Bonjour Chers Lecteurs,

La Communauté de Pratique Prestation des Services de Santé vous souhaite de meilleures fêtes de fin d’année 2016 !

Elle souhaite que vous trouviez les ressources nécessaires pour affronter l’année 2017 et pour relever les (nombreux) défis que vous allez rencontrer tout au long des 365 jours.

Tous nos vœux de Bonheur !!!

En cette fin d’année, Boris Anekeng dans l’éditorial propose un changement de paradigme mondial pour considérer la résilience et la réactivité des systèmes de santé comme un bien public mondial. Ceci permettrait de mettre le renforcement des systèmes de santé au cœur de toutes les politiques nationales et internationales en matière de santé.

Comme présenté dans notre carte de vœux, le troisième article porte sur le nouveau vaccin contre Ebola que nous vous recommandons vivement.

Le quatrième article relate les effets à long terme (20 ans après, chez les adultes jeunes) de la Méthode Kangourou utilisée chez les prématurés et les nouveau-nés de petit poids de naissance.

Si vous travaillez sur les déterminants sociaux de la santé, le cinquième article est un cadre conceptuel de l’OMS qui fournit des indicateurs d’évaluation des interventions de prise en compte des déterminants sociaux dans les politiques de santé.

Enfin, le sixième article porte sur l’enquête de mise en œuvre de la eSanté dans les pays.

Bonne et Heureuse Année 2017 !

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Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito-Résilience et réactivité des systèmes de santé : un bien public pour une sécurité sanitaire mondiale

Par Boris Derrick ANEKENG

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Atelier des Facilitateurs de CoPs à Anvers

1. Les CoPs HHA pensent à l’avenir

Du 12 au 16 décembre 2016, les Facilitateurs de Communautés de Pratiques (CoPs) soutenues par Harmonisation pour la Santé en Afrique (HHA) se sont retrouvées à Anvers-Belgique. Il s’agissait de faire le bilan des activités 2016 et de réfléchir sur les perspectives pour les années à venir. Lors de cet atelier des réflexions approfondies ont été faites pour faire avancer les CoPs pour que celles-ci soient à l’avant-garde du renforcement des systèmes de santé. Les CoPs HHA voudraient se distinguer par leur indépendance, leur autonomie et leur vision. Divers documents ont été adoptés tels que la Charte, la  théorie du changement, et le plan d’action 2017. Des projets spécifiques mises en œuvre par les CoPs HHA ont été présentés. On peut noter l’Etude Muskoka sur les systèmes de couverture sanitaire universelle apprenants, le projet Gender and participation in CoPs, le projet Mobilisation 2.0 des équipes cadres de district, le projet de création des Hubs des CoPs dans les pays et le Projet Collectivity (http://www.thecollectivity.org/). Il faut noter qu’à ce jour le Bénin et la RDC ont déjà créé leurs Hubs. Le processus de création de ces hubs est lancé au Burkina Faso, au Cameroun, en Cote d’Ivoire et au Togo. Les CoPs ont organisés une Journée porte ouverte le vendredi 16 décembre pour présenter leurs principales activités.

Réunion d’évaluation du Projet Mobilisation 2.0

2. L’équipe de Mob 2.0 évalue le projet

Du 19 au 21 décembre 2016, l’équipe du projet Mobilisation 2.0 s’est réunie à Anvers pour évaluer la mise en œuvre des activités, identifier les goulots d’étranglement et les défis, et proposer des stratégies d’amélioration et enfin planifier les activités pour l’année 2017.

Cette rencontre était très riche en enseignements. Divers leçons ont été tirées jusqu’ici de l’expérience. On note par exemple la forte participation des médecins chefs de district à leur autoévaluation, aux discussions en ligne et aux commentaires sur leurs activités. Mobilisation 2.0 comporte deux grands volets :

Nouveau vaccin contre Ebola

3. OMS – Les résultats finaux des essais confirment la bonne protection apportée par le vaccin anti-Ebola

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2016/ebola-vaccine-results/fr/

D’après les résultats publiés aujourd’hui dans The Lancet, un vaccin anti-Ebola expérimental s’est révélé hautement protecteur contre ce virus mortel, dans le cadre d’un essai majeur réalisé en Guinée.

Ce vaccin, appelé rVSV-ZEBOV, a été étudié dans le cadre d’un essai portant sur 11 841 personnes en Guinée en 2015. Parmi les 5 837 sujets ayant reçu le vaccin, aucun cas d’Ebola n’a été enregistré 10 jours ou plus après la vaccination. En comparaison, on a relevé 23 cas, 10 jours ou plus après la vaccination chez les personnes n’ayant pas reçu ce vaccin.

Cet essai était dirigé par l’OMS, conjointement avec le ministère guinéen de la santé, Médecins Sans Frontières et l’Institut norvégien de santé publique, en collaboration avec d’autres partenaires internationaux.

Le vaccin, fabriqué par Merck, Sharpe & Dohme, a été désigné cette année comme une «percée thérapeutique» par la Food and Drug Administration des États-Unis d’Amérique et a reçu le statut PRIME de la part de l’Agence Européenne des Médicaments, ce qui autorisera son examen réglementaire plus rapide une fois le dossier soumis.

L’épidémie qui a endeuillé de 2013 à 2016 l’Afrique de l’Ouest a fait plus de 11 300 morts.

L’essai s’est déroulé dans la région côtière de la Basse-Guinée, une zone où la Guinée recensait encore de nouveaux cas d’Ebola lorsqu’il a débuté en 2015. Cet essai fait appel à un concept innovant, une démarche vaccinale dite «en cercle», aussi utilisée pour éradiquer la variole.

Chaque fois qu’un nouveau cas d’Ebola était diagnostiqué, l’équipe de recherche retrouvait toutes les personnes ayant été en contact avec ce cas au cours des 3 semaines précédentes, et notamment les personnes vivant dans le même foyer, visitées par le malade ou ayant été en contact étroit avec lui, ses vêtements ou son linge, ainsi que certains «contacts de contacts». Au total, 117 grappes (ou «cercles»), comprenant en moyenne jusqu’à 80 individus, ont été identifiées.

Initialement, les membres des cercles ont été randomisés afin de recevoir le vaccin immédiatement ou après un délai de 3 semaines et la vaccination n’a été proposée qu’aux adultes de plus de 18 ans. Après la publication de résultats provisoires montrant l’efficacité du vaccin, celui-ci a été proposé immédiatement à tous les cercles et l’essai a été ouvert aux enfants de plus de 6 ans.

Outre qu’il montre la haute efficacité du nouveau vaccin chez les personnes vaccinées, l’essai fait aussi apparaître que les personnes non vaccinées appartenant aux cercles ont bénéficié d’une protection indirecte contre le virus Ebola grâce à la démarche de vaccination en cercle (par le biais d’une immunité dite «collective»). Néanmoins, les auteurs font remarquer que l’essai n’était pas conçu pour mesurer cet effet, de sorte que des travaux de recherche supplémentaires seront nécessaires.

Pour évaluer l’innocuité de ce vaccin, les personnes vaccinées ont été observées pendant 30 minutes après la vaccination et lors de visites à domicile répétées jusqu’à 12 semaines plus tard. Environ la moitié ont signalé des symptômes bénins immédiatement après la vaccination, dont des céphalées, de la fatigue et des douleurs musculaires, mais se sont rétablies dans les jours qui suivent, sans effet à long terme. Deux événements indésirables graves ont été jugés liés à la vaccination (une réaction fébrile et une réaction anaphylactique) et un autre comme potentiellement associé (syndrome de type grippal). Les 3 personnes touchées se sont rétablies sans effet à long terme.

En janvier, Gavi, l’Alliance du Vaccin, a fourni 5 millions US$ à Merck en prévision des futurs achats de ce vaccin, une fois qu’il sera approuvé, préqualifié et recommandé par l’OMS. Dans le cadre de cet accord, la société Merck s’est engagée à garantir la disponibilité de 300 000 doses de vaccin pour une utilisation d’urgence pendant la période intermédiaire et à soumettre le vaccin pour autorisation d’ici fin 2017. Elle a aussi soumis ce vaccin à l’Emergency Use and Assessment Listing procedure, un mécanisme par lequel des vaccins, des médicaments ou des outils diagnostiques expérimentaux sont mis à disposition pour être employés avant leur autorisation formelle.

Des études supplémentaires sont en cours pour fournir davantage de données sur l’innocuité du vaccin pour les enfants et d’autres populations vulnérables telles que les personnes vivant avec le VIH. Dans le cas où la flambée d’Ebola repartirait avant son approbation, ce vaccin serait rendu accessible par une procédure appelée «usage compassionnel», permettant de l’utiliser après l’obtention d’un consentement éclairé. Merck et les partenaires de l’OMS travaillent à la compilation des données pour appuyer les demandes d’autorisation.

La mise au point rapide du rVSV-ZEBOV a contribué à l’élaboration du projet R&D Blueprint de l’OMS, une stratégie mondiale pour accélérer le développement de tests, de médicaments et de vaccins efficaces pendant les épidémies.

Santé maternelle infantile

4. Pediatrics- Vingt ans de suivi des soins maternels à la méthoode Kangourou versus soins traditionnels

Nathalie Charpak et al.

Titre original: Twenty-year Follow-up of Kangaroo Mother Care Versus Traditional Care

http://pediatrics.aappublications.org/content/pediatrics/early/2016/12/08/peds.2016-2063.full.pdf

La méthode Kangourou est une intervention pour les soins des enfants prématurés et de petit poids de naissance. Les effets à court et moyen termes de cette méthode ont été documentés tels que l’allaitement maternel, la survie, le développement neurologique, et la qualité de la relation entre le bébé et la maman à travers un essai randomisé entre 1993-1996. L’objectif de cette étude était d’évaluer la persistance de ces effets chez les adolescents.

Entre 2012 et 2014, 494 (69%) des 716 enfants de l’essai randomisé contrôlé de 1993-1996 encore vivants ont été identifiés. Parmi eux, 441 (62%) étaient enrôlés dans l’étude et les résultats de 264 patients dont le poids à la naissance était inférieur à 1800 g ont été analysés. Les deux groupes d’enfants (Kangourou vs traditionnel) ont été comparés pour le statut sanitaire, neurologique, cognitif, et le fonctionnement social. Des tests neurophysiologiques, d’imagerie et comportementaux ont été effectués.

L’effet de la Méthode kangourou à l’âge d’un an sur le Quotient Intellectuel et l’environnement était encore présent 20 ans plus tard chez les enfants les plus fragiles. Et les parents étaient plus protecteurs et attentifs, ce qui se traduisait par une réduction de l’absentéisme scolaire, de l’hyperactivité, de l’agressivité, de l’externalisation et de la déviation sociale chez les jeunes adultes. L’imagerie a montré un plus large volume du noyau caudé gauche.

Cette étude indique que la méthode kangourou a des effets protecteurs sociaux et comportementaux significatifs et à long terme 20 ans après l’intervention. L’utilisation de cette intervention scientifique et efficiente devrait être étendue aux 18 millions d’enfants nés prématurés ou de petit poids de naissance chaque année dans le monde.

Déterminants sociaux de la santé

5. WHO (Consultation paper) – Suivi mondial des déterminants sociaux de la santé: proposition d’un cadre conceptuel et d’un ensemble d’indicateurs clés

Titre original  – Global monitoring of action on the social determinants of health: a proposed framework and basket of core indicators

http://www.who.int/social_determinants/consultation-paper-SDH-Action-Monitoring.pdf?ua=1

Ce document comporte 20 indicateurs répartis en 5 domaines:

  • La gouvernance nationale (5 indicateurs) : % de la population couverte, taux de scolarisation en maternelle, nombre de politiques nationales qui prennent en compte les déterminants de la santé
  • La participation : % de la population couverte par des processus de négociation collective, existence de mécanismes pour la participation des populations dans les processus de décisions politiques, …
  • La réorientation du secteur de la santé : % de ménages qui ont accès à l’eau potable, % des dépenses publiques pour les soins préventifs, % de la population non couverte pour l’accès aux soins, …
  • La gouvernance mondiale : nombre de pays ayant une taxe sur le tabac pour réduire la consommation, % de pays à faible revenu ayant un droit de vote dans les Organisations internationales, …
  • Le suivi et redevabilité : % pays qui ont un système de suivi des inégalités en santé, % de pays qui ont un système de suivi des ODD.

eSanté

6. WHO report – Diffusion mondiale de la eSanté, Rendre la couverture sanitaire universelle realizable: rapport de la 3e enquête sur la eSanté

Titre original : Global diffusion of eHealth: Making universal health coverage achievable: Report of the third global survey on eHealth

http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/252529/1/9789241511780-eng.pdf?ua=1&utm_content=bufferdd65e&utm_medium=social&utm_source=linkedin.com&utm_campaign=buffer

Ce rapport explore les développements de la eSanté depuis 2010 et son rôle dans l’atteinte de la couverture sanitaire universelle (CSU). On note une forte augmentation de l’utilisation des TIC pour soutenir les services de santé. Plus de la moitié des Etats ont une stratégie eSanté et 90% de ces stratégies veulent atteindre la CSU. L’esanté facilite l’interopérationnalité nécessaire pour appuyer les services de santé centrés sur les personnes et passer des systèmes de santé basés sur des maladies à des systèmes résilients qui peuvent offrir la CSU. L’utilisation de la télémédecine va continuer à croitre et la téléradiologie (77%) est la plus répandue et facilite l’accès et une équité dans la couverture sanitaire. Le elearning est aussi utilisé dans 84% des pays et peut combler le déficit en formation. Les dossiers médicaux électroniques  sont mis en place dans 47% des pays. Dans 80% des pays, les médias sociaux sont utilisés pour la diffusion des messages de promotion de la santé.

Toutefois, des barrières existent telles que le besoin en personnels formés, la gouvernance, le financement. Mais la eSanté doit être considérée comme partie intégrante de l’offre de soins au 21e siècle. Les systèmes d’information sanitaire sont fragmentés dans beaucoup de pays entrainant une charge énorme de travail sur le personnel de santé. Les données pour la CSU doivent être développées suivant une approche intégrée, orientée vers les besoins du pays. Il doivent également refléter les besoins des professionnels de santé et des populations pour l’information et les aspects gestionnaires à tous les niveaux (local, national et international).

 

 

 

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