Chers Lecteurs,

Cette semaine, la Coupe de Football FIFA Brésil 2014 va bientôt éteindre ses lampions. La finale se jouera le dimanche 13 juillet et opposera l’Allemagne et l’Argentine. Une occasion pour nous de rappeler l’importance du sport pour la santé.

Ensuite nous vous proposons des articles sur la fièvre Ebola, le VIH/SIDA, la tuberculose et des astuces pour développer de meilleurs services de santé.

Bonne Lecture

 

Basile Keugoung

 

Editorial : Activité physique et santé

Par Basile Keugoung

La Coupe du Monde de football au Brésil connait ses finalistes: Allemagne et Argentine. Il n’y aura donc pas un ‘noviste’ en finale. L’Europe et l’Amérique se disputeront encore le précieux trophée. Le temps n’est pas au pronostic car chacun des deux pays possède des atouts indéniables qui peuvent lui permettre de gagner. La balle sera ronde et le terrain plat pour tous. Chaque joueur sera autorisé à marcher, courir, sauter, frapper sur le ballon avec toutes les parties du corps sauf les membres supérieur. Les joueurs et les arbitres auront au moins 90 minutes pour mener  ces activités physiques. Dans les gradins, des milliers de spectateurs vont sautiller, applaudir et crier pour encourager leur équipe.

Au-delà du football, le sport sortira vainqueur et nous rappellera la nécessité de faire des activités physiques de façon régulière pour lutter ou prévenir de nombreuses maladies chroniques non transmissibles. En effet, le diabète, l’hypertension artérielle et d’autres maladies cardiovasculaires menacent aujourd’hui la santé individuelle et publique. Les experts sont unanimes sur la contribution de la sédentarité. En effet, la population urbaine augmente, les moyens de transport se multiplient. En Afrique sub-saharienne, l’utilisation de la moto dans les villes et les campagnes s’est accrue et les petites distances jadis couvertes par une marche à pied sont devenues des trajets desservies par les motos. Elles ont l’avantage de passer plus facilement sur les pistes, sentiers, et même les mauvaises routes, d’être rapides  et le coût du transport est plus abordable. En plus, les motos peuvent faufiler entre les embouteillages souvent interminables aux heures de pointes.

Si jadis, le diabète ou l’hypertension étaient considérées comme les maladies du ‘riche’, ils touchent aujourd’hui autant le pauvre que le riche car il est devenu donc aussi sédentaire que le riche. Le régime alimentaire du pauvre contient autant de graisses voire d’alcool que celui du riche. Le riche se déplace en voiture et le pauvre à moto. Donc tous sont sédentaires.

Malheureusement, le pauvre n’a pas les moyens pour faire le lourd et cher bilan de laboratoire, ni pour acheter régulièrement les médicaments, ou rencontrer les meilleurs spécialistes. En plus, il est plus exposé aux maladies infectieuses car ils habitent plus dans les bidonvilles où l’hygiène et la salubrité laissent à désirer. Dans bon nombre de pays d’Afrique sub-saharienne, l’accès aux soins est conditionné par les paiements directs par le malade.

La Coupe du monde du Football devrait donc nous interpeller pour que nous fassions régulièrement des activités physiques pour réduire notre sédentarité et améliorer notre santé. Elle devrait aussi interpeller les gouvernements (nationaux, régionaux et locaux) pour qu’ils mettent en place des infrastructures permettant aux populations d’être physiquement plus actifs.  D’ailleurs, en créant de petits stades dans chaque Commune, le football gagnerait à travers la pratique régulière de ce sport par les jeunes et ceci permettrait de détecter des futurs Eto’o Fils, Messi, Neymar, Ronaldo…

Fièvre Ebola

1.     WHO – Les Ministres de la santé adoptent les interventions prioritaires pour faire face à l’épidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest

Titre original: Health Ministers agree on priority actions to end Ebola outbreak in West Africa

http://www.afro.who.int/en/media-centre/pressreleases/item/6695-health-ministers-agree-on-priority-actions-to-end-ebola-outbreak-in-west-africa.html

La réunion ministérielle sur la fièvre Ebola s’est achevée le 3 juillet 2014 à Accra (Ghana). Au total, 750 cas dont 445 décès ont été enregistrés depuis mars 2014 en Guinée, Sierra Léone et au Libéria. Les ministres ont reconnu que l’épidémie était une menace pour tous les pays et ont appelé à une action immédiate. L’épidémie a un impact social et économique et nécessité des actions coordonnées de tous les détenteurs d’enjeux, une collaboration transfrontalière et une participation des communautés.

Il reste des défis à surmonter tels que la coordination de la lutte, le financement, la communication, la collaboration transfrontalière, la logistique et la prise en charge des cas, la surveillance, la participation communautaire et la recherche.

L’OMS ca ouvrir un Centre sous-régional en Guinée pour server de plate-forme de coordination afin de consolider et d’harmoniser  l’appui technique aux pays d’Afrique de l’Ouest,  et mobiliser les partenaires et les ressources. Les actions prioritaires suivantes ont été identifiées :

  • Tenir des réunions intersectorielles avec les ministères, les comités techniques nationaux et autres acteurs pour la mise en œuvre de la stratégie
  • Mobiliser les leaders communautaires, politiques et religieux pour renforcer la compréhension de la maladie et la prise de conscience
  • Renforcer la surveillance, le reportage des cas et la recherche des cas contact
  • Déployer les ressources humaines compétentes dans les foyers
  • Lever les fonds nationaux
  • Organiser les rencontres transfrontalières pour faciliter les échanges d’informations
  • Partager les expériences

Les participants ont invité les partenaires à maintenir leur appui technique et financier et à travailler avec l’OMS pour une coordination de la réponse.

VIH/SIDA

2.     Union africaine : traduire les engagements politiques en actions

ONUSIDA
Les chefs d’Etat africains se sont engagés à soutenir les efforts pour mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme en adoptant les recommandations formulées dans un rapport AIDS Watch Africa – y compris la priorité au sida, à la tuberculose et au paludisme dans les nouveaux objectifs de développement pour garantir que le financement international continu dédié à la riposte ne sera pas menacé – pendant le vingt-troisième Sommet de l’Union africaine qui a eu lieu du 20 au 27 Juin à Malabo, Guinée équatoriale.

Le rapport de SIDA Africa Watch, un instrument animé par l’Afrique pour encourager les leaders à se mettre en action et mobiliser les ressources nécessaires pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme de manière efficace, durable et responsable, souligne la nécessité d’un soutien international continu dans l’esprit de partage responsabilité et solidarité mondiale. Toutefois, il souligne également l’importance de développer des solutions vers un financement intérieur innovant pour la santé, et exhorte les pays à continuer de donner la priorité aux ripostes fondées sur les droits.

Lors de sa visite en Guinée équatoriale, M. Michel Sidibé a rencontré Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de Guinée équatoriale, où il s’est engagé à fournir une assistance technique de l’ONUSIDA pour contribuer à la réalisation d’une riposte au VIH plus efficace et coordonnée. M. Sidibé a également rencontré le président ougandais Yoweri Museveni qui a annoncé qu’il renverra pour révision au Parlement la loi controversée, à savoir la loi 2010 sur la prévention et contrôle du VIH/sida introduite le 19 mai.

Pendant ce temps à Malabo, M. Sidibé a également participé à l’Assemblée générale extraordinaire de l’Organisation des Premières dames d’Afrique contre le VIH/sida (OPDAS). Lors de l’Assemblée générale, les Premières dames ont lancé leur rapport d’activité, qui comprend des plans pour réduire le nombre de femmes infectées et affectées par le VIH dans leur pays, le rôle des guérisseurs traditionnels dans la réalisation de l’accès universel au traitement anti-VIH et la fourniture de contrôles prénatal et postnatal gratuits pour les femmes.

 

3.     TMIH – The changing face of the HIV epidemic in sub-Saharan Africa

Portia C. Mutevedz et al. ;  http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/tmi.12344/abstract

Le passage à l’échelle de la trithérapie a changé de façon substantielle la face du VIH. L’initiation précoce des antirétroviraux (ARV) chez les personnes infectées par le VIH réduit de façon considérable la mortalité et améliore la qualité du travail à des niveaux comparables à ceux des personnes non infectées. La trithérapie réduit la transmission du virus. Même si le condom est très efficace dans la prévention du VIH, cette stratégie est affectée par la faible voire mauvaise utilisation. La circoncision réduit également la transmission du VIH mais elle est peu pratiquée dans certains contextes. La trithérapie pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement peut éliminer la transmission mère-enfant du VIH mais la mise en œuvre est difficile dans les pays à faible revenu.

Les recommandations actuelles de prévention se focalisent sur une série d’approches préventives : la trithérapie comme traitement ou prophylaxie en pré ou post-exposition, le condom, la circoncision, et le changement de comportement sexuel. L’augmentation de la survie des personnes infectées par le VIH et la réduction du risque de transmission se traduisent par une stabilisation de l’incidence du VIH et une augmentation de la prévalence du VIH. Mais la prévention et le traitement du VIH sont menacés par des méthodes préventives et thérapeutiques à observer toute la vie, et par le vieillissement des personnes infectées par le VIH qui complique leur prise en charge.

Alors que la pensée actuelle suggère qu’une détection précoce de l’infection et la mise sous ARV pourrait aboutir à l’élimination de l’épidémie, il n’est pas encore certain que l’on pourrait facilement en finir avec l’épidémie.

4.     WHO – L’OMS vise l’élimination de la tuberculose dans plus de 30 pays

Titre original: WHO targets elimination of TB in over 30 countries

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/tb-elimination/fr/

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté aujourd’hui, de concert avec la European Respiratory Society (ERS), un nouveau cadre pour éliminer la tuberculose dans les pays où cette maladie est peu répandue.

Actuellement, 33 pays et territoires enregistrent moins de 10 cas de tuberculose pour un 100000 habitants–Allemagne, Australie, Autriche, Bahamas, Belgique, Canada, Chypre, Cisjordanie et Bande de Gaza, Costa Rica, Cuba, Danemark, Émirats arabes unis, États-Unis d’Amérique, Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Israël, Italie, Jamaïque, Jordanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Porto Rico, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse.

Le cadre définit une phase initiale de «pré-élimination», consistant à ramener le nombre annuel de nouveaux cas de tuberculose dans ces pays à moins de 1 pour 100000 habitants d’ici 2035. Le but est ensuite l’élimination complète de la tuberculose à l’horizon 2050, soit moins d’un cas par an pour un million d’habitants.

Aujourd’hui, 155 000 personnes contractent encore la maladie et 10 000 en meurent chaque année dans ces 33 pays. Des millions de personnes sont porteuses du bacille tuberculeux et risquent de tomber malades.

Le cadre proposé s’appuie sur des méthodes qui font déjà leurs preuves. Il a été élaboré avec des experts des pays à faible charge de morbidité et s’inspire de la nouvelle stratégie mondiale OMS de lutte contre la tuberculose, 2016-2035, approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2014. Des représentants des pays concernés ont examiné le cadre et débattu de son application lors d’une réunion co-organisée à Rome par l’OMS et l’ERS, en collaboration avec le ministère de la santé italien.

L’Italie est l’un des 21 pays européens visés par le cadre. Au nombre des 33 pays, territoires et zones concernés figurent aussi sept pays des Amériques, trois de la Région OMS de la Méditerranée orientale et deux de la Région OMS du Pacifique occidental.

Les pays sont conscients qu’ils doivent ensemble redoubler d’efforts pour éliminer la tuberculose en tant que problème de santé publique et éviter sa recrudescence. La tuberculose ayant reculé dans beaucoup de ces pays, l’attention accordée à ce problème de santé publique s’est relâchée et la capacité à le combattre pourrait s’en trouver diminuée.

–          Huit interventions clés

Le nouveau cadre de l’OMS met en avant l’efficacité de huit interventions essentielles, réunies en un tout cohérent pour avoir un impact dans les pays visés:

  • assurer un financement et une tutelle garantissant une planification et des services de grande qualité;
  • prendre en compte les groupes les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre;
  • prendre en compte les besoins particuliers des populations migrantes et les problèmes transfrontières;
  • dépister la tuberculose évolutive et l’infection tuberculeuse latente dans les groupes à haut risque et fournir un traitement adéquat; juguler les flambées;
  • optimiser la prévention et la prise en charge de la tuberculose multirésistante;
  • assurer une surveillance continue et procéder au suivi et à l’évaluation des programmes;
  • investir dans la recherche et dans de nouveaux outils;
  • soutenir la lutte contre la tuberculose à l’échelle mondiale.

Au nombre des groupes les plus vulnérables figurent les personnes démunies ou sans abri, les migrants et les membres de minorités ethniques. En outre, les toxicomanes et les détenus, de même que les personnes immunodéprimées (personnes vivant avec le VIH, souffrant de malnutrition ou de diabète, fumeurs et gros buveurs) risquent bien plus que les autres de contracter la tuberculose. Pour beaucoup de ces groupes vulnérables, l’accès aux services de santé est difficile.

–          Une lutte au niveau transfrontalier

La lutte contre la tuberculose dans le contexte des migrations transfrontalières peut aussi poser de sérieuses difficultés aux personnels de soins de santé. Nombre de personnes sous traitement antituberculeux n’ont parfois pas d’autre choix que de changer de lieu pour travailler, même si elles n’ont pas fini leur traitement.

La mondialisation et l’intensification des mouvements de population favorisent la propagation de la tuberculose – maladie infectieuse à transmission aérienne – d’une communauté à une autre et d’un pays à un autre. Pour éliminer la maladie dans les pays à faible charge de morbidité, il faudra considérablement étendre les services de prévention et de prise en charge de la tuberculose dans les pays à forte incidence. Cette interdépendance appelle une action concertée et une proche collaboration entre les pays lourdement et faiblement touchés.

5.     Guardian – 14 astuces pour développer de meilleurs services de santé

Titre original : 14 routes to the best health service

http://www.theguardian.com/global-development-professionals-network/2014/jul/02/health-service-developing-countries

Un panel d’experts de santé publique a participé à une discussion organisée par le Guardian. Voici les 14 astuces pour arriver à de meilleurs services de santé :

  1. Avoir un plan national
  2. Contrôler le secteur privé
  3. Lier la santé avec d’autres systèmes sociaux
  4. Tenir compte de la discrimination dans la prise en charge de certains problèmes de santé
  5. Penser au long terme et à la pérennité
  6. Avoir une société civile forte
  7. Les cibles et les paiements basés sur les résultats n’aident pas: la pression effectuée sur les prestataires pour atteindre les cibles et recevoir des paiements peut aboutir à des fraudes pour des résultats à court terme plutôt que des changements systémiques
  8. Les politiques doivent être basées sur l’évidence
  9. Se focaliser sur le bien-être des patients pour lever les barrières
  10. Investir sur les ressources humaines
  11. Développer le leadership au niveau local
  12. Développer la multisectorialité : avenir des systèmes de santé
  13. Comprendre la pauvreté et tenir compte des déterminants de la santé
  14. Améliorer la gouvernance

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