Bonjour  à tous,

Nous vous invitons à lire cet important hommage à Pierre Mercenier qui a été écrit par Jean-Pierre Unger, Bart Criel et Guy Kegels. Cet illustre penseur a influencé les politiques de santé mondiales et est l’un des pères fondateurs du modèle du district de santé. De nombreux cadres ont reçu ses enseignements lors du Cours International pour la Promotion de la Santé (CIPS) à l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers-Belgique. Ses idées restent aujourd’hui d’actualités. Nous aimerions également recevoir votre réaction.

Ensuite nous vous proposons cinq articles sur la mortalité maternelle, le financement des pays par le Fonds Mondial, le paludisme, l’épidémie d’Ebola, et le VIH/SIDA.

Bonne lecture

Pour l’Equipe Editoriale

Basile Keugoung

 

Editorial- Hommage à Pierre Mercenier, un des pères fondateurs du district de santé

Par Jean-Pierre Unger, Bart Criel, Guy Kegels

Lire ici

 

Santé maternelle et infantile

1. Lancet  – Ratios mondiaux, régionaux et nationaux et causes de mortalité maternelle entre 1990-2013 : une analyse systématique pour l’Etude sur la charge de morbidité mondiale

Wang and colleagues

Titre original: Two research articles published on May 2 map progress made on two Millennium Development Goals (MDGs) concerning neonatal and maternal mortality.

http://www.thelancet.com/journals/lancet/

Titre original: Global, regional, and national levels and causes of maternal mortality during 1990–2013: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2013

Le 5e Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD 5) a fixé de réduire de 75% le ratio de mortalité maternelle entre 1990 et 2015. Cet article vise à mesurer les niveaux actuels et les tendances de mortalité maternelle, identifier les causes et la période de décès en relation avec l’accouchement.

Les méthodes statistiques robustes ont été utilisées pour analyser les bases de données de 7065 sites-années et estimer le nombre de décès maternels dans 188 pays entre 1990 et 2013. Le nombre de décès maternels dus au VIH a été estimé sur la base de revue systématique du risque relatif de décès de femmes enceintes séropositives comparé à celui des femmes enceintes séronégatives. La fraction de ces décès aggravés par la grossesse a aussi été estimée grace à une revue systématique. Les causes de mortalité maternelle ont été estimées partir de 61 sources de revue systématique et de 943 sites-années de données d’état civil. Une revue systématique de la période de décès maternels a identifié 142 rapports.

En 2013, 292 982 décès maternels étaient enregistrés contre 376 034 décès en 1990 soit une baisse globale de -0,3% par an. Cette baisse est plus marquée en Asie du Sud, Est et du Sud-Est. Par contre la mortalité maternelle a augmenté en Afrique sub-saharienne dans les années 90. Au total, 0,4% des décès maternels sont dus au VIH. La plupart des décès surviennent à la période intrapartum ou postpartum. Les ratios varient par pays et vont en 2013 de 2.4 en Irlande à 956 décès maternels pour 100000 naissances vivantes au Soudan du Sud.

En Afrique sub-saharienne, on a deux catégories de pays : la première catégorie comprend les pays dont les ratios de 2013 sont inférieurs à ceux de 1990 et la deuxième catégorie est celle des pays dont les ratios de 2013 sont supérieurs à ceux de 1990.

Seuls 16 pays vont atteindre l’OMD 5 en 2015. Les réductions accélérées depuis la Déclaration du Millénaire en 2000 a coïncidé avec l’augmentation de l’assistance au développement pour la santé maternelle, infantile et néonatale. La définition de nouveaux objectifs et des interventions associées pour l’après-2015 nécessitera une attention particulière aux régions qui font peu de progrès telles que l’Afrique centrale et de l’Ouest.

Commentaires :Il serait très intéressant de comprendre pourquoi et comment certains pays font mieux pour réduire le ratio de mortalité maternelle ou pourquoi ces taux augmentent dans d’autres pays.Nous souhaiterions avoir l’expérience de votre pays pour améliorer l’offre de soins de santé maternels et réduire les décès maternels inutiles. Vous pouvez envoyer votre commentaire par email à l’adresse : cop-hsd-pss@hhacops.org

Fonds Mondial

2. Aidspan – Le Fonds Mondial publie des informations sur le financement des pays

Titre original: Global Fund releases comprehensive information on country allocations

David Garmaise;

http://www.aidspan.org/gfo_article/

Le Fonds mondial a publié une base de données complète d’informations spécifiques sur les allocations 2014-2016 dans le cadre du nouveau modèle de financement (NFM), suite à l’annonce le 12 Mars des allocations par pays.

La feuille de calcul est disponible par téléchargement direct ici.

Tous les pays et les composantes admissibles qui recevront un financement au cours du prochain cycle sont répertoriés dans le tableau, y compris l’allocation totale par composant, décomposé en (a) de l’argent pour couvrir les subventions existantes et (b) un financement supplémentaire (le cas échéant). La répartition en pourcentage par composante de la dotation totale pour chaque pays est également représentée.

La base de données recense également les composants admissibles à un financement incitatif au-delà de la répartition par pays annoncé le 12 Mars, et si le pays est éligible au financement pour le renforcement du système de santé.

Si un composant a été sur-alloués ou significativement sur-alloué est également représenté dans le tableau.

Les 38 pays qui doivent soumettre une note conceptuelle commune pour le VIH et  la tuberculose ont été identifiés.

Sur les 301 composants répertoriés, 63 ont reçu assez d’argent pour couvrir les requêtes existantes.

Paludisme

3. Reuters – GSK et MMV ont annoncé le début de la phase III sur le tafenoquine, un médicament contre Plamodium vivax

Titre original : GSK and MMV announce start of phase III programme of tafenoquine for Plasmodium vivax malaria

http://www.reuters.com/article/2014/

GSK et Medicines for Malaria Venture (MMV) ont annoncé le début de la Phase III pour évaluer l’efficacité et la sécurité du Tafenoquine, un antipaludéen contre plasmodium vivax. Il y aura deux essais cliniques randomisés double aveugle.

 

EBOLA

4. Foreign Affairs – Une peste non nécessaire: Pourquoi les vaccins contre Ebola n’atteignent pas ceux qui en ont besoins

Titre original: An Unnecessary Plague; Why Ebola Vaccines Don’t Reach the People Who Need Them

Jessica Hatcher;

http://www.foreignaffairs.com/articles/

Le premier patient de l’épidémie actuelle d’Ebola vivait dans une zone rurale montagneuse au Sud de la Guinée et qu’il aurait attrapé la maladie en mangeant de la viande de brousse. Il est décédé et a transmis lors des funérailles. Depuis la maladie s’est répandue au Libéria, en Sierra Leone et au Mali. Le nombre de décès est estimé à 100 morts. Ce qui est particulièrement alarmant est que les Etats-Unis ont financé le développement des traitements et des vaccins qui peuvent améliorer la défense de l’organisme et réduire la propagation de l’épidémie si le virus d’Ebola était utilisé pour des attaques biologiques. Malgré le plaidoyer des scientifiques, ces médicaments n’ont jamais été testés. L’intérêt du gouvernement américain pour l’Ebola n’est pas humanitaire mais relève plutôt de la sécurité nationale et le CDC classe ce virus dans la catégorie d’agent du bioterrorisme.

Le Département américain de la défense finance la recherche pour le traitement d’Ebola. Une firme canadienne a reçu 140 millions US$ et a développé un médicament, le TKM-Ebola dont l’efficacité est de 100% chez les singes. Pour certains scientifiques, l’épidémie actuelle était une opportunité pour tester ce médicament. Ils estiment que les essais cliniques nécessiteront près de 2 milliards US$ et que les pays africains seraient incapables de payer la facture.

Mais, les régulations nationales interdisent l’utilisation de médicaments ne disposant pas d’autorisation de mise sur le marché. L’utilisation de tels médicaments qui n’ont pas encore subi des essais cliniques est contraire à l’éthique médicale dans le premier principe est de  ne pas faire du mal (do not harm).

En même temps, les essais cliniques sont difficiles car les scientifiques ne peuvent pas infecter les êtres humains avec le virus pour faire des tests cliniques. Contrairement au VIH/SIDA, la fenêtre d’opportunité pour le traitement d’Ebola est faible. L’incubation est rapide, le taux de mortalité est élevé et la distribution est imprévisible. Les chercheurs de l’Université du Texas ont souligné la nécessité des ‘approches novatrices pour faire face aux barrières liées au traitement d’Ebola’. La méfloquine dans les années 70 n’était pas passée par la phase III des essais du fait de l’épidémie de paludisme chez les militaires américains au Vietnam. Bien que certains effets indésirables furent découverts plus tard, le processus montre que les médicaments peuvent être rapidement rendus disponibles au public.

Pour le moment, à Conakry on utilise encore les mêmes simples traitements utilisés pour la première fois en 1967 lorsque le virus Ebola était découvert pour la première fois le long de la rivière Ebola au Congo : savon, eau propre, réhydratation, alimentation et isolement pour réduire la propagation de la maladie.

 

HIV/AIDS

5. Lancet (World Report ) – La bataille contre le VIH/SIDA en Afrique du Sud a atteint un momentum

Titre original : South Africa’s battle against HIV/AIDS gains momentum

John Maurice; http://www.thelancet.com/journals/

L’Afrique du Sud a le plus grand nombre de personnes infectées avec le VIH grace au programme de traitement antirétroviral est sur la voie d’arrêter la transmission mère-enfant du VIH. Entre 1997 et 2006, la mortalité due au SIDA avait doublé. Depuis lors, le traitement antirétroviral a été mis à l’échelle et la mortalité a été réduite d’un tiers. Mais un récent rapport montre que 12,6% de la population (6,4 millions de personnes) vivent avec le VIH en Afrique du Sud. Le nombre de personnes sous trithérapie est passé de 490000 en 2008 à 2 millions de personnes en 2012. Malheureusement, on dénombre près de 400000 nouvelles infections (incidence : 1,7%) chaque année à cause des comportements sexuels à risque. Par exemples 23% des hommes de 15-49 ans avaient plusieurs partenaires sexuels, et seuls 68% des hommes utilisaient le préservatif (contre 85% en 2008) à cause de l’optimisme issu de la disponibilité des ARV.

Certaines populations étaient très vulnérables telles que les consommateurs d’alcool et de drogues, les femmes noires âgés de 20 à 30 ans et les hommes noirs âgés de 25 à 49 ans. La prévalence chez les noirs était de 15% contre 0,3% chez les blancs à cause des faibles taux de mariage et la pauvreté. Dans les quartiers pauvres, la prévalence est de 20%. Près d’un milliard US$ sont investis par le pays pour la lutte contre le VIH/SIDA. Les activités de lutte contre la tuberculose et le VIH seront coordonnées par une même entité car 65% des patients tuberculeux sont infectés par le VIH.

 

 

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