Bonjour à tous,

Suite à la publication de l’éditorial sur les soins de santé pluralistes, une de nos membres (Rita, [email protected]) a fait un commentaire sur la différence entre les soins centrés sur le patients et le partenariat. Cette semaine, Vincent Dumez de l’université de Montréal répond à cette préoccupation en expliquant les différents modèles et leur évolution.

Par la suite, vous trouverez six articles dans le menu de cette semaine. Nous faisons un rappel du webinaire qui sera organisé le 11 juillet prochain sur le financement basé sur la performance. Le Yemen est frappé par une forte épidémie de choléra, et Anthony Lake, Directeur exécutif de l’UNICEF et Margaret Chan, Directeur général de l’OMS ont fait une déclaration conjointe pour une implication de tous les acteurs pour mettre fin à cette épidémie. Le troisième article porte sur les Directives éthiques en matière de surveillance épidémiologique publiées par l’OMS. Puis, vous pouvez lire les résultats d’une revue systématique sur les barrières et les facilitateurs de l’intégration du VIH aux services de maladies chroniques non transmissibles. Le cinquième article analyse l’impact économique de la vaccination entre 2001 et 2020 dans 73 pays à faible et moyen revenus. Enfin, l’efficacité de l’utilisation de la stratégie porte-à-porte dans le dépistage VIH a été documentée.

N’hésitez à diffuser la Newsletter auprès de vos collègues et à partager vos commentaires.

Bonne Lecture

Basile Keugoung

Facilitateur

Edito : Réflexions sur l’évolution des modèles conceptuels d’organisation de soins : du paternalisme au partenariat

Par Vincent Dumez
@DumezVincent

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Financement de la santé

1. CoP HHA – Thème du prochain webinaire, « Accélérer la progression vers la CSU grâce au FBP : le défi du démarrage » 

Les Communautés de Pratique Harmonisation for Health in Africa, le Ministère de la Santé du Maroc et l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers ont le plaisir de vous inviter à leur prochain webinaire, le mardi 11 juillet à 14h00 GMT.

L’orateur sera le Dr Gyuri Fritsche, expert senior santé à la Banque Mondiale. Le Dr Fritsche a 25 ans d’expérience en santé mondiale et est actif dans le Financement Basé sur la Performance depuis 15 ans. Il a notamment été en poste en Afghanistan et au Rwanda, pays dans lequel il a joué un rôle-clé lors du passage à l’échelle. Aujourd’hui, il appuie plusieurs pays comme le Nigeria, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, le Kirghizstan et le Cambodge dans l’introduction et la mise en place de leur stratégie FBP. Il est aussi l’auteur principal du Performance Based Financing Toolkit, ouvrage de référence pour la communauté internationale des acteurs engagés dans le FBP.

Choléra

2. OMS – Déclaration conjointe de l’OMS et l’UNICEF face à l’aggravation de l’épidémie de choléra au Yémen

http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2017/Cholera-Yemen/fr/

Anthony Lake, Directeur exécutif de l’UNICEF et Margaret Chan, Directeur général de l’OMS

L’épidémie de choléra se propage rapidement au Yémen, où l’on compte désormais plus de 200 000 cas suspects avec en moyenne 5000 nouveaux cas suspects par jour. Nous sommes aujourd’hui confrontés à la plus grave épidémie de choléra au monde.

En seulement 2 mois, la maladie s’est propagée à presque tous les gouvernorats de ce pays déchiré par la guerre. Déjà plus de 1300 personnes sont mortes – dont un quart des enfants.

L’UNICEF, l’OMS et nos partenaires déploient des efforts considérables pour endiguer cette épidémie meurtrière. Nous œuvrons 24 heures sur 24 pour détecter et suivre la propagation de la maladie et apporter aux populations de l’eau propre, des moyens d’assainissement adaptés et des traitements médicaux. Les équipes d’intervention rapide vont de porte en porte pour informer les familles de la façon de se protéger en assainissant et en stockant l’eau de boisson.

L’UNICEF et l’OMS mettent tout en œuvre pour intensifier les interventions de prévention et de traitement. Nous appelons les autorités du Yémen à renforcer leur action à l’intérieur du pays pour empêcher la flambée de s’étendre encore.

Cette épidémie meurtrière est la conséquence directe de deux années de conflit intense. En raison de l’effondrement des systèmes de santé, d’eau et d’assainissement, 14,5 millions de personnes ne bénéficient plus d’un accès régulier à l’eau potable et à l’assainissement, ce qui favorise la propagation de la maladie.

L’augmentation des taux de malnutrition a fragilisé l’état de santé des enfants, les rendant plus vulnérables à la maladie. On estime que 30 000 agents de santé locaux, qui font preuve d’un grand dévouement et jouent le rôle principal pour mettre fin à l’épidémie, n’ont pas été payés depuis plus de 10 mois.

Nous appelons toutes les autorités nationales à payer ces salaires et, surtout, exhortons l’ensemble des parties à mettre fin à ce conflit dévastateur.

Surveillance épidémiologique

3. OMS – Directives de l’OMS sur les considérations éthiques en matière de surveillance en santé publique

http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/255721/1/9789241512657-eng.pdf?ua=1

L’OMS a publié un document sur les directives sur les considérations éthiques en matière de surveillance. Ce document comporte 17 Directives. Elles sont :

Directive 1. Les pays ont une obligation de développer un système de surveillance approprié, réalisable et abordable. Les systèmes de surveillance doivent avoir un but et un plan clairs pour la collecte, l’analyse et l’utilisation des données en fonction des priorités de santé publique

Directive 2. Les pays ont une obligation pour développer des mécanismes efficaces pour assurer une surveillance éthique

Guideline 3. Les données de surveillance doivent être collectées uniquement dans un objectif de santé publique

Directive 4. Les pays doivent s’assurer que les données collectées sont de qualité, valides et à temps pour atteindre les objectifs de santé publique

Directive 5. La planification pour la surveillance de santé publique doit être guidée par la définition transparente des priorités

Directive 6. La communauté mondiale a une obligation pour soutenir les pays qui n’ont pas assez de ressources to réaliser la surveillance

Directive 7. Les valeurs et les attentes des communautés doivent être prises en considération dans la planification et l’utilisation des données de surveillance

Directive 8. Les acteurs de la surveillance doivent identifier, évaluer et réduire les risques avant que la surveillance soit mise en œuvre. Le suivi des risques doit être continu et quand un risque est identifié, des actions appropriées doivent être prises pour les lever.

Directive 9. La surveillance des individus et des groupes qui sont à risques de maladies ou d’injustice est cruciale et exige d’être précis pour éviter d’ajouter des charges additionnelles inutiles.

Directive 10. Les gouvernements et les acteurs qui gèrent les données de surveillance doivent les sécuriser de façon adéquate.

Directive 11. Dans certaines circonstances, la collecte des données personnelles est nécessaire.

Directive 12. Les individus ont l’obligation de contribuer à la surveillance quand les données fiables, valides et complètes sont requises et des mesures de protection en place. Dans ces conditions, le consentement éclairé n’est pas nécessaire.

Directive 13. Les résultats de surveillance doivent être communiquées aux parties prenantes.

Directive 14. Avec une sécurité et une nécessité, ceux en charge de la surveillance de santé publique ont l’obligation de partager les données avec les agences nationales et internationales de santé publique.

Directive 15. Dans des situations d’urgence de santé publique, il est impératif que toutes les parties impliquées dans la surveillance partagent les données à temps.

Directive 16. Avec une sécurité et une justification les agences de santé publique peuvent utiliser les données de surveillance pour la recherche.

Directive 17. Les données personnelles de surveillance ne doivent pas être partagées avec les agences qui peuvent les utilisées contre les individus ou pour des actions non liées à la santé publique.

Intégration

4. HP&P – Facilitateurs et barrières à l’intégration des services VIH et de maladies chroniques : revue systématique

Titre original- Health systems facilitators and barriers to the integration of HIV and chronic disease services: a systematic review

N Watt et al;

https://academic.oup.com/heapol/article/doi/10.1093/heapol/czw149/3897490/Health-systems-facilitators-and-barriers-to-the

l’intégration des services pour des patients avec co-morbidités est recommandée mais l’évidence sur ce sujet est limitée. Une revue systématique a été effectuée pour identifier les facteurs du système de santé extrinsèques au processus d’intégration qui favorisent ou limitent l’intégration des services pour le VIH et les maladies chroniques non transmissibles. Les facteurs étaient classés par composante du système de santé, suivi d’une analyse thématique transversale et une validation par étapes. Sur les 150 articles inclus dans la revue, 102 (67%) étaient issus des pays à haut riches. Les articles exploraient l’intégration des services pour une ou plusieurs problèmes chroniques et le plus étudié était l’alcool ou l’utilisation des drogues (47,7%) et les maladies mentales (29,5%).

Quatre thèmes transversaux liés au système de santé ont été identifiés. Le premier était la nécessité d’une collaboration et d’une coordination efficaces: relations productives formelles et informelles à travers le système entre prestataires et au sein des équipes et entre le personnel et les patients. Le deuxième est la nécessité d’un personnel de santéadéquat, motivé et compétent doté d’une expertise, d’une formation et d’un soutien opérationnel pour la mise en oeuvre du programme. Le troisième thème est la nécessité d’avoir des structures institutionnelles de soutien et des ressources optimales. Le quatrième est le leadership en termes de volonté politique, de gestion managériale, de culture organisationnelle ustifiant le fait que la mise en oeuvre est aussi importante que la conception. Un cinquième thème en dehors du système de santé et qui explique toutes les opérations de ce système est le fait de placé le patient au centre de l’offre de soins et d’apporter des réponses globales à leurs divers besoins. Ceci est un facilitateur important d’intégration. Ces résultats montrent que les processus d’intégration de l’offre de soins dépendent substantiellement pour leur succès du système de santé dans lequel ils sont incorporés.

Vaccination

5. WHO Bulletin – Estimation de l’impact économique de la vaccination dans 73 pays à faible et moyen revenu entre 2001 et 2020

Titre original : Estimated economic impact of vaccinations in 73 low- and middle income countries, 2001–2020

S Ozawa et al ; http://www.who.int/bulletin/online_first/BLT.16.178475.pdf?ua=1

L’objectif de cet article est d’évaluer l’impact économique de la vacccination contre 10 maladies évitables entre 2001 et 2020 dans 73 pays à faible et moyen revenus appuyés par GAVI. Les modèles d’impact sur la santé ont été utilisés pour estimer l’impact économique d’atteinte des couvertures fixées contre Haemophilus influenzae type b, Hépatite B, Human papillomavirus, Encéphalite Japonaise, la rougeole, Neisseria mningitidis sérogroupe A, le Rotavirus, la rubéole, Streptococcus pneumoniae et la fièvre jaune. En comparaison avec l’absence de vaccination, les coûts ont été estimés (en US$ de 2010) pour les traitements évités, le transport, la perte de productivité des garde-malades et celle liée à l’invalidité et au décès. La méthode de la valeur d’une année de vie a été utilisée pour estimer la valeur économique et sociale d’une vie plus longue et en bonne santé due à la vaccination.

Ainsi, la vaccination offerte dans 73 pays entre 2001 et 2020 permettra d’éviter 20 millions de décès, d’économiser 350 millions US$ des coûts de la maladie. Les décès et les invalidités évités induiront des gains de productivité de 350 milliards US$ et 9 milliards US$ respectivement. Durant leur vie, les cohortes vaccinées gagneront 5 milliards US$5 milliards US$ en coûts de soins. La valeur globale économique et sociale de ces vaccinations est estimée à 820 milliards US$.

En prévenant les coûts et en augmentant la productivité économique dans des pays pauvres, l’impact de la vaccination va donc au-delà de la santé.

VIH/SIDA

6. Porte-à-porte pour atteindre les hommes et les jeunes avec le test de dépistage VIH pour atteindre les Objectifs 90-90-90

Titre original : Going door-to-door to reach men and young people with HIV testing services to achieve the 90–90–90 treatment targets

Geoffroy, E.1Schell, E. Jere, J.3Khozomba, N.

http://www.ingentaconnect.com/contentone/iuatld/pha/2017/00000007/00000002/art00007

L’objectif est d’évaluer l’efficacité du porte-à-porte dans le dépistage des jeunes et des hommes dans une zone rurale à haute prévalence VIH. Une étude rétrospective du programme pilote de dépistage d’une à deux semaines dans les villages. Les habitants non connus comme séropositifs étaient dépistés. Au total, 13783 (90%) des 15391 personnes éligibles ont accepté le dépistage dont 41% étaient de sexe masculin et 56% étaient âgés de moins de 20 ans. Au total, 524 personnes (4%) étaient dépistées séropositives. La prévalence était plus élevée chez les moins de 20 ans (6% chez les garçons et 8% chez les filles, p< 0,001) qui représentaient les deux tiers des personnes jamais testées.

Le dépistage porte-à-porte peur être une stratégie efficace pour atteindre les populations dans des zones rurales à haute prévalence VIH où l’accès à des formations sanitaires est difficile. Cette stratégie permet de mieux atteindre les jeunes et les hommes que le dépistage dans les formations sanitaires et d’identifier les enfants séropositifs non ciblés par d’autres méthodes.

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