Bonjour à tous,

L’éditorial de cette semaine porte la signature du Directeur du Centre Hospitalier de Tahoua au Niger et décrit le processus d’amélioration de la qualité des soins mis en œuvre sous son leadership. Excellente expérience à lire absolument !

Puis, vous trouverez cinq articles dans le menu de cette semaine. Le premier porte sur l’épidémie de méningocoque au Libéria et le deuxième sur l’épidémie de choléra au Nigéria. Le troisième article publié par l’OMS est une proposition de 12 indicateurs pour le suivi des processus d’amélioration de la qualité des laboratoires de diagnostic de la tuberculose. Le quatrième article rappelle la création par l’OMS du Réseau Mondial pour l’Offre des Soins. Enfin le cinquième article relate l’expérience de la Gambie qui est sur une bonne voie pour l’élimination du paludisme.

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Bonne Lecture

Basile Keugoung

Facilitateur

Edito : Mise en place d’un processus d’amélioration de la qualité de prise en charge des patients au Centre Hospitalier Régional de TAHOUA, Niger

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Méningites

1.     Septicémie à méningocoque liée à une cérémonie funéraire – Libéria

http://www.who.int/csr/don/06-july-2017-meningococcal-septicaemia-liberia/fr/

Le 25 avril 2017, le Ministère de la santé du Libéria a notifié à l’OMS et aux partenaires un groupe de morts subites d’étiologie inconnue dans le comté de Sinoe. L’événement a débuté le 23 avril 2017 avec l’admission à l’hôpital d’une enfant de 11 ans présentant une diarrhée, des vomissements et un état de confusion mentale après avoir assisté aux funérailles d’un chef religieux le 22 avril 2017. L’enfant est décédée dans l’heure qui a suivi.

Entre le 23 avril et le 7 mai, 31 cas, dont 13 mortels et un cas avec des séquelles neurologiques, d’une maladie inconnue associée avec le fait d’avoir assisté à une cérémonie funéraire ont été notifiés dans trois comtés (Sinoe, Grand Bassa et Montserrado). La majorité des cas n’a pas présenté de fièvre, mais des douleurs abdominales, de la diarrhée, des vomissements et un état de confusion mentale. Certains patients avaient un purpura et/ou des pétéchies. La plupart des cas avaient un lien entre eux, soit social, soit familial, soit scolaire. Tous les cas sauf deux ont assisté à l’inhumation et ont été par la suite identifiés en tant que contacts du cas indicateur.

Le 8 mai 2017, les échantillons prélevés sur les patients étaient positifs pour le sérotype C de Neisseria meningitidis aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis d’Amérique. Pour 14 des 31 cas, Neisseria meningitidis C a été confirmée par PCR au laboratoire national de référence du Libéria ou par diagnostic clinique établi par la présence d’un purpura fulminans. Les résultats de laboratoire ont été ensuite confirmés par le NICD (National Institute for Communicable Diseases) et le NIOH (National Institute of Occupational Health) à Johannesburg (Afrique du Sud), en plus des résultats sérologiques pour trois cas étudiés à l’Institut Pasteur en France. Les caractéristiques de cette flambée dans le temps sont inhabituelles et soulèvent l’hypothèse de la présence d’un cofacteur.

Les analyses toxicologiques menées par les CDC sur des échantillons urinaires de trois cas n’indiquaient pas d’intoxication comme cause de cette flambée. Des métabolites de pesticides et des métaux toxiques ont été recherchés dans ces échantillons.

Le 20 juin 2017, les résultats de l’analyse toxicologique menée par le Centre de chimie analytique à Vienne (Autriche) sur des échantillons d’aliments, d’eau et d’une boisson sucrée consommés lors des funérailles n’indiquaient pas d’intoxication. Plus de 600 toxines fongiques et bactériennes ont été recherchées dans ces échantillons et soit elles n’ont pas été détectées, soit elles étaient dans les limites réglementaires.

Action de la santé publique

Avec l’appui de l’OMS, des CDC, du Réseau africain d’épidémiologie de terrain (AFENET) et d’autres partenaires, le Ministère de la santé a entrepris des investigations sur le terrain un jour après l’alerte. Aucune maladie n’a été identifiée et le début d’une flambée de maladie à virus Ebola a été exclu dans les 24 heures suivant l’alerte.

L’Institut national de la santé publique du Libéria a été activé pour diriger la riposte. L’OMS, les CDC, l’UNICEF et MSF ont renforcé l’action sur le terrain tandis que la coordination internationale et les échanges d’information se sont appuyés sur le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN).

Une chimioprophylaxie a été distribuée à tous ceux qui ont assisté à la cérémonie funéraire, aux contacts des cas, aux agents de santé et au personnel chargé de l’inhumation. Une stratégie de vaccination contre la méningite C a été envisagée mais pas mise en œuvre du fait de l’absence de transmission secondaire.

La mise en œuvre efficace et rapide de la riposte à cet événement résulte de l’expertise développée par le Libéria à la suite de la grande épidémie de maladie à virus Ebola en 2014. Elle a permis d’identifier rapidement l’événement, de tester et d’exclure Ebola comme cause de la flambée, d’identifier les contacts et d’assurer leur suivi ; le pays a pu collaborer avec les partenaires pour l’analyse en laboratoire des échantillons humains et environnementaux, ce qui a abouti à l’identification de la cause de la maladie.

L’OMS recommande d’inclure la septicémie à méningocoque dans la surveillance systématique au Libéria, en tant que maladie à potentiel épidémique, de même que la méningite à Neisseria meningitidis.

Choléra

2.     OMS : Epidémie de Choléra au Nigéria

http://www.who.int/csr/don/12-july-2017-cholera-nigeria/fr/

Le 7 juillet 2017, une flambée de choléra dans l’Etat de Kwara, a été notifiée à l’OMS. Les premiers cas de diarrhée aqueuse aiguë ont été signalés au cours de la dernière semaine d’avril 2017 et une forte hausse du nombre des cas et des décès a été observée depuis le 1er mai 2017. Au 30 juin 2017, 1558 cas suspects de choléra avaient été notifiés, avec 11 décès (taux de létalité: 0,7%). Treize des cas ont été confirmés par culture au laboratoire.

Les mauvaises conditions d’assainissement dans les communautés touchées font partie des facteurs de prédisposition pour cette flambée de choléra. Le manque d’accès à de l’eau de boisson saine et les mauvaises conditions d’hygiène constituent aussi un facteur de risque.

Action de la santé publique

Le Ministère de la santé de l’État a mis en place un centre des opérations d’urgence pour coordonner la riposte avec l’appui des centres nigérians de lutte contre la maladie, du Programme nigérian de formation sur le terrain à l’épidémiologie et aux laboratoires, de l’Agence nationale de développement des soins de santé primaires, de l’hôpital Universitaire de l’Université d’Ilorin, de l’OMS et de partenaires.

Évaluation du risque par l’OMS

La flambée actuelle survient alors que le pays est confronté à une grave crise humanitaire et récupère après une grande flambée de méningite. À ce stade, le risque est modéré au niveau national.

Les sujets potentiels d’inquiétude pour cette flambée ont trait à la saison des pluies en cours, aux défis rencontrés par l’État au niveau de ses moyens pour gérer la flambée et aux frontières communes avec 5 autres États, ainsi que la République du Bénin. Bien que tous ces aspects puissent entraîner potentiellement une aggravation de la flambée et sa propagation à d’autres États et aux pays voisins, le pays a les capacités pour endiguer rapidement la flambée.

Le système de surveillance doit être renforcé dans les États limitrophes pour la détection précoce de toute propagation potentielle de la flambée.

Conseils de l’OMS

L’OMS préconise de renforcer la surveillance pour la détection des nouveaux cas et d’améliorer la tenue des registres ainsi que la gestion des données au niveau des établissements de santé. Elle recommande la création d’urgence de centres de traitement du choléra dans les zones les plus touchées, en veillant à ce que la logistique soit en place et des stocks de médicaments soient disponibles. L’adoption d’une approche multisectorielle est impérative pour lutter avec succès contre cette flambée. L’OMS ne recommande pas de prendre des mesures pour restreindre les voyages ou les échanges commerciaux avec le Nigéria.

Tuberculose

3.     OMS : Cadre d’indicateurs et de cibles pour le renforcement des laboratoires en ligne avec la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose

http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/254585/1/9789242511437-fre.pdf?ua=1

L’OMS a publié le Cadre d’indicateurs et de cibles pour le renforcement des laboratoires en ligne avec la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose. Il s’agit d’un outil essentiel pour le renforcement des capacités diagnostiques de la tuberculose par les systèmes de santé. Il y a 12 indicateurs répartis en 3 objectifs :

Objectif 1. Élargir l’accès à la détection rapide et exacte de la tuberculose

Indicateur 1L’algorithme de diagnostic national indique-t-il qu’il faut commencer par un test de diagnostic rapide recommandé par l’OMS (WRD) à chez l’ensemble des personnes présentant des signes ou des symptômes de la tuberculose ?

Indicateur 2. Pourcentage des nouveaux cas de tuberculose ou de rechute notifiés ayant subi un WRD en tant que test diagnostique initial.

Indicateur 3. Pourcentage des nouveaux cas de tuberculose ou de rechutes notifiés ayant fait l’objet d’une confirmation bactériologique.

Indicateur 4. Pourcentage de sites de test utilisant des WRD sur lesquels un système de connectivité des données a été mis en place et permet de transmettre les résultats par voie électronique aux cliniciens et à un système de gestion des informations.

Indicateur 5. La politique nationale spécifie-t-elle que les tests de diagnostic et de suivi de la tuberculose délivrés par le biais du programme national de lutte contre cette maladie sont gratuits ou que les frais correspondants peuvent être totalement remboursés par l’assurance-maladie, ou que les deux possibilités existent, pour l’ensemble des personnes présentant des signes ou des symptômes de la tuberculose?

Objectif 2. Parvenir à un accès universel aux Tests de pharmacosensibilité (TDS)

Indicateur 6. La politique nationale et l’algorithme de diagnostic mentionnent-ils un accès universel aux TDS?

Indicateur 7. Pourcentage de cas de tuberculose confirmés bactériologiquement et notifiés avec des résultats de TDS pour la rifampicine ?

Indicateur 8. Pourcentage des cas de tuberculose notifiés, résistants à la rifampicine, avec des résultats de TDS pour les fluoroquinolones et des agents injectables de deuxième intention

Objectif 3. Renforcer la qualité des services de laboratoire

Indicateur 9. Pourcentage des sites de test diagnostique exerçant un suivi des indicateurs de performance et participant à un système d’Evaluation Externe de la Qualité (EEQ) pour l’ensemble des méthodes diagnostiques pratiquées.

Indicateur 10. Pourcentage des sites pratiquant des TDS ayant fait la preuve de leur aptitude en participant à des épreuves d’aptitude pour l’EEQ sur une collection d’échantillons, avec l’ensemble des méthodes de TDS exercées.

Indicateur 11. Pourcentage des laboratoires pratiquant des cultures, des tests d’hybridation inverse en ligne ou des TDS phénotypiques, ou une combinaison de ces tests, dans lesquels un système formel de gestion de la qualité est mis en œuvre dans le but d’obtenir une accréditation selon des normes internationales.

Indicateur 12. Le laboratoire national de référence est-il accrédité selon la norme ISO15189 : 2012?

4.     OMS – L’OMS a lancé le Réseau Mondial pour l’Offre des soins

http://www.who.int/servicedeliverysafety/areas/people-centred-care/news/gsdn/en/?utm_content=buffere3e9d&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

Titre original : WHO launches Global Service Delivery Network for universal health coverage

L’OMS a lancé le 20 juin 2017 le Réseau Mondial pour l’Offre des Soins pour appuyer la mise en œuvre du Cadre de l’OMS sur les services de santé intégrés centrés sur les personnes. Le Réseau a comme membres les représentants des associations professionnelles, la société civile et d’autres ONG. Parmi ces membres, on peut citer : le Conseil International des Infirmiers, la Fondation Internationale des soins intégrés, l’Organisation Internationale des Patients, l’Association Mondiale des Médecins de Famille, l’Initiative pour la performance des soins de santé primaires et l’Association mondiale de santé publique.

Le rôle de ce réseau est de renforcer l’échange de connaissances, la collaboration et le plaidoyer pour l’offre des soins et services de santé intégrés centrés sur les personnes et la couverture sanitaire universelle. Ses objectifs sont :

  • Jouer un rôle clé dans la facilitation et le plaidoyer pour les services de santé intégrés centrés sur les personnes
  • Echanger des informations et des connaissances entre les détenteurs d’enjeux à travers les plateformes existantes
  • Aider à la mobilisation des ressources financières ou non
  • Renforcer la collaboration et des liens avec des réseaux dédiés à l’offre de soins

 

Paludisme

5.     Reuters – La Gambie pourrait devenir le premier pays d’Afrique sub-saharienne à éliminer le paludisme

Gambia on funding drive to become first sub-Saharan nation free of malaria .

La Gambie pourrait devenir le premier pays en Afrique sub-saharienne à éliminer le paludisme. La prévalence du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans est passé de 4% en 2011 à 0,2% en 2016. Au plan régional, le nombre de cas est passé de 262000 cas en 2011 à 155450 cas en 2016. Les tablettes, les plateformes électroniques et les GPS sont utilisés pour suivre la mise en œuvre des interventions et faciliter la prise de décisions.

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