La politique des districts de santé avait été adoptée il y a plus d’un quart de siècle par les pays d’Afrique sub-saharienne. La Conférence de Dakar d’octobre 2013 a revisité le district sanitaire et a reconnu que cette politique reste valable comme système d’organisation des systèmes de santé. Toutefois, les participants à cette conférence ont souligné la nécessité d’adapter le district sanitaire au contexte actuel de mondialisation, de transitions –épidémiologique, technologique, démographie-, aux multiples défis  et à l’émergence de nouveaux problèmes de santé publique (VIH/SIDA, tuberculose multirésistante, grippe…).

De nombreux pays se sont inscrits dans une politique d’émergence de leurs économies. Or la santé est intimement liée et conditionne également le développement. L’émergence ne peut être atteinte sans l’amélioration de la santé des populations qui est une condition et un résultat du développement.

Le rôle de chaque acteur est crucial tant au niveau local, régional, national qu’international. La conférence a proposé des recommandations pour chaque afin d’adapter les districts de santé et renforcer leur performance pour qu’ils répondent effectivement aux besoins des populations.

Nous voulons insister aujourd’hui sur le rôle des partenaires techniques et financiers souligné dans le rapport final.

En effet, plusieurs partenaires techniques et financiers des pays africains, en plus des organismes multilatéraux et régionaux appuient les districts de santé en Afrique et étaient présents à la conférence de Dakar.

Les recommandations suivantes ont été faites :

  1. Accompagner les pays dans cette transition vers une approche plus ouverte et flexible des districts de santé ;
  2. Travailler d’abord sur les obstacles qui sont dus en partie à des insuffisances au niveau de la coordination, l’alignement et l’harmonisation de leurs instruments d’aide. Une priorité est le fardeau, porté par les districts et les structures de santé, causé par la multiplication des processus de collecte de données parallèles. Tous les partenaires techniques et financiers devraient reconnaître et soutenir le nouveau rôle du bureau de gestion du district comme coordinateur global de toutes les activités liées à la santé et accepter d’aller vers l’intégration de leurs interventions dans le plan de district (un plan, un budget, un processus de suivi) ;
  3. Contribuer à une plus grande intersectorialité par la mise en place de mécanismes de coordination entre les organismes d’aide qui sont actifs dans différents secteurs, en pleine coordination avec les différents ministères de tutelle, bien sûr ;
  4. Maintenir leurs efforts pour le renforcement des systèmes locaux de santé dans les zones rurales éloignées ;
  5. S’éloigner progressivement d’un paradigme soulignant les gains à court terme en faveur du paradigme émergent du développement durable, tout en assurant une préoccupation majeure pour la réduction de la pauvreté et une plus grande équité.

A chaque partenaire individuel, la Conférence a fait les propositions ci-dessous :

  1. Adaptez vos interventions au contexte local. Dans les états fragiles, favorisez le support global aux districts de santé ;
  2. Mettez le véritable dialogue entre les gens et les professionnels de santé (à nouveau) en haut de votre agenda.
  3. Si votre instrument d’aide principal est l’approche « projet », utilisez sa souplesse pour réaliser des pilotes de nouvelles stratégies pour relever les défis insuffisamment abordés jusqu’ici (par exemple, la coordination des acteurs de la santé dans les villes, l’alignement des prestataires privés à but lucratif). Impliquez les entrepreneurs sociaux et des innovateurs en matière de TIC pour apporter de nouvelles idées et de l’énergie. Assurez-vous que les équipes de district sont pleinement impliquées dans la redéfinition de leurs rôles et missions. Les secteurs autres que la santé doivent être impliqués dans ce processus.
  4. Faites l’investissement que d’autres acteurs ne peuvent pas ou hésitent à faire. Par exemple, nous vous encourageons à développer le leadership dans de nouveaux domaines tels que le développement d’outils de TIC pour des systèmes de santé plus performants. Cela comprend de développer des outils et des capacités pour les renseignements de santé publique au niveau national et décentralisé et la redevabilité au travers des données avec une attention particulière à : l’adaptation des solutions aux contraintes opérationnelles de certains pays, des interfaces conviviales, l’interopérabilité entre les programmes et les acteurs, le contrôle des pays par la préférence pour des logiciels libres.
  5. Assurez-vous que les équipes de district sont pleinement impliquées dans la redéfinition de leurs rôles et missions. Les secteurs autres que la santé doivent être impliqués dans ce processus.
  6. Consolidez au niveau national et décentralisé, les capacités techniques requises pour les nouvelles fonctions (par exemple l’achat stratégique, le district comme organisation apprenante . . .).
  7. Soutenez la documentation et la dissémination d’expériences en lien avec le nouvel agenda des districts.

Si les partenaires techniques et financiers jouent pleinement ce rôle, les districts de santé africains seraient renforcés et contribueront de façon plus efficace à l’amélioration de la santé des populations et au développement.

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