Bonjour à tous nos chers lecteurs,

Bruno Meessen revient sur une récente session de commission de l’Assemblée Parlementaire Paritaire des pays de l’Afrique-Caraïbes-Pacifique et de l’Union Européenne. On y a parlé d’Ebola et des enjeux en matière de confiance et de transparence. Avec les Communautés de Pratique, nous avons envie de relever le défi.

Ce 24 mars était la Journée Mondiale de lutte contre la tuberculose. Nous avons inséré dans ce numéro, le message de l’OMS. Un article intéressant sur le VIH/SIDA identifie les barrières qui limitent l’offre de soins pour la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre. Le troisième article analyse la contribution de la faible gouvernance et de la corruption sur l’émergence de la résistance aux antibiotiques.

Bonne fin de semaine

Basile Keugoung, MD, MPH, PhD

 

Editorial – Ebola: à crise globale, redevabilité totale ?

Par Bruno Meessen
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Maladies infectieuses

1. PlosOne: Résistance aux antibiotiques: la contribution majeure de mauvaise gouvernance et de la corruption

Titre original – Antimicrobial Resistance: The Major Contribution of Poor Governance and Corruption to This Growing Problem

Collignon P et al

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0116746

L’objectif de cet article est de déterminer comment les facteurs gouvernementaux, sociaux et économiques influencent la propagation de la résistance aux antibiotiques en comparaison aux facteurs habituels tels que l’utilisation des antibiotiques et le niveau de développement économique. Une étude rétrospective multivariée de la variation de la résistance des antibiotiques en Europe a été effectuée. Les indicateurs étaient l’utilisation des antibiotiques, les dépenses privées pour les soins, le niveau d’éducation tertiaire, le niveau de développement économique (PIB par habitant) et la qualité de la gouvernance (corruption). Le modèle d’analyse a utilisé un panel de données concernant 7 germes fréquemment isolés et couvrant 8 pays européens pour la période 1998-2010.

Seuls 28% de la variation de la résistance aux antibiotiques entre les pays est attribuable à l’utilisation des antibiotiques. Si l’effet du temps est inclue dans l’analyse, cet effet augmente à 33%. Si l’effet de la corruption est introduit dans l’analyse, 63% de la variation aux antibiotiques est expliquée par la régression. La régression multivariée complète ajoute uniquement 7% en termes d’efficacité de la pratique, indiquant que la corruption est le principal facteur socio-économique.

L’analyse multivariée montre que le niveau de revenu d’un pays n’a pas d’effet sur le taux de résistance aux antibiotiques. L’impact de la corruption est significatif (p<0,01). Une réduction d’une unité sur l’indice de corruption entraine une réduction de la résistance aux antibiotiques de 0,7 unité. De même, une réduction des dépenses privées de santé d’une unité est associée à une réduction de la résistance aux antibiotiques de 0,2 unité.

Ces résultats supportent l’hypothèse que la mauvaise gouvernance et la corruption contribuent à accroitre la résistance aux antibiotiques et la résistance n’est pas toujours corrélée aux volumes des antibiotiques utilisés. Ainsi, la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance aboutiront à une réduction de la résistance aux antibiotiques.

Tuberculose

2. WHO – L’OMS appelle à accélérer l’action pour mettre fin à la tuberculose

Titre original: WHO calls on the world to “Gear up to End TB”

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/end-tb/en/

Alors que les pays célèbrent la Journée mondiale de la tuberculose le 24 mars, l’Organisation mondiale de la Santé appelle à «une solidarité et à une action mondiales» pour soutenir une nouvelle stratégie sur 20 ans visant à mettre fin à l’épidémie mondiale de tuberculose.

On a assisté ces dernières années à d’énormes progrès dans la lutte antituberculeuse, avec plus de 37 millions de vies sauvées, mais il reste encore beaucoup à faire. En 2013, 9 millions de personnes ont contracté la tuberculose, dont près d’un demi-million une forme multirésistante beaucoup plus difficile à traiter. On estime que 1,5 million de personnes meurent encore de la tuberculose chaque année.

La maladie a souvent des conséquences économiques dévastatrices pour les familles touchées, réduisant leur revenu annuel de 50% en moyenne et aggravant les inégalités existantes.

La Stratégie OMS Halte à la tuberculose adoptée par les gouvernements lors de l’Assemblée mondiale de la Santé l’année dernière a pour but de promouvoir l’action dans trois domaines principaux:

  • des soins et des mesures préventives intégrés centrés sur le patient pour tous ceux qui en ont besoin, y compris les enfants;
  • des politiques audacieuses et des systèmes de soutien;
  • et une intensification de la recherche et de l’innovation.

La Stratégie fixe des cibles ambitieuses d’ici 2035:

  • une réduction de 95% des décès par tuberculose
  • et une réduction de 90% des cas de tuberculose.

L’une des étapes importantes à atteindre au cours des cinq prochaines années (d’ici 2020) est l’élimination des coûts prohibitifs pour les malades et leur famille, ce qui pourrait se faire en rendant les soins plus accessibles et moyennant des systèmes de protection financière visant à réduire les dépenses médicales et non médicales, ainsi que les pertes de revenu.

L’année 2015 est considérée comme une année critique pour l’action en vue d’adapter et de mettre en œuvre la Stratégie dans divers contextes nationaux. Le succès de la Stratégie exigera de l’ensemble des intervenants du domaine de la tuberculose dans le monde qu’ils travaillent ensemble pour mobiliser alliances et ressources.

La Stratégie a pour but de combattre la tuberculose parmi les groupes vulnérables, y compris des personnes vivant avec le VIH qui contractent la tuberculose. En 2013, on estimait que 1,1 million de personnes étaient infectées à la fois par le VIH et la tuberculose, dont 360 000 sont décédées.

Il convient également de combler les déficits de financement persistants dans la lutte antituberculeuse si l’on veut accélérer les progrès et mettre fin à l’épidémie mondiale. Il est vital que le déficit de ressources de 2 milliards de dollars (US $) par an pour les interventions antituberculeuses et de 1,39 milliard pour la recherche sur la tuberculose soit comblé.

Il est essentiel d’accélérer la recherche et l’innovation en ce qui concerne les sciences fondamentales, les nouveaux outils diagnostiques, les médicaments et les vaccins et leur introduction rapide, pour interrompre la trajectoire de l’épidémie et atteindre les cibles mondiales.

VIH/SIDA

3. JAIDS – Passage à l’échelle des interventions de lutte contre le VIH au sein des populations clés en Afrique de l’Ouest

Wheeler et al

Titre original- Scaling-Up HIV Responses with Key Populations in West Africa

http://journals.lww.com/jaids/Fulltext/2015/03011/Scaling_Up_HIV_Responses_with_Key_Populations_in.1.aspx

En dépit des décennies d’interventions contre le VIH en Afrique centrale et de l’Ouest, la réponse contre le VIH au sein de populations clés reste une thématique peu étudiée. Plusieurs études ont mis en évidence des données épidémiologiques et comportementales qui montrent une faiblesse des bailleurs et des gouvernements à s’occuper des populations clés. Cet article donne une meilleure compréhension de la charge épidémiologique et structurelle à laquelle font face les populations clés en Afrique de l’Ouest et du Centre et analyse comment améliorer la réponse à travers un meilleur ciblage.

Les populations clés font face aux barrières structurelles y compris institutionnelles et les violences sexuelles et le stigma, la criminalisation, la marginalisation. En dépit de l’existence d’interventions à petite échelle qui ont montré l’importance et l’efficacité des services intégrés pour les populations clés, il existe encore une offre non congruente, de dépistage ou de planning familial. De même, l’allocation de ressources n’est pas proportionnelle avec la charge morbide du VIH et le faible accès aux services peut aboutir à des épidémies de VIH dans la région.

Ces déterminants proximaux et distaux doivent être pris en compte, soutenus par les communautés, avec des ressources allouées de façon suffisante, ciblant ceux qui sont plus à risque d’acquérir ou de transmettre le VIH. Des interventions qui réduisent les barrières d’accès aux services tels que la prise du traitement par ceux vivant avec le VIH. Une meilleure analyse et l’utilisation des données pour la planification stratégique ont le potentiel d’aboutir à un meilleur ciblage pour les programmes de prévention, de soins et de traitement pour les populations clés affectées par le VIH. il y a une nécessité pour une action globale pour faire face au VIH chez les populations clés en Afrique centrale et de l’Ouest.

 

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