Bonjour Chers Lecteurs,

L’éditorial de la Newsletter propose une nouvelle approche d’organisation des Journées mondiales liées à la santé.

Cette semaine, nous faisons le point de la participation de la Communauté de Pratique Prestation des Services de Santé (CoP PSS) à l’atelier régional de Freetown sur la reconstruction des systèmes de santé du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone. Le deuxième article porte sur l’’épidémie de fièvre en Angola.

Pour rester dans la perspective de l’éditorial, nous vous avons résumé les messages clés des Journées mondiales 2016 de lutte contre le paludisme  et la tuberculose. Enfin, dans la rubrique « Vient de Paraitre », vous trouverez la brochure du nouveau livre co-écrit par Dominique Kerouadan dont le titre est Santé mondiale. Enjeu stratégique, jeux diplomatiques.

Nous vous souhaitons bonne lecture. N’hésitez pas à diffuser : voici le lien : www.santemondiale.org.

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Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito – Journées Mondiales liées à la santé: sortir du cadre des ministères de la santé

Par Basile Keugoung

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EBOLA

1. CoP PSS- Reconstruction des systèmes de santé en post-Ebola

Du 20 au 22 avril 216, la Communauté de Pratiques Prestations des Services de santé (CoP PSS) a participé à l’atelier régional sur la reconstruction des systèmes de santé du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone. Il s’agissait de développer des stratégies pour renforcer les capacités des équipes  cadres de district pour qu’elles assurent une gestion performante des districts de santé. Dans les trois pays, il a été relevé une faiblesse générale du niveau district qui ne répond pas efficacement aux besoins des populations. La persistance de l’épidémie d’Ebola dans les trois pays réflète cette réalité. Renforcer les districts de santé est une priorité pour arriver à des systèmes de santé résilients Quatre axes prioritaires ont été identifiés:

  • La prévention de l’infection
  • L’organisation du système de surveillance épidémiologique
  • La capacitation des ressources humaines
  • L’offre de soins de santé primaires essentiels

La CoP PSS a partagé son expérience de gestion des connaissances et sa plue-value dans ces contextes de ressources limitées et dans la perspective d’une apprentissage continu et pérenne Le Projet de Mobilisation des ECD mis en oeuvre au Bénin et en Guinée a suscité un intérêt particulier. En effet, les modèles traditionnels de renforcement des capacités à travers les séminaires et autres ateliers ont montré leurs limites. D’autres théories de changement sont indispensables pour non suelement améliorer les compétences mais surtout induire un changement de comportement et une amélioration pérenne des performances. Ces nouveaux modèles doivent maintenir davantage le personnel à son poste tout en le mobilisant à atteindre les objectifs assignés à son organisation. Le Projet de Mobilisation 2.0 s’inscrit donc dans cette logque.

Fièvre jaune

2. OMS –Epidémie de fièvre jaune en Angola

http://www.afro.who.int/fr/yellow-fever/sitreps/item/8550-situation-report-yellow-fever-outbreak-in-angola-24-april-2016.html

Au 24 avril 216, 223 cas suspects de fièvre jaune (653 cas confirmés au laboratoire) donc 258 décès ont été enregistrés en Angola. Les provinces les plus touchées sont Luanda, Huambo et Benguela. Au total, 67 districts ont notifiés des cas confirmés. Plus de 7 millions de personnes ont été vaccinés (84% de la cible) dans les trois provinces.

Paludisme

3. OMS – 25 avril 2016, Journée mondiale de lutte contre le paludisme : créer une dynamique vers l’élimination

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2016/world-malaria-day/fr/

En 2015, pour la première fois, aucun pays de la Région européenne de l’OMS n’a déclaré de cas de paludisme, alors qu’on y recensait encore 90 000 cas en 1995. À l’extérieur de cette Région, 8 pays n’ont signalé aucun cas de cette maladie en 2014: l’Argentine, le Costa Rica, les Émirats arabes unis, l’Iraq, le Maroc, Oman, le Paraguay et le Sri Lanka. Huit autres pays ont notifié chacun moins de 100 cas autochtones de paludisme en 2014, et 12 autres ont signalé entre 100 et 1000 cas de paludisme.

La Stratégie technique mondiale contre le paludisme 2016-2030, approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé en 2015, appelle à l’élimination de la transmission locale du paludisme dans au moins 10 pays d’ici à 2020. L’OMS estime que 21 pays sont en mesure d’atteindre cet objectif, dont six pays de la Région africaine, où la charge de la maladie est la plus lourde.

Pays en bonne voie pour éliminer le paludisme

Depuis 2000, les taux de mortalité par paludisme ont reculé de 60% au niveau mondial. Dans la Région africaine de l’OMS, ils ont chuté de 66% dans l’ensemble des tranches d’âge et de 71% parmi les enfants de moins de cinq ans.

Ces progrès ont été rendus possibles par le recours aux principaux outils de lutte antipaludique déployés à grande échelle ces 10 dernières années : moustiquaires imprégnées d’insecticide, pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations, tests de diagnostic rapide et combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine.

Mais passer au niveau supérieur – l’élimination – ne sera pas simple. Près de la moitié de la population mondiale (soit 3,2 milliards de personnes) reste exposée au risque palustre. En 2015,  214 millions de nouveaux cas de paludisme ont été signalés dans 95 pays, et la maladie a coûté la vie à 438 000 personnes. L’Afrique subsaharienne continue de supporter une part disproportionnée de la charge mondiale du paludisme. En 2015, la Région enregistrait 89 % des cas et 91 % des décès dus à cette maladie.

L’efficacité des outils à l’origine des progrès de la lutte antipaludique depuis le début du siècle est désormais menacée. Les moustiques sont de plus en plus résistants aux insecticides utilisés dans les moustiquaires et pulvérisés à l’intérieur des habitations. De même, le parasite résiste de plus en plus aux médicaments

Pour éliminer le paludisme, il faudra de nouveaux outils qui n’existent pas à l’heure actuelle, et améliorer encore les technologies.

En 2015, l’Agence européenne des médicaments a émis un avis scientifique favorable sur un vaccin antipaludique. En janvier 2016, l’OMS a recommandé de mener des projets pilotes à grande échelle sur ce vaccin dans plusieurs pays africains.

Un engagement politique résolu et un financement solide sont indispensables

Pour atteindre les buts de la stratégie technique mondiale, il faudra fortement augmenter le financement mondial et national, qui devra passer de 2,5 milliards US $ aujourd’hui à 8,7 milliards par an d’ici 2030.

Un financement et une volonté politique solides permettront aux pays touchés de se rapprocher plus vite de l’élimination et de contribuer au Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Tuberculose

4. OMS – 24 mars 2016, Journée mondiale de lutte contre la tuberculose : s’unir pour mettre fin à la tuberculose

http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2016/tb-day/fr/

La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose s’est célébrée le 24 mars 216. L’OMS a appelé les pays et les partenaires à s’unir pour mettre fin à la tuberculose. Mettre fin à la tuberculose d’ici à 2030 est l’une des cibles des ODD et le but même de la Stratégie de l’OMS pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose.

L’objectif est ambitieux. Même si la lutte contre la tuberculose a fait d’importants progrès – 43 millions de vies sauvées depuis 2000 –, la bataille n’est qu’à moitié gagnée : chaque jour, plus de 4000 personnes meurent de cette maladie infectieuse majeure. Les communautés les plus touchées par la tuberculose sont les communautés pauvres, vulnérables et marginalisées.

Seule une collaboration entre instances gouvernementales, les partenaires de la société civile, les communautés, les chercheurs, le secteur privé et les organismes d’aide au développement permettra de venir à bout de la tuberculose. Cette collaboration doit s’inscrire dans le cadre de la couverture sanitaire universelle.

De nombreux problèmes subsistent

Au-delà des progrès, il reste des problèmes considérables comme la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des ressources humaines et financières et les graves épidémies parallèles d’infection à VIH, de diabète et de tabagisme.

L’OMS entend continuer à collaborer avec les pays et ses partenaires dans le monde entier pour résoudre ces problèmes et intensifier l’action collective qui permettra de venir à bout de la tuberculose.

Quelques faits sur la tuberculose dans le monde

  • En 2014, 9,6 millions de personnes ont contracté la tuberculose et 1,5 million en sont mortes, parmi lesquelles 380 000 personnes vivant avec le VIH.
  • Plus de 95% des décès par tuberculose se produisent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et la maladie est l’une des 5 principales causes de décès chez les femmes âgées de 15 à 44 ans.
  • On estime qu’en 2014, un million d’enfants ont contracté la tuberculose et 140 000 en sont morts.
  • La tuberculose est une des principales causes de décès chez les sujets VIH-positifs : en 2014, 1 décès sur 3 liés au VIH était dû à la tuberculose.
  • On estime à 480 000 le nombre de cas de tuberculose multirésistante dans le monde en 2014.
  • Le taux de mortalité due à la tuberculose a chuté de 47 % entre 1990 et 2015.
  • On estime que 43 millions de vies ont été sauvées entre 2000 et 2014 grâce au diagnostic et au traitement de la tuberculose.
  • La Stratégie de l’OMS pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose vise à réduire de 90% les décès par tuberculose et de 80% le nombre de nouveaux cas entre 2015 et 2030, et à faire en sorte qu’aucune famille touchée par la tuberculose ne soit exposée à des dépenses catastrophiques à cause de la maladie.

L’OMS définit comme suit les 30 pays supportant la plus lourde charge de tuberculose:

Les 20 pays qui enregistrent la charge la plus lourde en chiffres absolus (nombre estimatif de nouveaux cas de tuberculose par an): Afrique du Sud, Bangladesh, Brésil, Chine, Éthiopie, Fédération de Russie, Inde, Indonésie, Kenya, Mozambique, Myanmar, Nigéria, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, République démocratique du Congo, République populaire démocratique de Corée, République-Unie de Tanzanie, Thaïlande et Viet Nam.

Les 10 pays qui enregistrent les taux d’incidence les plus élevés (nombre estimatif de nouveaux cas de tuberculose pour 100 000 habitants) et, selon les estimations, au moins 10 000 nouveaux cas de tuberculose chaque année: Angola, Cambodge, Congo, Lesotho, Libéria, Namibie, République centrafricaine, Sierra Leone, Zambie et Zimbabwe.

Vient de paraître

5. Sciences Po Les Presses – Santé mondiale. Enjeu stratégique, jeux diplomatiques

Dominique Kerouadan et Joseph Brunet-Jaily

http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/livre/?GCOI=27246100325270

Alors que tout le monde parle désormais de « santé globale », on doit se demander si cette notion, séduisante au premier abord, ne masque pas la réalité de la diplomatie sanitaire des pays riches et des institutions internationales spécialisées. Car cette diplomatie sanitaire, loin d’être globale, établit des priorités géopolitiques qui sont parfois très loin de correspondre aux besoins épidémiologiques des populations. En découle une question éthique et d’équité. La santé est en effet devenue au fil de la mondialisation un sujet de politique étrangère, de sécurité internationale, de gouvernance mondiale, en même temps que l’expression à l’échelle nationale des inégalités sociales et de développement. Dans ce contexte d’une mondialisation imposée par le Nord et très contraignante pour le Sud, cet ouvrage révèle le contenu caché des interventions en matière de santé, de plus en plus déterminées par les vues et les intérêts des États occidentaux et des groupes de pression, par des stratégies de pouvoir et d’influence, par les logiques de l’industrie et des multinationales. Ainsi se dessine, par exemple, une géopolitique du médicament, une géopolitique de la santé mondiale, dans lesquelles sont pris en otage les populations et les malades, mais aussi les responsables politiques nationaux. Et, aux marges de la société globale se développent des conflits armés qui s’attaquent directement à la santé pour soumettre les populations.

A partir d’exemples pris en Europe, en Afrique, en Amérique latine, au Proche-Orient, et les examinant sous l’angle de la santé publique, mais aussi des relations internationales, de l’économie politique, de la sociologie, de la science politique et de l’éthique, cet ouvrage montre en quoi l’intervention discriminante des bailleurs dans le domaine de la santé peut se révéler un véritable obstacle au développement des pays, et accroître au contraire, en dépit des discours, l’iniquité entre malades, entre populations au sein d’un même pays, et entre les pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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