Bonjour Chers Lecteurs,

L’éditorial porte sur l’opportunité des webinaires organisée par les CoPs HHA pour l’amélioration des compétences. Joël Arthur Kiendrébéogo nous invite à participer au webinaire sur la recherche opérationnelle qui sera organisé le 12 aout 2016 à 3 heures PM GMT.

Cette semaine, nous avons centré la Newsletter sur la lutte contre le VIH/SIDA suite à la Conférence sur le VIH/SIDA tenue à Vancouver au Canada. En effet, un nouvel objectif a été fixé 90-90-90, et de nouvelles recommandations sont en cours pour l’initiation de la trithérapie.

Nous vous proposons 5 articles sur Le Consensus de Vancouver sur la lutte contre le VIH/sida, une analyse de la possibilité d’atteinte des objectifs 90-90-90, le rôle du conjoint dans la lutte contre la transmission mère-enfant du VIH, et la recommandation future de l’OMS d’initier précocement la trithérapie antirétrovirale au moment du dépistage. Enfin, le dernier article porte sur le rapport de l’ONUSIDA sur le traitement antirétroviral de 15 millions de personnes vivant avec le VIH/sida en 2015.

Bonne semaine,

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

Edito – Les webinaires : une opportunité de partage des connaissances sur les systèmes de santé

Par Joël Arthur Kiendrébéogo
Lire ici

VIHSIDA

1. Conférence Internationale sur le VIH/SIDA 2015 : Le Consensus de Vancouver

http://vancouverconsensus.org/

La communauté scientifique s’est réunie à Vancouver pour partager des preuves que le traitement antirétroviral ARV pour endiguer les décès dus au sida.

L’essai START a montré que plutôt que d’attendre que la détérioration immunitaire, le  traitement ARV immédiat double les chances de rester en bonne santé, de survivre d’un individu et de prévenir la transmission du VIH des personnes infectées à leurs partenaires séronégatifs et enfin de protéger efficacement les personnes à risque d’infection par l’utilisation prophylactique.

Une preuve médicale est claire: Toutes les personnes vivant avec le VIH doivent avoir accès à un traitement antirétroviral au moment du diagnostic.

Aujourd’hui, 15 millions de personnes dans le monde reçoivent un traitement antirétroviral et huit millions de décès ont été évités depuis 2000 par l’activisme mondial, la volonté politique et de la science. Il est temps pour atteindre les 60 pour cent des personnes vivant avec le VIH qui n’ont pas l’accès au traitement, dont 19 millions de personnes qui ne connaissent pas encore leur statut.

Nous devons veiller à ce que la décision d’utiliser les ARV devienne un choix individuel et que toutes les personnes, quel que soit leur statut social ou le juridique, la race, le sexe ou leur résidence aient accès à un traitement efficace et la prévention.

Le monde doit agir rapidement pour faire baisser l’incidence du VIH, de la mort, et les coûts à long terme. Pourtant, nous sommes gravement préoccupés que la riposte mondiale au sida est sous-financé et que le traitement de rationnement est trop commun. Seuls 10 pays ont officiellement adopté l’option pour les personnes diagnostiquées avec le VIH commencent le traitement immédiatement. Beaucoup n’ont pas pleinement mis en œuvre des lignes directrices de l’OMS pour démarrer à 500 CD4, des années après cette recommandation. D’autres retards menacent non seulement des millions de vies, mais menacent une résurgence de cette pandémie.

Nous appelons les dirigeants du monde entier à mettre en œuvre les résultats de la science liés au VIH et s’engager à fournir l’accès à un traitement immédiat du VIH à toutes les personnes vivant avec le VIH.

Nous appelons les donateurs et les gouvernements à utiliser les ressources existantes pour un impact maximum et à mobiliser des ressources suffisantes à l’échelle mondiale pour soutenir l’accès aux ARV pour tous. Les objectifs de l’ONU 90/90/90 pour le dépistage, le traitement sont une réponse globale au VIH. Nous appelons les cliniciens à construire des modèles de soins qui se déplacent au-delà de la clinique pour atteindre tous ceux qui veulent et ont besoin d’ARV. Nous appelons la société civile à se mobiliser en faveur de l’accès immédiat fondée sur les droits au traitement pour tous. La science a livré des solutions. La question pour le monde est: Quand allons-nous mettre en pratique?

2. Aidsmap.com : Les cascades de traitement montrent que l’objectif 90-90-90 est à la portée de certains pays, mais l’Europe de l’Est est à la traine derrière l’Afrique

Levi J et al

Titre original: Treatment cascades show 90-90-90 goal within reach for some – but Eastern Europe lags behind Africa

Source : http://www.aidsmap.com/page/2986802/?utm_source=NAM-Email-Promotion&utm_medium=conference-bulletin&utm_campaign=French

Traduit Par Bangaly Doumbouya

Une analyse mondiale des cascades de traitement du VIH (la proportion de personnes diagnostiquées, engagées dans les filières de soins, sous traitement et ayant une charge virale indétectable) montrent que certains des pays les plus riches sont toujours bien loin d’atteindre l’objectif 90-90-90 de l’ONUSIDA. Les progrès sont encore pires en Europe de l’Est.

Les résultats ont été présentés à Vancouver par Jacob Levi lors du huitième congrès de l’International AIDS Society sur la pathogenèse, le traitement et la prévention, décrit par de nombreuses personnes cette semaine comme le « congrès 90-90-90 ».

L’objectif 90-90-90 fixé par l’ONUSIDA vise à dépister 90% des personnes séropositives, à administrer le traitement antirétroviral à 90% des personnes dépistées et à atteindre une charge virale indétectable chez 90% des personnes sous traitement, d’ici à 2020. Cet objectif ambitieux se traduit par une charge virale indétectable chez 73% de toutes les personnes séropositives.

Dans quelle mesure ces objectifs sont-ils atteints dans les pays ? Dans certains cas, ils le sont presque, mais dans d’autres, l’écart est énorme.

Des recherches conduites par une équipe de l’Imperial College à Londres et l’Hôpital Cantonal de St Gallen en Suisse, ont mis à jour une enquête précédente et montrent que la Suisse, l’Australie et le Royaume-Uni ont la plus haute proportion de personnes séropositives avec une charge virale indétectable. Dans ces pays, plus de 60% de la population estimée de personnes séropositives a une charge virale indétectable, par rapport à 30% aux Etats-Unis.

Au niveau mondial, on estime que 36,9 millions de personnes sont séropositives, parmi lesquelles 53% ont été dépistées, un chiffre manquant l’objectif par 13,4 millions de personnes. 41% de personnes dépistées sont sous traitement, un objectif manqué par 14,9 millions et 32% des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable, un objectif manqué par 15,3 millions de personnes. Au taux actuel de transmission, environ 2 millions de personnes sont infectées tous les ans.

Si on décompose ces chiffres et qu’on examine les cascades nationales de traitement, le groupe de recherche a découvert des variations énormes à chaque étape de la cascade. Ils ont essayé d’identifier les points de rupture, où plus de 10% des individus ont été perdus.

La proportion de la population estimée de personnes séropositives dépistées a varié de 86% aux Etats-Unis et en Australie, à 51% en Afrique sub-saharienne et 44% en Ukraine. De nombreux pays ont été identifiés comme ayant des points de rupture dans le domaine du diagnostic du VIH, ce qui indique qu’il est très important d’améliorer le taux de diagnostics du VIH au niveau mondial.

3. Perception des membres de la communauté et du personnel de santé sur l’implication des conjoints dans la mise en œuvre de la PTME à Khayelitsha, Cape Town, Afrique du Sud

Norah Ladur et.

Titre original: Perceptions of Community Members and Healthcare Workers on Male Involvement in Prevention of Mother-To-Child Transmission Services in Khayelitsha, Cape Town, South Africa

Source: http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0133239

Traduit Par Bangaly Doumbouya

L’implication des partenaires masculins des femmes enceintes bénéficiant des programmes de PTME,  a la possibilité  d’améliorer les résultats de santé maternelle et infantile.

Cette étude a pour but d’exploré la perception de membres de la communauté (hommes et femmes) et des travailleurs de la santé  sur la participation des hommes dans les offres des services de PTME au Khayelitsha, en Afrique du Sud.

Deux focus groupes ont été organisés  avec 25 hommes de statut VIH inconnu et une autre avec 12 femmes séropositives dans la communauté. Des discussions approfondies ont été menées avec quatre couples de personnes séropositives et un échantillon de cinq  travailleurs de la santé tirés respectivement de la communauté puis d’un centre de santé.

Dans les entrevues approfondies ont été menées avec quatre couples séropositifs et cinq fournisseurs de services des seins échantillonnés de la communauté et un centre de santé, respectivement. Les hommes et les femmes interrogées dans cette étude étaient réceptifs à l’implication des hommes dans la PTME. Cependant, les hommes étaient réticents à engager avec les services de santé en raison de la stigmatisation et les attitudes négatives de la part des infirmières. Cette étude a également révélé le dépistage du VIH, la divulgation et l’engagement des travailleurs de santé directs avec les hommes augmente l’implication des hommes dans la PTME. Utilisation hommes dans les médias et de la communauté pour rejoindre les autres hommes avec des messages de prévention adaptés pour répondre à des publics spécifiques peut réduire la perception des soins

4. Nature: L’OMS va recommander l’initiation précoce de la trithérapie chez les personnes infectées par le VIH

Titre original: World Health Organization to recommend early treatment for everyone with HIV

Meera Senthilingam

Nature

L’OMS va recommander la mise sous traitement antirétroviral de toute personne infectée par le VIH dès que le dépistage est effectué. Les directives seront actualisées. Ce changement augmentera les personnes éligibles de 30 à 36.9 millions. Ceci nécessitera 30 milliards US$ durant les 5 prochaines années.

Des essais cliniques ont montré cette efficacité. L’essai HPTN 052 a évalué l’effet du traitement du partenaire positif qui réduit la transmission de 96%. START a démontré que le traitement précoce des personnes vivant avec le VIH réduit la survenue des maladies opportunistes et la mortalité de 57%. Pendant longtemps, il y avait une tension entre la prévention et le traitement du VIH. Les essais cliniques ont montré que le traitement est la prévention.

5. ONUSIDA- La réalisation de l’objectif « 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 » montre que l’on peut mettre un terme à l’épidémie de sida

Un nouveau rapport de l’ONUSIDA décrit comment la communauté internationale a atteint l’objectif de traitement mondial

ONUSIDA

VANCOUVER, 19 juillet 2015 – Dans le sillage de l’annonce du 14 juillet de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, révélant que la communauté internationale avait atteint l’objectif de fournir un traitement antirétroviral à 15 millions de personnes vivant avec le VIH, l’ONUSIDA publie un nouveau rapport décrivant les facteurs qui ont permis la réalisation de l’objectif « 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 ».

Présenté lors de la 8ème Conférence de Vancouver (Canada), le rapport 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 : objectif mondial atteint décrit comment différents groupes constitutifs et parties prenantes se sont unis pour une initiative commune d’envergure mondiale afin de sauver des vies.

Les enseignements tirés du succès de l’initiative mondiale engagée pour mettre 15 millions de personnes sous traitement antirétroviral à d’ici à 2015 fournissent une feuille de route pour mettre fin à l’épidémie de sida en tant que menace de santé publique. Composante centrale de l’effort engagé pour mettre un terme à l’épidémie, la communauté internationale a adopté un nouvel objectif pour le traitement antirétroviral. D’ici à 2020 : (a) 90 % de toutes les personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, (b) 90 % des personnes infectées par le VIH diagnostiquées reçoivent un traitement antirétroviral durable, et (c) 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale supprimée.

Ingrédients du succès de l’initiative « 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 »

L’objectif « 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 » a été adopté lors de la réunion de haut niveau des Nations Unies de 2011, dans le cadre de la Déclaration politique sur le VIH et le sida : intensifier nos efforts pour éliminer le VIH et le sida. Le nouveau rapport de l’ONUSIDA cible les années 2011-2015 et décrit les efforts accomplis pour rendre la réalisation de cet objectif possible. Les principales conclusions du rapport sont notamment :

  • La communauté internationale a fait preuve d’un engagement politique soutenu pour atteindre l’objectif « 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 ».
  • Les financements alloués aux services de dépistage et de traitement du VIH ont augmenté.
  • La connaissance du statut sérologique VIH a considérablement augmenté. En 2014, pour la toute première fois, plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique.
  • Les prix des traitements antirétroviraux et des principaux outils de diagnostic ont continué de diminuer
  • L’efficacité et la qualité des programmes de traitement du VIH se sont améliorées.
  • Des modèles de fourniture de services innovants ont amélioré la portée et l’impact des programmes de traitement.
  • La stigmatisation liée au VIH a diminué.

Exploiter le succès de l’initiative « 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 » pour atteindre l’objectif 90-90-90

Les enseignements essentiels tirés de l’initiative « 15 millions de personnes sous traitement d’ici à 2015 » sont immédiatement et efficacement exploitables dans les initiatives mondiales visant à établir les bases de l’action pour mettre fin à l’épidémie de sida en tant que menace de santé publique à l’horizon 2030. La réalisation de l’objectif 90-90-90, parallèlement aux nouvelles cibles ambitieuses concernant la prévention primaire du VIH et la non-discrimination, devrait permettre de réduire de 89 % le nombre de nouvelles infections à VIH et de 81 % le nombre de décès liés au sida d’ici à 2030.

Le nouveau rapport décrit les problèmes émergents auxquels la riposte au sida doit faire face sur la voie de la réalisation de l’objectif 90-90-90. Il s’agit notamment des incertitudes concernant la pérennité financière de la mise à grande échelle du traitement contre le VIH et les dynamiques de marché susceptibles de remettre en question l’accessibilité financière future des traitements antirétroviraux de deuxième et de troisième intention dont un nombre croissant de personnes vivant avec le VIH auront besoin.

Pour relever ces défis, le nouveau rapport décrit les actions stratégiques que la communauté internationale devra mettre en œuvre. L’engagement politique pour mettre un terme à l’épidémie sera essentiel, tout comme les efforts concertés visant à faire participer et à autonomiser les communautés afin de qu’elles fournissent des services de dépistage et de traitement du VIH. De nouveaux investissements seront nécessaires, en particulier dans la mesure où les dépenses consacrées aux nouveaux objectifs ambitieux de prévention, de traitement et de non-discrimination permettront de générer 17 dollars d’économies pour tout dollar investi. Les actions doivent être engagées immédiatement pour assurer une fourniture efficace et ininterrompue de médicaments financièrement abordables, y compris pour renforcer les capacités locales de fabrication en Afrique subsaharienne. En outre, les obstacles structurels à l’accès aux services, notamment ceux liés aux lois et politiques punitives, doivent être supprimés.

Tagged with →  

One Response to PIS 275 : VIH/SIDA, de nouvelles perspectives pour la réponse

  1. Richard FOTSING dit :

    L’engagement politique soutenu de la communauté internationale reste la clé de l’atteinte de cet objectif 90-90-90, car il conditionne la mobilisation des ressources financières au profit des programmes de lutte contre le VIH, la baisse des prix des antiretroviraux pour les rendre accessibles dans les pays en développement, la mobilisation des ressources pour le renforcement des systèmes de santé notamment l’amélioration de l’accès aux soins de santé et l’appui aux projets de recherche. Il serait également très important sur le plan opérationnel d’intéger les services de dépistage et de traitement de l’infection au VIH dans toutes structures de soins santé primaires. Les maintenir dans des structures agrées comme c’est le cas dans la plupart des pays en developpement constituerait un frein à l’accès aux services de lutte contre le VIH.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please fill in the below * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.