Cette semaine, l’Editorial vous rappelle deux importantes conférences qui seront organisées en terre Africaine au mois de Mars 2014.

Ensuite, des articles vous ont été proposés cette semaine sur le traitement de l’hépatite C, l’adoption du Cadre continental d’élimination des maladies tropicales négligées par l’Union Africaine, la prise en charge du VIH chez l’enfant. Vous trouverez également un article sur la nécessité du renforcement du système de santé pour atteindre les objectifs de vaccination, et la perception des communautés sur le paludisme et la vaccination. Enfin, nous vous recommandons un intéressant livre paru cette semaine et qui s’intitule : « Améliorer la santé maternelle: un guide pour l’action systémique » écrit entre autres par Bruno Dujardin, Vincent de Brouwere et Françoise Mine.

Bonne Semaine

Pour L’Equipe éditoriale

Basile Keugoung

 

Editorial : Conférence AfrEA et AfHEA en vue

Par Basile Keugoung

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Accès aux médicaments

1. NYT – Les pays pauvres en attente des médicaments contre l’hépatite C

Titre original : Poor Nations Seek New Hepatitis C Drug

nytimes;

Aujourd’hui, les protocoles thérapeutiques existent dans les pays développés pour le a traitement de l’hépatitis C. Des appels ont été lancés par les représentants des pays pauvres pour faciliter l’accès à ces medicaments.

En décembre, la Food and Drug Administration aux Etats-Unis a approuvé la mise sur le marché du sofosbuvir, médicament utilisé dans le traitement de l’hépatite C et fabriqué par Gilead Sciences sous le nom de Sovaldi. Le traitement coûte 84000 US$ pour les 12 semaines de traitement, soit 1000 US$ par jour. Une campagne pour l’accès à ce médicament a été lancée et il est possible de réduire ce coût à environ 250 US$ par jour. Gilead a proposé de fabriquer une version en Inde dont le coût pourrait être de 2000 US$ par traitement. Il a été proposé au Fonds Mondial, à PEPFAR et à l’ONUSIDA d’inclure les médicaments contre l’hépatite C dans leur portfolio si les prix de ces médicaments baissent.

Quatre autres firmes pharmaceutiques développent actuellement des molécules similaires qui pourront être commercialisées dans les 3 prochaines années.

Environ, 150 millions de personnes souffriraient d’hépatite C dans le monde. L’hépatite C peut se compliquer en cirrhose et en cancer du foie.

 

Maladies Tropicales Négligées

2.    Union Africaine- Cadre continental pour le contrôle et l’élimination des maladies tropicales négligées d’ici 2020

http://www.carmma.org/sites/default/files/PDF-uploads/Continental%20Framework%20on%20the%20Control%20and%20Elimination%20of%20NTDs%20in%20Africa-French.pdf

Lors du sommet de janvier 2014, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine ont adopté le plan stratégique pour le contrôle et l’élimination des maladies tropicales négligées en Afrique d’ici 2020.

Pour prévenir et combattre les MTN, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) préconise six stratégies : i) la chimioprévention, ii) la prise en charge intensifiée des cas, iii) la lutte antivectorielle, iv) la garantie d’une eau sans risque sanitaire et de moyens d’assainissement et d’hygiène, v) la mise en œuvre de mesures de santé publique vétérinaire et vi) renforcement des capacités de contrôle des MTN. Les mesures prises pour réduire l’impact de chaque MTN doivent reposer sur l’association de cinq approches stratégiques.

La mise en œuvre du plan comporte 4 principes directeurs :

– Renforcer l’appropriation par les pays, le plaidoyer, la coordination et le partenariat

– Renforcer la planification axée sur les résultats, la mobilisation des ressources et la durabilité des interventions de lutte contre les MTN

– Mettre à l’échelle l’accès aux interventions, le traitement et le renforcement des capacités de prestation des services du programme MTN

– Renforcer le suivi, l’évaluation, la surveillance et la recherche opérationnelle dans le domaine des MTN

 

Santé maternelle et infantile

3. Nouveau Livre – Editions L’Harmattan: « Améliorer la santé maternelle: un guide pour l’action systémique »

Vincent De Brouwere, Bruno Dujardin, Françoise Mine

Malgré de récents progrès la mortalité maternelle reste un problème majeur dans les pays à moyens et faibles revenus; les écarts de mortalité durant la grossesse et l’accouchement entre le Nord et le Sud constituent une inégalité inacceptable. A travers une approche systémique, cet ouvrage propose un modèle spécifique qui prend en compte les difficultés du terrain, les caractéristiques des systèmes de santé, dans leur contexte économique, culturel, politique, pour pouvoir prendre, avec les acteurs, les décisions adaptées.

 

4. Lancet (Viewpoint) – Les enfants grandissent avec le VIH: un facteur de succès

Titre original- Children growing up with HIV infection: the responsibility of success

Sarah Bernays et al. ;

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(13)62328-4/fulltext?_eventId=login

Environ 3,4 millions d’enfants vivent avec le VIH dont plus de 90% en Afrique sub-saharienne. Contrairement à la situation il y a 10 ans, les enfants nés avec le VIH ont aujourd’hui accès aux antirétroviraux et certains vivent au-delà de l’adolescence. En même temps, le nombre de nouvelles infections pédiatriques a considérablement baissé de 450000 en 2005 à 260000 cas en 2012. Egalement, certains adolescents ont vécu sans traitement avec le VIH pour plus de 10 ans. De nombreux cas d’infection VIH se retrouvent davantage chez les adolescents que les jeunes enfants.

Toutefois, en 2011, environ 300000 enfants sont nés infectés par le VIH et seuls 34% des 1,6 million d’enfants qui ont besoin des antirétroviraux en avaient accès dans le monde en 2012.

Le défi aujourd’hui est d’aller au-delà de l’objectif de prolongation de la vie pour améliorer de la vie en répondant aux complexités cliniques, sociales et structurelles associées à la prise en charge de l’enfant infecté par le VIH à travers une équipe multidisciplinaire.

Les combinaisons thérapeutiques devraient être améliorées pour faciliter l’adhérence des enfants aux traitements dont ils devraient prendre pendant plus d’une vingtaine d’année. Il y a aussi un risque de stigmatisation sociale qui peut réduire la compliance au traitement.

Il y a encore beaucoup à faire et à apprendre. La gestion d’une maladie chronique à travers une offre épisodique d’urgence est insuffisante et des services multidisciplinaires pérennes sont indispensables pour assurer le suivi des enfants qui grandissent avec le VIH. Il faudrait développer des interventions innovatrices pour prendre en charge les enfants infectés par le VIH et cela pourrait aider dans d’autres conditions et maladies chroniques. La place de la recherche est aussi primordiale pour mieux comprendre la maladie et les conditions de survie des enfants infectés par le VIH. Ces enfants voudraient atteindre l’âge adulte et c’est donc un impératif moral d’accomplir non seulement cet objectif mais aussi d’aller au-delà de les maintenir juste en vie en leur offrant une meilleure qualité de vie.

 

Politiques et financement de la santé

5. WHO Bulletin – Coûts du système de santé pour l’offre de la vaccination de routine dans les pays à faible et moyen revenu

Titre originial- Health system cost of delivering routine vaccination in low- and lower-middle-income countries: What is needed over the next decade?

Patrick Lydon et al.;

http://www.who.int/bulletin/online_first/BLT.13.130146.pdf?ua=1

Au moment où le monde célèbre le 40e anniversaire du lancement du Programme Elargi de Vaccination, beaucoup de pays pauvres se sont lancés dans une stratégie ambitieuse de pérennisation des acquis des dernières décennies en matière de vaccination et d’adoption de nouveaux vaccins. Toutefois, en investissant sur les vaccins, il est important d’investir également dans le renforcement du système de santé pour améliorer sa capacité à offrir les vaccins et les services de vaccination. Il est donc important d’investir au-delà des vaccins si l’on veut que les objectifs de la décennie en matière d’immunisation soient atteints. Les coûts non liés aux vaccins deviendront par conséquent de plus en plus importants et pourront même dépasser ceux des vaccins. Le défi majeur serait de mobiliser les ressources pour financer les composantes différentes des vaccins. Mobiliser les fonds pour couvrir les besoins autres que les vaccins a toujours été difficile et 65% des besoins risquent de ne pas être couverts entre 2011 et 2020. Un échec de mobilisation de ces ressources pour financer les interventions autres que les vaccins compromettrait sérieusement la capacité des pays à faible et moyen revenus à atteindre les objectifs de la décennie en matière de vaccination.

 

Talents émergents (Emerging Voices)

6. Global Health Promotion: Perceptions des communautés sur le paludisme et les vaccins : étude qualitative réalisée dans les districts sanitaires de Kaya et Houndé, au Burkina Faso

Fadima I. K. Yaya Bocoum et al.

Source : http://ped.sagepub.com/content/early/2014/02/03/1757975913507729.abstract

Au Burkina Faso, le paludisme est la principale cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. L’un des moyens les plus efficaces de prévention des maladies reste la vaccination. Aucun vaccin antipaludique n’existe actuellement, mais la recherche pour développer un vaccin progresse. Si les résultats des essais cliniques sont concluants d’ici 2014, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pourrait recommander l’utilisation d’un vaccin anti-paludique dès 2015. C’est dans le but de guider la décision d’introduire éventuellement un vaccin contre le paludisme que cette étude a été menée. Les objectifs étaient de comprendre les perceptions et les expériences des communautés au sujet du paludisme et des vaccins et d’explorer l’acceptabilité éventuelle d’un vaccin antipaludique par ces communautés. Cette étude qualitative s’appuie sur le cadre socioécologique de L. W. Green. Elle s’est déroulée dans les districts sanitaires de Kaya et Houndé, au Burkina Faso. Au total, 30 groupes de discussions dirigées et 29 entretiens individuels ont été réalisés. Tous les participants à l’étude ont reconnu que le paludisme représente la première cause de morbidité et de mortalité au sein de leur communauté. En général, les populations de Kaya et Houndé ont eu des expériences positives avec les programmes de vaccination existant. Les effets bénéfiques que pourrait avoir un futur vaccin sont les motifs d’acceptation. L’avis du chef de ménage, l’interaction entre les prestataires de soins et les usagers des services de santé, et les effets secondaires sont des obstacles potentiels. Les résultats de cette étude fournissent des informations aux décideurs pour l’élaboration d’une stratégie de communication à l’éventuelle introduction d’un vaccin contre le paludisme. Pour surmonter les obstacles à l’introduction d’un nouveau vaccin, une stratégie de communication efficace devra formuler des messages appropriés, et identifier des canaux d’information et les publics cibles en tenant compte du contexte local.

 

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