Par Basile Keugoung

Aurevoir 2013 ! Bienvenue 2014 ! L’année nouvelle a commencé. Il s’agit d’une année particulière car elle est la dernière avant 2015. En effet en 2000, 2015 paraissait lointain. A l’adoption des OMD, les réformes n’ont pas été menées dans la plupart des pays pour adapter les politiques de santé afin qu’elles puissent correspondre à la nouvelle vision de la santé mondiale.

Certains ont d’ailleurs argumenté que les OMD ont été fixés sans la concertation des pays à faible revenu. Par contre, d’autres experts estiment que les conditions ne sont pas réunies pour que l’Afrique sub-saharienne atteigne ces objectifs.

En 2015, l’heure sera au bilan et l’ONU adoptera certainement de nouveaux objectifs pour 2025 ou pour 2035. Et comme les mêmes causes risqueront de produire les mêmes effets, il y aura un gap entre l’adoption des politiques au niveau mondial, la mise en place des réformes au niveau des pays et ensuite un retard dans la mise en œuvre des interventions efficaces pour atteindre les objectifs.

Par contre l’état de santé des populations continuera à se détériorer. Le cas de certains pays en Afrique sub-saharienne est particulier. L’Ethiopie et le Rwanda par exemple ont mené d’importantes réformes qui leur ont permis d’améliorer de façon significative leurs indicateurs de santé pour atteindre les OMD en 2015. Le Cameroun a par contre régressé pour certains indicateurs.  En effet, le ratio de mortalité maternelle est passé de 420 décès maternels en 1990 à plus de 700 décès maternels pour 100000 naissances vivantes en 2012.

Il serait donc important de comprendre non seulement pourquoi et comment certains pays vont atteindre les OMD (par exemple réussir à réduire leur taux de mortalité infantile), mais aussi et surtout pourquoi certains pays comme le Cameroun par exemple ont plutôt régressé. La compréhension de ces évolutions opposées pourrait fournir des pistes pour mieux gérer les systèmes de santé et prédire des résultats qu’un système de santé pourrait obtenir à long terme.

Ainsi, des scénarii de réussite ou d’échec pourraient être développés à partir de ces études de cas. Ils permettraient de faire le plaidoyer et d’inciter les pays à changer de cap, et à mieux utiliser les ressources nationales et internationales pour l’amélioration effective de la santé des populations.

Grace à cette modélisation, on n’attendra plus une dizaine d’années pour interpeller les décideurs de la déroute vers laquelle les systèmes de santé sont potentiellement orientés. Cela est possible. La responsabilité mondiale ne devrait plus se limiter à la collecte des fonds pour lutter contre les problèmes de santé spécifiques tels que le VIH/SIDA, le paludisme ou la tuberculose. Cette responsabilité devrait aller plus loin pour intégrer la fonctionnalité du système de santé pour l’atteinte des objectifs mondiaux de santé. A l’ère de la mondialisation, ce serait la seule alternative pour le contrôle des pandémies et autres endémies.

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