Depuis une semaine, la CoP PBF et Accès financier ont lancé le concours du meilleur scénario d’une demi-page sur la couverture sanitaire universelle. J’ai aussi mon scénario et le voici : « Dans mon pays, la couverture sanitaire universelle est un grande table-ronde sur laquelle…. et en 2015, 3% de la population était couverte par les mécanismes de partage de risque ». Mon texte a quinze lignes et je vais l’envoyer à [email protected] et Glez se chargera de faire le dessin et plus précisément la caricature. Simple ! C’est ainsi que le concours est organisé. Yamba Kafando nous explique davantage dans l’éditorial de cette semaine comment  nous devons procéder pour participer.
Par la suite, nous vous avons proposé cinq articles. Le premier porte sur les réticences à la vaccination, puis, vous trouverez deux articles sur la Maladie à Virus Ebola. Le quatrième article concerne la Déclaration du 6e comité d’urgence sur la polio et enfin les nouvelles recommandations de l’OMS sur les interventions destinées à l’amélioration du pronostic en cas d’accouchement prématuré.

Bonne lecture et Bonne semaine,
Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito – Une image vaut mille mots : Dessinons ensemble la Couverture Sanitaire Universelle

 Par Yamba Kafando
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Vaccination

1. WHO – Réticences à la vaccination: un défi grandissant pour les programmes de vaccination

Titre original – Vaccine hesitancy: A growing challenge for immunization programmes
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/vaccine-hesitancy/en/
Les pays qui tentent de combler les lacunes en matière de vaccination sont de plus en plus souvent confrontés à des personnes qui sont réticentes à la vaccination pour elles-mêmes ou pour leurs enfants. Selon l’OMS, un enfant sur cinq dans le monde ne reçoit toujours pas systématiquement les vaccins vitaux et, chaque année, 1,5 million d’enfants meurent encore de maladies évitables par la vaccination.
La réticence face à la vaccination est le fait de retarder ou de refuser une vaccination sûre malgré sa disponibilité. Elle dépend des circonstances, ainsi que du moment, du lieu et des vaccins en question. Plusieurs facteurs entrent en jeu, dont la désinformation, la complaisance, la commodité et la confiance.
Pour l’OMS, il est essentiel de collaborer avec les communautés et de persuader les individus de changer d’habitudes et de comportement pour atteindre les objectifs de santé publique.
Les recommandations proposées par l’OMS visent à mieux faire comprendre le phénomène de réticence face à la vaccination, ses déterminants et les problèmes qu’elle pose. Il s’agit de mieux faire accepter les vaccins, de partager des pratiques efficaces et de mettre au point de nouveaux outils pour évaluer cette réticence et y remédier.
La réticence face à la vaccination est parfois liée à l’innocuité des vaccins, aux croyances négatives basées sur des idées fausses (consistant à prétendre, par exemple, que la vaccination des femmes entraîne la stérilité), la désinformation, la méfiance envers les professionnels de la santé ou le système de santé, le rôle de leaders influents, le coût ou encore les obstacles géographiques.

Un problème complexe qui se pose à l’échelle mondiale
Il n’y a pas de «recette miracle» ou de stratégie efficace dans tous les cas de réticence face à la vaccination. L’ampleur et les caractéristiques du problème varient et doivent être déterminées dans chaque cas afin de mettre au point des stratégies adaptées pour mieux faire accepter la vaccination. Une communication efficace est essentielle pour dissiper les craintes, répondre aux préoccupations et favoriser l’acceptation de la vaccination.
La réticence face à la vaccination est un problème complexe qui se pose à l’échelle mondiale, qui évolue rapidement et qui prend des formes très variables. Il ressort d’entrevues avec des responsables de la vaccination dans les Régions de l’OMS que, dans certains cas, des minorités ethniques particulières, en milieu rural, et des communautés isolées étaient concernées, mais que des personnes aisées habitant en milieu urbain s’inquiétaient aussi de la sécurité des vaccins. À certains endroits, ces préoccupations sont exprimées par des sous-groupes d’objecteurs religieux ou philosophiques. Certains déterminants de l’hésitation face à la vaccination peuvent être à la fois des obstacles et des facteurs favorisants. Ainsi, les experts notent que les personnes d’un niveau d’instruction plus élevé ne vont pas forcément accepter les vaccins.
En fait, plusieurs études montrent qu’un niveau d’instruction plus élevé peut être un obstacle à l’acceptation des vaccins dans certains contextes alors que d’autres études montrent que l’instruction favorise l’acceptation des vaccins dans différentes régions. Même la crainte des aiguilles peut être un facteur de refus de la vaccination, et l’OMS va publier, en septembre 2015, une note de synthèse sur l’atténuation de la douleur.

Ebola

2. OMS: Mise à jour de l’épidémie de Maladie à Virus Ebola

http://apps.who.int/ebola/current-situation/ebola-situation-report-26-august-2015
Dans la semaine du 23 aout 2015, 3 cas de Maladie à Virus Ebola ont été notifiés et 600 personnes étaient sous suivi en Guinée. Les derniers cas remontent à la semaine du 12 juillet 2015 (3 cas) au Liberia et du 9 aout 2015 en Sierra Leone. Dans les 3 pays, 28005 cas de MVE ont été notifiés dont 11287 décès.

3. The Lancet Infectious Diseases – Prophylaxie post-exposition contre la Maladie à Virus Ebola par les antirétroviraux: une série de cas de professionnels de santé

Titre original – Post-exposure prophylaxis against Ebola virus disease with experimental antiviral agents: a case-series of health-care workers
M Jacobs et al; http://www.lancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(15)00228-5/fulltext
Même si peu de professionnels de santé internationaux qui ont intervenu dans la lutte contre la maladie à virus Ebola (MVE) ont été évacués pour le traitement, plusieurs ont été évacués après un accident d’exposition au virus Ebola. Il y a une nécessité urgente d’établir un consensus  sur l’évaluation du risque de transmission du virus après un accident d’exposition et d’étudier l’effet de la prophylaxie suite à l’exposition. Les vaccins expérimentaux ont été occasionnellement utilisés après un accident d’exposition au virus Ebola. Toutefois, les antiviraux nouvellement développés ont également des avantages potentiels. Les auteurs décrivent une nouvelle méthode d’évaluation du risque et de prise en charge des professionnels de santé exposés au virus Ebola et rapportent l’utilisation des traitements antirétroviraux chez des personnes exposées au virus Ebola.
Les auteurs ont développé un algorithme d’évaluation  du risque de transmission après exposition. Trois situations critiques d’exposition ont été identifiées : i) le contact étroit sans protection  avec un patient atteint de MVE ; ii) le contact avec les liquides biologiques d’un patient atteint de MVE ; et enfin iii) la blessure avec un objet utilisé pour les soins des patients atteints de MVE. Dans le premier cas, le risque est très faible et croit pour devenir maximum dans le 3e cas.
Au total, 8 cas d’exposition ont été enregistrés dont 2 à risque maximum, 2 intermédiaire et 4 à faible risque.  Les personnes à faible risque n’ont pas reçu de traitement antirétroviral et étaient suivis dans la communauté pendant 21 jours. Les 4 personnes à risque intermédiaire et maximum ont reçu les antirétroviraux et ont été internés pendant 10 jours puis suivis pendant 42 jours. Les médicaments utilisés sont le favipiravir, le TKM-Ebola, et l’immunothérapie passive qui utilisent les anticorps monoclonaux contre le virus Ebola (ZMapp). Les 4 personnes ont reçu le favipiravir pendant 10 jours à forte dose. Deux autres patients ont reçu deux doses à 50 mg/kg d’anticorps monoclonaux à trois jours d’intervalle. Le personnel a appliqué toutes les mesures durant la prise en charge des patients.
Tous les patients sont restés sains tout au long du suivi. Le traitement était bien toléré sans effets indésirables cliniques. On ne peut pas savoir si la prophylaxie a prévenu la survenue de la MVE. Toutefois, les deux cas avec risque majeur sont les seuls cas qui n’ont pas évolué vers la MVE après l’exposition. Notre base de données est faible. Les études sur la prophylaxie post-exposition doivent être publiées rapidement pour informer la communauté scientifique mondiale et aider à la prévention de la transmission du virus dans la communauté.

Polio

4. WHO – Déclaration de la 6e réunion Comité d’urgence du Règlement sanitaire international sur la propagation du poliovirus sauvage

Titre original: Statement on the 6th IHR Emergency Committee meeting regarding the international spread of wild poliovirus
http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2015/ihr-polio-17-august-2015/en/
La 6e réunion du Comité d’urgence au titre du Règlement sanitaire international (2005) (RSI) concernant la propagation internationale du poliovirus sauvage s’est tenue par téléconférence le 4 août 2015. L’Afghanistan et le Pakistan ont communiqué des informations actualisées sur la mise en œuvre des recommandations temporaires depuis la dernière réunion du Comité, le 24 avril 2015.
Le Comité a noté que, depuis que la propagation internationale de la poliomyélite a été déclarée urgence de santé publique de portée internationale, les pays avaient considérablement progressé dans l’interruption de la transmission du poliovirus sauvage et la mise en œuvre des recommandations temporaires que l’on constatait un recul de la propagation internationale du poliovirus sauvage.
Il a pris acte des efforts importants déployés par des pays d’Afrique pour éradiquer la poliomyélite, notant qu’aucun cas dû au poliovirus sauvage n’avait été notifié sur ce continent depuis près de 12 mois.
Les poliovirus isolés dans les deux cas survenus au Pakistan en 2015 étaient plus étroitement liés aux souches circulant récemment en Afghanistan.
Le Comité s’est inquiété du fait que les recommandations temporaires concernant les voyageurs internationaux de tous âges ne soient pas totalement appliquées en Afghanistan, en particulier dans les aéroports. La vaccination des voyageurs internationaux par avion n’est pas vérifiée et aucun dépistage au départ ni aucune restriction pour les voyageurs non vaccinés ne sont imposés dans les aéroports internationaux.
Le risque croissant de propagation internationale, auquel s’ajoute la suspension actuelle des campagnes de vaccination de masse dans la province de Kandahar, est une autre source de préoccupation importante.
En 2015, le Pakistan a notifié moins d’un tiers du nombre de cas notifiés pendant la même période en 2014. Aucun cas n’a été exporté du pays depuis octobre 2014, et le nombre d’enfants constamment non vaccinés et inaccessibles baisse. Malgré cette amélioration, c’est au Pakistan que sont survenus 85% des cas dus au poliovirus sauvage enregistrés dans le monde en 2015. Le risque de nouvelles exportations en provenance du Pakistan demeure car la transmission a persisté dans le pays pendant la saison basse et le début de la saison haute, en mai.
Une action programmatique énergique devrait permettre d’interrompre cette transmission transfrontière comme cela a déjà été le cas dans des régions où la poliomyélite était auparavant endémique.
La principale mesure pour prévenir la propagation internationale reste l’interruption de la transmission du poliovirus sauvage dans les pays infectés mais il est extrêmement important de réduire le risque de flambée dans les régions vulnérables. Les pays ou les zones en proie à des conflits sont vulnérables face aux flambées de poliomyélite car l’insécurité et l’inaccessibilité peuvent nuire à la santé publique et à la vaccination.
Il s’agit de pays du Moyen-Orient, de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique centrale où sévissent des conflits, en particulier la région du lac Tchad. Les progrès accomplis au prix d’efforts considérables peuvent être réduits à néant si les systèmes de santé sont constamment perturbés dans les situations d’urgence humanitaire complexe.

Santé maternelle et infantile

5. Lancet Global Health – Nouvelles recommandations de l’OMS pour améliorer le pronostic des accouchements prématurés

Titre original : New WHO recommendations to improve the outcomes of preterm birth
J Vogel et al; http://www.lancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(15)00183-7/fulltext
Environ 15 millions de bébés naissent avant le terme chaque année et les complications de naissances prématurées sont responsables de 15% des décès d’enfants de moins de 5 ans par an ou des séquelles à long terme.
L’OMS a publié de nouvelles recommandations sur les interventions pour les femmes enceintes qui sont susceptibles de faire un accouchement prématuré (corticoides, tocolytiques, sulfate de magnésium, antibiotiques, et voie d’accouchement) et pour les prématurés (maintien de la température, pression atmosphérique positive continue, surfactant, oxygène) pour améliorer le pronostic.
Vous pouvez télécharger les recommandations de l’OMS pour l’amélioration du pronostic en cas d’accouchement prématuré.

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