Editorial – Les Comités de santé en Afrique : Parlons-en !

Par Elsbet Lodenstein, KIT Amsterdam (Edité avec la participation de : Olivier Cœur de Roy, Web Editor)
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VIH/SIDA

1. UNAIDS – Les ministres de finances africains ont appelé à une augmentation des investissement pour éliminer l’épidémie du SIDA d’ici 2030

Titre orginal : African ministers of finance call for increased investment to end the AIDS epidemic by 2030

http://www.unaids.org/fr/resources/presscentre/featurestories/2015/april/20150331_africanfinance

Les Ministres des Finances africains et des partenaires clés de la riposte au sida réunis à Addis Abeba, en Éthiopie, ont appelé à augmenter les investissements nationaux pour mettre fin à l’épidémie de sida comme menace pour la santé publique d’ici 2030.

La communauté internationale s’est engagée à remplir les objectifs de traitement 90-90-90, selon lesquels 90 % de toutes les personnes vivant avec le VIH devront connaître leur état sérologique vis-à-vis du VIH, 90 % des personnes diagnostiquées séropositives au VIH devront recevoir un traitement antirétroviral durable et 90 % des personnes sous traitement antirétroviral devront voir leur charge virale disparaître. Si ces objectifs sont atteints en 2020, la fin de l’épidémie de sida dix ans plus tard est possible.

Lors de cette réunion du 29 mars, les ministres ont été rejoints par des représentants d’organisations internationales et régionales, des États membres des Nations Unies et de la société civile, ainsi que par d’autres parties prenantes. Les participants à l’événement de haut niveau intitulé Mettre fin au sida d’ici 2030 : les objectifs 90-90-90 comme plateforme pour des investissements judicieux, l’entreprenariat social et le développement économique, ont insisté sur le fait que des investissements nationaux accrus seront fructueux sur le plan économique. Parmi les effets bénéfiques : un renforcement des systèmes de santé, des économies de coûts à long terme et la promotion des industries pharmaceutiques africaines.

Cette rencontre a eu lieu en marge d’une conférence conjointe de l’Union Africaine et de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, sur le thème Mise en œuvre de l’Agenda 2063 – Planification, mobilisation et financement du développement.

 

Politiques et financement de la santé

2. WHO Bulletin (Editorial) –Manque de toilettes d’eau potable dans les formations sanitaires

Titre original : Lack of toilets and safe water in health-care facilities

http://www.who.int/bulletin/volumes/93/4/15-154609/en/

Résumé par Gaston Wamba

En Mars 2015, l’OMS et l’UNICEF ont publié un rapport concernant l’état de l’eau et l’hygiène et assainissement dans les formations sanitaires (FS) de 54 pays à faible et moyen revenus. Les données de 66 000 FS montrent que l’eau potable était absente dans 40% de ces FS et même, lorsque l’eau est présente, sa qualité pour la consommation est douteuse. Plus du tiers de ces FS manquent du savon pour le lavage des mains et 1/5 manquent des toilettes.

Ceci est un défi pour le secteur de la santé, car les patients ayant besoin de soins peuvent contracter les infections et même en mourir à cause du manque d’hygiène et assainissement et de l’eau potable. Dans les services de néonatalogie, environ 430 000 bébés meurent des suites d’une pauvre hygiène ; elle contribue aussi aux épidémies majeures comme celle du choléra et même à la résistance des agents infectieux aux antibiotiques, un autre problème de santé publique.

Avoir de l’eau potable et une bonne hygiène est fondamental pour une vie saine. Les propositions pour les objectifs de développement durables incluent d’atteindre un accès universel à l’eau potable, l’hygiène et assainissement pour les maisons, les écoles et les FS, d’ici à 2030.

L’amélioration de l’hygiène hospitalière est un besoin urgent et un investissement stratégique pour la santé de la mère et de l’enfant, la prévention de l’infection, la réponse aux épidémies et au renforcement des systèmes de santé selon trois axes :

  • Les politiques et standards doivent être établis et les progrès de l’offre de soins adéquat mesurés, par exemple, les indicateurs concernant l’eau, l’hygiène et assainissement peuvent être incorporés dans les outils de collecte et de gestion des données ;
  • Avoir les ressources financières et humaines adéquates. La formation du personnel à la potalisation de l’eau, à l’hygiène et assainissement, à la gestion des déchets hospitaliers sera tout aussi importante ;
  • Un bon leadership et une bonne coordination sont importants pour une couverture universelle, la santé de la mère et de l’enfant, le contrôle de l’infection et l’accès à l’énergie. Une approche multisectorielle est importante ici, pour arriver à un bon résultat.

Ce rapport nous montre une crise cachée, mais solvable du système sanitaire. Avec un leadership international de l’OMS, et un engagement des gouvernements et des partenaires au développement, les FS peuvent et doivent devenir des modèles en propreté et en soins appropriés et dignes.

Recherche

3. HP&P – L’initiative des soins de santé gratuits : comment a-t-elle affecté les professionnels de santé en Sierra Leone ?

Titre original: The free health care initiative: how has it affected health workers in Sierra Leone?

Sophie Witter et al; http://heapol.oxfordjournals.org/content/early/2015/04/01/heapol.czv006.short?rss=1

Résumé par Alma Benzaïd

En 2002, au sortir de la guerre civile, la Sierra Leone s’est trouvée confrontée à l’absence de personnels médicaux qui avaient fui, ainsi qu’à la prolifération des services soutenus par les ONG. En novembre 2009, le Président a annoncé le lancement des soins de santé gratuits pour les femmes enceintes allaitantes et pour les enfants de moins de 5 ans. Six groupes de travail ont été mis en place pour concevoir les réformes. Il s’agissait essentiellement de résoudre les problèmes de ressources humaines, en recrutant des professionnels et en les déployant dans les régions de manière accélérée. Aussi, il fallait réévaluer les salaires des agents, afin de renforcer leur motivation nécessaire pour assumer une charge de travail accrue. Courant 2011-2012, la seconde série de réformes a introduit un système de sanctions afin de garantir que le personnel se rende effectivement au travail. Une nouvelle politique de rémunération fondée sur la performance a instauré une incitation directe aux personnels. Enfin, une indemnité d’éloignement fut mise en place en janvier 2012 afin d’encourager le personnel à prendre des affectations en zones rurales, moins bien desservies.

Les études relatives à la gratuité des soins de santé menées entre 2012 et 2013 visent à retracer la façon dont le paysage institutionnel a changé et les défis qui demeurent dans les quatre régions de la Sierra Leone : Bonthe, Koinadugu, Kenema et la zone Ouest.

Les données furent recueillies par des méthodes quantitatives et qualitatives, en analysant la carrière des personnels de santé, en interrogeant des acteurs clés sur les recommandations qu’ils proposent et en étudiant les changements de densité du personnel et le taux d’absentéisme.

Les études ont permis de rendre compte de l’efficacité générale de la première vague des réformes. Toutefois, si le nombre d’employés a doublé, les médecins et les infirmières demeurent trop peu nombreux dans le pays. Si la gestion de la paie s’est considérablement améliorée, de nombreux travailleurs de santé ne perçoivent aucune compensation étatique et sont rémunérés sur la base du chiffre d’affaire des installations et sur des paiements informels de patients. Au cours des entrevues, les professionnels ont relevé certains effets négatifs, liés à l’augmentation de la charge de travail face à des ressources humaines limitées. Cela empêche certains établissements de santé à faire face efficacement au nombre de patients.

Les études menées s’accordent à dire que le recrutement et le déploiement des professionnels sont trop lents. A cet effet, la gestion des ressources humaines devrait cesser d’être centralisée pour être dévolue aux districts. En atteste l’épidémie actuelle d’Ebola, où les agents de santé étaient les principales victimes : non seulement de nombreux professionnels de santé ont été infectés et tués, mais ils ont aussi été stigmatisés par les communautés en tant que vecteurs de contamination. En conséquence, beaucoup d’entre eux ont quitté leur emploi.

En conclusion, l’initiative des soins de santé gratuits a eu un effet majeur sur les professionnels de santé en Sierra Leone. Les réformes ainsi déclenchées ont changé significativement leur nombre, leur paye et leur charge de travail. Dans l’ensemble, leur motivation s’est améliorée mais des tensions sont apparues entre les professionnels, relatives à des disparités de qualifications et d’incitations financières entre les équipes. En période post-Ebola, ces défis apparaissent d’autant plus urgents.

 

 

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