Chers collègues,
Nous vous prions de trouver ci-joint notre dernière sélection d’articles sur l’actualité internationale. En ces temps d’incertitude causée par l’apparition d’une nouvelle souche de virus Influenza A H1N1, nous souhaitons inclure quelques informations sans tomber dans l’alarmisme total.
Nous avons également joint une intéressante série d’articles traitant des initiatives mondiales pour la santé (GHI): Un appel pour l’élargissement du mandat du Fonds Mondial, une analyse de capacité des GHI à renforcer les systèmes de santé et un appel au gouvernement américain pour qu’il accroisse le financement du planning familial. Plusieurs de nos collègues ont contribué aux deux premiers articles.
Nous vous proposons également une série d’articles sur le SIDA: Wim Van Damme et ses collègues étudient les effets de la mise à disposition des ARV en Ethiopie; Une analyse de la performance des programmes d’ARV en Afrique et une discussion sur les défis que doit relever le nouveau responsable du PEPFAR.
Tout en sélectionnant les articles, nous trouvons plus d’articles qui pourraient intéresser certains parmi vous. Nous les regroupons sur http://delicious.com/dhph99. Ils sont également regroupés par thème en bas de notre blog: http://www.itg.be/ihp. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

David Hercot et, pour Wim Van Damme

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Influenza

1. Lancet – Swine influenza: how much of a global threat?

Editorial
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)60826-6/fulltext

Beaucoup de choses se disent à ce sujet pour l’instant. Il faut observer la situation sans toutefois céder à la panique. Wim Van Damme avait écrit sur ce sujet en 2000 et en 2006. Ces articles sont disponibles online: http://internationalhealthpolicies.blogspot.com/2009/04/13-1-lancet-swine-influenza-how-much-of.html
Dans son éditorial, le Lancet retrace les premiers jours de cette crise et souligne qu’il est maintenant trop tard pour contenir cette épidémie. Les pays doivent se prépare à en mitiger les effets. [NDLR: le nombre de pays et de continents touchés ne permet pas de croire que l’épidémie pourra être tuée dans l’oeuf.] La transparence et la communication à tous les niveaux seront primordiales. Pour diverses raisons, les pays les moins avancés sont probablement les plus à risque face à ce genre d’épidémies. Nous passons par une phase instable dans l’évolution de cette épidémie. Il nous faut rester vigilant et non effrayés. La meilleure mesure individuelle est de rester chez soi si l’on est malade. La réduction des contacts sociaux devrait aussi contribuer à ralentir la progression de l’épidémie et permettre d’accroitre les stocks d’antiviraux [pour peu qu’ils restent utiles] et de développer un vaccin ce qui ne manquera pas de prendre plusieurs mois. [Mais dont les quantités disponibles seront limitées à l’échelle mondiale et au détriment de la production d’autres vaccins.]

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GHI

2. A global fund for the health MDGs?

Giorgio Cometto, Gorik Ooms, Ann Starrs, Paul Zeitz
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)60835-7/fulltext

Le monde est loin d’atteindre les OMD qu’il s’est fixé. Les moyens disponibles actuellement sont largement insuffisants. A l’heure actuelle, plusieurs acteurs ont reconnus ce problème et avancent des propositions: L’initiative pilotée par l’OMS pour identifier les synergies entre les programmes verticaux et les systèmes de santé, le groupe de travail pour le financement novateur et international de la santé, la récente lettre conjointe des directeurs du GAVI et du GFATM et celles de Save the Children sont autant de signes que les acteurs de la santé mondiale sont prêts a discuter de nouvelles pistes. Bien que les montants disponibles se soient accrus globalement au cours des dix dernières années, ces progrès ont été enregistrés essentiellement pour la lutte contre le SIDA et pas pour les systèmes de santé dans leur ensemble. Il est maintenant temps d’élargir le consensus de Harvard pour permettre un développement global du système de santé par un financement accru qui permette aux pays de dépasser les plafonds imposés jusqu’à présent. Ils recommandent d’élargir le mandat du GFATM et du GAVI pour qu’ils couvrent l’ensemble des OMD Santé et d’accroitre leurs moyens financiers. Ils proposent également quelques caractéristiques de ce nouveau fond.

3. PLOS Global Health Actors Claim To Support Health System Strengthening—Is This Reality or Rhetoric?

Bruno Marchal, Anna Cavalli, Guy Kegels
http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000059

Le renforcement des systèmes de santé (RSS) est le nouveau mot à la mode, mais c’est un concept qui peut cacher beaucoup de réalités. De nombreuses initiatives globales pour la santé prétendent que leurs interventions contribuent au RSS mais la plupart de ces interventions sont en fait sélectives et spécifiques à une ou plusieurs maladie(s) et leurs effets peuvent miner l’objectif à long terme de développer des systèmes de santé complets, efficients et de qualité. Pour profiter de la fenêtre d’opportunité actuelle qui permet de redéfinir le concept de RSS, certains obstacles doivent être levés. Il nous faut notamment définr l’objectif des stratégies de RSS et trouver le bon équilibre entre le rôle préventif et curatif d’un système de santé.

4. Lancet International family-planning budgets in the “new US” era

Duff Gillespie, Elizabeth S Maguire, Margaret Neuse, Steven W Sinding, J Joseph Speidel
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)60837-0/fulltext

Cinq ex-présidents de USAID ont publié un rapport appelant l’administration Obama à augmenter sont financement des programmes de planning familial de 457 millions de Dollars Américains à 1,2 milliard de Dollars Américains. Après avoir retracé l’histoire du financement du planning familial par le gouvernement américain, ils soulignent qu’Obama s’est engagé et a commencé à prendre des mesures pour donner plus de moyens au contrôle des naissances. Ils soulignent que le rapport qu’ils ont produit met en lumière les immenses besoins non couverts dans de nombreux pays en voie de développement. De plus l’impact d’un taux de fertilité élevé sur le développement économique et social est indiscutable en Afrique et dans d’autres régions.

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AIDS

5. PLOS Rapid Scale-Up of Antiretroviral Treatment in Ethiopia: Successes and System-Wide Effects

Yibeltal Assefa, Degu Jerene, Sileshi Lulseged, Gorik Ooms, Wim Van Damme
http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1000056

L’accès aux ARV a connu une amélioration significative eu Ethiopie sans altérer la performance des autres programmes du service de santé tel que la tuberculose ou les programmes de santé maternelle et néonatale. Le transfert de compétences est probablement l’une des causes de ce succès. Malgré cela, la prévention et les soins chroniques au patient n’ont pas suivi le même développement. Ceci peut être dû au manque d’attention à ces programmes et à la fuite des médecins du service publique vers les ONG. Pour assurer une bonne prise en charge du VIH/SIDA et une offre de soins adéquate à long terme, la prévention du VIH, la rétention des patients chroniques et des médecins dans le service publique nécessitent une attention immédiate.

6. NEJM Rationing Antiretroviral Therapy in Africa; Treating Too Few, Too Late

Nathan Ford, D.H.A., Edward Mills,Ph.D. and Alexandra Calmy, M.D.
http://nejm.highwire.org/cgi/content/full/360/18/1808

Depuis 2002, beaucoup d’efforts ont été fait pour mettre 3 millions de patients sous ARV. Ceci ne représente encore que 30% des personnes qui devraient en bénéficier en partant des critères utilisés actuellement (soit un SIDA clinique de stade 3 ou 4 ou un taux de CD4 inférieur à 200 cellule par millimètre cube). Déjà l’on entend certain groupes plaider pour réduire ou geler le financement des programmes de prise en charge du SIDA. Les experts de leur coté ont démontré que le taux de 200 c/mm3 est bien trop bas et même 350 c/mm3 n’est plus considéré comme optimal. Le surcoût lié aux complications suite à un retard dans la mise en route du traitement dépasse largement le coût des ARV nécessaire pour le traitement pendant la période intermédiaire; le retard dans la mise sous ARV réduit significativement les chances de survie des patients et en réalité la plupart des patients démarrent leurs ARV à un taux de 100 c/mm3. Ceci encourage la diffusion de la tuberculose et du SIDA lui même sans compter que l’on utilise des molécules suboptimales. Les auteurs plaident pour un démarrage plus précoce, avec des molécules plus adaptées et un passage à des molécules de deuxième ligne plus rapide afin de réduire le poids du SIDA à moyen terme de la même façon qu’il a été réduit par l’introduction des ARV il y a quelques années. Bien que cela ait un coût plus élevé à court terme, cela pourrait être moins cher à long terme en réduisant les hospitalisations et en forçant, une nouvelle fois, le prix des ARV à la baisse.

7. CGD Waiting for Goosby: PEPFAR’s Chance to Shine

By Nandini Oomman
http://blogs.cgdev.org/globalhealth/2009/04/waiting-for-goosby-pepfar%E2%80%99s-chance-to-shine.php

Après 96 jours de Silence, Barack Obama vient d’annoncer la nomination d’Eric Goosby comme nouveau responsble du PEPFAR. Eric Goosby a une très grande expérience aussi bien dans le domaine de la lutte contre le SIDA que dans les arcanes de l’administration américaine.

Le Centre pour le développement global (Centre for Global Development)souligne les compétences du nouveau patron et suggère cinq défis qu’il devra relever pour réussir la transformation du PEPFAR:

  1. Développer les programmes du PEPFAR pour qu’ils répondent aux besoins du pays et pour développer l’appropriation par les pays bénéficiaires.
  2. Transformer l’approche urgentiste utilisée jusqu’à présent en une approche à long terme et notamment éviter les ruptures en ARV.
  3. Renforcer les systèmes de santé pour qu’ils appuient efficacement la lutte contre le SIDA.
  4. Publier les résultats des programmes financés par le PEPFAR et partager les données.
  5. Assurer que la vulnérabilité liée au genre est adéquatement prise en compte.

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