La Conférence de Dakar sur les 25 ans de la Déclaration de Harare s’est déroulée avec une participation massive d’experts de santé. Nous vous avons promis de vous faire tenir progressivement les résultats. Certains rapports ont été postés sur le site de la Communauté de Pratiques Prestations des Services de santé. Nous vous invitons à vous inscrire sur le site pour avoir accès à ces documents qui visent à améliorer l’offre de soins en particulier au niveau des districts de santé.

Cliquez juste sur le lien ci-après pour vous inscrire en 30 secondes au plus :

https://hhacops.org/cop-hsd-pss-bilingual/

Une session a été consacrée à la décentralisation lors de la Conférence. Elisabeth Paul qui rapportait cette session a écrit l’éditorial de cette semaine sur cette problématique. Nombreux sont ceux qui n’étaient pas à la Conférence et nous souhaiterions avoir aussi votre point de vue ou votre expérience sur ce sujet. Vous pouvez écrire directement votre commentaire sur le site de la Newsletter : http://www.santemondiale.org/.

A la suite de l’éditorial, vous trouverez des articles sur l’éradication de la polio, le vaccin contre le paludisme, la lutte contre les cancers et le financement des soins

 

Editorial: Décentralisation politique et administrative : un défi mais surtout une opportunité pour les systèmes locaux de santé en Afrique

Par Elisabeth Paul

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Eradication  de la Polio

1. Plos Medicine – L’effort final pour l’éradication de la poliomyélite: faire face à la violence en Afghanistan, au Pakistan et au Nigeria

Titre original : The Final Push for Polio Eradication: Addressing the Challenge of Violence in Afghanistan, Pakistan, and Nigeria

Seye Abimbola, Asmat Malik, Ghulam Farooq Mansoor;

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001529

Par Laure Fotso

Au cours des deux dernières années, l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) qui a permis de réduire la polio de 99% depuis son lancement en 1988, a considérablement étendu la couverture vaccinale contre la polio dans les trois pays où la polio est encore endémique. Ainsi, Au Pakistan, la proportion des districts à haut risque ayant atteint le seuil de vaccination cible de 95% est passé de 59 % en Janvier 2012 à 74% en Octobre 2012. En Afghanistan, environ 15000 enfants sont restés inaccessibles par les vaccinateurs en 2012, contre 80000 en 2011. Au Nigeria, la proportion de zone à haut risque où la couverture vaccinale atteint le seuil cible a augmenté de 10% en février 2012 à 70% en Février 2013.

Toutefois, les récentes attaques mortelles sur les vaccinateurs contre la poliomyélite dans les régions politiquement fragiles du Pakistan et du Nigeria représentent une menace grave pour ces acquis et à l’éradication mondiale de la poliomyélite. Les chercheurs qui travaillent dans ces pays endémiques ont relevé des dénominateurs communs qui menacent les efforts d’éradication de la polio. Il s’agit notamment,  d’importantes populations musulmanes, de l’augmentation du militantisme, de l’instabilité politique, du manque de confiance et de la détérioration des conditions de sécurité. Toutefois, d’autres causes sont profondément ancrées dans des contextes spécifiques de chaque pays.

En Afghanistan, les talibans, potentiel future gouvernement, travaillent actuellement à instaurer la confiance entre la population générale. Pour ce fait, ils permettent à la population locale de participer à des campagnes de protection sociale, y compris l’IMEP.  Cette situation est toutefois fragile, car d’autres forces talibanes similaires ou pro -Al Qaïda en Afghanistan ou dans d’autres parties du monde, pourraient entraver l’IMEP en utilisant l’interférence avec l’éradication de la polio dans le cadre de leur stratégie de lutte contre l’alliance Ouest en Afghanistan.

Au Nigeria, et particulièrement au nord du pays, il y a d’autres problèmes de santé que les gens considèrent à juste titre comme prioritaires, mais le gouvernement semble se concentrer sur l’éradication de la poliomyélite. Cette situation engendre des soupçons et conduit les gens à refuser le vaccin contre la polio. Dans cette atmosphère de méfiance,  Boko Haram, mouvement islamiste du nord du Nigeria, hostile au gouvernement national,  attise des sentiments contre les travailleurs de la santé impliqués dans l’éradication de la poliomyélite en les identifiant comme les agents de l’ennemi (le gouvernement national) qui travaillent avec un autre ennemi , l’Occident. Pour eux, le but de réduire la population des communautés musulmanes à travers des campagnes de stérilisation secrète déguisée en vaccination.

Au Pakistan, l’attention accordée à l’éradication de la poliomyélite dans les médias internationaux et la programmation verticale peut avoir conduit des groupes terroristes à croire qu’ils peuvent atteindre certains de leurs objectifs en interférant avec l’éradication de la poliomyélite. Ils pourront ainsi terroriser les populations locales et les travailleurs du gouvernement, et arrêter la stratégie de porte-à-porte des vaccinateurs anti polio. Certains groupes terroristes soupçonnent de mener à bien les activités de surveillance pour identifier les personnes recherchées.

L’exploration de ces différences permet aux auteurs de faire ressortir des propositions politiques sur les moyens de répondre aux attaques sur les vaccinateurs et à d’autres facteurs qui entravent la poussée finale pour l’éradication de la poliomyélite. Ces propositions sont les suivantes :

  • La communauté sanitaire mondiale et les gouvernements de l’Afghanistan, du Pakistan et du Nigeria ont besoin de bâtir la confiance avec les communautés et donner la priorité à l’éradication de la polio dans le cadre des services de santé de routine plutôt que de le considérer comme étant  » le seul » problème de santé.
  • Nous suggérons que les stratégies de communication mises en œuvre pour l’éradication de la polio soient associées à d’autres problèmes de développement rencontrés par les communautés sanitaires locales. Ceci inciterait les groupes comme Boko Haram et les talibans à contribuer à sécuriser l’accès à la vaccination comme un moyen de gagner le soutien du peuple.
  • Les activités de vaccination devraient être poursuivies, mais avec moins de publicité, et sans la participation de coercition ou de stratégies militaires.
  • La communauté sanitaire mondiale et les gouvernements nationaux doivent travailler directement avec les membres de la communauté et de leurs chefs immédiats pour dissiper les mythes concernant la vaccination contre la polio plutôt que de s’engager seulement avec les chefs religieux régionaux ou provinciaux.
  • Nous suggérons donc que l’IMEP et ses principaux acteurs, tels que la Fondation Bill & Melinda Gates, le Rotary International, l’UNICEF, l’OMS et le Centers for Disease Control and Prévention, gardent un profil bas sur les délais et plutôt concentrer leurs énergies sur le soutien des gouvernements nationaux et sous-nationaux pour renforcer la vaccination de routine et d’autres services de soins de santé primaires. Ceci pourrait affaiblir le lien «occidental», et aider à bâtir la confiance à la fois dans la vaccination antipoliomyélitique et les gouvernements nationaux.

Enfin, nous sommes préoccupés par la représentation récente de la poliomyélite par certains comme le nouveau champ de bataille entre les forces occidentales et les groupes terroristes. Nous pensons que la mise en œuvre de l’IMEP a été considérablement limitée dans ces pays en raison d’un manque de confiance entre les populations et leurs dirigeants. Pourtant, le soutien des populations locales a permis aux enfants dans les zones dangereuses d’être atteint. Une augmentation de la couverture des services de santé et l’amélioration de l’accès aux services de santé par la population en général peut aider à construire la confiance entre les gouvernements et les populations et entre les travailleurs de la santé et leurs collectivités.

Vaccin contre le paludisme

2. Guardian – Vaccin contre le paludisme: espoirs pour 2015 après des essais concluants

Titre original: Malaria vaccine: Hopes rise for 2015 target after successful trials

Sarah Boseley;

http://www.theguardian.com/society/2013/oct/08/malaria-vaccine-trial-children-babies

Par Gaston Wamba

Un vaccin contre le paludisme pourrait être introduit en 2015 dans les pays les plus affectés du monde, ceci après des essais qui ont réduit le nombre cas de paludisme chez les bébés.

Les résultats des essais publiés à Durban en Afrique du Sud, montrent que le RTS,S, vaccin développé par GlaxoSmithKline (GSK) a réduit de presque la moitié le nombre de cas de paludisme chez les enfants âgés de 5 à 7 mois et d’un quart le nombre de cas chez les bébés de 6 à 12 semaines. La protection par ce vaccin dure environ 18 mois, et réduit avec le temps.

Chaque année, 660000 personnes décèdent de paludisme dont la majorité est faite d’enfants de moins de 5 ans. On compte environ 219 millions de cas de paludisme par an dans le monde, et les enfants qui survivent de la forme sévère peuvent avoir des séquelles qui vont affecter leur santé et leur développement plus tard dans la vie. GSK, encouragé par les résultats des essais de ce vaccin, voudrait faire la demande d’une licence pour son utilisation en Afrique sous une provision spéciale de « European Medicines Agency ». Bien que l’efficacité de ce vaccin (1er vaccin contre un parasite) réduise avec le temps, le nombre d’enfants chez qui il prévient le paludisme est important.

Pour GSK, ce vaccin sera non-lucratif, mais une addition de 5% sur son prix d’achat servira aux recherches et autres travaux sur les maladies tropicales.

Après l’Agence Européenne, ce vaccin aura besoin d’une approbation de l’OMS, et on s’attend à ce que GAVI paie la facture de ce vaccin qui va s’ajouter aux autres utilisés en routine. Comme ce vaccin semble plus efficace chez les enfants à partir de 5 mois, il ne sera donc pas administré en même temps que les autres. Nous espérons ainsi une nouvelle ère dans la lutte contre le paludisme.

 

Politique et financement de la santé

 

3. Guardian – Cancer experts warn of burden on poor countries as death rates soar

http://www.theguardian.com/global-development/2013/oct/08/cancer-poor-countries-fund-death-rates

Par Morris Kouame

Selon une étude menée par des experts sur le cancer,  le monde fait face actuellement  à une charge croissante et rapide du cancer  et Selon l’Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer. La maladie va tuer plus de 13,2 millions de personnes par an d’ici 2030, presque le double du nombre de 2008. La grande majorité des décès sera dans les pays à faible et moyen revenu. Les taux globaux de diagnostic et de décès liés au cancer sont en hausse tandis que l’accès au diagnostic et au traitement est extrêmement inégal. Dans les pays pauvres, a déclaré Boyle, où l’équipement, l’expertise et les médicaments pour le cancer sont rares et parfois inexistantes, l’alourdissement du fardeau de la maladie menace de causer des dommages dévastateurs à des familles entières. De nombreux pays à travers le monde sont déjà incapables de répondre à la situation actuelle et ne sont pas non plus  préparés à faire face à la croissance future du problème du cancer.  Selon Mr.Boyle, directeur de l’Institut de la santé publique mondiale à l’Université de Strathclyde, il faudrait 135 milliards € par an pour le diagnostic et le traitement du Cancer  dans les pays pauvres en utilisant les normes des pays riches. Cette situation risque de submerger les gouvernements, à moins que  l’industrie pharmaceutique ne prenne le lead pour mobiliser  plusieurs milliards de dollars dans un partenariat public-privé. L’exemple du Fonds Mondial pour la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose pourrait servir d’exemple pour la mobilisation des ressources afin de faire face au Cancer.

 

4. OMS- Systèmes de paiement des hôpitaux basés sur des groupes homogènes de diagnostic: expérience dans les pays à revenu faible et moyen

Titre original: Hospital payment systems based on diagnosis-related groups: experiences in low- and middle-income countries

Auteurs : Inke Mathauer & Friedrich Wittenbecher

Source : http://www.who.int/bulletin/volumes/91/10/12-115931.pdf

Par Bangaly Doumbouya

Cet article donne un aperçu complet des systèmes de paiement des hôpitaux basés sur les groupes homogènes de diagnostic (DRG) dans les pays à revenu faible et moyen. Il examine également les questions de conception et de mise en œuvre, ainsi que les défis associés auxquels les pays font face.

Une recherche documentaire sur les articles portant sur les systèmes de paiement basés sur les groupes homogènes de diagnostic dans les pays à revenu faible et moyen a été menée en anglais, français et espagnol dans Pubmed, la Bibliothèque régionale de l’Organisation panaméricaine de la Santé et Google.

Douze pays à revenu faible et moyen ont des systèmes de paiement basés sur les groupes homogènes de diagnostic et dix-sept autres pays sont en phase pilote ou exploratoire. Les pays ont fait un choix dans une vaste gamme de modèles de groupes homogènes de diagnostic importés ou développés par eux-mêmes, et la plupart des pays ont adapté ces modèles à leurs contextes particuliers. Tous les pays ont défini un plafond de dépenses. En général, les systèmes ont été testés en phase pilote avant d’être mis en œuvre. La nécessité de répondre à certaines exigences en termes de normalisation des codes, de disponibilité des données et de technologie des informations a rendu la mise en œuvre difficile. Les prestataires de service du secteur privé n’ont pas été pleinement intégrés mais la majorité des pays ont réussi à dissocier le financement des hôpitaux de la budgétisation des finances publiques.

Bien qu’il soit nécessaire d’obtenir davantage de preuves sur l’impact des systèmes de paiement basés sur les groupes homogènes de diagnostic, nos résultats suggèrent que (i) la plus grande partie du financement des soins de santé devrait provenir du public plutôt que du privé; (ii) il est recommandé de tester d’abord les systèmes en phase pilote et d’établir des plafonds de dépenses; (iii) les pays qui importent un modèle existant d’un système basé sur les groupes homogènes de diagnostic devraient être conscients de la nécessité de les adapter à leurs spécificités; et enfin (iv) les pays devraient promouvoir la coopération de prestataires de service pour la production appropriée des données et la gestion des réclamations.

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