Bonjour Chers Lecteurs,

Nous rappellons dans l’édito de cette l’appel à soumission de propositions de projets au niveau des districts de santé en Afrique sub-saharienne.

Le Menu de cette semaine comporte cinq articles. Le premier article porte aussi sur les hépatites. Il s’agit d’un message de l’OMS qui invite à « mieux connaître les hépatites ». Le deuxième article concerne l’organisation Djantoli qui a mis en place un carnet de santé mobile au Burkina Faso et au Mali. Le troisième article est une bonne nouvelle pour le Mozambique, le Niger et le Tchad qui ont éradiqué la polio. Le quatrième article porte sur le remplacement du Ministre de la santé du Rwanda. Ensuite, vous trouverez dans le cinquième article les déterminants du dépistage tardif du VIH en Ethiopie. Enfin, le sixième article porte le nouveau paradigme à adopter pour la gestion des ressources humaines en santé.

Nous vous souhaitons bonne lecture.

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Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito – Appel à projets de la CoP PSS : les directives

Justification : la mise en œuvre des recommandations de la Conférence de Dakar

La Communauté de Pratiques Prestations des Services de Santé (CoP PSS) lance un appel à projets au niveau district ou des zones sanitaires. L’objectif de cet appel est d’appuyer les équipes cadres de district à développer et à mettre en œuvre des petits projets qui visent à améliorer l’offre de soins au niveau district.

En effet, la vision renouvelée issue de la Conférence de Dakar sur les 25 ans du district sanitaire en Afrique sub-saharienne a relevé que les gestionnaires de district doivent devenir des stewards, capables de développer des coalitions d’acteurs pour répondre aux besoins des populations. Les équipes cadres de district seraient donc responsables et organisatrices du processus de de coordination et d’alignement des acteurs.

Ainsi, les soins qui représentent l’essence même du district sanitaire et du système de santé en général seraient mieux délivrés pour couvrir les besoins des populations. C’est dans ce cadre que la CoP PSS a lancé cet appel à projet pour que les acteurs qui interviennent au niveau du district sanitaire réfléchissent et identifient de petits projets qui pourraient contribuer à l’amélioration de l’offre des soins au niveau du district sanitaire.

Critères

Le projet doit être mis en œuvre au niveau district avant le 31 décembre 2016. Il peut s’agir d’une évaluation, d’une intervention ou d’une initiative de réplication de bonnes pratiques concernant l’offre de soins au niveau district.

L’implication des équipes cadres de district concernées dans la conception et la mise en œuvre du projet est un atout majeur.

La CoP PSS dispose de 11000 US$ pour le financement de ces projets. Par conséquent le coût du projet ne doit pas dépasser 3500 US$ pour que trois projets soient financés en 2016.

Les fonds seront octroyés par UNICEF WCARO.

Le délai de soumission des projets initialement fixé au 15 août 2016 et prorogé au 20 août 2016 compte tenu du retard pris dans la publication du blog explicatif de l’appel à projets.

Les soumissionnaires doivent être membres de la CoP PSS.

La proposition doit contenir :

  • La description détaillée des activités à mettre en œuvre
  • Les coûts des activités y compris le budget global du projet
  • Le chronogramme de mise en œuvre

Le document doit être rédigé en police calibri, taille 11, justifié à droite et à gauche, interligne simple. L’ensemble du document y compris les annexes ne doit pas dépasser 15 pages.

La proposition doit être envoyée à Basile Keugoung ([email protected]) en mettant en copie Jean Servais de l’UNICEF WCARO ([email protected]).

Sélection des meilleurs projets

Le comité de sélection composé du Core group de la CoP PSS et d’un représentant de l’UNICEF WCARO évaluera les propositions et sélectionnera les trois meilleurs projets. Les fonds seront mis à la disposition des bénéficiaires en début septembre.

Vous pouvez lire le Rapport de la Conférence de Dakar en cliquant ICI.

Hépatites virales

1.     OMS- 28 juillet 2016 : Journée Mondiale de lutte contre les hépatites, messages clés

http://www.who.int/campaigns/hepatitis-day/2016/messages/en/#

Connaitre l’hépatite: Agir maintenant

L’hépatite virale affecte 400 millions de personnes dont 1,4 million de décès par an dans le monde – 10 fois le nombre de personnes infectées par le VIH. Seules 5% de personnes connaissent leur statut et moins de 1% ont accès au traitement.

Par contre il y a un vaccin et des traitements efficaces. En effet, 90% des cas d’hépatite C peuvent être guéris. L’élimination de l’hépatite virale en 2030 est possible si les pays et les populations étaient capacités pour mieux connaitre l’hépatite et agir maintenant.

Connaitre l’hépatite: Etes-vous à risque ?

  • Tout le monde est à risque
  • L’Hépatite B et C sont transmis par le sang contaminé ou les objets souillés de sang, par voie sexuelle et de la mère à l’enfant pendant la grossesse
  • Chacun doit se faire tester et rechercher le traitement pour éviter de transmettre la maladie

Connaitre l’hépatite: Se faire tester

  • L’augmentation du dépistage de l’hépatite est la clé pour le passage à l’échelle de l’accès aux soins et au traitement
  • L’absence d’information et le faible accès au dépistage justifient pourquoi 95% de personnes infectées ignorent leur statut

Connaitre l’hépatite: Exiger le traitement

  • Le faible accès à l‘information et aux services de prise en charge justifient pourquoi moins de 1% de personnes sont traitées
  • Plus de 90% des cas d’hépatite C peuvent être traités en 3-6 mois
  • Le traitement adéquat de l’hépatite B et C peut prévenir la survenue des cas complications hépatiques (cirrhose et cancer)

Systèmes de santé

2.     Jeune Afrique – Djantoli : Start-up africaine de la semaine, un carnet de santé mobile pour contrer la mortalité infantile

http://www.jeuneafrique.com/341524/societe/start-up-africaine-de-semaine-sante-nourrissons-burkinabe-maliens-assuree-carnet-sante-mobile/

Nadoun Coulibaly

 

Au Mali et au Burkina, l’Association Djantoli veut s’attaquer aux taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, encore parmi les plus élevés au monde. Les familles souscrivent au service à 500 à 1200 FCFA par mois pour avoir accès à un carnet de santé électronique. Celui-ci est conçu pour le suivi médical des enfants de zéro à cinq ans, ainsi qu’à une sécurité sociale sommaire et des tarifs préférentiels sur certains soins médicaux.

L’application est utilisée par des agents itinérants de santé qui passent à échéances régulières dans les familles pour suivre l’état de santé de l’enfant et détecter d’éventuelles pathologies.

Anne Roos-Weil, cofondatrice et directrice de Djantoli a souligné que l’application permet de constituer un carnet de santé dématérialisé pour l’enfant. À chaque visite, on complète son dossier en y indiquant son poids, les symptômes éventuels ainsi que le suivi vaccinal. Ces informations sont envoyées et consultées au centre de santé par des professionnels de santé. Ceux-ci envoient alors des SMS pour inviter des enfants qui nécessitent une prise en charge.

S’ajoute au suivi médical à distance une forme d’assurance santé à laquelle les familles peuvent également souscrire pour 500 FCFA par mois. Elle leur donne droit à des consultations gratuites et à 50 % de réduction sur les frais des soins médicaux dans cinq centres de santé partenaires de Bamako.

« Au Mali, depuis l’instauration du système, les enfants abonnés à Djantoli consultent en moyenne trois fois plus que les autres dans la même zone. Cela montre qu’on facilite le recours aux soins. En plus, les familles viennent vers les centres de santé beaucoup plus tôt et dans des états de santé moins alarmants », précise Anne Roos-Weil.

Polio

3.     Reuters – Le Mozambique, le Niger et le Tchad déclarés libres de polio par la Commission régionale de certification de l’éradication de la poliomyélite en Afrique

http://www.afro.who.int/en/media-centre/pressreleases/item/8780-le-mozambique-le-niger-et-le-tchad-declares-libres-de-polio-par-la-commission-regionale-de-certification-de-leradication-de-la-poliomyelite-en-afrique/.html

L’Afrique compte désormais 36 pays  sur  47  certifiés Polio Free. Trois pays, le Mozambique, le Niger et le Tchad ont vu leurs dossiers accepté par les membres de la Commission régionale de certification de l’éradication de la poliomyélite en Afrique, réunis à Alger du 27 juin au 1 juillet 2016.

La réunion d’Alger, a permis aux participants de faire le point sur les progrès réalisés dans le domaine de la lutte contre la poliomyélite  dans le monde, en Afrique et au niveau des pays,  notamment l’Algérie, le Cap-Vert, l’Ethiopie et le Gabon qui se préparent à présenter leur documentation complète en novembre prochain au Cameroun. L’Ethiopie est programmée pour 2017.

A la cérémonie de clôture,  après lecture des recommandations, la Présidente de la Commission Mme Rose Leke Gana Fomban a exhorté  dans son message, les Etats à rester vigilants et à renforcer davantage la surveillance des cas de Paralysie Flasque aigue (PFA) et l’immunisation des populations afin de préserver les résultats enregistrés.

La réunion d’Alger, a regroupé  65 participants représentants les  membres de la Commission, les représentants du Bureau de l’OMS en Algérie, du Bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique et de l’OMS/Siège à Genève ainsi que des représentants du CDC-Atlanta, et les délégués de sept pays.

Politiques de santé

4.     Rwanda: Le Président Kagame démet son Ministre de la santé pour corruption

Titre original : President Kagame Sacks Health Minister Over Corruption

http://allafrica.com/stories/201607120700.html

Dr Agnès Binagwaho, Ministre de la santé du Rwanda depuis mai 2011 a été démis de ses fonctions par le Président Paul Kagame. La raison est un soupçon de corruption suite à l’achat de 3 millions de moustiquaires de mauvaise qualité d’une valeur de 15 millions US$ en 2013. Le pays avait noté une résurgence des cas de paludisme. D’autres responsables ont été soit démis de leurs fonctions ou arrêtées dans le cadre de ce scandale.

VIH/sida

5.     BMC Public Health – Consultation tardive pour le dépistage VIH chez les personnes vivant avec le VIH dans la zone de Tigray en Ethiopie

Assen A et al.

Titre original: Late presentation for diagnosis of HIV infection among HIV positive patients in South Tigray Zone, Ethiopia

https://bmcpublichealth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12889-016-3263-y

Malgré la disponibilité et l’accès aux opportunités et aux efforts de dépistage, les sujets infectés par le VIH se présentent encore tardivement dans les services de santé. Le dépistage tardif retarde aussi l’initiation de la trithérapie et entraine un mauvais pronostic. L’objectif de l’étude est de déterminer la prévalence et les facteurs prédictifs du diagnostic tardif chez les personnes infectées par le VIH dans la Zone de Tigray du Sud en Ethiopie.

Une étude transversale a été menée dans les formations sanitaires parmi les patients infectés par le VIH au mois de février 2014. L’échantillonnage multiple a été utilisé pour sélectionner les participants. Les dossiers des patients ont été revus et des interviews ont été réalisées grâce à un questionnaire structuré. Les données ont été saisies dans Epi-Data version 3.1 et analysées en utilisant SPSS version 20.0. Les régressions bi et multivariées ont été faites pour évaluer l’association des facteurs de diagnostic tardif du VIH.

Sur 789 participants, 68,8% ont fait un diagnostic tardif. Les principaux facteurs étaient le fait de se sentir en bonne santé (65,7%), la peur du stigma et de la discrimination (32,4%), et l’utilisation des traitements traditionnels (1,5%). L’utilisation du Khat [OR ajusté= 3.27, 95 % CI (1.75, 6.13)], le statut grabataire [AOR = 2.66, 95 % CI (1.60, 4.42)], la religion musulmane [AOR = 2.26, 95 % CI (1.13, 4.49)] et la prise en charge en ambulatoire [AOR = 1.56, 95 % CI (1.03, 2.35)] était associés avec le diagnostic tardif du VIH.

Il y a une forte prévalence du diagnostic tardif du VIH dans la zone de Tigray en Ethiopie d’où la nécessité des campagnes d’éducation pour faciliter le dépistage précoce et améliorer le pronostic chez les personnes vivant avec le VIH/sida.

Ressources Humaines en Santé

6.     The Lancet – Ressources humaines pour la santé : sortir du modèle de gestion des crises

Titre original – Human resources for health: time to move out of crisis mode

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)30952-7/fulltext

Au cours de la dernière décennie, l’attention sur les ressources humaines au niveau mondial était caractérisée par le modèle de gestion des crises, comme une urgence mondiale et dont plus de 50 pays avaient une pénurie importante en personnels de santé.

Les auteurs invitent à la communauté internationale à sortir de cette perspective cataclysmique pour promouvoir des réponses à long terme basées sur des évidences. Ceci procurera 3 bénéfices :

  • Le premier bénéfice est le financement pérenne.
  • Le 2e est une analyse plus nuancée
  • Le 3e est une politique orientée vers le long terme

Concernant le premier bénéfice, l’exemple est celui des fonds de renforcement des systèmes de santé du Gouvernement américain en post Ebola qui ont été réorientés vers la lutte contre le virus ZIKA. Il faudra changer de paradigme sur les ressources humaines en termes de bénéfices pour la santé que pour une réponse à une catastrophe.

Pour le 2e bénéfice, la recherche s’est focalisée sur la quantification du personnel de santé requis dans les pays à faible et moyen revenu. Par exemple, l’OMS estime que 18 millions de personnels sont nécessaires pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Même si ces chiffres dénotent de la gravité du problème, ils ne prennent pas en considération d’autres critères tels que le financement, et le marché des ressources humaines. Certains pays ont produit suffisamment de personnels qualifiés mais ne disposent pas de moyens financiers pour les recruter.

Enfin, pour le 3e bénéfice, une approche de crise réduit la perspective des décideurs à se concentrer sur des solutions qui permettent de lever l’urgence. Même si cela de répondre à des problèmes de santé urgents, ceci a des conséquences négatives sur des décennies. L’exemple du Malawi est frappant. Sur la demande des bailleurs, le pays avait triplé en 2004, le nombre d’étudiants en médecine et avait doublé le salaire des médecins. En 2015, aucun de ces nouveaux médecins n’a été recruté par manque de financement.

La planification à long terme est aussi nécessaire pour gérer la féminisation du personnel de santé. Même si la gestion des ressources humaines en santé comme une crise a attiré l’attention de la communauté internationale, cette approche est aujourd’hui une entrave au progrès. Il est donc temps d’évoluer vers des solutions durables.

 

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