Cette semaine, nous vous proposons une réflexion sur la Journée mondiale du Cancer 2014. Nous partageons également avec vous les appels à projets lancés par l’Initiative 5% soutenue par la France. La polio, la stratégie de rétention des patients infectés par le VIH sous trithérapie, l’investissement pour la recherche sur les maladies infectieuses et les soins informels à domicile chez les sujets âgés complètent le menu de la semaine.

Bonne Lecture
Basile Keugoung

 

Editorial- Journée mondiale du Cancer 2014

Par Basile Keugoung

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Initiative 5%

1. Appels à projets

L’Initiative 5% est une modalité de la France de contribution au Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Il s’agit d’une contribution indirecte au Fonds Mondial, qui représente 5% de la contribution globale de la France soit 18 millions € par an pour la période 2011-2013.

Deux appels à projets ont été lancés par cette Initiative et sont ouverts jusqu’au 30 avril 2014. Ces deux appels ont pour objectifs de i) renforcer l’intégration des programmes verticaux (VIH, tuberculose, paludisme) dans les systèmes de santé nationaux, et ii) renforcer les réponses nationales relatives aux populations clés et/ou aux groupes vulnérables et/ou Renforcer la prise en compte du genre dans la conception, la mise en œuvre, le suivi et la gouvernance des subventions du Fonds mondial.

Les documents relatifs à cet appel à projets peuvent être téléchargés sur le site.

Prix Roux

L’Institute for Health Metrics and Evaluation lance le Prix Roux d’une valeur de 100000 US$. Ce prix sera offert aux individus ou aux groups qui ont utilisé l’évidence sur la charge morbide des maladies pour mettre en œuvre des interventions pour améliorer la santé des populations. Le prix porte le nom de David et Barbara Roux. David Roux est l’un des membres fondateurs du conseil d’IHME. Au cours de la dernière décennie, il a encouragé IHME à ne pas laisser les données relatives au  GBD dormir sur des étagères et à, au contraire, chercher des moyens de les rendre accessibles et utiles.

La date limite de présentation des  candidatures est le 31 mars 2014. Le gagnant sera annoncé lors d’une cérémonie en septembre 2014. Le gagnant recevra une somme de 100000 US$. Les détails concernant le processus de la soumission des candidatures et les critères d’éligibilité sont disponibles sur le site Web de IHME à l’adresse suivante: www.rouxprize.org/fr.

Les candidatures et les questions concernant le prix peuvent être envoyées à l’adresse courriel suivante: [email protected],

Polio

2. International Health – The polio eradication campaign: time to shift the goal

Emmanuel Baron et al.;

http://inthealth.oxfordjournals.org/content/early/2014/01/30/inthealth.ihu004.abstract

Le rejet social de la champagne d’éradication de la polio dans des pays endémiques pose un défi pour cet objectif : l’adhésion complète de la population entière à programme de santé publique. La campagne contre la polio a été une intervention de santé publique extraordinaire, mais est à risque de devenir impopulaire si l’objectif est poursuivi à tous les coûts. L’Initiative mondiale d’éradication de la polio ne doit pas être orientée par la peur de l’échec car le plus grand bénéfice de cette campagne a été de démontrer comment des actions communautaires simples pouvaient contribuer à une réduction dramatique de l’incidence d’une maladie.

Recherche

3. BMC Health Services Research – Comment améliorer la rétention des patients dans un programme de prise en charge antirétrovirale en Ethiopie : une étude mixte

Titre original : How to improve patient retention in an antiretroviral treatment program in Ethiopia: a mixed-methods study

Yibeltal Assefa et al.;

http://www.biomedcentral.com/1472-6963/14/45/abstract

Par Basile Keugoung

La rétention du patient définie comme un engagement continu du patient aux soins est l’un des indicateurs importants de suivi et d’évaluation de la performance d’un programme de prise en charge antirétrovirale (ARV). Elle représente un défi dans plusieurs pays. L’objectif de cette étude est de développer un cadre conceptuel pour améliorer la rétention des patients aux soins basée sur des interventions mises en œuvre dans des formations sanitaires qui réalisent des taux élevés de rétention.

Une méthode mixte basée sur l’approche de déviance positive a été applique et conduite en Ethiopie en 2011/2012. Les données quantitatives étaient collectées pour estimer et comparer les niveaux de rétention aux soins dans 9 formations sanitaires. Les interviews des personnes clés et le groupes de discussions ont été faits pour identifier les paquets d’interventions mises en œuvre pour améliorer la rétention ou atteindre des niveaux élevés de rétention.

La rétention aux soins dans le programme de prise en charge ARV est variable à entre les formations sanitaires. Dans les hôpitaux, les moins performants avaient un niveau de rétention égale à 0,46 (0,35-0,60) par rapport au niveau de référence. Alors que dans les centres de santé, les moins performants avaient un niveau de rétention égale à 0,44 (0,28-0,70) par rapport au niveau de référence.

Les plus performants mettent en œuvre un paquet d’interventions qui comprend : i) la promotion des activités de rétention par la formation sanitaire ; ii) la promotion des activités de rétention par les organisations à base communautaires ; iii) la coordination de ces activités par les gestionnaires du programme ; iv) le système d’information sur le patients par l’agent chargé du système d’information sanitaire.  Par contre, ces interventions étaient faiblement mises en œuvre ou n’existaient pas dans les formations sanitaires ayant une faible rétention des patients.

Une cadre conceptuel d’amélioration de la rétention des patients aux soins a été développé à partir de l’évidence trouvée en utilisant l’approche de déviance positive.

Les auteurs recommandent aux formations sanitaires de mettre en œuvre ce cadre conceptuel, monitorer et évaluer les niveaux de rétention aux soins ARV et si nécessaire adapter ce cadre à leur contexte.

4. International Health – Les investissements pour la recherche sur les maladies infectieuses reproduisent les liens coloniaux : des éthiques douteuses

Titre original : Infectious disease research investments follow colonial ties: questionable ethics

Joseph R. Fitchett et al.;

http://inthealth.oxfordjournals.org/content/early/2014/01/23/inthealth.iht036.abstract

Par Alma Benzaïd

La recherche en santé semble concentrée de façon disproportionnée au sein des pays à revenu élevé et consacrée à des maladies qui affectent les populations les plus riches. En effet, un article de 1999 du Forum mondial pour la recherche en santé révèle que 10% des ressources de recherche en santé sont consacrés aux plus pauvres représentant 90% de la population mondiale. Le décalage demeure malgré l’augmentation du financement de la santé mondiale depuis 2000.

Une étude récente a analysé le financement de la recherche sur les maladies infectieuses, pour la période 1997-2010, reçu par les institutions britanniques et leurs partenaires mondiaux, y compris dans les pays à revenu élevé, mettant en évidence des disparités importantes entre la charge de morbidité et de financement.

Les données recueillies comprenaient le titre de l’étude, un résumé du projet, le montant du financement accordé à l’étude, l’établissement principal, le principal chercheur et l’année d’attribution.

En somme, 264,3 millions £ ont été investis dans 522 études, et attribuées principalement à l’Ouganda (107,0 millions £ soit 40,5% de l’investissement total), le Zimbabwe (76,1 millions £ soit 28,8%), l’Afrique du Sud (60,0 millions £ sterling soit 22,7%), le Malawi (26,9 millions £ soit 10,2%) et la Tanzanie (16,200,000 soit 6,1%). L’Inde fut le seul pays non africain du top 10 à hauteur de 12,2 millions de £ (soit 4,6% de l’investissement). Les investissements en recherche dans les pays sans liens coloniaux avec la Grande-Bretagne ont représenté 29,8 millions £, soit 11,3% du total.

Les résultats de l’étude illustrent le fait que la plupart du financement du Royaume-Uni pour la recherche concernant les maladies infectieuses ont été accordés à des pays avec lesquels il entretient des liens coloniaux, plutôt qu’en considération de l’ampleur de la maladie concernée.

D’une part, les anciens liens coloniaux, l’usage de la langue anglaise et les collaborations actuelles à travers le Commonwealth facilitent le travail ainsi que l’établissement et le maintien des liens de collaboration. Mais d’autre part, il peut s’avérer contre-productif de négliger ainsi les besoins prioritaires d’autres populations ainsi que la recherche sur certaines maladies dévastatrices.

Au contraire, le financement de la recherche devrait être attribué sur la base de l’excellence scientifique et la capacité de mise en œuvre des États.

 

5. Community Mental Health Journal – Les soins de santé informels pour les personnes âgées en Belgique : une étude sur ses caractéristiques et les défis au niveau local

Titre original: Informal Home Care for Elderly in Belgium: A Study on the Features and Challenges of Informal Care at Local Level

Bart Criel, Veerle Vanlerberghe, Benedicte De Koker, Bieke Decraene, Elke Engels & Riet Waltens;

http://link.springer.com/article/10.1007/

Par Basile Keugoung

En Belgique comme dans d’autres pays de l’OCDE, il y a une reconnaissance de l’importance de soins informels à domicile pour le bien-être des personnes âgées. Les soins informels représentent un phénomène social de valeur. Les policymakers en Belgique font le plaidoyer pour supporter les prestataires informels de soins. EN 2007, une étude a été menée dans la municipalité de Kruibeke pour décrire les besoins des personnes âgées à domicile, et comprendre la manière par laquelle les soins informels étaient délivrés et étaient perçus par les prestataires et le bénéficiaires. L’étude a révélé la nécessité d’un renforcement pour faire face à la charge des soins informels ainsi que d’une meilleure coordination et d’une approche intégrée pour les soins aux personnes âgées.

 

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