Bonjour Chers Lecteurs,

Cette semaine, nous présentons dans l’éditorial, la Page Facebook Saga (https://www.facebook.com/sagasante/) Santé utilisée par la Communauté de Pratiques Prestation des Services de Santé dans le cadre du projet de mobilisation 2.0 des équipes cadres de district.

Le Menu de cette semaine comporte cinq articles. Le premier article écrit par la Join Learning Network nous donne 5 raisons pour investir davantage dans le renforcement des systèmes de santé. Le deuxième article porte sur l’enquête de prévalence de la tuberculose pulmonaire en Gambie. Le troisième article rappelle la vaccination contre la fièvre jaune qui se déroulera ce mois en République Démocratique du Congo. Le quatrième article revient sur le non-respect des protocoles validés par l’OMS pour la prise en charge de la tuberculose multi-résistante dans les pays à faible revenu. Ensuite, vous trouverez dans le cinquième article les indicateurs sur la disponibilité de l’eau potable dans les hôpitaux des pays à faible et moyen revenu. Enfin le sixième article porte sur la subvention des tests de diagnostic rapide du paludisme dans le secteur privé.

Nous vous souhaitons bonne lecture.

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Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito  – Notre Page Facebook Saga Santé a plus de 10 000 likes

Par Basile Keugoung et Kefilath Bello

La Communauté de Pratiques Prestation des Services de Santé met en œuvre au Bénin et en Guinée (Conakry) le projet de Mobilisation 2.0 des équipes cadres de district. Un des volets de ce projet est l’utilisation des médias sociaux pour améliorer la réponse aux défis sanitaires. Une Page Facebook intitulée Saga Santé a donc été créée et est active depuis janvier 2016. Son slogan est «Saga Santé: Construisons notre bien-être». Sa Mascotte est une belle africaine, intelligente, courageuse, et fière de contribuer à l’amélioration de la santé en Afrique.

La page Facebook Saga Santé vise à créer un espace d’échanges, de partage d’expériences, d’information et de discussion entre les professionnels de santé et les populations. Elle est orientée vers des thématiques de santé publique. Les sujets traités sont diversifiés. Ils vont des maladies infectieuses (paludisme, tuberculose, VIH/SIDA) aux maladies non transmissibles telles que le diabète et l’hypertension artérielle. Au-delà des maladies, les pratiques ou les comportements des populations occupent également une place importante des sujets traités. Saga Santé cible l’Afrique sub-saharienne et les pays francophones en particulier.

Ce canal d’information est porteur et pourrait aider nos systèmes de santé à renforcer la communication avec les bénéficiaires. Nous avons par exemple observé une variété de perceptions et de points de vue des internautes sur certaines pratiques néfastes à la santé. Ainsi, à travers cette page, on peut mieux comprendre pourquoi certains problèmes de santé persistent en dépit des avancées scientifiques et/ou de l’existence de solutions efficaces pour les éliminer.

Grace à vous, Saga Santé a dépassé la barre des 10000e Likes (Mentions J’aime’) à la fin du mois de juin 2016. En effet, au 14 juillet 2016, Saga Santé compte 11340 ‘Mentions J’aime’. Elle a aussi atteint plusieurs centaines de milliers de personnes à travers ses différents posts. Cette performance est le résultat de ceux qui sont déjà membres ou ont liké la Page. En effet, en invitant leurs Amis à aimer la Page Saga Santé, ils offrent une garantie de crédibilité et de sérieux. Saga Santé restera à votre écoute pour vous accompagner dans la recherche de meilleures solutions pour améliorer la santé des populations en Afrique.

Objectif : Atteindre 20000 membres

Quand Saga Santé atteindra-t-elle 20000e likes?  Question intéressante! La réponse aussi : Cela dépendra de ses 11340 membres actuels. En effet, vous pouvez encore faire mieux pour informer les millions d’autres africains qui sont vos Amis sur Facebook et qui n’ont pas encore rejoint Saga Santé». Vous êtes désormais les Ambassadeurs de Saga Santé. Si chaque membre adopte et mette en œuvre la Résolution d’inviter au moins un Ami à rejoindre Saga Santé, l’objectif sera très vite atteint.

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Pour cela, Rejoignons Saga Santé! Aimons la Page Facebook Saga Santé et Invitons nos Amis à faire autant!

Nous comptons d’avance sur votre engagement. N’hésitez pas aussi à nous proposer des sujets de discussion, à nous envoyer des photos sur des situations sanitaires critiques et à partager des bonnes pratiques qui améliorent la santé de vos communautés.

Visitez la Page Facebook SAGA Santé en cliquant ICI.

Systèmes de santé

1. JLN – 5 raisons pour investir dans le renforcement des systèmes de santé

Titre original: 5 reasons to invest in strong primary health care systems

Nkem Wellington

http://www.jointlearningnetwork.org/news/moving-beyond-financial-protection-5-more-reasons-to-invest-in-strong-prima

Il y a eu une amélioration de la santé des populations au cours des 5 dernières années. Toutefois, beaucoup de personnes continuent de mourir des causes évitables s’ils avaient accès aux services de santé primaires de qualité. Pour assurer la couverture sanitaire universelle, il faudrait renforcer les systèmes de santé primaires et mieux les intégrer avec des mécanismes de protection financière efficaces. En effet, les soins de santé primaires (SSP) couvrent toute la population.

Les partenaires de l’Inititive de Renforcement des SSP (PHCPI) ont proposé 5 raisons pour lesquelles les SSP forts sont la base de la couverture sanitaire universelle (CSU):

  1. Les évidences montrent que l’investissement dans les SSP aboutit à des soins de qualité et efficients pour les populations et les communautés. L’expérience du Costa Rica à travers la sécurité sociale est édifiante. Elle a permis d’atteindre la CSU et les soins de santé sont essentiellement gratuits.
  2. L’extension de l’accès aux SSP améliore la distribution équitable de la santé. La Thaïlande s’est focalisée au cours de 4 dernières décennies à investir dans le renforcement des SSP et a reconnu la nécessité de réduire les inégalités pour atteindre la CSU. Dans ce pays, la priorité est accordée au district de santé, et surtout aux zones rurales et aux pauvres. Deux objectifs majeurs étaient fixés : Améliorer la couverture géographique des SSP de qualité et Protéger les pauvres des dépenses catastrophiques et améliorer l’accès financier aux SSP.
  3. Les SSP sont une alerte pour détecter et répondre aux menaces avant qu’elles ne se transforment en épidémie. Les Services de santé de première ligne forts détectent et apportent une réponse adéquate à temps des problèmes de santé avant que ceux-ci ne deviennent incontrôlables. Les informations sur la prévention et la promotion de la santé circulent mieux. Au Brésil, les, Agents de santé communautaires font la surveillance des maladies, et traitent les individus dans leur milieu de vie. Ces agents identifient des phénomènes anormaux pour que les services des SSP soient orientés vers les besoins des populations.
  4. Les investissements ciblés sur les SSP accentuent l’amélioration de la santé de la naissance à la vieillesse. L’Estonie a effectué des améliorations significatives des indicateurs de santé à travers des réformes orientées vers les SSP. Aujourd’hui, 95% de sa population est couverte par les services préventifs et curatifs. L’espérance de vie est passée de 69,8 ans à 76,6 ans tandis que la mortalité infantile a baissé de 16,7 à 3,1 décès pour 1000 naissances vivantes entre 1991 et 2011.
  5. Les SSP de qualité capacitent les individus, les familles et les communautés pour devenir des acteurs de prise de décision sur leur santé. Par exemple, le Programme de Santé Familiale du Brésil a réorienté le système de santé du traitement des patients vers l’offre globale de soins, la prévention et la promotion de la maladie. Des équipes de prise en charge sont constituées. Les agents de santé communautaires offrent des soins préventifs de base y compris le dépistage des maladies courantes telles que le diabète, l’hypertension artérielle, la compliance au traitement, l’éducation sanitaire et d’autres besoins familiaux.

Tuberculose

2. OMS – Enquête sur la prévalence de la tuberculose à l’échelle nationale en Gambie en 2012

Titre original : A tuberculosis nationwide prevalence survey in Gambia, 2012

Source: http://www.who.int/bulletin/volumes/94/6/14-151670.pdf?ua=1

Ifedayo MO Adetifa et al.

(Traduit par Bangaly Doumbia)

L’objectif principal était d’estimer la prévalence de la tuberculose pulmonaire active dans la population de Gambie.

Entre décembre 2011 et janvier 2013, dans le cadre d’une enquête nationale en grappes à plusieurs degrés, un dépistage de la tuberculose pulmonaire active a été réalisé au moyen d’un questionnaire sur les symptômes tuberculeux et d’une radiographie pulmonaire, chez des personnes âgées de 15 ans ou plus ayant consenti à participer. Pour confirmer le diagnostic, des échantillons d’expectoration ont été collectés pour tous les participants dont les résultats de dépistage s’étaient révélés positifs, en vue de réaliser des examens par microscopie de fluorescence et des cultures en milieu liquide. Les techniques d’imputation multiple et de pondération par l’inverse de la probabilité ont été utilisées pour estimer la prévalence de la tuberculose.

Les résultats ont relevé que, sur les 100 678 personnes recensées, 55 832 étaient éligibles pour participer à l’étude et, parmi elles, 43 100 personnes (77,2%) ont participé. La majorité des participants (42 942; 99,6%) ont effectivement répondu au questionnaire sur les symptômes et passé une radiographie pulmonaire. Seules 5 948 personnes (13,8%) ont été éligibles pour un examen des expectorations, ce qui a entraîné le dépistage de 43 cas de tuberculose confirmée bactériologiquement, de 28 cas formels de tuberculose à frottis positif et de 6 cas probables de tuberculose à frottis positif. Les radiographies pulmonaires ont permis d’identifier plus de cas de tuberculose (58/69) que le seul questionnaire sur les symptômes (43/71). Les prévalences de la tuberculose pulmonaire à frottis positif et de la tuberculose bactériologiquement confirmée ont respectivement été estimées à 90 cas (intervalle de confiance de 95%: 53–127) pour 100 000 habitants et 212 cas (IC 95%: 152–272) pour 100 000 habitants. La prévalence de la tuberculose s’est avérée plus élevée dans la population masculine (333 cas; IC 95%: 233–433) et dans la tranche des 35–54 ans (355; IC 95%: 219-490).

Les auteurs ont conclu que la charge de la tuberculose reste élevée en Gambie, même si elle a baissé par rapport à la précédente estimation, réalisée en 2010, qui faisait état de 490 cas pour 100 000 habitants. En utilisant uniquement la microscopie des frottis, moins de la moitié des cas auraient été identifiés. Pour être efficaces, les efforts de lutte contre la tuberculose doivent inclure des campagnes ciblant les hommes, améliorer l’accessibilité aux examens radiographiques et utiliser des tests diagnostiques rapides plus précis.

Fièvre Jaune

3. Bloomberg – Le Congo planifie la vaccination contre la fièvre jaune en juillet

Titre original: Congo Plans Mass Vaccinations Against Yellow Fever in Late July

Tom Wilson

La République Démocratique du Congo va vacciner 11,6 millions de personnes contre la fièvre jaune ce mois suite à l’apparition de l’épidémie dans le pays. Le vaccin à dose réduite sera utilisé et protège pendant 12 mois.

Médicaments

4. Health and Human Rights Journal- Doubles standards en santé mondiale: médecine, droits de l’homme et politique de traitement de la tuberculose multi-résistante

Titre original – Double standards in global health: medicine, human rights laws and multi-resistant TB treatment policy

Nicholson T et al.

https://cdn2.sph.harvard.edu/wp-content/uploads/sites/13/2016/06/Nicholson1.pdf

L’argument des droits de l’homme qui a permis de booster la lutte contre le VIH au cours des trois dernières décennies n’a pas permis de produire le même effet pour la prise en charge de la tuberculose multi-résistante (TBM) et d’autres problèmes de santé. Depuis l’an 2000, la TBM occasionne plus 1,5 million de décès année et 500 000 nouveaux cas en général non traités chaque année.

L’OMS a recommandé l’utilisation d’un protocole non testé pour les patients dans les pays à faible revenu entre 1993 et 2002. Elle a avancé les considérations de coût pour ne pas recommander les protocoles utilisés dans les pays riches pour traiter la TBM. En tant que conseiller et régulateur pour les pays et les bailleurs, l’OMS a donc mis en place des standards différents pour le traitement de la TBM en violation des priorités scientifiques et légales. Ceci soulève des questions si l’OMS a violé ou pas les droits de l’homme et ses propres règles. Il devrait avoir d’autres analyses et discussions sur cette question et les décideurs devraient rejeter l’idée d’avoir des normes différentes entre les riches et les pauvres et définir les meilleurs standards pour tous au niveau mondial.

Hôpitaux

5.  Journal of Surgical Research – Disponibilité de l’eau dans les hôpitaux des pays à faible et moyen revenu : implication pour améliorer l’accès à la chirurgie de qualité

Titre original – Water Availability at Hospitals Low- and Middle-Income Countries: Implications for Improving Access to Safe Surgical Care

Chawla et al; http://www.journalofsurgicalresearch.com/article/S0022-4804(16)30161-5/abstract

Même si deux millions de personnes ont accès à l’eau potable, plusieurs hôpitaux dans les pays à faible et moyen revenu n’en disposent pas. L’absence d’eau dans les hôpitaux réduit l’offre de chirurgie de qualité. Les auteurs ont fait la revue de littérature pour documenter la disponibilité de l’eau dans les hôpitaux et ont développé un modèle prédictif de la disponibilité de l’eau dans les formations sanitaires dans le monde.

En utilisant les directives de préférence des données publiées pour la revue systématique et les méta-analyses, une recherche systématique de l’évaluation de la capacité chirurgicale a été faite dans MEDLINE, PubMEd et la librairie de l’OMS pour les pays à faible et moyen revenu. Les données relatives à la disponibilité de l’eau ont été extraites. Les indicateurs nationaux issus de la Banque Mondiale (par exemple le PIB, les dépenses totales santé, et l’accès de la population générale à l’eau) étaient utilisés pour créer un modèle prédictif pour la disponibilité de l’eau dans les pays à faible et moyen revenu en général. Sur les 72 articles identifiés, 19 ont rapporté la disponibilité de l’eau dans 430 hôpitaux. Au total, 66% des hôpitaux évalués avaient l’eau. Cette disponibilité varie entre 20% (Liberia) et 90% (Bangladesh, Ghana).

Moins de deux tiers des hôpitaux qui offrent des soins chirurgicaux dans 19 pays à faible et moyen revenu ont une source viable d’approvisionnement en eau. Les organisations gouvernementales et non-gouvernementales devraient accroitre leur efforts d’amélioration des infrastructures d’eau dans les hôpitaux afin d’assurer des soins (en particulier chirurgicaux) de qualité et de meilleurs résultats pour les patients.

Paludisme

6. Health Policy & Planning – vers la subvention des tests de diagnostic rapide du paludisme. Leçons apprises des programmes de subvention des combinaisons à base d’artemisinine dans le secteur privé : une revue

Titre original – Towards subsidized malaria rapid diagnostic tests. Lessons learned from programmes to subsidise artemisinin-based combination therapies in the private sector: a review

C Lussiana;

http://heapol.oxfordjournals.org/content/early/2016/06/22/heapol.czv028.short?rss=1

L’idée de la subvention des traitements à base d’artemisinine pour le traitement du paludisme a été proposée pour la première fois en 2004. Depuis, plusieurs pays ont mis en œuvre des projets pilotes ou des programmes pour subventionner ces combinaisons. Dans le secteur privé, cette subvention a été efficace pour augmenter la disponibilité des médicaments et réduire les coûts mais a peiné à éliminer la monothérapie. Ces résultats doivent aider les décideurs dans la conception des interventions futures de contrôle du paludisme. Parmi les interventions récemment proposées, la subvention des tests de diagnostic rapide dans le secteur privé a été recommandée par les gouvernements et les bailleurs pour faire face à la surutilisation des combinaisons à base d’artemisinine et retarder l’émergence de la résistance à ce médicament. Nous devons apprendre des 10 années de mise en œuvre dans le secteur privé des programmes de subvention des combinaisons à base d’artémisinine dans les pays endémiques de paludisme pour améliorer l’efficience des programmes similaires pour les tests de dépistage rapide.

2 Responses to PIS 296 : SAGA Santé, plus de 10000 membres déjà !

  1. Basile Keugoung dit :

    Bonjour Kévine,
    Tu as pleinement raison. Pourtant dans le PNDS en cours d’élaboration, il est écrit que la priorité sera accordée au renforcement des districts de santé. Mais la réalité est celle que tu as décrite. Certains pensent à tort que l’investissement dans les districts donne peu de visibilité. Par contre c’est la voie qui permettrait d’améliorer de façon rapide et efficiente les indicateurs de santé et d’avoir un impact sur les populations.
    En plus, ces hôpitaux centraux qui coûtent des milliards font la concurrence aux centres de santé pour augmenter leurs recettes à travers la prise en charge des cas simples.
    Comment peut-on impulser le changement?

  2. Kevine Laure Nkaghere Mbuembue dit :

    Le renforcement des SSP fera probablement toujours ses preuves. Au Cameroun malheureusement, la priorité actuelle est la construction de nouveaux hôpitaux de référence, le renforcement et l’équipement des hôpitaux centraux et généraux, laissant au nième plan le renforcement des SSP. Or le Budget qui a été alloué à un seul hôpital aurait pu renforcer les SSP dans au moins deux Régions du pays pour l’accessibilité d’un plus grand nombre aux soins de santé de qualité. Surtout lorsqu’on sait que les services de première ligne restent le lieu par excellence du premier contact avec les populations. En outre, les scandales qui ont récemment entaché l’image de notre système de santé provenaient également de l’échec des SSP. Je me demande quel sera le déclic pour que le problème soit cherché du bon côté du fil? et que les investissements soient orientés vers des stratégies qui ont fait leurs preuves comme dans les pays suscités.

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