L’éditorial de cette semaine est proposé par Fadima Bocoum. Elle analyse la place des vaccins à efficacité partielle dans les systèmes de santé et propose un rôle plus important pour les bénéficiaires dans la prise de décision pour leur introduction.

Quatre articles forment le menu de la semaine et portent sur l’accès aux médicaments, le coût du passage de l’Option B à l’Option B+ pour la prévention de la transmission mère-enfant du VIH/SIDA, la campagne pour la mise sous trithérapie de 15 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA d’ici 2015 et enfin la place du droit à la santé pour l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence.

Bonne Lecture

Pour l’Equipe éditoriale

Basile Keugoung

 

Editorial – Vers une génération de vaccins à efficacité partielle : quelles implications pour les populations ?

Par Fadima Bocoum

Lire ici

 

Accès aux médicaments

1. OMS – Octroi de licence obligatoire et capacité de production locale de médicaments en Afrique

Titre original :  Compulsory patent licensing and local drug manufacturing capacity in Africa

Auteur : Olasupo Ayodeji Owoeye

Source: http://www.who.int/bulletin/volumes/92/3/13-128413.pdf?ua=1

Par Bangaly Doumbouya

L’Afrique porte le plus lourd fardeau de maladies dans le monde et continue de dépendre des importations de produits pharmaceutiques pour répondre à ses besoins de santé publique. Les fabricants asiatiques de médicaments génériques commencent à fonctionner sous un régime de propriété intellectuelle plus protectionniste; par conséquent, leur capacité de production de médicaments à des prix abordables pour les pays les plus pauvres est de plus en plus limitée. La Déclaration de Doha sur l’accord sur les ADPIC et la santé publique donne aux États membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le droit d’adopter une législation permettant l’utilisation de matériel breveté sans l’autorisation du détenteur du brevet, une disposition connue sous le nom « d’octroi de licence obligatoire ». Afin que les pays africains puissent profiter pleinement de l’octroi de licence obligatoire, ils doivent impérativement développer une importante capacité de production locale. Cependant, créer une capacité de production dans chaque pays africain est un défi presque impossible à relever; une zone de libre-échange en Afrique devrait donc être développée afin de servir de plateforme non seulement pour la libre-circulation des marchandises découlant des licences obligatoires, mais également pour instaurer une collaboration économique ou financière en vue de développer une forte capacité de production de produits pharmaceutiques sur le continent. La majorité des pays d’Afrique font partie de la liste des pays les moins avancés des Nations unies, ce qui leur permet, en vertu des dispositions de l’OMC, de refuser d’accorder des brevets pour les produits pharmaceutiques jusqu’en 2021. Par conséquent, les pays africains doivent impérativement collaborer pour créer maintenant une forte capacité de production pharmaceutique sur le continent, alors que les assouplissements du droit international de la propriété intellectuelle offrent encore des avantages considérables.

 

VIH/SIDA

2. OMS – Surcoût du passage de l’Option B à l’Option B+ pour la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant

Auteurs: Lisa O’Brien, Nathan Shaffer, Nalinee Sangrujee & Taiwo O Abimbola

Titre original: The incremental cost of switching from option b to option b+ for the prevention of mother-to-child transmission of HIV

Source: http://www.who.int/bulletin/volumes/92/3/13-122523.pdf?ua=1

Par Bangaly Doumbouya

Il s’agissait d’estimer le surcoût sur 5 ans d’un changement de politique, avec le passage du protocole de l’Option B à celui de l’Option B+ dans le cadre de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant du VIH (PTME).

Des données issues d’études de coûts et d’autres sources publiées ont été utilisées pour déterminer le coût, par femme et par cohorte (1000 femmes qui allaitent et 1000 femmes qui n’allaitent pas), du passage de l’Option B (traitement par trithérapie antirétrovirale [ARV] de la mère pendant la grossesse et l’allaitement, et administration quotidienne de névirapine à l’enfant pendant 6 semaines) à l’Option B+ (traitement par trithérapie ARV initié pendant la grossesse et ensuite pris à vie). Les variables utilisées pour modéliser les différents scénarios ont été la numération des lymphocytes T CD4+ (cellules CD4+) chez la mère (350–500 contre > 500 cellules/µl), la vitesse de la baisse des cellules CD4+ (moyenne, rapide, lente), la situation au regard de l’allaitement maternel (oui, non) et la durée de l’allaitement (12, 18 ou 24 mois).

Pour les femmes présentant une numération des cellules CD4+ de 350–500 cellules/µl, le surcoût pour 1000 femmes était de 157345 US$ pour les femmes qui allaitent et de 92 813 US$ pour les femmes qui n’allaitent pas. Pour les femmes présentant une numération des cellules CD4+ > 500 cellules/µl, le surcoût pour 1000 femmes était compris entre 363443 US$ et 484591 US$ pour les femmes qui allaitent et de 605 739 US$ pour les femmes qui n’allaitent pas.

En termes de coûts, un changement de politique de l’Option B à l’Option B+ est possible dans le cadre du programme PTME où les ressources sont actuellement affectées à l’Option B.

 

3. ONUSIDA- La Fédération internationale et l’ONUSIDA joignent leur force pour permettre l’accès au traitement du VIH à 15 millions de personnes d’ici 2015

Source : http://www.unaids.org/fr/resources/presscentre/

Par Basile Keugoung

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH / SIDA (ONUSIDA) ont signé un protocole d’accord visant à intensifier les efforts entrepris pour améliorer l’accès au dépistage et au traitement du VIH. La Fédération internationale et l’ONUSIDA entendent mettre en commun leur expertise et leurs capacités afin de soutenir la mise en œuvre de l’initiative Traitement 2015 et développer un modèle communautaire permettant d’élargir l’accès au traitement antirétroviral.

Dans la Déclaration politique sur le VIH et le sida de 2011, les Etats membres des Nations Unies se sont fixés comme objectif d’assurer un traitement antirétroviral à 15 millions de personnes vivant avec le VIH d’ici à 2015. A la fin de l’année 2012, environ 10 millions de personnes, dont les trois-quarts vivant en Afrique, avaient accès à un traitement.

Selon les estimations, seule la moitié des personnes séropositives sont conscientes de leur statut sérologique, ce qui met en évidence la nécessité urgente d’élargir l’accès aux services de dépistage du VIH.  Le dépistage volontaire et confidentiel est au centre de l’Initiative Traitement 2015, qui repose sur trois piliers essentiels : la demande – l’objectif étant de susciter la demande de dépistage et de traitement du VIH -, l’investissement – qui porte sur la mobilisation et l’utilisation optimale des ressources, et la mise en œuvre, qui vise à favoriser un accès égal au dépistage et au traitement du VIH. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) guide et mobilise la communauté internationale en vue de concrétiser sa vision commune : « Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida. » L’ONUSIDA conjugue les efforts de 11 institutions des Nations Unies – le HCR, l’UNICEF, le PAM, le PNUD, l’UNFPA, l’UNODC, ONU Femmes, l’OIT, l’UNESCO, l’OMS et la Banque mondiale.

 

Santé maternelle

4. BMC International Health and Human Rights – Emergence d’un droit mondial pour les normes de santé- le cas non résolu de l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence de qualité

Rachel Hammonds & Gorik Ooms;

Titre original : The emergence of a global right to health norm – the unresolved case of universal access to quality emergency obstetric care

Source: http://www.biomedcentral.com/1472-698X/14/4/abstract

Par Basile Keugoung

La réponse mondiale contre le VIH/SIDA suggère l’émergence d’un droit mondial pour les normes sanitaires. Ce droit inclue la responsabilité mondiale partagée pour la santé pour appuyer les communautés à définir les obligations des Etats et la communauté internationale. Cet article explore la possibilité que ce droit mondial pour les normes sanitaires a influencé le processus politique mondial autour des droits pour la santé maternelle avec une plus grande attention à l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence.

Nous avons examiné pour la période 1985 à 2013 jusqu’où les arguments issus du droit mondial aux normes sanitaires ont influencé positivement la politique internationale sur l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence. Une approche qualitative basée sur la revue extensive de la littérature et des interviews des personnes clés a été utilisée.  Le modèle de John Kingdon de mise à l’agenda de politique publique a été utilisé pour analyser les données.

Le modèle suggère que pour réussir comme une norme de mobilisation, le droit à la santé pourrait fonctionner s’il contribue à mettre ensemble le problème, la politique et le courant politique comme cela a été le cas avec le traitement antirétroviral dans le cas du VIH/SIDA. Notre analyse a révélé que malgré l’émergence normative d’un droit à la santé, la prioritisation de la santé maternelle reste fragmentaire.

En dépit de la reconnaissance par l’Organisation des Nations-Unies de la mortalité maternelle comme une problématique des droits de l’homme, les décideurs n’ont pas encore pu changer l’agenda public pour prioritiser le droit mondial pour les normes sanitaires pour offrir l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence. L’expérience des activistes du VIH/SIDA  qui ont poussé pour des solutions globales basées sur les principes du droit à la santé (incluant la participation,  la solidarité et la redevabilité) suggère la possibilité d’utilisation des arguments basés sur les droits à la santé dans le domaine de la santé maternelle. Ceci permettrait d’accélérer la prioritisation politique pour l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence dans l’agenda mondial post-2015.

 

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