Par Basile Keugoung

En Afrique sub-saharienne, les systèmes de santé sont fragiles et offrent difficilement les soins et services de santé pour couvrir les besoins des populations. Cette faiblesse concerne toutes les composantes du système de santé –leadership et gouvernance ; ressources humaines ; système d’information sanitaire ; financement ; offre de soins ; et enfin infrastructures, médicaments et technologie sanitaire.

Malheureusement, à cette faiblesse viennent s’ajouter les troubles socio-politiques et les guerres. Lors des guerres, il y a un déplacement des populations qui fuient les zones de conflit. Toutefois, les personnes âgées ou les malades ne peuvent suivre ce rythme. Abandonnés à leur propre sort, ils sont donc plus affectés.

Concernant le système de santé, il est complètement désorganisé comme en témoigne le cas de la République Centrafricaine. Les infrastructures sont détruites ; le personnel de santé n’est pas épargné par les balles ; le système d’approvisionnement en médicament devient défaillant ; en plus des pathologies courantes dont le système de santé peinait déjà à couvrir, s’ajoutent les problèmes de santé liés à la guerre. Ces problèmes sont physiques (plaies et fractures), sociales, et psychologiques.

Bien que les situations qui mènent à ces guerres soient complexes, l’une de causes principales est l’absence d’équité dans la distribution de la richesse nationale. Le déséquilibre entre les riches et les pauvres d’une part et entre des régions d’autre part est criard. Il y a une faible redevabilité des dirigeants depuis le niveau local jusqu’au niveau national. Cette faible justice sociale crée donc des frustrations et une paupérisation qui limite l’accès aux soins qui sont d’ailleurs de faible qualité.

Les indicateurs de santé sont d’ailleurs mauvais et peu de pays d’Afrique sub-saharienne atteindront les Objectifs du Millénaire pour le Développement en 2015.

L’Afrique sub-saharienne pourrait éviter ces troubles qui font reculer le continent. Ceci nécessite une meilleure répartition de la richesse nationale et une plus grande redevabilité des décideurs choisis ou sanctionnés par le peuple à travers des élections transparentes. Les pays développés ont compris les conséquences néfastes des guerres après la seconde guerre mondiale et ont choisi la démocratie comme moyen de contrôle social de l’action des dirigeants. Depuis les années 90, la plupart des pays ont institué le multipartisme et ont opté pour la démocratie. Mais celle-ci doit être totale pour permettre au peuple de résoudre ses différents problèmes dans la paix à travers le choix des personnes réellement compétentes.

 

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