Après le blog d’Elisabeth Paul sur la décentralisation en Afrique sub-saharienne, Nadine Sossouhounto analyse cette semaine l’expérience du Bénin dans la médicalisation de la première ligne. D’autres expériences existent dans d’autres pays. Nous souhaiterions que vous les partagiez. Les cas du Sénégal, du Mali et du Cameroun sont souvent cités. Au Cameroun par exemple, un niveau intermédiaire entre le centre de santé et l’hôpital de district a été créé et est appelé ‘centre médical d’Arrondissement’. Il s’agit d’une structure qui couvre une aire de santé et dans laquelle se trouve un médecin. Nous souhaiterions avoir l’avis ou le vécu des médecins qui travaillent à ce niveau du système de soins.

Nous partageons ensuite des articles sur le Fonds Mondial, les nouvelles directives de prise en charge de la malnutrition aigüe sévère, la rémunération du personnel de santé dans les pays membres de l’OMS, la notion de Grande Convergence et enfin la réactivité dans le secteur de la santé.

Pour l’Equipe Editoriale

Basile Keugoung

Editorial- Des stratégies contradictoires de médicalisation de la première ligne au Bénin : quel modèle faut-il choisir?

Par Sossouhounto Nadine

Lire ici


 

Fonds Mondial 

1. Fonds Mondial – Les donateur du Fonds Mondial ont promis 12 milliards US$

Titre original: Global Fund Donors Pledge US$12 Billion

Par Basile Keugoung

Les donateurs rassemblés à la conférence de lancement de la quatrième reconstitution des ressources du Fonds mondial ont annoncé  des promesses de dons à hauteur de 12 milliards US$ pour les trois prochaines années contre 9,2 milliards US promis en 2010 pour la période 2011/2013.

Mark Dybul, le Directeur exécutif du Fonds mondial a déclaré que « Les idéaux du 21e siècle qui ont présidé à la création du Fonds mondial n’ont jamais été plus vivants : partenariat, partage des responsabilités et obligation mutuelle de rendre des comptes. Il s’agit, à bien des égards, d’une reconstitution de l’espoir, d’une élévation de l’esprit humain. »

Les contributions annoncées aujourd’hui viennent de 25 pays, de la Commission européenne, de fondations et d’entreprises privées, ou encore, d’organisations confessionnelles. La promesse des Etats-Unis est de 4 milliards US$. Le Président Barack Obama a sou que les États-Unis – le principal donateur du Fonds mondial – tiendraient leur promesse de verser un dollar chaque fois qu’un autre bailleur de fonds en verserait deux d’ici septembre 2014 jusqu’à un maximum de 5 milliards US$. Le Royaume-Uni a promis 1,6 milliard US$ et la France s’est engagée à verser 1,5 milliard US$.

La contribution du Japon sera de 800 millions US$, et celle du Canada est de verser 612 millions US$ pour la période 2014/2016, tandis que l’Allemagne offrira 600 millions € pour la période 2014/2016. En septembre, le Royaume-Uni a annoncé à l’Assemblée générale des Nations Unies qu’il apporterait un milliard de livres sterling (de dollars US) au Fonds mondial pour la période 2014/2016, ce qui constitue la deuxième promesse de dons faite par un gouvernement à ce jour après celle des États-Unis.

La Fondation Bill et Melinda Gates pourra donnera jusqu’à 500 millions US$. Le don initial  sera de 300 millions US$ auxquels viennent s’ajouter jusqu’à 200 millions supplémentaires qui seront dégagés à proportion des engagements pris par les autres donateurs. D’autres entreprises et des organisations confessionnelles ont également fait des promesses importantes.

Politiques et financement de la santé

2. BMJ blog – Richard Smith: La Grande convergence peut-elle remplacer les OMDS?

Titre original : Can the Grand Convergence replace the MDGs?

http://blogs.bmj.com/bmj/2013/12/05/richard-smith-can-the-grand-convergence-replace-the-mdgs/

La Grande Convergence est une idée de la Commission du Lancet sur l’investissement en santé. L’idée est que vers 2035, les pays pauvres aient une mortalité similaire à celle des pays riches. Ceci pourrait amener la communauté internationale à travailler ensemble et à remplacer les Objectifs du Millénaire pour le Développement. En 1993, la mortalité infantile des pays pauvres était 30 fois supérieure à celle des pays riches, ce qui est appelé la Grande divergence.

Nous savons qu’il est possible de réduire la mortalité dans les pays pauvres de manière à atteindre le niveau des pays riches et les 4C (Chine, Chili, Costa Rica et Cuba) l’ont réalisé.

Richard Feachem a souligné que la Grande Convergence pouvait être atteinte avec un investissement annuel 24 US$ par habitant alors que les Etats-Unis dépensent 8000 US$ et l’Europe 5000 US$ par an. Ceci pourrait être inscrit comme un des objectifs du développement durable qui suivront les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

3. Lancet (Editorial) – La crise de la malnutrition aigüe sévère chez les enfants de moins de 5 ans

Titre original: The global crisis of severe acute malnutrition in children

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(13)62611-2/fulltext

Par Basile Keugoung

Au total, 19 million d’enfants de moins de 5 ans ont eu une malnutrition aigue sévère dans le monde en 2011, dont une majorité en Afrique et en Asie du Sud-Est. Cette malnutrition était responsable de 7% des décès des enfants de moins de 5 ans.

L’OMS a développé de nouvelles directives pour la prise en charge de la malnutrition aigue sévère qui remplacent celles de 1999.

Les anciennes recommandations prévoyaient que tous les enfants de moins de 5 ans avec une malnutrition aigüe sévère (un indice Poids-taille inférieur à 3, ou la présence des œdèmes  bilatéraux) devraient être hospitalisés. Aujourd’hui, le but de traiter le plus d’enfants en externe. Ceci permet aux enfants de rester dans leur cadre familial et d’éviter d’attraper les infections nosocomiales à l’hôpital. Ceci bien sûr ne signifie pas que les enfants doivent recevoir le traitement en externe et ne plus bénéficier d’un suivi. Leur suivi est fondamental pour s’assurer que leur situation s’améliore.

L’utilisation des antibiotiques est destinée uniquement aux enfants avec une malnutrition aigüe sévère et n’est plus recommandée aux enfants ayant une malnutrition modérée ou légère.

Les directives comportent également les mesures pour la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère chez les enfants de moins de 6 mois, et les enfants infectés par le VIH.

La mise en œuvre de ces recommandations permettrait de mieux soigner les enfants. Toutefois, beaucoup reste à faire pour juguler la crise de l’alimentation. L’amélioration de la nutrition est primordiale pour prévenir cette malnutrition.

4. OMS – La rémunération des travailleurs de la santé dans les États membres de l’OMS

Titre original :  Health worker remuneration in WHO Member States

Source : http://www.who.int/bulletin/volumes/91/11/13-120840.pdf

Auteurs :  Hernandez-Peña, et Al.

Par Bangaly Doumbouya

L’objectif était de présenter les données disponibles sur les sommes dépensées par les États membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), liées à la rémunération des travailleurs de la santé dans les secteurs public et privé.

Les données sur les dépenses gouvernementales et totales liées à la rémunération des travailleurs de la santé ont été obtenues en examinant les documents officiels de la base de données des dépenses mondiales liées à la santé de l’OMS et directement à partir des représentants et des sites Web officiels des pays. Ces données sont présentées dans ce document, par groupes de revenu de pays de la Banque mondiale, en millions d’unités monétaires nationales par année civile pour les travailleurs de la santé salariés et non salariés. Elles sont présentées comme part du produit intérieur brut (PIB), du total des dépenses de santé et des dépenses générales de santé du gouvernement. La moyenne annuelle du changement de la rémunération (c’est-à-dire le taux de croissance annuel composé) a également été évaluée entre 2000 et 2012 en fonction de ces paramètres.

On note qu’en moyenne, le coût des rémunérations pour tous les types de travailleurs de la santé représentait plus du tiers du total des dépenses de santé dans les différents pays. Ce coût a augmenté plus rapidement que le PIB des pays, mais moins rapidement que le total des dépenses de santé et des dépenses générales de santé du gouvernement. La rémunération des travailleurs de santé a d’autre part augmenté plus rapidement que celle des autres types de travailleurs.

Les auteurs concluent qu’alors qu’ils cherchent à atteindre une couverture maladie universelle (CMU), les pays devront consacrer une proportion croissante de leur PIB à la santé et à la rémunération des travailleurs. Toutefois, la portion du total des dépenses de santé consacrée à payer les travailleurs de santé semble diminuer, en partie parce que la mise en place de la CMU exige un renforcement de l’ensemble du système de santé.

Talents Emergents

5. BMC Health Services – Evaluation de la réactivité des services de santé dans les assurances de santé au Nigéria; perspectives des utilisateurs

Titre original- Assessing responsiveness of health care services within a health insurance scheme in Nigeria: users’ perspectives.

Shafiu Mohammed et al.;

http://www.biomedcentral.com/1472-6963/13/502/abstract

Par Basile Keugoung

Une faible attention a été accordée à la  réactivité des services de santé dans les pays à faible et moyens revenus. Malgré l’introduction de l’assurance santé depuis une dizaine d’années dans le pays à faible revenu, ils n’ont pas encore évalué en termes de réactivité des services de santé. Ce concept est multidimensionnel et peut être évalué sur plusieurs domaines : attention prompte, dignité, communication, autonomie, choix du prestataire, qualité des infrastructures, confidentialité, et accès au soutien familial.

Cette étude évalue les perspectives des assurés sur la réactivité de leurs services de santé.

Cette étude rétrospective transversale conduite entre octobre 2010 et mars 2011 a utilisé le questionnaire d’enquête sur la réactivité de l’OMS des patients externes. Au total, 796 participants assurés depuis au moins un an à Kaduna-Nigéria ont été interviewés et les facteurs qui influencent la perspective des utilisateurs sur la réactivité des services de santé et leurs effets ont été évalués.

La communication (55%), la dignité (54%), et la qualité des services de santé étaient considérés comme des facteurs extrêmement importants. Le type de formation sanitaire, le genre, la référence, la durée d’enrôlement dans l’assurance, le niveau d’éducation, le niveau de revenu, et statut marital étaient le plus liés à la réactivité.

L’évaluation de la réactivité des services de santé au sein du système d’assurance est importante pour la mise en œuvre de l’assurance. L’étude a permis d’identifier des facteurs importants qui influencent la réactivité. Les prestataires de santé qui travaillent avec les systèmes d’assurance doivent accorder une importance particulière à ces domaines.

Les policymakers et l’agence de régulation de l’assurance doivent mettre en place des réformes pour le monitoring et l’assurance qualité avec une attention particulière sur les domaines de réactivité pour réduire le déficit entre les attentes des utilisateurs et leurs expériences avec les services de santé.

Tagged with →  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please fill in the below * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.