Bonjour Chers Lecteurs,

Nous nous plaignons de la faiblesse des systèmes de santé en Afrique sub-saharienne. En effet, ils ne répondent pas efficacement aux besoins des populations. Les problèmes de santé évitables sont récurrents et constituent les problèmes majeurs de santé publique. Dans l’éditorial de cette semaine, Mathieu Tchetche de la Cote d’Ivoire fait une analyse critique des approches de résolution des problèmes de santé en Afrique sub-saharienne à travers une approche essentiellement biomédicale. Je vous recommande vivement de lire cet éditorial.

Ensuite, vous trouverez 5 importants articles qui correspondent à l’actualité du moment. Le premier article porte sur le Forum National sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH et la prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent au Cameroun. Le deuxième est un appel de l’OMS à protéger les victimes et les services de santé en Syrie martyrisée par une guerre interminable. Le troisième article concerne la Journée Mondiale de lutte contre le sida 2016. Le quatrième article fait le point de l’épidémie de fièvre jaune en Angola et en RDC.

Enfin, le cinquième article résume le supplément Spécial de Global Health Action  du mois d’Octobre sur les capacités de recherche en santé mondiale.

Nous vous souhaitons bonne lecture.

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Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

 

Edito–Implication  des sciences sociales en santé publique : un oubli ou un déni

Mathieu O. TCHETCHE, Sociologue et Anthropologue, Chercheur en politique sociale et système de santé, Maître de Conférences des Universités/CAMES, Cote d’Ivoire

Lire ici

Forum national sur la PTME et prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent au Cameroun

1. CNLS- Accélérer l’eTME et la prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent au Cameroun

Le Cameroun a organisé du 25-27 octobre 2016 à Yaoundé, le premier Forum national sur la prévention de l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH et la prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent. Ce forum a réuni plus de 300 participants nationaux et internationaux. Ce Forum a regroupé les acteurs de la société civile, les prestataires de soins, les gestionnaires du programme VIH/sida, les gestionnaires des services de santé, les décideurs, les partenaires techniques et financiers. Durant trois jours, ils ont partagé leurs expériences, des bonnes pratiques et des leçons pour optimiser la mise en œuvre des interventions en faveur des femmes enceintes ou allaitantes, des enfants et des adolescents vivant avec le VIH. Au total, 84 abstracts étaient retenus pour le Forum.

Vous pouvez visiter télécharger le Livre des Abstracts en cliquant sur le lien suivant :

http://forum.cnls.cm/wp-content/uploads/2016/11/Livre-des-abstract-Forum-PTME_PECEA.pdf

Sécurité

2. OMS – Syrie: l’OMS appelle à l’évacuation immédiate et en toute sécurité des malades et des blessés des zones de conflit

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2016/health-workers-attacks/fr/

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelle les belligérants en Syrie à autoriser l’évacuation immédiate et en toute sécurité des malades et des blessés de toutes les zones touchées par le conflit, y compris l’est d’Alep. L’Organisation appelle également à l’arrêt des attaques perpétrées contre des agents de santé et des établissements de soins.

«La situation est déchirante et exaspérante», déclare le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS. «En raison des attaques incessantes perpétrées contre des agents de santé et des établissements de soin, les quelques médecins encore en vie ne peuvent tout simplement pas faire face à la situation. Les lits d’hôpital sont insuffisants, le matériel est détruit et les médicaments essentiels, notamment les anesthésiques. De nombreux patients nécessitant des soins traumatologiques d’urgence sont des enfants.»

270 000 personnes sont prises au piège à Alep

Plus de 270 000 personnes sont prises au piège à l’est d’Alep où les denrées alimentaires ainsi que les réserves d’eau et de carburant s’amenuisent. Il n’a pas été permis aux organisations humanitaires d’acheminer l’aide, y compris les fournitures médicales, depuis que la ville a été assiégée le 7 juillet. En fin septembre, plus de 840 personnes ont été blessées, dont près d’un tiers d’enfants, tandis que les établissements de santé devant les accueillir s’écroulent et manquent de personnel. Il reste moins de 30 médecins dans l’est de la ville et seuls 6 hôpitaux partiellement opérationnels sont en service.

L’OMS appelle l’ensemble des parties au conflit:

  • à autoriser l’évacuation immédiate des malades et des blessées de toutes les zones touchées par le conflit, notamment l’est d’Alep;
  • à autoriser l’accès afin d’acheminer des médicaments, des fournitures médicales, du carburant et d’envoyer des agents de santé pour aider le personnel débordé d’Alep;
  • à immédiatement cesser toutes les attaques contre les agents de santé, les établissements de soins et les fournitures;
  • à respecter la sécurité et la neutralité du personnel et des établissements de santé;
  • à cesser de retirer les fournitures essentielles des livraisons de fournitures médicales.

«Les attaques perpétrées contre les établissements de soins sont à la fois illégales et barbares», déclare le Dr Peter Salama, Directeur exécutif du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS. «Empêcher des populations entières d’avoir accès à des soins médicaux, aux denrées alimentaires et à l’eau est intolérable. C’est d’une cruauté inexcusable.»

L’OMS et les partenaires ont positionné des fournitures médicales en vue d’un acheminement à l’est d’Alep mais ils n’ont pas encore obtenu l’autorisation de s’y rendre. L’Organisation a également élaboré des stratégies pour procéder à des évacuations médicales dès que cela sera possible. Dans l’intervalle, l’OMS formera les personnes dispensant les premiers secours aux soins traumatologiques par téléphone et appels vidéo.

VIH/sida

3. ONUSIDA- Journée Mondiale de lutte contre le sida 2016 : l’ONUSIDA lance la Campagne Levons la main pour la prévention du VIH

http://www.unaids.org/en/resources/presscentre/featurestories/2016/october/20161003_condoms

Redonner de l’élan au préservatif comme moyen de prévention efficace et rentable contre le VIH

Le Rapport de l’ONUSIDA sur les lacunes en matière de prévention montre que les efforts de prévention du VIH doivent être relancés si le monde veut rester sur la bonne voie d’accélération pour en finir avec le sida d’ici à 2030. Pour atteindre l’objectif mondial d’une réduction accélérée du nombre de nouvelles infections à VIH à moins de 500 000 d’ici 2020, il faut davantage d’engagement politique et des investissements accrus dans la prévention du VIH, notamment la promotion de l’usage du préservatif.

En 2015, on estimait à 1,9 million [1,7 million – 2,2 millions], le nombre d’adultes de plus de 15 ans nouvellement infectés par le VIH, dont la grande majorité par voie sexuelle, et à 500 millions le nombre de personnes ayant contracté une chlamydiose, une gonorrhée, une syphilis ou une trichomonase. Chaque année, plus de 200 millions de femmes n’ont pas accès à la contraception alors qu’elles en auraient besoin, ce qui conduit à environ 80 millions de grossesses non désirées. Les préservatifs permettent de prévenir efficacement tous ces problèmes.

Les préservatifs masculins et féminins sont très efficaces et représentent l’outil de prévention le plus largement disponible, même dans les endroits à faibles ressources, pour les personnes exposées au risque d’infection à VIH, d’autres infections sexuellement transmissibles et de grossesse non désirée. Les préservatifs sont bon marché, rentables et faciles à stocker et à transporter, leur utilisation n’exige pas l’assistance de personnel médical ou d’agents de santé et toutes les personnes sexuellement actives peuvent s’en servir. Une analyse de modélisation mondiale récente a estimé que les préservatifs avaient permis d’éviter jusqu’à 45 millions de nouvelles infections à VIH depuis le début de l’épidémie de VIH. Pour de nombreux jeunes dans le monde, le préservatif reste la seule option réaliste pour se protéger.

La promotion de l’usage systématique du préservatif est une composante essentielle de la prévention combinée du VIH. L’usage du préservatif vient compléter toutes les autres méthodes de prévention du VIH, notamment la diminution du nombre de partenaires sexuels, la circoncision masculine médicalisée et volontaire, la prophylaxie préexposition (PPrE) et le traitement préventif pour les couples sérodifférents.

Malgré la hausse de l’usage du préservatif au cours des vingt dernières années, les études montrent que l’usage de préservatifs signalé lors de la dernière rencontre sexuelle d’une personne avec un partenaire non régulier va de 80% dans certains pays à moins de 30% dans d’autres. Il existe un besoin urgent que les pays renforcent l’offre et la demande en préservatifs et en lubrifiants aqueux. Dans la Déclaration politique de 2016 sur la fin du sida, les pays se sont mis d’accord pour augmenter la disponibilité annuelle de préservatifs à 20 millions d’ici à 2020 dans les pays à revenu faible et intermédiaire. De nombreux pays n’ont pas encore fixé d’objectifs ambitieux en matière de distribution et de taux d’usage de préservatifs et les programmes sont sous-dimensionnés, avec des lacunes dans la création de la demande et l’approvisionnement.

Le financement international pour l’approvisionnement en préservatifs en Afrique subsaharienne a stagné ces dernières années, alors que le financement national n’a pas suffisamment augmenté. Les fonds consacrés à la distribution de préservatifs et à leur promotion ont même baissé. En 2015, on a estimé à plus de 3 milliards le déficit en préservatifs en Afrique subsaharienne, pour des besoins totaux s’élevant à 6 milliards.

Pour avoir un résultat positif, les programmes autour du préservatif doivent inclure des éléments tels que leadership et coordination, sécurité d’approvisionnement et du produit, demande, accès et promotion de l’utilisation, et soutien technique et logistique. Il est capital que les gouvernements créent un environnement propice pour les décideurs politiques et les prestataires de services, de façon à ce que les utilisateurs soient conscients des risques auxquels ils sont exposés, libres de demander et d’accéder aux préservatifs masculins et féminins, et qu’ils sachent comment les utiliser correctement et de manière systématique. Les jeunes et les populations clés représentent des alliés solides dans la promotion de l’accès aux préservatifs. Par exemple, lors de la dernière Conférence internationale sur le sida à Durban, en Afrique du Sud, les jeunes ont manifesté pour l’accès aux préservatifs et à d’autres services et produits de santé sexuelle et reproductive, comme les serviettes hygiéniques.

Redonner de l’élan à la promotion du préservatif et atteindre 90 % d’utilisation du préservatif par les personnes exposées au risque qui ont des rapports sexuels avec des partenaires non réguliers permettrait d’éviter 3,4 millions de nouvelles infections à VIH en plus d’ici à 2020 et aurait un impact considérable sur la prévention d’autres infections sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées.

Fièvre jaune

4. OMS- Epidémie de fièvre jaune: rapport de situation au 28 octobre 2016

http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/250661/1/yellowfeversitrep28Oct16-eng.pdf?ua=1

En date du 20 octobre 2016, En Angola, le dernier cas confirmé était notifié au 23 juin 2016. Deux cas probables chez des personnes non vaccinées ont été dépistes dans la Province de Kwanza Sul dans la semaine du 10 au 16 octobre 2016. La phase II de la campagne de vaccination est e cours et cible plus de deux millions de personnes dans 10 provinces. Au total, 4347 cas suspects, dont 377 (8,7%) de décès ont été détectés. Par ailleurs, 884 cas ont été confirmés et parmi lesquels 121 (13,7%) de décès.

En RDC, au 26 octobre 2016, le dernier cas confirmé a été notifié le 12 juillet 2016. Un cas confirmé sylvatique  a été notifié dans la Zone de santé de Bominenge dans la Province de l’Oubangui Sud. Une campagne de vaccination a été organisée dans la semaine du 20 octobre 2016.  Entre le 1er janvier et le 26 octobre, 2987 cas ont été notifiés par 26 provinces. Par ailleurs, 78 cas ont été confirmés dont 18 décès (21%) chez 2800 suspects testés.

Recherche

5. Global Health Action – Renforcement des capacité dans la recherche en santé mondiale : l’apprentissage mixte est-il la réponse ?

http://www.globalhealthaction.net/index.php/gha/index

Henry Lucas et John Kinsman

Il est argumenté que dans chaque pays, le développement social, éducationnel, technologique et économique dépend fondamentalement des avancées scientifiques à travers la recherche et ses bénéfices d’avoir un réseau d’acteurs engagés dans la promotion et l’utilisation de la recherche. Toutefois, en 2004, les publications dont les chercheurs des pays à faible revenu étaient les seuls auteurs dans le domaine de la médecine et de la santé publique ne représentaient qu’une faible proportion des publications. Les raisons sont entre autres le faible accès à la littérature scientifique, la faible participation au processus de prise de décision pour la publication, et le biais des journaux. D’autres facteurs sont le manque de fonds et de temps, la difficulté de compétir pour obtenir les fonds des bailleurs. Toutefois, aucun pays à faible et moyen revenu ne fait partie des 40 pays qui ont le plus grand nombre de publications scientifiques par habitant.

Atkins et al. (ici) ont présenté deux projets de renforcement des capacités qui exploraient l’apprentissage en ligne (e-learning) entre 2011 et 2015. L’un portait sur la recherche sur les services et les systèmes de santé en Afrique Australe et impliquait 7 pays : Malawi, Norvège, Suède, Afrique du Sud, Tanzanie, Ouganda, Grande Bretagne. Le deuxième concernait la recherche sur les déterminants sociaux de la santé en Asie et incluait 8 pays : Chine, Finlande, Inde, Oman, Afrique du Sud, Suède, Grande Bretagne et Vietnam. Des cours à distances et en salle ont été organisés pour 920 étudiants masters ou doctorat, le renforcement des capacités en financement de la recherche, la gestion des fonds, et la dissémination des résultats de recherche. Le principal défi était le faible engagement tant personnel qu’institutionnel pour l’apprentissage en ligne.

Le second article par Färnman et al. (ici) analyse les leçons apprises du projet ARCADE dans le développement future de partenariats Nord-Sud. Une revue des rapports du projet et 16 interviews de personnes clés du projet ont été effectuées. Il y a nécessité pour les cours en ligne de s’adapter aux exigences académiques en offrant par exemple des crédits.

Le troisième article de Atkins et al. (ici) lié aux projets ARCADE analyse la conception et la mise en œuvre collaboratives des cours en ligne et en face-à-face. Les expériences de 82 des 118 des étudiants ont été collectées à travers un questionnaire électronique. Les facteurs qui influencent la perception des étudiants sont l’absence ou non des problèmes techniques et le degré de feedback et de discussion.

Le quatrième article de Atkins et al. (ici) concerne les recherches cliniques. Elles comprennent 7 webinaires présentés par des chercheurs juniors sur leur protocole ou résultats. La participation à ces webinaires était élevée et ils étaient perçus comme des stratégies d’amélioration de la qualité scientifique.

Pour le cinquième article, Protsiv and Atkins (ici) analyse les expériences de 11 enseignants impliqués dans la conception des cours en ligne et en face-à-face en Afrique du Sud, Inde, Ouganda et Suède. Il ressort la frustration des enseignants à cause des barrières techniques et logistiques à surmonter tels que la faible capacité des infrastructures d’internet, les logiciels peu familiers, le faible soutien institutionnel et le temps très important mis pour transformer des cours existant dans le format mixte.

Enfin, Kumpu et al. (ici) étudie les aspects économiques de mise en œuvre des cours mixtes et en ligne à travers le cours sur les essais contrôlés randomisés dispensés par l’Afrique du Sud, la Suède et l’Ouganda. En approche mixte, le cours était plus cher que dans l’enseignement traditionnel surtout pour les enseignants et les résultats étaient similaires.

Pour toutes ces expériences, les défis majeurs sont le coût, les infrastructures de communication, le temps et l’effort supplémentaire des enseignants à développer et à présenter le cours dans le nouveau format.

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