Nous avons cherché des documents et des références clés sur la maladie  à virus Ebola. Ces sources aideront les décideurs, les gestionnaires, les praticiens et les patients à mieux comprendre la maladie et les stratégies de lutte, à concevoir et à mettre à jours les documents opérationnels et enfin à mobiliser les acteurs pour une réponse appropriée.

Le feedback des prestataires de terrain est aussi fondamental pour porter leurs messages auprès de la communauté internationale.

Nous sommes convaincus que l’organisation d’une conférence internationale sur la maladie à virus Ebola reste une urgente nécessité.

Bonne Lecture

Basile Keugoung

Editorial – Maladie à virus Ebola : 5 ressources clés à lire

Par Basile Keugoung

La maladie à virus Ebola ne cesse de progresser avec près de 3500 cas et 1900 décès au 03 septembre 2014. Cette situation interpelle. Cette épidémie a duré déjà près de 8 mois et les chiffres actuels sont alarmants. L’OMS a considéré cette épidémie comme une urgence sanitaire mondiale. Ce type d’appel fait il y a quelques années dans le cadre de la lutte contre la polio a suscité une mobilisation internationale et des campagnes de vaccination ont été organisées dans tous les pays infectés ou menacés.

Aujourd’hui, on peut se poser la question pourquoi la FHE ne préoccupe pas les acteurs mondiaux de santé publique, le G8, le G20, le FMI, la Banque Mondiale, les firmes pharmaceutiques… Pourtant, les conséquences sanitaires, économiques et sociales ne sont plus à démontrer.

Cette semaine, nous avons publié cinq documents que nous avons jugés comme très pertinents pour préparer ou organiser une meilleure riposte contre la maladie à virus Ebola. D’autres documents pourraient certainement être tout aussi importants, mais pas nécessairement disponibles en ligne. De plus, notre recherche n’a pas été exhaustive. La liste de ces documents pourrait donc s’allonger si vous nous envoyez d’autres documents pertinents…

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 Paludisme

1. TMIH – Paludisme chez les enfants d’âge scolaire : un défi majeur croissant

Titre original : Malaria in school-age children in Africa: an increasingly important challenge

J Nankabirwa et al.;

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/tmi.12374/abstract

Peu d’attention est accordée au paludisme chez les enfants d’âge scolaire. Des mesures sont souvent prises pour réduire la prévalence du paludisme chez les nourrissons, ce qui se traduit par l’acquisition plus tardive de la prémunition contre le paludisme. Par conséquent, il pourrait avoir dans les prochaines années une augmentation de l’incidence du paludisme chez les enfants d’âge scolaire dans les zones qui étaient hautement endémiques. Cette revue qui se focalise sur l’Afrique, les données récentes sur la prévalence du parasite du paludisme dans le sang et l’incidence du paludisme clinique chez les enfants africains d’âge scolaire sont présentées, et les évidences que le paludisme affecte aussi plus les performances scolaires sont revues.

Les moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action sont une méthode efficace de contrôle du paludisme mais les études ont montré que les enfants d’âge scolaire utilisent moins fréquemment les moustiquaires que les autres groupes de populations. Les antipaludiques sont aussi utilisés comme moyens de contrôle du paludisme. Leur utilisation comme chimioprophylaxie réduit le risque d’anémie et améliore la performance scolaire mais pas de façon systématique et les recherches sont nécessaires pour savoir dans quelles situations cette chimioprophylaxie est plus efficace. A long terme, le vaccin contre le paludisme jouera un rôle clé pour protéger certains groupes de populations contre le paludisme. Au-delà de l’approche, il est important d’inclure cette notion dans les mesures de lutte pour améliorer la santé des enfants d’âge scolaire d’Afrique

VIH/SIDA

2. TMIH- Modèles de soins à base communautaire pour le traitement des personnes infectées par le VIH en Afrique sub-saharienne

Titre original Community-supported models of care for people on HIV treatment in sub-Saharan Africa

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/tmi.12332/abstract

M Bemelmans et al;

Généraliser le traitement antirétroviral (ARV) à tous ceux qui en ont besoin tout en tenant compte de la cohorte grandissante des patients sous trithérapie exige une adaptation continue des stratégies de dispensation.

Pour cette étude, 4 approches ont été utilisées par 4 pays de l’Afrique Sub-Saharienne avec pour but de simplifier la dispensation des ARV aux patients, à savoir :

  • Les rendez-vous espacés avec évaluation clinique et dispensation d’ARV au Malawi ;
  • L’utilisation des pairs éducateurs pour encourager la recharge d’ARV en Afrique du Sud ;
  • Les points de distribution communautaires des ARV en RDC ;
  • Et, les groupes communautaires dirigés par les patients sous ARV au Mozambique.

Ces approches ont réduit le fardeau à la fois pour le patient et le système de santé, avec accroissement de la rétention aux soins élevée ; 94% en 36 mois au Malawi, 89% en 12 mois en RDC, 97% en 40 mois en Afrique du Sud et 92% en 48 mois au Mozambique ; et à des coûts réduits.

En conclusion, la séparation de l’évaluation clinique de la recharge de médicaments a un gain à la fois pour le patient et le programme, le succès de la trithérapie communautaire dépend d’une assistance et des ressources fiables, d’un système de dispensation fiable, d’un accès à une prise en charge clinique de qualité, ainsi que d’un bon système de monitoring.

Santé infantile

3. OMS – De nouvelles données montrent que les taux de mortalité de l’enfant n’ont jamais baissé aussi vite

Communiqué de presse conjoint OMS, UNICEF, Groupe de la Banque mondiale

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/child_mortality_estimates/fr/

De nouvelles données les Nations Unies indiquent que les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans ont diminué de 49% entre 1990 et 2013. La réduction annuelle moyenne s’est accélérée – dans certains pays elle a même triplé – mais l’ensemble des progrès ne satisfont toujours pas les objectifs mondiaux qui sont la diminution de deux tiers de la mortalité chez les moins de cinq ans d’ici 2015.

Les nouvelles estimations du rapport 2014 Niveaux et tendances de la mortalité infantile (Levels and Trends in Child Mortality) montrent que, en 2013, 6,3 millions d’enfants de moins de cinq ans sont décédés principalement de causes évitables, soit environ 200 000 de moins qu’en 2012; néanmoins, ce chiffre représente toujours près de 17 000 décès d’enfants par jour.

En 2013, 2,8 millions de bébés sont morts durant le premier mois de leur vie, ce qui représente environ 44% de l’ensemble des décès chez les moins de cinq ans. Environ deux tiers de ces décès se sont produits dans 10 pays seulement. Le nombre de décès néonatals a certes diminué mais les progrès ont été plus lents que pour le taux de mortalité d’ensemble des enfants de moins de cinq ans.

Cette année en juin, l’OMS, l’UNICEF et ses partenaires ont publié le tout premier plan destiné à mettre fin aux décès de nouveau-nés et aux décès à la naissance dus à des causes évitables d’ici 2035. Le Plan d’action «Chaque nouveau-né» demande à tous les pays de prendre des mesures pour assurer des services de santé de base d’un bon rapport coût-efficacité – particulièrement autour de la période d’accouchement mais aussi pour les bébés malades – et pour améliorer la qualité des soins.

Parmi les autres conclusions importantes du rapport:

  • Huit des 60 pays définis comme «pays à mortalité élevée» – qui affichent au moins 40 décès d’enfants de moins de cinq ans pour 1 000 naissances vivantes – ont déjà atteint ou dépassé la cible de l’OMD (réduction de 67%). Ces pays sont: le Malawi (72), le Bangladesh (71), le Libéria (71), la Tanzanie (69), l’Éthiopie (69), le Timor-oriental (68), le Niger (68) et l’Érythrée (67).
  • L’Asie de l’Est, l’Amérique latine et les Caraïbes ainsi que l’Afrique du Nord ont déjà réduit le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans de plus de deux tiers.
  • Deux pays, l’Inde (21%) et le Nigéria (13%), représentent ensemble plus du tiers des décès chez les enfants de moins de cinq ans.
  • L’Afrique subsaharienne a réduit ses taux de mortalité de 48% depuis 1990 mais elle affiche toujours le taux le plus élevé du monde – 92 décès pour 1 000 naissances vivantes – soit près de 15 fois plus que la moyenne des pays à revenus élevés.
  • Les enfants nés en Angola, le pays qui a le taux de mortalité le plus élevé du monde chez les moins de cinq ans (167 décès pour 1 000 naissances vivantes), risquent 84 fois plus de mourir avant l’âge de cinq ans que les enfants nés au Luxembourg, le pays qui a le taux le moins élevé (2). Au sein des pays, une prospérité relative, l’éducation et la situation géographique sont essentiels, le risque de mourir pour un enfant augmentant s’il naît dans une zone rurale isolée, dans un foyer défavorisé ou si la mère n’a pas été scolarisée.

Les causes principales de décès chez les enfants de moins de cinq ans sont les complications lors d’un accouchement prématuré (17%); la pneumonie (15%); les complications pendant l’accouchement (11%); la diarrhée (9%); et le paludisme (7%). La sous-nutrition contribue à près de la moitié de l’ensemble des décès chez les enfants de moins de 5 ans.

 

 

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