Cette semaine, Basile Keugoung revient sur la Conférence de Dakar sur les districts de santé et met en exergue le rôle des partenaires techniques et financiers.

Ensuite six articles sont proposés dans le menu de cette semaine. Il s’agit de : i) la recherche en nutrition, ii) le coût du passage de l’Option B à l’Option B+ dans la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, iii) les facteurs responsables de la persistance du virus polio sauvage au Nigéria, iv) les défis de la notification des cas de grippe H1N1 en 20009, v) les principes d’élaboration de futurs schémas thérapeutiques pour traiter la tuberculose multirésistante et enfin vi) les facteurs du faible dépistage et traitement de la syphilis au Burkina Faso.

Bonne Lecture

Basile Keugoung

 

Editorial : Adapter les systèmes de santé : rôle des partenaires techniques et financiers

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Nutrition

1. Plos Medicine- Développer un agenda de recherche durable en Afrique sub-saharienne: Résultats du projet de recherche SUNRAY

Titre original: Developing a Sustainable Nutrition Research Agenda in Sub-Saharan Africa—Findings from the SUNRAY Project

Carl Lachat et al.

http://www.plosmedicine.org/article/

Par Basile Keugoung

Cet article rapporte les résultats d’une étude menée dans 40 pays d’Afrique sub-saharienne pour identifier les priorités de recherche et d’interventions en nutrition afin de créer un environnement favorable à la recherche.

Les domaines prioritaires sont : i) les interventions communautaires pour améliorer le statut nutritionnel ; ii) les stratégies d’interventions sur le comportement et enfin iii) les interventions pour la sécurité alimentaire pour améliorer la nutrition.

Les actions prioritaires pour créer un environnement favorable de recherche sont : i) une meilleure gouvernance de la recherche sur la nutrition ; ii) l’alignement des financements de la recherche sur la nutrition avec les priorités identifiées en Afrique sub-saharienne ; iii) le renforcement des compétences en recherche nutritionnelle ; et enfin iv) l’amélioration du partage d’information et la diffusion des résultats de recherche sur la nutrition.

Les auteurs proposent une nouvelle approche pour la recherche sur la nutrition en Afrique sub-saharienne qui stimule une demande de la recherche à partir des policymakers et les tient redevables pour l’incorporation des résultats de la recherche dans les politiques et les pratiques.

 

VIH/SIDA

2. WHO Bulletin (early online) – Niveau d’augmentation des coûts du passage de l’Option B à l’Option B+ dans la prévention de la transmission mère-enfant du VIH

Titre original : The incremental cost of switching from Option B to Option B+ for the prevention of mother-to-child transmission of HIV

Lisa O’Brien et al.;

http://www.who.int/bulletin/online_first/

Par Basile Keugoung

Cet article évalue le coût du passage de l’Option B –Trithérapie pendant la grossesse, allaitement maternel, et névirapine à l’enfant pendant à semaines- à l’Option B+ -Initiation de la trithérapie pendant la grossesse et poursuite pendant toute la vie- dans la prévention de la transmission mère-enfant du VIH (PTME).

Pour les femmes qui ont entre 350-500 CD4/µl, l’augmentation des coûts pour 1000 femmes serait de 157 345 US$ pour les femmes allaitantes et de 92 813 US$ pour les femmes non allaitantes. Pour les femmes ayant plus de 500 CD4/µl, l’augmentation des coûts serait de 484 591 US$ pour les femmes allaitantes et de 605 739 US$ pour les femmes non allaitantes.

Ainsi, le passage de l’Option B à l’Option B+ est possible et faisable dans les pays qui ont aujourd’hui les ressources pour mettre en œuvre l’Option B.

 

Maladies infectieuses

3. Lancet Global Health – Persistence of poliomyelitis in Nigeria

Festus D. Adu et al.;

http://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(14)70003-8/fulltext

Par Basile Keugoung

Tara Mangal ont identifié les facteurs responsables de la persistance du virus polio sauvage au Nigéria. Il s’agit de la faible efficacité du vaccin, la faible couverture vaccinale, l’immunité sous-optimale des populations, le refus du vaccin, et la non prise de conscience. Le Groupe d’Expert sur la Polio a aussi ajouté la faible implication de certains Etats, la faible qualité des campagnes de vaccinations, et la négligence de la vaccination de routine. Dans ce point de vue, les auteurs notent qu’en plus de ces facteurs, d’autres raisons qui affectent l’ensemble du pays justifient la persistance du virus polio sauvage. Ces facteurs sont politiques, culturels, et religieux.

Le refus du vaccin polio en 2004 avait suivi les résultats des élections dont certains leaders nordistes avaient relevé qu’ils n’étaient pas en leur faveur. Dans certaines zones du Nigeria, un enfant paralysé est perçu comme un tabou alors que dans d’autres régions, ces enfants deviennent des mendiants dans les rues. Dans cette situation, des leaders communautaires ont une influence notoire dans le succès ou l’échec du programme de vaccination. Le niveau d’éducation est également important car il contribue à une meilleure compréhension, connaissance et attitude. Même si les 2 principales religions du pays (islam, christianisme) ne sont pas contre la vaccination, un manque de connaissances, le bas statut social, et l’analphabétisme peuvent faire qu’une mère devienne non compliante à la vaccination de son enfant. Ces facteurs doivent être pris en compte et certains ont été inclus dans les nouvelles stratégies. D’importants résultats ont été réalisés durant les 9 derniers mois avec une baisse du nombre de cas de virus polio sauvage 1 de 57% et pas de cas de virus polio sauvage 3 depuis 12 mois. Si ce niveau est maintenu, la circulation du polio sauvage pourrait être interrompue à la fin de 2014.

 

4. OMS – Les défis de la notification des cas dans le monde pendant la pandémie de grippe à virus A (H1N1) de 2009

Titre original: The challenges of global case reporting during pandemic A(H1N1) 2009

Stephanie Williams et al.

Source: http://www.who.int/bulletin/volumes/92/1/12-116723.pdf

Par Bangaly Doumbouya

Pendant la pandémie de grippe à virus A(H1N1) de l’année 2009, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a demandé à tous les États membres de fournir les données par cas sur au moins les 100 premiers cas de grippe confirmés en laboratoire afin d’obtenir une compréhension précoce de la pandémie et de fournir les directives appropriées aux pays touchés. En examinant la stratégie de surveillance de la pandémie, nous avons évalué l’utilité de la collecte des données par cas et les défis à relever dans l’interprétation de ces données au niveau mondial. Pour ce faire, nous avons évalué le respect des recommandations en matière de surveillance et l’exhaustivité des données des dossiers des cas soumis, et nous avons décrit les caractéristiques épidémiologiques des 110 premiers cas signalés de chaque pays, regroupés en régions. Sur la période allant d’avril 2009 à août 2011, l’OMS a reçu plus de 18 000 dossiers de cas fournis par 84 pays. Les données sont parvenues à l’OMS à différents intervalles de temps, sous différents formats et sans informations sur les méthodes de collecte. À peine plus de la moitié des 18 000 dossiers a donné la date d’apparition des symptômes, ce qui ne permet pas d’évaluer si les cas reçus faisaient partie des premiers cas à être confirmés. Les analyses épidémiologiques descriptives se sont limitées à synthétiser les rapports d’âge, de masculinité et d’hospitalisation. L’analyse centralisée des données par cas n’a que très peu de valeur dans la description des principales caractéristiques de la pandémie. Les résultats sont difficiles à interpréter et pourraient induire en erreur s’ils sont pris isolément. Une meilleure approche consisterait à identifier les questions essentielles, à normaliser les éléments des données et les méthodes d’investigation, et à créer des canaux efficaces de communication entre les pays et la communauté de la santé publique internationale. Les échanges réguliers de données de surveillance de routine aideront à consolider ces canaux de communication essentiels.

 

Tuberculose

5.  OMS- Principes d’élaboration de futurs schémas thérapeutiques pour traiter la tuberculose multirésistante

Titre original : Principles for designing future regimens for multidrug- resistant tuberculosis

Grania Brigden et al.

Source :http://www.who.int/bulletin/volumes/92/1/13-122028.pdf

Par Bangaly Doumbouya 

Moins de 20% des patients atteints de tuberculose multirésistante (MDR) reçoivent actuellement un traitement et il est urgent de renforcer les programmes de traitement. Un des plus grands obstacles à ce renforcement est le schéma thérapeutique qui est long, complexe, inefficace, mal toléré et coûteux. Pour la première fois en plus de 50 ans, de nouveaux médicaments ont été développés spécifiquement pour traiter la tuberculose, dont la bedaquiline et potentiellement la delamanid qui devraient être bientôt disponibles pour traiter les cas de MDR. Cependant, si les nouveaux médicaments sont juste ajoutés au schéma thérapeutique actuel, le nouveau schéma thérapeutique sera au moins aussi long, lourd et toxique que celui qui existe déjà. Il est urgent d’élaborer une stratégie et d’obtenir des preuves concernant la façon de maximiser le potentiel des nouveaux médicaments pour améliorer les résultats et raccourcir la durée du traitement. Nous avons mis au point huit principes clés pour la conception des futurs schémas thérapeutiques afin de s’assurer que, une fois qu’ils aient été éprouvés comme sûrs dans des essais cliniques, ils soient cliniquement efficaces et utilisables dans le cadre d’un programme. Les schémas thérapeutiques doivent comprendre au moins une nouvelle classe de médicament; être généralement applicables pour une utilisation contre les MDR et plus largement contre les souches complexes de Mycobacterium tuberculosis multirésistantes; comprendre trois des cinq médicaments efficaces, chacun provenant d’une classe de médicament différent; être administré par voie orale; avoir un schéma posologique simple; avoir un bon profil d’effets secondaires permettant un suivi limité; durer au moins 6 mois et avoir le moins d’interaction possible avec les antirétroviraux. Suivre ces principes maximisera le potentiel des nouveaux composés et permettra de surmonter les inconvénients cliniques et programmatiques, ainsi que les contraintes qui plombent le schéma thérapeutique actuel.

 

Talents émergents 

6. Panafrican Medical Journal – Barriers to antenatal syphilis screening in Burkina Faso

Fadima Yaya Bocoum et al;

Barriers to antenatal syphilis screening in Burkina Faso;

Par Basile Keugoung 

En dépit des avancées dans le diagnostic et le traitement, la syphilis reste un problème majeur de santé publique au Burkina Faso. Le dépistage anténatal de la syphilis pendant la grossesse est faiblement mis en œuvre dans les pays d’Afrique sub-saharienne. L’objectif de cet article est d’identifier et de comprendre les barrières affectant la performance des systèmes de santé dans le dépistage de la syphilis chez la femme enceinte au Burkina Faso.

Une étude qualitative a été menée au travers de 75 interviews en profondeur et de l’observation dans le district de santé de Kaya au Burkina Faso. La sélection des participants était raisonnée en tenant compte de leurs responsabilités.

Les principales barrières étaient au niveau des prestataires –fragmentation des services, faible communication, faible motivation pour la prescription des examens et faible connaissance de la charge morbide de la syphilis- et des communautés –coût du test, distance du laboratoire, faible connaissance de la syphilis.

L’introduction du dépistage au point de soins pourrait être un point d’entrée pour améliorer la couverture du dépistage de la syphilis.

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2 Responses to PIS 235: Districts de santé et place des bailleurs

  1. georges kihuma dit :

    Je me presente comme l’un de pionier de la PTME en RDC, du fait que j’ai eu à experimenter tous les protocoles PTME depuis la monothérapie jusqu’à l’option B+ en passant par l’option A. mais une question reste en suspens dans ma tete à savoir,en terme de reduction du risque de TME, pourquoi l’on est passé de l’option A à l’option B+? Tous les autres avantages suis d’accord; Le test de syphilis nous le faisons systematiquement chez toutes les femmes à la CPN, mais on est souvent en rupture de stock des intrants

  2. Willy VANGE dit :

    Étant donné que je suis dans la lutte contre le VIH et pour atteindre l’élimination pédiatrique du VIH, l’option B+ reste importante et efficace. Pour le test de syphilis qui semble être un problème à Burkina, chez nous cela ne pose pas de problème car nous le réalisons au même moment que celui du VIH au près des femmes enceintes. Nous utilisons le détermine syphilis, si cela est positif nous passons au test de RPR.
    Voilà quelques commentaires par rapport à l’option B+ et la réalisation de test de syphilis.

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