L’Equipe éditoriale de la Newsletter Politiques Internationales de Santé vous souhaite une année 2014 qui comble vos attentes et vous permette de réaliser vos projets et vos objectifs.

L’arrivée de 2014 devrait normalement mettre la pression sur les Etats pour qu’ils commencent à réfléchir sur l’après 2015 et notamment sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement. L’éditorial de cette revient sur cette problématique.

Cette semaine, nous vous proposons le Rapport de la Conférence de Dakar. Vos commentaires sont les bienvenus. La couverture sanitaire universelle (CSU) est également au menu et deux articles ont été retenus.

La question de la prise en compte des minorités dans la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique sub-saharienne est notre 4e sélection de la semaine. L’OMS souhaite collaborer avec les acteurs non étatiques et a publié le cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques.

Enfin, vous trouverez un article qualitatif sur les perceptions des infirmiers par rapport à leurs conditions de travail.

Bonne Lecture

Pour L’Equipe éditoriale

Basile Keugoung

 

Editorial- Echéance des OMD de 2015 : tirer les leçons pour le futur

Par Basile Keugoung

Lire ici

Rapport de la Conférence de Dakar “Harare + 25”

1. Rapport de la Conférence (version finale)

Le Rapport de la Conférence de Dakar sur les 25 ans de la politique des districts de santé en Afrique a été mis en ligne. Vous pouvez lire le rapport et faire part de vos réactions ou point de vue sur le forum de la CoP Prestations de Services. Cliquez sur le lien suivant et envoyez votre commentaire : https://hhacops.org/cop-hsd-pss-bilingual/discussions.

 

Post-OMD & CSU

2. Le Monde Diplomatique – Supplément sur la couverture sanitaire universelle (CSU) : un combat universel

http://www.monde-diplomatique.fr/2014/01/A/50028

Le Monde Diplomatique a publié un supplément sur la couverture sanitaire universelle. Les chiffres sont assez inquiétants : 5 des 7 milliards d’habitants de la planète ne disposent pas de couverture sanitaire universelle. Chaque année, 150 millions de personnes dépensent en frais de santé plus de 40 % de leurs revenus. La mise en place d’une couverture sanitaire universelle (CSU) permettrait à des millions de personnes non seulement de se soigner, mais aussi de ne pas basculer dans la pauvreté.

La notion de couverture sanitaire universelle suscite depuis peu une attention croissante. En 2010, le rapport sur la santé dans le monde et la déclaration conjointe de l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelaient les Etats membres à « poursuivre l’objectif d’une couverture universelle accessible à tous les citoyens sur la base de l’équité et de la solidarité ». En décembre 2012, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) adoptait une résolution fixant pour la première fois le cap d’une « couverture sanitaire universelle ».

Ce supplément présente une série d’articles sur l’Equateur, le Sénégal et l’Inde, la relation entre la couverture sanitaire universelle et le développement durable, ou l’atteinte des objectifs de santé

 

3. Plos Medicine –Améliorer la santé des femmes à travers la couverture sanitaire universelle

Titre original : Improving Women’s Health through Universal Health Coverage

Jonathan Quick et al.;

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001580

L’accès inégal des femmes aux soins de santé contribue à mettre en péril la santé des femmes. Il est impératif les Objectifs du Millénaire pour le Développement post-2015 tiennent compte de cette problématique. La Couverture sanitaire universelle (CSU) pourrait faire partie des prochains objectifs mondiaux de santé car elle réduit les iniquités d’accès aux soins et englobe tous les problèmes de santé de la femme y compris les types de services. Notamment, la conception et la mise en œuvre des interventions pourraient s’articuler autour i) d’un paquet de soins essentiels, ii) de l’amélioration de l’accès aux services, iii) de l’élimination des barrières financières d’accès aux soins, iv) de la réduction des barrières sociales et enfin v) du suivi de la performance.

Pour cela, les systèmes de santé devraient être forts sur toutes leurs composantes – leadership et gouvernance, ressources humaines, financement…

Les mesures essentielles de la CSU comportent l’accès des femmes aux soins de santé, la couverture équitable des services essentiels pour les femmes, la protection financière des femmes et l’impact sur les indicateurs de santé relatifs aux femmes. Les indicateurs de la CSU post-2015 devraient donc être inclus dans les indicateurs clés des Objectifs de Développement pour le Millénaire.

 

VIH/SIDA

4. Aidspan – Programmes de lutte contre le VIH en Afrique : incapacité à répondre aux besoins urgents des minorités sexuelles

Karanja Kinyanjui;

http://www.aidspan.org/fr/gfo_article/programmes-de-lutte-contre-le-vih-en-afrique-incapacit%C3%A9-%C3%A0-r%C3%A9pondre-aux-besoins-urgents-d

Les efforts du Fonds mondial visant à cibler les principales populations touchées par le VIH, notamment les minorités sexuelles, continuent à se heurter à de grands obstacles en Afrique subsaharienne, comme l’illustrent des études récentes, en raison de la stigmatisation et de la marginalisation observées même dans les programmes existants.

En publiant une série d’études sur la morbidité du VIH parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) en Afrique subsaharienne, le Journal de l’International AIDS Societymet en lumière la tendance inquiétante vers une épidémie de sida chez ces groupes à risque à travers le continent, tout en dénonçant « la complaisance et l’inadéquation des bailleurs de fonds et des gouvernements des pays qui ont du mal à aborder les populations clés », lit-on sous la plume de l’éditorialiste de cette série.

Les estimations actuelles de l’ONUSIDA situent la prévalence du VIH parmi les homosexuels en Afrique subsaharienne à 17,9%.

– Manque de données fiables

À en croire des études menées au Cameroun, au Sénégal, en Afrique du Sud, au Swaziland, au Kenya et au Malawi, l’épidémie silencieuse serait largement méconnue des décideurs de la santé, malgré les exhortations des bailleurs de fonds, notamment le Fonds mondial, selon lesquels le ciblage de cette population clé est l’un des meilleurs moyens de maîtriser la propagation du VIH.

Le manque de données a été présenté comme l’un des plus grands obstacles à l’intervention auprès des homosexuels, peu de pays collectant ou analysant les données sur la taille de cette catégorie de la population à l’intérieur de leurs frontières.

La prévalence du VIH parmi les homosexuels a également été déterminée au Sénégal et au Nigeria, parallèlement à une étude de séroprévalence menée auprès des travailleurs du sexe en Côte d’Ivoire, avec un taux de 50 % dans un échantillon de 96 hommes d’Abidjan, la capitale économique.

– La criminalisation de l’homosexualité, un frein à la prévention

Un autre obstacle majeur identifié par ces études – qui ont également été menées au Cameroun, au Kenya, au Malawi et au Swaziland – est la criminalisation de l’homosexualité dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne : 38 pays du continent condamnent les relations sexuelles entre deux hommes ou deux femmes.

– Manque de formation et d’information

Cette étude est parvenue à la conclusion qu’aucune formation spécifique n’est dispensée aux travailleurs de la santé d’Afrique subsaharienne pour répondre aux besoins particuliers des homosexuels et d’autres populations clés. Ce facteur limite leur efficacité à recommander des changements de comportements qui peuvent atténuer le risque de transmission du VIH. De même, la formation est limitée en termes de promotion de la prise en charge et du traitement appropriés auprès des homosexuels et autres minorités sexuelles. La formation des travailleurs de la santé a été présentée comme une intervention prioritaire pour renforcer la fourniture des services essentiels aux homosexuels.

Les stratégies existantes en Afrique subsaharienne ont jusqu’à présent porté sur la transmission hétérosexuelle – une décision qui, à en croire les auteurs des recherches, serait une mauvaise approche pour assurer des interventions efficaces et barrer la voie à la propagation du VIH.

– Victoires modestes

Ces études ont également pris soin de mettre en évidence des petites victoires remportées à travers le continent pour ce qui est d’affronter et de surmonter la marginalisation des minorités sexuelles. Les approches communautaires en Afrique du Sud ont connu un succès modeste en matière d’accès des populations marginalisées aux services de sensibilisation et de prévention du VIH, d’éducation par les pairs et dans l’aménagement des espaces sociaux sûrs permettant de fournir une éducation sur le VIH, de faire face aux risques liés à la stigmatisation et au comportement et d’établir des liens entre les personnes dans le dépistage et la prise en charge du VIH.

 

OMS

5. WHO –  Cadre de collaboration de l’OMS avec les acteurs non étatiques

http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/EB134/B134_8-fr.pdf

Lors de sa 134e session tenue le 8 janvier 2014, le Conseil exécutif de l’OMS a adopté le cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques. L’objectif global de ce cadre est d’œuvrer pour un meilleur usage des ressources dont disposent les acteurs non étatiques (les connaissances, le savoir-faire, les produits, le personnel et le financement).

Cette collaboration est sous-tendue par 5 principes :

  • présenter des avantages clairs sur le plan de la santé publique ;
  • respecter la nature intergouvernementale de l’OMS ;
  • soutenir et améliorer l’approche basée sur les connaissances scientifiques et les données factuelles sur laquelle repose l’action de l’OMS ;
  • être gérée activement afin de réduire toute forme de risque pour l’OMS (y compris les conflits d’intérêts) ;
  • se fonder sur la transparence, l’ouverture et le pluralisme.

Ces relations concernant la participation, les ressources, les données factuelles, la sensibilisation et la coopération technique.

Les acteurs non étatiques comprennent les organisations non gouvernementales, les entités commerciales privées, les fondations philanthropiques et les établissements universitaires.

Il y a 4 limites à cette collaboration :

  • la prise de décisions au sein des organes directeurs est la prérogative exclusive des États Membres ;
  • les processus de définition des normes et critères par l’OMS doivent être protégés de toute influence indue ;
  • l’OMS ne collabore pas avec les industries dont les produits nuisent directement à la santé humaine (comme le tabac ou les armes) ;
  • la collaboration avec les acteurs non étatiques ne doit pas compromettre la réputation de l’OMS.
  •  

Talents Emergents 

6. Journal of multidisciplinary health care – Job satisfaction among nurses working in the private and public sectors: a qualitative study in tertiary care hospitals in Pakistan

Asmat Malik et al.;

http://www.dovepress.com/job-satisfaction-among-nurses-working-in-the-private-and-public-sector-peer-reviewed-article-JMDH

Plusieurs pays à faible et moyen revenu ont une pénurie en ressources humaines pour la santé et ne peuvent donc fonctionner normalement. Au Pakistan, il y a 2,7 médecins pour un infirmier.

Une recherche qualitative a été menée dans les hôpitaux tertiaires au Pakistan pour analyser la satisfaction  des infirmiers et les facteurs qui influencent leur climat de travail. Les données ont été collectées à travers les interviews interactives avec infirmiers qui travaillent en consultation externe ou dans les services d’hospitalisation.

Tous les infirmiers avaient choisi la profession avec le soutien familial mais ont indiqué qu’ils n’étaient pas satisfaits de leur travail. Ils travaillaient dans ‘l’esprit de servir l’humanité’, ‘en dehors des gains particuliers’ et ‘dans un système fonctionnel mais avec une forte redevabilité’. Les infirmiers qui ont soutenu ‘servir l’humanité’ étaient nouveaux dans la profession et travaillaient bien en dépit des conditions de travail difficiles. Par contre ceux qui ne visaient pas ‘de gains particuliers’ appartenaient au secteur public ayant des ressources limitées. Enfin ceux qui ‘faisaient face à une forte redevabilité’ appartenaient au secteur privé.

La présence de personnel bien formé est vitale, et certains aspects organisationnels sont aussi importants tels que le nombre, la constitution d’équipes mixtes, la distribution, et les conditions de travail. Il y a une nécessité de réformer les politiques pour retenir le personnel infirmier. Les mesures simples telles que l’amélioration de la gestion du personnel pourrait améliorer de façon substantielle l’environnement de travail et la rétention du personnel.

 

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