rédigé par Basile Keugoung

Le monde fait face de plus en plus à des difficultés financières. Les problèmes de santé se globalisent et deviennent complexes comme le réchauffement climatique alors que les ressources se raréfient. Les pays à faible revenu dont les systèmes de santé reposent essentiellement sur les ressources extérieures ou les paiements directs n’arrivent pas à offrir un accès universel à tous.

Dans ce contexte, l’Initiative de Bamako a survécu et survivra encore 25 ans après sa mise en œuvre par l’UNICEF et l’OMS. En effet, les alternatives dont la conception théorique aurait permis de renforcer de façon significative l’accès financier aux soins  ont peu marché dans la plupart des pays. Ceci à cause du manque de volonté politique, de l’absence de réglementation, des difficultés opérationnelles ou de la faible expertise des managers.

Au-delà des ressources financières, de la disponibilité des médicaments et de la création des comités de santé et de gestion – points positifs-, l’Initiative de Bamako a mis les pauvres et les riches au même niveau. Ils paient tous le même montant. Devant cette situation celui qui n’a pas les moyens de payer une consultation de spécialiste, un scanner, ou un médicament est tout simplement exclu du système de soins.

Le principe de prise en charge des indigents était inclus dans l’Initiative de Bamako mais dans la plupart des cas, le responsable de la formation sanitaire est seul à identifier et à octroyer l’appui aux indigents. Comme cela fait perdre à la formation sanitaire des revenus, les mécanismes de prise en charge des indigents sont en général non fonctionnels ou tout au moins insuffisants.

Le faible accès aux soins contribue à aggraver la mortalité pour des affections que l’on pouvait traiter. Et sans accès universel, l’atteinte des objectifs de santé comme les Objectifs du Millénaire pour le Développement en 2015 est impossible. Car comment réduire la mortalité maternelle ou infantile si les parents de l’enfant atteint de pneumonie n’ont pas les moyens pour payer les soins à l’hôpital de district, ou de payer les frais de la césarienne pour la femme qui a une dystocie.

Déjà un quart de siècle que les paiements directs représentent plus de 70% du financement des systèmes de santé dans certains pays. Les conséquences sont d’ailleurs visibles sur les indicateurs de santé.

Il est donc urgent de trouver des mécanismes qui permettront de mieux répartir les dépenses santé au sein de la population. Aujourd’hui des initiatives sont développées mais dans les faibles revenus mais sont très peu capitalisées. A peine sont-elles crées qu’elles sont combattues et mises en veilleuses au profit du fameux recouvrement des coûts. Les expériences de mutuelles, de gratuité ou de financement basé sur la performance auraient eu un meilleur sort si les acteurs des systèmes de santé les auraient adaptées pour progresser vers l’accès universel aux soins.

Après 25 ans, l’Initiative de Bamako tient toujours bon, mais le prix payé par cette initiative pour rester en vie est élevé et a nécessité le sacrifice de nombreuses vies humaines. Allons-nous accepter sacrifier autant de vies humaines les 25 prochaines années que l’Initiative de Bamako reste en vie ?

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2 Responses to Editorial-Initiative de Bamako, 25 ans déjà : et pour combien de temps encore

  1. Choug dit :

    Depuis Bamako les pays à faibles revenus sont confrontés à des crises internationales itératives et à des prescriptions thérapeutiques faites par des médecins qui ne font qu’à leur tête, i.e. partent de solutions préparées dans de très beaux bureaux à Washington, Genève…
    Revenons aux traitements locaux pour les maux provoqués par des facteurs locaux. Faisons participer les concernés dès le premiers moments, pas à la dernière phase, celle de la validation. On parle de gouvernance pour ces pays toujours rabaissés, commençons par l’appliquer pour nous mêmes d’abord.
    Dr Choug.

  2. Karemere dit :

    Constats réels effectués sur l’application de l’initiative de Bamako ! Dans un contexte de sous financement des systèmes de santé et de mauvaise gouvernance de certains pays à faible financement, une des pistes de solution pour un accès universel aux soins serait l’imposition à certians pays à faible revenu des mécanismes de  » bonne gouvernance » et de l’encadrement efficace des initiatives telles que  » la création des mutuelles de santé »,  » l’assurance maladie » ou le « finnacement basé sur la performance ».

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