Bonjour Chers Lecteurs,

Nous avons mis en ligne une question qui taraude l’esprit des gestionnaires des districts de santé d’Afrique sub-saharienne. La Voici : La taille de la population influence-t-elle la gestion du District de Santé ? Vous devez participer à cette réflexion. Dr Tamba Mina Millimouno pose cette question à l’appréciation des lecteurs de la Newsletter et souhaite que chacun apporte son point de vue.

Le Menu de cette semaine comporte cinq articles. Le premier article porte sur l’appel à Soumission d’abstract pour le Forum sur prévention de la transmission mère-enfant et la prise en charge du VIH chez la mère et l’adolescent. Le  deuxième article porte sur la polio qui refait surface en Afrique avec deux cas notifiés au Nigeria ce mois. Le troisième article concerne les ruptures récurrentes des antirétroviraux pour les adolescents vivant avec le VIH en Afrique. Le quatrième article rappelle la sous-notification des mort-nés et des décès maternels, natals et infantiles qui cache l’ampleur du problème. Le cinquième article propose l’utilisation des stratégies avancées par les agents de santé communautaires pour réduire mortalité infantile.

Nous vous souhaitons bonne lecture.

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Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito – La taille de la population influence-t-elle la gestion du District de Santé (DS) ? Votre avis compte

Par Tamba Mina Millimouno
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Forum national PTME au Cameroun

1. MSP-Cameroun : Soumettez vos abstracts

Le Cameroun va organiser du 25 au 27 octobre 2016, un Forum sur la prévention de la transmission mère-enfant et la prise en charge du VIH chez la mère et l’adolescent. Ce forum vise à créer une plateforme de haut niveau pour les chercheurs, les décideurs, les gestionnaires de programme et les professionnels de mise en œuvre tant au Cameroun que dans la Sous-Région. Il permettra de partager les innovations majeures, les pratiques prometteuses et les leçons apprises pour l’accélération de l’eTME et de la prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent Le thème est « Accélérer l’élimination de la transmission mère-enfant et la prise en charge du VIH chez l’enfant et l’adolescent ».

Le délai de soumission des abstracts approche : 1er septembre 2016. Vous pouvez contacter : appuiforumptmepecp@gmail.com.

Consultez le site du Forum pour plus d’infos: http://forum.cnls.cm/directives-de-soumission-des-abstracts/.

Polio

2. OMS-Les autorités nigérianes notifient 2 cas d’infection par un poliovirus sauvage, les premiers depuis juillet 2014

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2016/nigeria-polio/fr/

Ces nouveaux cas surviennent 2 ans après le dernier cas confirmé de poliomyélite enregistré en Afrique
Après plus de 2 ans sans poliovirus sauvage au Nigéria, les autorités ont notifié ce mois la paralysie de 2 enfants due à la poliomyélite dans l’État de Borno, au nord du pays.
La priorité immédiate pour le gouvernement du Nigéria est de collaborer avec l’OMS et d’autres partenaires de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, afin de riposter d’urgence et d’éviter que d’autres enfants ne soient paralysés. Les mesures comportent l’organisation de campagnes de vaccination à grande échelle et le renforcement des systèmes de surveillance pour débusquer rapidement le virus. Ces activités sont également intensifiées dans les pays limitrophes.

«Nous sommes profondément attristés par la nouvelle de ces 2 enfants nigérians paralysés par la poliomyélite. Ces dernières années, le gouvernement a fait de grands progrès pour mettre fin à cette maladie. Désormais, la priorité absolue consiste à vacciner rapidement tous les enfants autour de la zone touchée et à s’assurer qu’aucun autre enfant ne soit victime de cette terrible maladie», a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. Des lacunes dans la surveillance locale demeurent dans certaines zones du Borno ainsi que dans les pays limitrophes.

Sur le point d’éradiquer la poliomyélite
«Nous sommes sûrs qu’avec une riposte rapide et une forte collaboration avec les autorités nigérianes, nous pourrons bientôt débarrasser le pays de la poliomyélite une bonne fois pour toutes. C’est un rappel important au monde entier – il ne faut surtout pas baisser la garde alors que nous sommes sur le point d’éradiquer la poliomyélite. L’objectif ne sera atteint que lorsque le monde entier aura été certifié exempt de poliomyélite», a rappelé le Dr Michel Zaffran, Directeur pour l’éradication de la poliomyélite au Siège de l’OMS.
Le Nigéria a fait des progrès importants en atteignant récemment, le 24 juillet 2016, deux ans sans enregistrer un seul cas. Ces progrès ont été le résultat d’un effort concerté de la part des autorités à tous les niveaux administratifs, de la société civile, des chefs religieux et des dizaines de milliers d’agents de santé dédiés à cette action.
Les 2 cas au Nigéria soulignent particulièrement la nécessité de donner la priorité à la vaccination des enfants dans les zones difficiles d’accès, comme la région du Lac Tchad, qui s’étend sur plusieurs pays et qui connaît souvent des conflits et des déplacements importants de population. Pour couvrir ces enfants, il faut vacciner les populations lorsqu’elles se déplacent à destination ou en provenance de ces zones inaccessibles, en s’appuyant sur les groupes et organisations au niveau local, comme les institutions religieuses et les organisations à base communautaire, afin de négocier l’accès pour les équipes de vaccination.
Globalement, le monde est proche du but de l’éradication de la poliomyélite. Jusqu’à présent, seulement 21 cas d’infection par un poliovirus sauvage ont été notifiés en 2016, contre 34 au cours de la même période l’an dernier. Deux autres pays seulement notifient encore la poliomyélite : l’Afghanistan et le Pakistan. Quatre des six Régions de l’OMS ont été certifiées exemptes de poliomyélite et, dans le monde, il ne reste plus en circulation qu’un seul des trois types de poliovirus sauvages (le type 1).

VIH/SIDA

3. Grandir : Ruptures récurrentes des traitements ARV : quelles répercussions psychologiques chez les adolescents vivant avec le VIH ?

Source : http://www.grandir.sidaction.org/documents/grandir-info-

Envoyé par Bangaly Doumbia
Les enfants et adolescents vivant avec le VIH, en l’absence de traitement, développent plus rapidement la maladie que les adultes. Ces dernières années, l’accès aux ARV accompagné d’un appui psychologique et social, a considérablement contribué à améliorer leur vie. Le programme Grandir soutient depuis 2006 des structures africaines de lutte contre le VIH impliquées dans les soins et l’accompagnement psychologique et social d’enfants et d’adolescents infectés ou affectés par le VIH. Ces structures suivaient en 2015 plus de 6 000 enfants et adolescents exposés ou infectés par le VIH, dont plus de 82% sous traitement ARV. La gratuité des ARV est effective dans les 11 pays où le programme Grandir est mis en œuvre. Cependant, l’accès permanent aux ARV des personnes vivant avec le VIH, et notamment des enfants et adolescents est un défi quotidien en raison de ruptures partielles ou totales, récurrentes dans certains pays. Cette situation affecte les adolescents infectés qui, après avoir fait face au traumatisme de l’annonce de leur séropositivité, cherchent à retrouver un équilibre en s’adaptant à une nouvelle situation de vie. L’arrêt imposé du traitement vient complexifier davantage une prise en charge qui peut se révéler souvent difficile. Parmi les pays où la situation est très tendue, on retrouve, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Tchad. Depuis 2013, la situation est particulièrement difficile en République du Congo où des ruptures partielles à totales sont observées en particulier pour les ARV de 2ème ligne mais aussi pour les traitements de 1ère ligne. Pour assurer la poursuite de l’approvisionnement, la délivrance des traitements se fait de façon hebdomadaire, parfois même tous les trois voire tous les deux jours. Afin de maintenir leur trithérapie, certains patients sont contraints de prendre de nouvelles molécules. Dans les situations les plus graves, des arrêts de deux à trois mois, voire plus, ont été observés. Par exemple, à Pointe-Noire, à l’hôpital Général Adolphe Sicé, en 2015, on observait une rupture totale des 1ère  et 2e lignes pendant tout le mois de mars, puis de mai à juillet ; la même situation était observée à l’hôpital général de Loandjili de juillet à août 2015, ainsi qu’au Centre de Traitement Ambulatoire d’avril à juin 2015. Selon les derniers chiffres du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS) de la République du Congo, plus de 1 000 enfants et adolescents seraient potentiellement concernés par ces ruptures à l’échelle du pays.

Santé maternelle et de l’enfant

4. OMS – La sous-notification des mort-nés et des décès maternels et néonataux  masque la véritable ampleur du problème

Titre original: True magnitude of stillbirths and maternal and neonatal deaths underreported
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2016/stillbirths-neonatal-deaths/en/
Il est essentiel de recenser et d’examiner chaque naissance et chaque décès pour éviter de futures tragédies

Le jour de la naissance est potentiellement le plus dangereux pour la mère et son enfant. Chaque année dans le monde, 303 000 femmes meurent pendant la grossesse ou l’accouchement, 2,7 millions de nouveau-nés meurent pendant les 28 premiers jours de vies et l’on compte 2,6 millions d’enfants mort-nés. Ces décès peuvent être évités grâce à des soins de qualité pendant la grossesse et à l’accouchement. Pour pratiquement tous les enfants mort-nés et la moitié des nouveau-nés qui meurent, aucun certificat de naissance ou de décès n’est délivré, de sorte qu’ils ne sont jamais enregistrés, notifiés et ne font pas l’objet d’une enquête dans le système de santé. Par conséquent, souvent les pays ne connaissent ni le nombre des décès, ni leur cause et sont donc incapables de prendre en temps voulu les mesures efficaces qui éviteront à d’autres enfants et à d’autres mères de mourir.

Aujourd’hui, l’OMS lance trois publications pour aider les pays à améliorer leurs données sur les mort-nés et les décès maternels et néonatals. La première est une application de la Dixième Révision de la Classification internationale des maladies de l’OMS pour la période périnatale (ICD-PM); il s’agit d’un système standardisé pour classer les mort-nés et les décès néonatals. Le système aide les pays à faire le lien entre les mort-nés ou les décès néonatals avec les pathologies qui y ont contribué chez la femme enceinte, comme le diabète ou l’hypertension. Auparavant, il n’y avait aucun système de classification pouvant être utilisé de manière cohérente dans tous les pays, qu’ils soient à revenu faible, intermédiaire ou élevé.

La deuxième publication, Making Every Baby Count: Audit and Review of Stillbirths and Neonatal Deaths (Pour que chaque enfant compte: audit et examen des mort-nés et des décès néonatals), est un guide pour aider les pays à examiner chaque décès et à enquêter de façon à pouvoir recommander et mettre en œuvre des solutions pour éviter à l’avenir des cas similaires. Elle intègre la classification ICD-PM afin d’aider les pays à procéder au moins à un examen de base du décès, qui est une enquête approfondie sur les causes et les circonstances de celui-ci. Les rapports officiels sous-estiment de 30% à l’échelle mondiale et parfois de 70% dans certains pays l’ampleur véritable de la mortalité maternelle.

La troisième publication de l’OMS, Time to respond: a report on the global implementation of maternal death surveillance and response (Le moment d’agir: rapport sur la mise en œuvre de la surveillance de la mortalité maternelle et de la riposte au niveau mondial) aide les pays à renforcer leurs procédures d’examen des décès maternels dans les hôpitaux et les cliniques. Ce document donne également des orientations pour mettre en place un environnement sûr pour les agents de santé, afin d’améliorer la qualité des soins dans les cliniques, ainsi qu’une méthode pour enregistrer les décès survenant en dehors du système de santé, par exemple quand les mères accouchent à domicile.

La surveillance des décès maternels et la riposte (MDSR: Maternal death surveillance and response) est une méthode relativement nouvelle pour enquêter en temps réel sur les décès maternel au moyen d’un comité d’examen (un groupe d’experts), de façon à ce que les établissements de santé puissent prendre des mesures correctives. Selon les normes de l’OMS, les comités doivent se réunir au moins deux fois par an mais, pour l’instant, seuls 46% des pays satisfont à cette norme.

La réalisation des audits et des examens sur la mortalité est une stratégie essentielle pour faire baisser le nombre de décès évitables chez les mères et leurs enfants. Ils aident les administrateurs des systèmes de santé à comprendre les causes de mortalité, les facteurs qui y contribuent et leur permettent de prendre des mesures correctives pour améliorer la qualité des soins. C’est un dispositif important pour que les pays rendent des comptes sur la réalisation des cibles visant à la baisse de la mortalité maternelle et néonatale définies dans les objectifs de développement durable et la Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent.

L’OMS participe également à un effort mondial réunissant de multiples partenaires pour améliorer la qualité des informations sanitaires, y compris sur la santé de la mère et de l’enfant: le dispositif de collaboration sur les données sanitaires (Health Data Collaborative).

5. The South-African Medical journal – Finir avec les décès infantiles évitables en Afrique du Sud: Que peuvent faire des équipes de terrain ?

Titre original – Ending preventable child deaths in South Africa: What role can ward-based outreach teams play?

T Doherty, D Sanders et al;

http://www.samj.org.za/index.php/samj/article/view/10790#.V7NCf4i7wHo.twitter

L’Afrique du Sud est sortie de la période des Objectifs du Millénaire pour le Développement avec un mélange de succès et d’échec. Le passage à l’échelle réussie des services de prévention de la transmission mère-enfant du VIH et l’utilisation des traitements efficaces a réduit la transmission du VIH de la mère à l’enfant de façon spectaculaire. Toutefois, au cours de la même période, il n’y a pas eu de progrès dans la couverture des interventions à haut impact pour la pneumonie et la diarrhée qui sont les principales causes de mortalité infantile. L’Afrique du Sud est engagée dans une stratégie de revitalisation des soins de santé primaires depuis 2011 avec entre autres l’utilisation des agents de santé communautaires. Dans cet article, les auteurs relèvent que le ratio d’agents de santé communautaire par habitant est trop faible pour avoir un impact et que leur travail devrait aller au-delà  de la sensibilisation pour inclure l’évaluation et le traitement des maladies infantiles (en particulier la diarrhée et la pneumonie). L’évidence et l’expérience démontrent que les agents de santé communautaire en nombre suffisant peuvent avoir un impact rapide sur la mortalité néonatale et infantile s’ils sont autorisés à prendre en charge les maladies courantes. La faible performance de l’Afrique du Sud dans la survie de l’enfant peut être améliorée si les agents de santé communautaire étaient autorisés à faire plus.

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