Bonjour à tous

J’approuve cette conférence internationale sur Ebola pour mobiliser davantage de ressources pour stopper l’épidémie dans les pays touchés. Mais j’ajoute que cette conférence internationale doit offrir aussi en urgence un cadre de réflexion pour mobiliser les ressources afin d’accompagner aussi la préparation de la riposte dans les pays non encore touchés d’Afrique de l’Ouest. Car ces pays ont certainement des difficultés financières pour préparer convenablement la riposte souvent dans un contexte de maigre budget alloué à la prévention et à la gestion des catastrophes. Si on oublie cet aspect préventif de la gestion de l’épidémie d’Ebola devenue une catastrophe mondiale, le monde se retrouvera dans un tourbillon de contaminations inter-pays à l’image des contaminations inter-districts dans un pays contaminé.
Dr Diallo a souligné la cause profonde expliquant que le virus Ebola fait si tant de ravages en Afrique de l’Ouest: c’est la faiblesse du système de santé en Afrique. Retournons aux conclusions de la conférence de Dakar sur les districts sanitaires en Afrique pour y tirer tous les leçons. Les pays qui préparent la riposte doivent opérationnaliser cette riposte en tenant compte des faiblesses propres à leur système de santé. La réussite à cerner une épidémie d’Ebola comme toute épidémie passe par des stratégies qui visent à détecter et contrôler le premier cas. Il faudrait que chaque niveau du systèmes de santé, chaque acteur non encore affecté réponde la question suivante: Quelles sont les obstacles qui peuvent m’empêcher de bien gérer le premier cas d’Ebola et contribuer à la propagation de l’épidémie (dans mon organization, mon pays, ma région, mon district, mon aire de santé…)?

Oui, c’est vrai que Ebola fait très peur. Mais en réalité Ebola mets au grand jour la faiblesse de nos systèmes de santé en Afrique que nous avons ensemble construite dans le temps. Ebola montre aussi qu’un système de santé faible dans une partie du monde menace le monde entier. Les responsabilités sont à tous les niveaux depuis la communauté, les prestataires de soins, les structures d’offre de soins, les ministères de la santé et ses démembrements, les autres secteurs autres que santé (économie, éducation, agriculture…) et la communauté internationale. Les pays en préparation de la riposte à l’épidémie d’Ebola doivent très rapidement développer des stratégies pour augmenter les chances pour mieuxgérer le premier cas d’Ebola importé ou non.

Pour mon pays le Bénin, qui se prépare, c’est ici pour moi l’occasion de saluer tous les acteurs dans la lutte et encourager le ministère de la santé pour tous les efforts jusqu’ici accomplis.

Quels sont les 10 points clés?
Nous devons accroitre la mobilisation des ressources tant au niveau local qu’international, pour:
1- Rendre obligatoire pour toutes les formations sanitaires publiques comme privées (autorisées ou non) la notification des maladies sous surveillance épidémiologique. Ce sera pour nous une opportunité de capturer davantage les formations sanitaires privées pour une meilleure régulation et de régler d’autres problèmes dans le secteur.
2- Renforcer la surveillance au niveau communautaire (toutes les zones sanitaires n’ont pas de relais communautaires faute de moyens financiers surtout dans le Littoral du Bénin).
3- Sensibiliser au maximum les communautés sur la maladie et sa prévention afin de diminuer les fausses perceptions qui contribuent à propager l’épidémie.
4- Recommander vivement au niveau de chaque structure de santé la réfection des salles d’isolement pour qu’elles répondent aux normes de sécurité (vestiaire, toilette) pour réduire le risque de contamination et de décès du personnel soignant, un gros facteur de propagation de l’épidémie dans les pays touchés, semant la débandade). Le ministère de la santé seul ne peut tout faire.
5- Mobiliser les ressources pour accompagner les formations sanitaires n’ayant pas de ressources pour réfectionner ces salles d’isolement à l’image de l’opération du ministre de la santé du Bénin ‘120 jours pour équiper les hôpitaux’. Il faudrait réduire au maximum le délai d’attente des cas suspects dans les formations sanitaires qu’on sait déjà fragiles en matière d’hygiène sanitaire.
6- Rendre disponible et en quantité suffisante le matériels de protection et de désinfection (gants, blouses, masques, lunette de protection, eau de javel…) dans toutes les formations sanitaires y compris privées. Ce sera une occasion pour le privé de comprendre que l’État a un rôle de régulateur et que l’installation anarchique de cabinets à des conséquences néfastes.
7- Renforcer les capacités du personnel des formations sanitaires pour la gestion des cas d’Ebola et de celles des zones sanitaires (districts de santé) pour une supervision plus rapprochée, par exemple de l’application des mesures d’hygiènes dans les toutes les formations sanitaires.
8- Centraliser la prise en charge des cas suspects ou probables, des cas confirmés dans chaque département déjà au tout début de l’épidémie et partager les expériences entre prestataires et pays
9- Mettre à contribution les autres secteurs vétérinaire, environnement, sécurité…
10- Organiser la Conférence Internationale sur Ebola

Je salue Médecins Sans Frontières pour son courage et son dévouement.
Vivement que la conférence internationale pour la mobilisation de ressources et des savoirs pour une meilleure gestion de l’épidémie d’Ebola dans les pays affectés et pour une meilleure préparation de la riposte dans les pays non encore affectés.
Sincères salutations et je serai heureuse de recevoir votre feedback;

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Dr Laurinda GBAGUIDI
MD, MPH-Health Systems Management & Policy
Email: [email protected]
Tél: (00229) 97-23-10-23
04BP0758 Cadjèhoun, Cotonou/Bénin

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