Par Basile Keugoung

Les Journées mondiales (JM) se célèbrent chaque année. Nous pouvons citer le dernier dimanche du mois de janvier (JM de lutte contre la lèpre), le 25 mars (JM de lutte contre la tuberculose), le 25 avril (JM de lutte contre le paludisme), ou le 1er décembre (JM de lutte contre le VIH/sida). Ces Journées sont une excellente opportunité pour renforcer la réponse à ces divers problèmes de santé.

Les Journées mondiales, un outil de plaidoyer

En effet, les JM permettent de mobiliser les différents détenteurs d’enjeux tant au niveau national qu’international. A travers une analyse des progrès réalisés, elles reconnaissent les efforts mis en œuvre aussi bien par les communautés, les professionnels de santé, les gestionnaires des services et les décideurs au niveau national et la communauté internationale en général. Durant ces Journées, les objectifs mondiaux sont rappelés et au niveau national, le plaidoyer est fait pour qu’il y ait une adhésion et une mobilisation accrue des ressources.

Pour le paludisme et la tuberculose, cette année, le slogan était d’évoluer vers l’élimination des deux endémies.  Cela est possible. Mais les systèmes de santé seuls ne peuvent pas atteindre cet objectif même s’ils jouent un rôle central. En effet, de nombreux facteurs qui entrainent la recrudescence ou la persistance du paludisme et de la tuberculose (ainsi que d’autres problèmes de santé) ne dépendent pas du système de santé. Nous citerons par exemple, l’accès à l’emploi, l’hygiène et l’assainissement, l’éducation, la participation des populations à la prise de décision, l’accès au logement de qualité… Tous ces facteurs contribuent à l’amélioration du bien-être, à la réduction du risque et au renforcement de la capacité à faire face aux problèmes de santé.

Sortir les Journées mondiales liées à la santé du cadre des ministères de la santé

Par conséquent, les Journées Mondiales liées à la santé devraient donc sortir du cadre des Ministères de la santé pour devenir multisectorielles. Bien plus, au niveau décentralisé, l’organisation des JM devrait se faire par une instance qui coordonne tous les secteurs de développement. La Mairie ou la Collectivité Territoriale Décentralisée représente donc l’institution idéale à qui incombe ce rôle. A ce niveau, le service de santé ne jouerait donc que le rôle technique. Il clarifierait les objectifs mondiaux et nationaux, exposerait sur les stratégies de réponse, les ressources nécessaires et identifierait le rôle de chaque acteur ou secteur. De façon consensuelle, une feuille de route serait adoptée par tous les acteurs (secteurs) pour que l’évaluation un an plus tard fasse le chemin parcouru, identifie les problèmes rencontrés et fixe un nouveau cap. De plus, tous les problèmes de santé ne peuvent pas avoir une Journée mondiale. Celles qui existent doivent donc servir à booster l’indispensable action multisectorielle et au renforcement de la mobilisation des ressources pour l’amélioration de la santé des populations. Ceci permettrait de réduire le cloisonnement et la fragmentation des secteurs de développement rencontrés au niveau décentralisé dans beaucoup de pays.

L’OMS devrait revoir la stratégie d’organisation des JM liées à la santé pour qu’elles deviennent des moteurs de mise en œuvre de partenariats et d’interventions multisectorielles indispensables à la réponse contre les défis sanitaires.

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