Cette semaine, l’Editorial porte sur les conséquences des guerres sur les systèmes de santé. Nous avons repris l’intégralité de l’éditorial publié dans le Bulletin de l’OMS par la CoP Prestations des Services de Santé dans le Bulletin de l’OMS sur le rôle des systèmes de santé forts pour l’atteinte de la couverture sanitaire universelle. .

Ensuite, vous trouverez des articles sur la santé maternelle et infantile (suivi des indicateurs de santé maternelle, mutilations génitales féminines, rougeole).

Bonne Lecture

Basile Keugoung

Editorial – Quand les guerres réduisent les efforts d’amélioration de la santé des populations

Par Basile Keugoung

Lire ici

 

Couverture sanitaire universelle

1. WHO Bulletin (Editorial) – Pas de couverture sanitaire universelle sans des systèmes de santé locaux solides

Titre original:No universal health coverage without strong local health systems

Bruno Meessen & Belma Malanda for the Community of Practice “Health Service Delivery;

http://www.who.int/bulletin/volumes/92/2/14-135228.pdf?ua=1

Malgré la dynamique actuelle à l’échelle mondiale comme à celle des pays,1 la couverture sanitaire universelle pourrait rester lettre morte si elle n’est pas axée sur la fourniture de services essentiels de qualité à tous. Et cela ne peut se faire sans renforcer les systèmes de santé locaux.

Il y a plus de 25 ans, le cadre était légèrement différent – soins de santé primaires plutôt que couverture sanitaire universelle –mais l’appréciation de la situation était la même. En août 1987, l’Organisation mondiale de la Santé organisait une réunion interrégionale à Harare (Zimbabwe), qui devait déboucher sur la Déclaration sur le renforcement des systèmes de santé de district basés sur les soins de santé primaires [la «Déclaration d’Harare»]. 2

Dans les décennies qui ont suivi, de nombreux acteurs ont uni leurs forces pour mettre en œuvre la stratégie de district, qui souligne l’importance qu’il y a à organiser et coordonner la prestation de services de santé au niveau local.

Un quart de siècle plus tard, il est évident que les systèmes de santé africains, en particulier en milieu rural, ont été influencés par ces efforts. La stratégie de district est la pierre de touche de pratiquement tous les systèmes de santé nationaux en Afrique; les pays sont desservis par des établissements de santé – organisés en un système par niveaux – dont les ensembles d’activités sont axés sur les services prioritaires.

Toutefois, les indicateurs sanitaires sont encore en retard par rapport à ceux de la plupart des autres régions du monde. Cela s’explique peut-être par une mise en œuvre sélective et un peu trop rigide de la stratégie du district sanitaire.

Les choses ont beaucoup changé depuis 25 ans en Afrique et une réactualisation profonde du système de santé de district semble justifiée. Tout d’abord, de nombreux nouveaux facteurs contextuels – y compris la décentralisation administrative, la libéralisation du marché, l’urbanisation croissante et les nouvelles technologies – doivent être pris en compte.

Deuxièmement, les besoins ont évolué. Si les besoins liés à la pauvreté subsistent, de nouveaux émergent en raison de l’évolution des tendances épidémiologiques.

De profonds changements au niveau mondial ont également touché l’Afrique, notamment l’adoption des objectifs du Millénaire pour le développement. S’ils ont donné lieu à un renouvellement de l’engagement politique et financier en faveur du secteur de la santé, ils ont également déclenché une pléthore d’initiatives verticales qui sont souvent mises en œuvre au détriment des systèmes de santé locaux.

La réflexion théorique et les connaissances ont également évolué. Par exemple, le modèle du district a été officialisé dans les années 1980, alors que les concepts de bonne administration, de gouvernance, de modalités institutionnelles et d’incitations n’étaient pas encore d’usage courant.

C’est dans ce contexte que la communauté de pratique «Prestation de services de santé », qui rassemble des centaines d’experts dans le cadre de l’Harmonisation pour la santé en Afrique, a convoqué une conférence régionale à Dakar (Sénégal) du 21 au 23 octobre 2013. Y ont assisté près de 20 délégations de pays et 170 experts qui ont mis en commun leur expérience de l’organisation des services de soins de santé primaires au niveau local.

En mettant en lumière les approches novatrices imaginées en Afrique pour coordonner les systèmes de santé locaux et la prestation de services et en favorisant l’utilisation de formules et de plates-formes novatrices pour un débat créatif, cette manifestation a ouvert une nouvelle ère. 3

Les participants ont constaté que, compte tenu des attentes croissantes des citoyens, les ministères de la santé devaient adopter une culture de la responsabilité verticale (ascendante comme descendante). Dans de nombreux pays, cela reviendra à associer de nouveaux acteurs et à revoir radicalement l’organisation institutionnelle. Les participants ont également convenu que les individus, les ménages et la communauté dans son ensemble pourraient et devraient jouer un rôle beaucoup plus important dans la recherche de leur propre santé et la réduction de la morbidité et de la mortalité croissantes liées aux transitions démographique et épidémiologique.

L’éducation individuelle et communautaire, l’autonomisation, la liberté d’expression et la liberté tout court doivent donc être plus largement privilégiées et la coordination intersectorielle est une nécessité.

Les participants à la conférence ont reconnu les possibilités et les risques de la libéralisation du marché. Les autorités sanitaires africaines doivent reconnaître la nature pluraliste du secteur de la santé d’aujourd’hui et les responsabilités qui leur incombent en tant que garants du système de santé. Cette nouvelle conception a de nombreuses répercussions, notamment la nécessité de faire évoluer les mentalités et les compétences, aux niveaux national et du district, pour permettre l’utilisation des nouveaux instruments de définition des politiques tels que le renseignement, les études comparatives, le financement fondé sur les résultats et des mécanismes analogues – qui tous sont sans doute renforcés par les technologies de l’information et de la communication.

La stratégie du district devrait également être mise en œuvre de façon plus pragmatique. Par exemple, elle devrait permettre une définition plus souple et décentralisée du rôle de l’hôpital en fonction du contexte. Le caractère participatif, l’ouverture au dialogue et l’appui à l’innovation et à l’apprentissage au niveau organisationnel devraient être les marques de fabrique de cette stratégie.

Les soins de santé primaires restent tout aussi utiles aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en 1978 (Alma-Ata), 1987 (Harare) et 2008 (Ouagadougou). Les pays africains doivent remettre à niveau leurs systèmes de santé locaux pour pouvoir répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain. La communauté de pratique « Prestation de services de santé » a un rôle à jouer en les aidant à y parvenir au cours des années à venir.


Santé maternelle et infantile

2. OMS –  Adaptation et mise en œuvre de tableaux de bord de maternité locaux dans un hôpital du Zimbabwe pour stimuler les améliorations cliniques

Titre original: Adaptation and implementation of local maternity dashboards in a Zimbabwean hospital to drive clinical improvement

Auteurs : J Crofts, J Moyo, W Ndebele, S Mhlanga, T Draycott & T Sibanda

Source : http://www.who.int/bulletin/volumes/92/2/13-124347.pdf?ua=1

Par Dr Bangaly Doumbouya

La Commission de l’information et de la responsabilisation en matière de santé de la femme et de l’enfant de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait signalé que les données sur les résultats de santé nationaux étaient souvent de qualité douteuse et qu’elles n’étaient pas publiées à temps pour pouvoir être utilisées par les planificateurs et les gestionnaires des services de santé. La présentation tardive des données de mauvaise qualité limite le personnel en première ligne dans sa capacité à identifier rapidement les problèmes et à apporter des améliorations.

Des «tableaux de bord» cliniques basés sur les données disponibles localement offrent un moyen de fournir des informations précises et actualisées. Un tableau de bord est un outil informatique simple qui présente graphiquement les données cliniques d’un établissement de soins de santé, en utilisant un système de code couleur (identique aux feux de signalisation) pour alerter le personnel en première ligne des changements de fréquence des résultats cliniques. Il fournit un retour d’information rapide sur les résultats locaux dans une forme accessible, et cela permet de détecter précocement les problèmes. Jusqu’à présent, les tableaux de bord ont été utilisés uniquement dans les pays à ressources élevées.

Un tableau de bord de maternité (vue d’ensemble) et un tableau de bord de la mortalité maternelle ont été conçus et introduits dans un hôpital public au Zimbabwe. Une sage-femme de l’hôpital a été formée pour recueillir et saisir les données mensuellement.

La mise en œuvre des tableaux de bord de maternité était réalisable et 28 mois de résultats cliniques ont été résumés en utilisant un logiciel informatique standard. La présentation de ces données au personnel a permis l’identification rapide des tendances défavorables dans les résultats et la formulation de suggestions d’actions à entreprendre pour améliorer la qualité des soins de santé.

Pour les leçons tirées, les auteurs affirment que la mise en œuvre de tableaux de bord de maternité était réalisable dans un pays à faibles ressources et cela a abouti à des actions qui ont amélioré localement la qualité des soins de santé. La participation active de la direction de l’hôpital et de l’équipe obstétrique fut déterminante dans ce succès.

 

3. 6 Février – Journée Internationale pour la tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines

http://www.who.int/reproductivehealth/topics/fgm/en/index.html

Plus de 125 millions de filles et de femmes de 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont été mutilées. Du fait des migrations, des cas de mutilations sont effectuées dans d’autres parties du monde. Le 6 février 2014 a été célébrée la Journée Internationale pour la tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines.

Une Déclaration inter-institutions « Eliminer les mutilations sexuelles féminines«  avait été publiée en 2008 par 10 Institutions des Nations-Unies.

 

4. WHO – Les décès dus à la rougeole baissent, mais les gains sont insuffisants pour l’élimination de la rougeole

Titre original : Measles deaths reach record lows with fragile gains toward global elimination

http://www.who.int/mediacentre/news/notes/2014/measles-20140206/en/index.html

La mortalité liée à la rougeole a baissé de 78% entre 2000 et 2012 de 562000 à 122000 décès respectivement. Durant cette période, le nombre de cas de rougeole déclarée est passé de 853000 cas à 226000 cas environ soit à peu près 14 millions de décès ont été prévenus. En dépit de ces gains, il y a encore des populations non atteintes par la vaccination et des épidémies de rougeole surtout en Afrique.

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