Bonjour Chers Lecteurs,

Nous avons le plaisir de vous faire part dans l’éditorial de cette semaine, rédigé par Eric Mafuta de l’expérience du Congo relative aux relais communautaires et aux comités de santé. Il est possible que les autres Comités de santé d’Afrique sub-saharienne connaissent les mêmes défis que ceux de la RDC. Eric vous invite à réagir et  à partager également votre expérience. Ainsi, nous pourrons construire une véritable participation communautaire.

Cinq articles forment le menu de la Newsletter de cette semaine. Ces articles traitent entre du VIH/sida, du paludisme, du financement de la santé et de la vaccination.

Nous vous souhaitons bonne lecture. N’hésitez pas à diffuser : voici le lien : www.santemondiale.org.

Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito –Comité de santé et relais communautaires: des défis pour un meilleur rôle d’interface. Cas de la République Démocratique du Congo (RDC)

Par Eric Mafuta, Programme Wotro IMCH DRC-Burundi/VU University Amsterdam, Ecole de Santé Publique, Université de Kinshasa

Lire ici

Etude Muskoka

1. CoP Accès financier- Recherche opérationnelle ‘Couverture universelle en Afrique francophone

La recherche opérationnelle « Couverture Universelle en Afrique Francophone » suit son cours. Nous arrivons au bout de la phase 2 qui portait sur l’étude de la mesure selon laquelle les systèmes « Couverture Sanitaire Universelle » (CSU) nationaux ont les caractéristiques de systèmes apprenants. Ces 26 et 27 janvier, les chercheurs de 6 pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Maroc, RDC et Togo) se sont réunis à l’Ecole Nationale de Santé Publique de Rabat pour analyser les résultats préliminaires. La phase 3 consistera essentiellement en le développement d’un processus d’action au niveau des pays de l’étude. Les résultats confirment que les CoPs ont découvert une question importante. Nous avons bon espoir d’apporter une contribution significative sur le défi de la progression vers la CSU. Vous entendrez certainement parler de nos travaux durant l’année. On devine que d’autres pays voudront rejoindre le mouvement.

Politiques et financement de la santé

2. 138e Réunion du  Conseil exécutif de l’OMS (25-30 Janvier 2016)

Vous pouvez lire le discours du Directeur général :

(http://www.who.int/dg/speeches/2016/executive-board-138/fr/

Elle a axé son discours sur les Objectifs de Développement durable, et surtout sur la Maladie à virus Ebola et des mesures prises par l’OMS pour assurer une prise en charge effective des urgences et catastrophes humanitaires dans l’avenir. Elle a par ailleurs salué la solidarité internationales et de nombreuses initiatives nationales et internationales qui ont eu un effet décisif.

3. Social Science & Medicine- Adoption des principes de couverture sanitaire universelle au Burkina Faso

Titre original : Endorsement of universal health coverage financial principles in Burkina Faso

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S027795361630017X

En Afrique de l’Ouest, le financement de la santé inclut rarement la solidarité entre les différents segments de la population. Dans certains pays, les assurances à base communautaire ou professionnelles sont présentes mais la couverture est très faible. Les principes financiers. Les principes financiers qui sous-tendent pérennité et la solidarité de la couverture sanitaire universelle :

  • L’anticipation sur les risques potentiels sanitaires
  • Le partage du risque
  • La solidarité socioéconomique.

Au burkina Faso où les décideurs son favorables à la l’assurance maladie, nous avons mesuré l’adoption de ces principes et évalué quelles configurations gestionnaires pourraient mieux aboutir à la meilleure adhésion.

Une avons utilisé une méthode exploratoire séquentielle. Nous avons effectué 9 interviews et 12 groupes de discussion en adaptant l’outil de Goudge et al.  au contexte local. Puis, une étude quantitative incluant 1255 répondants a été effectuée auprès de la population générale pour mesurer l’adoption. Une analyse thématique des données qualitatives et la régression logistique pour les données quantitatives ont été utilisées.

Des niveaux élevés d’adoption ont été trouvés pour chaque principe. Les pratiques actuelles révèlent que l’anticipation et le partage des risques n’étaient que des intentions. La préférence était accordée à la solidarité entre les niveaux socioéconomiques et à la progressivité. Même si les répondants préfèrent la mise en oeuvre par le niveau national, les pratiques actuelles de solidarité sont focalisées sur la famille. Par conséquent, les taux de contribution doivent être fixés pour que toute la famille bénéficie des soins de santé.

Certaines conditions doivent être remplies pour que la couverture sanitaire devienne une réalité au Burkina Faso: la confiance, les contributions obligatoires et équitables et l’éducation.

 

VIH/SIDA

4. Sahara J – Le fonds national de lutte contre le SIDA du Zimbabwé : une étude de cas

Titre original- Zimbabwe’s national AIDS levy: A case study

N Bhat et al; http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/17290376.2015.1123646

Une étude de cas a été sur le National AIDS Trust Fund du Zimbabwe (AIDS Levy), approche de financement gouvernemental et national et de la réponse au VIH/sida.

Les données ont été collectées à travers une revue de littérature et 20 interviews de personnes clés issues du gouvernement zimbabwéen, de la société civile et des organisations internationales.

La revue a permis d’identifier 139 sources notamment la littérature grise, les documents du Comité national de lutte contre le VIH.

Mis en place en 1999, cette initiative prélève 3% sur les revenus des individus et 3% sur les profits des sociétés et compagnies (en dehors des compagnies minières jusqu’en 2015). Ces fonds sont gérés par le Comité national de lutte contre le sida à travers des comités décentralisés.

Les recettes ont augmenté depuis la mise en place de l’Initiative jusqu’en 2008 (période d’instabilité économique et d’hyperinflation). Suite à la dollarisation de l’économie en 2009, les revenus annuels ont continué d’accroitre atteignant 38,6 millions US$ en 2014. Il est prévu que 50% de ces fonds soient utilisés pour l’achat des médicaments antirétroviraux. Les autres dépenses incluent : l’administration, la prévention du VIH, le suivi et l’évaluation. Des systèmes de contrôle et d’audit ont été mis en place. Les acteurs perçoivent l’Initiative comme une solution locale qui permet au pays de s’approprier la réponse et de réduire la dépendance des financements des bailleurs. Ils souhaitent toutefois plus de transparence, de redevabilité et de réduction des coûts administratifs et des changements pour améliorer la collecte des fonds.

Il s’agit d’une stratégie qui a permis au Zimbabwe de lever des fonds pour la lutte contre le VIH/sida et qui représente une bonne pratique qui peut permettre d’attirer les fonds d’autres bailleurs et qui devrait être répliquée par d’autres pays.

Paludisme

5. Plos Medicine (Policy Forum) – Paludisme asymptomatique: une maladie chronique débilitante qui doit être traitée

Titre original- “Asymptomatic” Malaria: A Chronic and Debilitating Infection That Should Be Treated

I Chen et al ; http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1001942

Le paludisme dit asymptomatique est décrit depuis plusieurs années et est due à l’immunité partielle qui contrôle mais n’élimine par le paludisme. Il s’agit d’une parasitémie palustre de densité variable en l’absence de fièvre et autres symptômes aigus chez un individu qui n’a pas reçu de traitement antipalustre. Ill est perçu comme étant bénéfique pour les individus car il contribue à la prémunition et à la réduction du risque de paludisme grave.

Dans cet article, les auteurs montrent que le paludisme asymptomatique a des conséquences sur la morbidité et la mortalité des porteurs. Il a des conséquences sur la santé, le développement et la productivité de l’individu. Il devrait être considéré comme un paludisme chronique nécessitant un traitement. Toutefois, cela pose des défis scientifiques, opérationnels et éthiques. Les acteurs travaillant sur le paludisme devraient collaborer avec les programmes de contrôle et d’élimination du paludisme pour cibler toutes les infections indépendamment de la densité parasitaire et de la manifestation clinique. Certes les défis opérationnels sont importants, mais les résultats tant individuels que sociétales sont substantiels.

En effet, le paludisme asymptomatique exacerbe les autres infections. En effet, des études ont montré que la baisse de l’incidence du paludisme entraine la réduction des hospitalisations et des décès dus aux autres causes de maladies. Les porteurs asymptomatiques consultent donc tardivement et ont des hémolyses chroniques qui peuvent aboutir à des anémies. Chez les femmes enceintes, le paludisme asymptomatique va également causer l’anémie et des conséquences maternelles telles que les avortements, les accouchements prématurés ou des retards de croissance intra-utérins.

Le risque aux septicémies est aussi augmenté probablement à cause de la dérégulation de la réponse immunitaire. On note aussi les effets sur la fonction cognitive et la performance scolaire.

Le traitement intermittent des infections asymptomatiques est déjà mis en œuvre en Afrique sub-saharienne pour certains groupes à risque tels que les femmes enceintes, les enfants de moins d’un an et les enfants de moins de 5 ans vivant dans les zones à haute transmission saisonnière du paludisme. Pour ces cas, aucun test diagnostique n’est fait d’avance. Ainsi, dans les zones où tous les cas de paludisme doivent être recherchés et traités, les stratégies de communication appropriée doivent être mises en œuvre pour engager la communauté et les professionnels de santé. De plus, des mesures de prévention d’une infection future doivent être développées ainsi que les mesures de contrôle du vecteur (moustiques).

Le paludisme ne devrait plus être considéré comme symptomatique ou asymptomatique sur la base des symptômes comme la fièvre et les frissons. En effet, les infections palustres de faible densité ont également des conséquences pour la santé notamment l’augmentation du risque d’anémie, de mortalité néonatale et maternelle, de co-infection bactérienne et baisse de la  fonction cognitive.

Vaccination

6. BMC Public Health –Facteurs associés à la vaccination incomplète des enfants dans le district d’Arbegona-Ethiopie : une étude cas-contrôle

Negussie A et al.

Titre original: Factors associated with incomplete childhood immunization in Arbegona district, southern Ethiopia: a case-control study

http://bmcpublichealth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12889-015-2678-1

La prévention de la mortalité infantile par la vaccination est l’une des interventions de santé publique les plus efficaces. En Ethiopie, le calendrier de vaccination est rarement suivi et seuls 24% des enfants sont complètement vaccinés. L’objectif de l’étude était d’identifier les facteurs la vaccination incomplète dans le district d’Arbegona, zone de Sidama, au Sud de l’Ethiopie.

Une étude cas-contrôle communautaire était menée chez les enfants âgés de 12 à 23 mois sélectionnés au hasard. L’échantillon était de 548 enfants (183 cas et 385 contrôles). Un échantillonnage multi-étapes était utilisé pour obtenir des cas et des contrôles représentatifs. Les données étaient collectées en utilisant un questionnaire structuré et les données étaient analysées grace à SPSS 16. Les régressions logistiques bivariée et multiple ont été effectuées pour identifier les facteurs indépendants de vaccination incomplète des enfants. Les données qualitatives  ont aussi été générées et analysées suivant un cadre thématique.

La vaccination incomplète des enfants était  significativement associée à la jeunesse des mères (OR ajusté=9,54 ; IC à 95% : 5,03-18,09), le rang dans la fratrie entre 2 et 4 (OR ajusté= 3,64 ; IC à 95 : 1,63-8,14), le rang dans la fratrie supérieur ou égal à 5 (OR ajusté=5,27 ; IC à 95% : 2,20-12,64) par rapport au premier enfant, l’absence de connaissance de la mère sur les bénéfices de la vaccination (OR ajusté=5,51 ; IC à 95% : 1,52-19,94), et la perception négative des effets indésirables de la vaccination par la mère (OR ajusté : 1,92 ; IC à 95% : 1,01-3,70). La migration des mères et l’absence des vaccins lors des dates prévues pour la vaccination étaient les raisons majeures de la vaccination incomplète.

Pour réduire le nombre d’enfants incomplètement vaccinés, le district doit considérer la planification spécifique pour les mères qui présentent les facteurs de risque identifiés. Le renforcement des activités de communication pour la santé pour améliorer les connaissances sur la vaccination et répondre aux inquiétudes sur les effets indésirables du vaccin est aussi nécessaire. Ceci peut être fait par l’intégration de la vaccination dans d’autres composantes de soins de santé primaires.

 

 

 

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One Response to PIS 287 – Comités de santé, des réflexions

  1. Wamba Gaston dit :

    Bonjour,
    La situation des COSA et des Relais communautaires est similaire au Cameroun et particulièrement dans la région du Sud-Ouest. Nous sommes actuellement en train d’essayer de redynamiser les COSA, mais surement les mêmes problèmes se posent: le manque de motivation surtout financière, entre autres.
    Les relais communautaires sont un maillon important pour le Fond Mondial qui voudrait qu’ils soient formés à la prise en charge du paludisme simple et autres affections comme les diarrhées et les infections respiratoires aiguës dans leur communautés. Ces relais n’auront qu’un petit pourcentage issu de la vente de médicaments comme motivation et avec l’expérience des autres programmes, au fil du temps ils risqueraient de se demotiver et d’abandonner, ou ne reverseraient pas l’autre contrepartie de la vente des médicaments au formations sanitaires comme prévu pour racheter les médicaments et autres commodités qui leurs sont donnés.
    Pour pérenniser cette activité, il serait nécessaire et souhaitable que les donnateurs cessent de considérer les relais comme des volontaires au service de leur communauté et de leur proposer un minimum nécessaire pour leur entretien.

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