobby firms fighting Obama health reforms

Chris McGreal ; Guardian.co.uk

Cet article du Guardian relève que pas moins de six lobbyistes pour la santé sont présents à Washington pour chaque membre du Congrès. Il révèle  que l'industrie de la santé américaine a dépensé des centaines de millions de dollars (380 m$) pour contrer la loi préparée par l'administration Obama. Au total, l'industrie sort gagnante en enlevant le controle des coûts des médicaments et l'assurance santé publique de la réforme actuelle.

 

Errata

Dans la sélection précédente, nous parlions de advanced market commitment (AMC) comme mécanisme pour le financement de l'aide promise par Gordon Brown. Il s'agit en fait de l'initiative parallèle appelée "innovative financing for immunisation." Elle est utilisée actuellement pour la recherche sur le vaccin contre le paludisme par laquelle les pays versent de l'argent qu'ils empruntent sur le marché des obligations en le remboursant au cours des prochaines années, hypothéquant ainsi l'aide au développement pour les générations futures. Ce mécanisme ne devrait être utilisé que pour des interventions susceptibles d'avoir des bénéfices à long terme tel que la recherche sur un vaccin contre le paludisme et non pour financer des coûts récurrents tel des salaires avec de l'argent disponible demain.

Le mécanisme advanced market commitment par contre est un engagement d'une institution pour acheter un produit, vaccin ou médicament dés sa mise sur le marché pour encourager la recherche et la production dans ce domaine tel que c'est le cas pour les vaccins anti-pneumocoque à dix sérotypes adaptés à l'Afrique dont nous parlons ci-dessus.

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