Bonjour Chers Lecteurs,

Nous sommes encore dans la Semaine de la Journée Internationale de la Femme. Nous souhaitons une meilleure santé à toutes les femmes jusqu’à la journée de 2017. L’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS) présente sa stratégie mise en œuvre en Afrique de l’Ouest pour améliorer le bien-être des femmes, des enfants et des nouveau-nés.

Dans le menu de la semaine, vous lirez la mise à jour de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, l’étude sur les principaux bailleurs de la recherche en santé dans le monde, et les échos de la célébration de la Journée mondiale Zéro discrimination de l’ONUSIDA. Par la suite, vous trouverez deux articles sur les 5 principes qui caractérisent les systèmes de santé les plus efficients du monde et sur les barrières au renforcement des systèmes de santé.

Nous vous souhaitons bonne lecture. N’hésitez pas à diffuser : voici le lien : www.santemondiale.org.

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Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito – Leçons apprises de l’analyse de la situation du transfert de connaissances et d’utilisation des évidences en santé maternelle, néonatale et infantile en Afrique de l’Ouest

Par Dr Virgil LOKOSSOU et Pr Issiaka SOMBIE

OAAS logoL’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) met en œuvre depuis Novembre 2014 le Projet régional «Moving Maternal Newborn and Child Health Evidence into Policy in West Africa (MEP)». Ce projet est financé par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI), les Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC), le Ministère des Affaires Etrangères, du Commerce et du Développement et la commission de la CEDEAO.

Une analyse de la situation du transfert des connaissances et de l’utilisation des évidences en Afrique de l’Ouest intégrant des aspects de genre, d’équité et des facteurs favorisants et limitants des systèmes de santé a été réalisée dans 6 pays (Bénin, Burkina Faso, Ghana, Mali, Nigeria et Sénégal) au cours du deuxième semestre 2015. L’atelier de validation de cette analyse de la situation regroupant quatre-vingt parties prenantes de la sous-région et du canada s’est tenu à Dakar du 18 au 20 Février 2016. Les participants étaient des chercheurs, des décideurs politiques, des partenaires techniques et financiers, des associations de professionnels et des organisations de la société civile.

SAM PIS2 Un atelier de réflexion

Cet atelier a permis une revue critique des résultats de l’analyse de la situation et aussi des projets financés par l’initiative a été faite. Nous avons également partagé les expériences d’utilisation des plateformes de transfert de connaissances dans les pays du projet.  Des propositions ont été faites pour une prise en compte effective des aspects genre, équité et facteurs du système de santé au sein des projets financés par l’initiative et l’amélioration du transfert des connaissances et d’utilisation des évidences en santé maternelle, néonatale et infantile en Afrique de l’Ouest.

Des leçons de l’atelier

Les participants ont identifié des leçons qui vont orienter l’élaboration d’une intervention :

  1. l’élaboration des documents de politiques, des plans et normes et protocoles de soins en santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant dans les pays du projet se fait toujours avec l’implication des parties prenantes dont les chercheurs. Cependant la prise en compte des évidences dans leur élaboration n’est pas perçue.
  2. Les capacités des parties prenantes en matière informatique, de recherche et de processus d’élaboration des politiques étaient assez bonnes. Par contre les capacités à utiliser les évidences dans l’élaboration et la mise en œuvre des documents de politique, plan et normes et protocoles de soins étaient faibles;
  3. Des améliorations sont nécessaires au niveau de certains projets financés par l’initiative pour mieux prendre en compte les aspects équité, genre et contexte.
  4. Concernant la conduite de la recherche, le transfert des connaissances et l’utilisation des évidences, des opportunités existent. Celles-ci se retrouvent dans des programmes des institutions du système des Nations-Unies, du centre genre de la CEDEAO, des plateformes de transfert de connaissances existantes et fonctionnelles, de la branche du Cochrane Nigéria, de certains sites internationaux et de certaines équipes de recherche.
  5. Plusieurs espaces de renforcement de capacités, de dialogue entre les différentes parties prenantes, et de soutien à l’utilisation des évidences ont été identifiés. Ces espaces sont les périodes de planification, d’élaboration ou de révision des documents de politique, plan, normes et protocoles de soins, les rencontres des comités de pilotages des projets de recherche, les rencontres nationales ou régionales l’initiative.
  6. Les lois ou les règlements des services ou institutions demandant l’utilisation des évidences lors des prises de décision et d’élaboration des guides d’utilisation des évidences devront être pris en compte dans le futur.

Les perspectives

Les perspectives pour l’OOAS sont l’élaboration et la mise en œuvre d’interventions de renforcement pour créer un environnement favorable au partage des connaissances et à l’utilisation des évidences prenant en compte les résultats de cette analyse de la situation. Ces interventions devront mobiliser et engager toutes opportunités existantes tant aux niveaux des pays et que régional. L’approche sera progressive pour arriver à la pérennisation des activités au-delà de l’initiative. Enfin, l’OOAS s’engage à partager régulièrement les résultats de cette expérience tant avec les membres de la CoP PSS qu’avec la communauté internationale. Vos contributions et commentaires nous seront également utiles.

EBOLA

1. OMS- Ebola : Mise à jour

http://apps.who.int/ebola/current-situation/ebola-situation-report-2-march-2016

Au 9 mars 2016, la sitution reste calme après les deux derniers cas déclarés par la Sierra Leone remontent au 14 et 20 janvier 2016.

Commentaires: Le Projet Mobilisation 2.0 de la CoP PSS a lancé sa page Facebook SAGA SANTE pour vous informer sur les événements de santé publique en Afrique en particulier et dans le monde en général. Visitez-là et invitez vos Amis à l’aimer. N’oubliez pas surtout de laisser un commentaire. Voici le lien pour accéder à la Page: https://www.facebook.com/sagasante/ . Ce déjà ette Page compte 3125 Amis et grace à vous nous souhaitons atteindre 5000 membres.

 Recherche

2. Health Policy & Systems – Les 10 principaux bailleurs publics et privés qui financent la recherche en santé dans le monde : ce qu’ils financent et comment ils distribuent les fonds

Titre original-The 10 largest public and philanthropic funders of health research in the world: what they fund and how they distribute their funds

R F Viergever et al; http://health-policy-systems.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12961-015-0074-z

Cette étude vise à identifier les 10 principales organisations publiques et privées qui financent la recherche dans le monde. Les données ont été collectées à partir de la revue des rapports et du site web, ainsi que des interviews des représentants des organisations. . Les organisations ont été classées en fonction du montant total annuel qu’elles allouent à la recherche. Pour les 10 principales organisations, les données ont été collectées sur les montants alloués  à 20 domaines de recherche en santé, et sur les modalités d’allocation des fonds (intramural/extramural ou projets/personnes/organisations, et enfin ciblage/non ciblage).

Au total, 55 organisations clés de financement de la recherche en santé ont été identifiées. Les 10 principales apportent 37,5 milliards US$, soit 40% de tout le financement mondial de la recherche. le plus grand bailleur de la recherche en santé est le National Institute of Health des Etats-Unis (26,1 milliards US$), suivi de la Commission Européenne (3,7 milliards US$) et le United Kingdom Medical Research Council (1.3 milliard US$). Wellcome Trust est la première Fondation qui finance la recherche en santé (909,1 millions US$), l’USAID est le plus grand financeur de la recherche à travers l’assistance au développement et l’OMS est le plus grand bailleur multilatéral (135 millions US$). Les mécanismes de distribution et les modalités de financement varient de façon substantielle en fonction du bailleur.

Il y a un besoin de renforcement de la transparence sur le financement de la recherche en santé dans le monde (les bailleurs, ce qui est financé, comment les décisions de financement sont prises, et les modèles de financement). Les données sur les modalités et les mécanismes de financement ne sont en général pas disponibles ou sont rapportées selon diverses classifications. Pour améliorer, la transparence dans le financement de la recherche en santé, nous avons créé un site web www.​healthresearchfu​nders.​org qui retrace les bailleurs qui financent la recherche dans le monde ainsi que les fonds qu’ils allouent.

VIH/sida

3. ONUSIDA – Célébrer l’individualité et se distinguer pour la journée Zéro discrimination

http://www.unaids.org/fr/resources/presscentre/pressreleaseandstatementarchive/2016/february/20160225_ZeroDiscriminationDay

Optons pour la diversité, la compréhension et le respect de nos différences, aidons-nous les uns les autres. Le 1er mars, des personnes du monde entier ont célébré la journée Zéro discrimination. Le thème de cette année est Distinguez-vous et encourage chacun d’entre nous à lutter en faveur de sociétés équitables et justes.

La discrimination reste largement répandue — genre, nationalité, âge, origine ethnique, orientation sexuelle ou religieuse. Seulement dans quatre pays sur dix dans le monde entier, le même nombre de filles et de garçons ont accès à l’enseignement secondaire et 75 pays ont des lois qui pénalisent les relations sexuelles entre personnes du même sexe.

Fort est de constater que la discrimination dans les centres médicaux reste largement répandue. Les centres médicaux devraient être considérés comme des environnements bienveillants et sûrs, pour autant, de telles situations se rencontrent trop fréquemment dans le monde. Tout obstacle interdisant l’accès à des établissements de santé, notamment pour le dépistage, les services de soin et de traitement doit être supprimé. L’accès à la santé doit être ouvert à tous. L’ONUSIDA a mis en place un partenariat avec l’Alliance mondiale pour les personnels de santé de l’OMS afin de développer un plan d’action visant à mettre fin à la discrimination en milieu médicalisé.

La journée Zéro discrimination de cette année invite ardemment les personnes à valoriser et à adhérer au principe de la diversité tout en reconnaissant l’ensemble des divers talents et compétences que chaque individu porte en lui ; des talents qui enrichissent la société et renforcent la communauté. Accueillir la diversité sous toutes ses formes consolide la cohésion sociale et apporte des avantages précieux aux sociétés dans le monde.

Systèmes de santé

4. Guardian – Les 5 principes qui guident les systèmes de santé les plus efficients

Titre original: The five principles behind the world’s most efficient health systems

M Britnell; http://www.theguardian.com/healthcare-network/2016/mar/01/worlds-most-efficient-health-systems?CMP=share_btn_tw

Certains systèmes de santé dépensent peu et obtiennent les mêmes résultats avec la moitié voire le quart des fonds. Le niveau de vie et la culture jouent un rôle important mais les mécanismes à travers lesquels les soins sont gérés, offerts et financés sont cruciaux. Voici cinq facteurs clés :

  • Les soins intégrés

Il s’agit d’une offre de soins de santé primaires qui est délivré par des cliniques, des pharmacies et des hôpitaux qui travaillent en réseaux pour offrir des soins de qualité. Ceci offre des incitants aux professionnels pour garder les patients hors des hôpitaux tout en couvrant de façon optimale leurs besoins.

  • Les hôpitaux comme un système de santé

Les hôpitaux doivent faire partie d’un système de soins et favoriser le plus possible les soins à domicile dans un environ qui leur permet de soutenir les structures de soins de santé primaires à offrir des soins de qualité à moindre coût.

  • La standardisation et la simplification

La première étape est la standardisation des flux de patients à travers la définition des bonnes pratiques, le développement des directives de soins et l’assurance de leur application. La seconde étape est le développement des technologiques de l’information qui consolident les bonnes pratiques. Enfin, la troisième étape est l’organisation du travail pour que les spécialistes soient utilisés uniquement pour leur expertise et les autres staffs s’occupent des soins de routine et de la gestion des patients.

  • La prise en compte des soins sociaux

La santé et les soins sociaux tels que les soins aux personnes âgées sont inséparables. Le meilleur exemple est le Japon. Une taxe de 1-2ù était imposée aux personnes de plus de 40 ans a permis de financer le les soins à domicile et communautaire pour tous les citoyens et de réduire les hospitalisations.

  • Le pouvoir du bailleur (financeur)

Les pays les plus efficients ont un seul grand payeur de soins. Ceci permet de mieux réguler les coûts que dans les pays ou les payeurs sont disparates. Un seul bailleur avec un fort pouvoir a également une forte responsabilité.

5. The International Journal of Health Planning & Management – Exploration des barrières de suivi et d’évaluation des interventions de renforcement des systèmes de santé: une évidence qualitative issue des partenaires internationaux au développement

Titre original- Exploring the barriers to rigorous monitoring and evaluation of health systems strengthening activities: qualitative evidence from international development partners

J M Wisniewsky et al; http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/hpm.2339/abstract

Le nombre de programmes de renforcement des systèmes de santé a fortement augmenté au cours de la dernière décennie. Toutefois, il y a un nombre limité d’études qui qui fournissent une évidence robuste de la valeur et de l’impact de ces programmes. Cette étude vise à identifier les déficits de connaissances et les défis qui limitent l’évaluation et le suivi rigoureux des interventions de renforcement des systèmes de santé, et évaluer dans quelle mesure ces efforts de renforcement sont appuyés par une guidance technique. Les entretiens ont été réalisés auprès des assistants techniques de projets financés par l’USAID et des responsables séniors de suivi-évaluation auprès des partenaires de mise en œuvre de ces projets et des organisations multilatérales.

Les résultats ont montré que les responsables du projet n’utilisent pas les ressources techniques, soit parce qu’ils ne savent pas ou parce qu’ils ne les trouvent pas utiles. Les barrières de suivi et d’évaluation rigoureuses comprennent l’absence d’indicateurs appropriés, l’absence de données, et la difficulté de démonstration de l’impact de l’intervention sur la santé et l’insuffisance de financement et de ressources.

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