Cette semaine Jeanne Tamarelle nous amène en Equateur en Amérique Latine pour partager l’expérience de ce pays par rapport à la couverture sanitaire universelle. Des avancées mais aussi des problèmes et les pays africains pourraient s’inspirer de cette expérience. Les débats de la Conférence de Hararé+25 qui se tient à Dakar à partir du 21 octobre pourraient s’inspirer de ce cas.

Dans la Lettre, vous trouverez des articles sur le financement de la santé et les OMS

Pour L’Equipe Editoriale

Basile Keugoung

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Editorial – Bilan de la couverture sanitaire universelle en Equateur : des leçons pour les districts de santé en Afrique ?

Par Jeanne Tamarelle

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Objectifs du Millénaire pour le Développement

1. WHO et al – Déclaration conjointe sur l’accélération des efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement en santé

Titre original: Joint Statement on the financing of health MDGs and for malaria

http://www.who.int/

Par Jeanne Tamarelle

La croyance selon laquelle l’être humain devient moins généreux en temps de difficultés financières vient à nouveau d’être contredite par l’incroyable mobilisation financière de ces dernières années au service des Objectifs du Millénaire pour le Développement, et des objectifs de santé en particulier.

A titre d’exemple, 1,15 milliards US$ ont été mobilisés cette semaine pour les objectifs 4 et 5 (réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle), 2,6 millions US$ ont été mobilisés l’année dernière lors du sommet sur la planification familiale à Londres, et un total de 18,6 millions US$  a été dédié au seul objectif 6 (combattre le VIH, le paludisme et d’autres maladies).

En même temps que les financements se sont multipliés et accélérés, les efforts ont redoublé pour atteindre les résultats espérés d’ici fin 2015. La mortalité infantile et maternelle a été divisée par deux, de même que les décès dus au paludisme, 6 millions de personnes sur les 9 millions affectées par la tuberculose reçoivent maintenant un traitement, et 10 millions de personnes reçoivent aujourd’hui un traitement contre le SIDA, réduisant la mortalité due au VIH mais aussi la transmission du VIH.

Si les efforts ont été importants jusque-là, le fossé qui nous sépare encore des OMD est d’autant plus important : il reste encore 250 000 morts maternelles à éviter chaque année, 3,5 millions d’enfants à sauver, mettre fin à la mortalité due au paludisme et à la transmission du VIH, pourvoir un accès à la thérapie antirétrovirale à 28 millions de personnes et un accès à un traitement antituberculeux pour 9 millions de personnes.

Non seulement, les fonds sont plus nombreux qu’auparavant, mais l’efficience de ses fonds a été augmentée par la multiplicité des études de terrain identifiant les bonnes pratiques. Nous savons désormais quelles interventions marchent, où sont les besoins, quelles sont les maladies desquelles souffrent les femmes enceintes et enfants, en plus des progrès scientifiques dans l’identification de nouveaux traitements plus efficaces.

La mise à l’échelle des interventions efficaces est un élément clé pour terminer le travail commencé depuis l’an 2000. Les interventions telles que l’investissement dans les professionnels de la santé communautaires, les transferts conditionnels, le financement basé sur les résultats ou encore la planification familiale dans le but de diminuer les grossesses non désirées, reculer l’âge des mariages et espacer les grosses, ont déjà montré leur efficacité.

Il nous reste désormais moins de 800 jours pour combler le fossé qui nous sépare des OMD. Les financements sont là, pourvu qu’ils continuent, mais il est maintenant crucial de se focaliser sur la mise en pratique et d’accélérer les efforts dans ce domaine. C’est ce vers quoi la déclaration conjointe nous encourage à aller : l’accélération doit commencer dès maintenant si nous souhaitons atteindre les objectifs à temps, tout en prenant en compte le fait que, par là, nous posons déjà les premières pierres de l’après-2015.

 

Politiques et Financement de la santé

2. Lancet (Correspondence) – Allocation budgétaire par l’OMS et charge morbide de la maladie

Titre original : WHO’s budgetary allocation and disease burden

Ikuma Nozaki;

http://www.thelancet.com/

Par Morris Kouame

Sur quelles bases l’OMS alloue-t-elle ses ressources pour faire face aux problèmes de santé ? Tient-elle compte de la charge des maladies ? Ou s’appuie-t-elle sur les priorités des pays ? Telles sont les préoccupations auxquelles David Stuckler et collègues tentent d’apporter des réponses. Une première étude conduite en 2008 a rapporté  que les allocations budgétaires étaient fortement axées sur le contrôle des maladies infectieuses et elle conclut le financement de l’OMS ne correspond pas à la charge de la maladie, en particulier dans la région du Pacifique occidental, qui a un faible taux de maladies infectieuses et une forte charge de maladies non transmissibles en  comparaison avec l’Afrique. Pour savoir si cette situation est restée inchangée, une autre étude a été menée s’appuyant sur le plan stratégique à moyen terme couvrant la période 2008-2013. Il ressort des conclusions que les allocations budgétaires de l’OMS sont restées fortement axées sur le contrôle des maladies infectieuses dans les deux régions. Mais pourquoi cette inadéquation dans l’allocation des ressources ? Il ressort également des conclusions de l’étude que  les programmes qui attirent l’intérêt des donateurs volontaires ont tendance à être bien financés que les autres programmes même si ces derniers  sont désignés officiellement comme prioritaires. Mais comment faire face à cette trop grande dépendance des contributions volontaires ? C’est l’un des défis majeurs identifié comme prioritaire par l’OMS. L’OMS tente de faire face à travers la flexibilité et la prévisibilité de son financement pour mieux s’équiper et faire face aux problèmes de santé de plus en plus complexes du 21e siècle. Cela passe par l’établissement  des priorités claires et l’amélioration des pratiques de gestion et de gouvernance qui contribueront à  protéger la santé et à sauver des vies.

Cependant, les États membres ont aussi la responsabilité d’assurer une allocation budgétaire équilibrée qui permettra à l’OMS de  répondre à leurs obligations constitutionnelles.

 

3. Bulletin de la Société de Pathologie Exotique: La charge de travail des agents de santé dans un contexte de gratuité des soins au Burkina Faso et au Niger

Antarou et al.

https://hhacops.org/?23qt6wy2.xx11pqba

La mise en place des mécanismes de subvention ou de gratuité des soins appuyés par les ONG au Burkina Faso et au Niger a entraîné une hausse importante de l’utilisation des services de santé de première ligne. Face à l’augmentation de la charge de travail perçue par le personnel soignant, l’objectif de cette étude était de mesurer leur charge de travail effective et d’estimer si les agents de santé étaient en mesure de faire face à la hausse engendrée par cette augmentation. Nous avons utilisé la méthode WISN recommandé par l’OMS pour évaluer leur disponibilité en comparant, dans chaque pays, quatre centres de santé où intervient une ONG par rapport à quatre autres centres de santé où seule la politique de l’État est mise en place. Huit centres de centre ont été concernés par cette étude au niveau de chaque pays en 2011. Au Burkina Faso, l’effectif du personnel était supérieur ou égal à l’effectif requis dans les huit centres de santé. Au Niger, trois centres de santé sur quatre du district sanitaire de Keita (présence d’ONG) présentaient un effectif en personnel inférieur ou égal à l’effectif requis (Wisn ratio = 1). Par contre, à Abalak (absence d’ONG), les centres de santé présentaient des effectifs supérieurs ou égaux aux effectifs requis (Wisn ratio = 1). Cette étude montre que l’effectif en ressources humaines ne s’est pas adapté au Niger dans le cadre de la gratuité des soins soutenue par une ONG. Au Burkina Faso, cet effectif est actuellement suffisant pour faire face à la gratuité totale.

 

4. BMJ (news) – Une forte redevabilité est cruciale pour atteindre les OMDs

Titre original: Strong government accountability is crucial to meeting millennium development goals, UN assembly is told

Anne Gulland;

http://www.bmj.com/content/347/bmj.f5823

Par Morris Kouame

Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) constituent un plan approuvé par tous les pays du monde et par toutes les grandes Institutions mondiales de développement. Ils ont galvanisé des efforts sans précédent pour répondre aux besoins des plus pauvres dans le monde. A deux ans de cette échéance, les OMD sont au cœur de débats et les différentes réflexions et actions encore possibles pour avoir plus de résultats sont également suggérées. Ainsi donc Joy Phumaphi , qui co- présidait le partage des résultats d’une étude commanditée par l’ONU sur « la responsabilisation » en ce qui concerne les OMD, a déclaré que  la  responsabilité des gouvernements est  fort cruciale  pour l’atteinte  les OMD en soutenant que les quelques pays qui devaient atteindre les objectifs liées à la fois la mortalité infantile et  maternelle ont  mis en place une surveillance et des mécanismes de reddition de comptes. Pour Joy, il est clair que l’utilisation d’une supervision et d’un mécanisme de responsabilisation a été le moteur de  la réalisation des résultats dans ces pays (le Laos, le Cambodge, le  Bangladesh, le Népal, L’Egypte et la Chine).

Au cours de cette réunion, le président de la Banque mondiale a annoncé le soutien de l’institution à hauteur de 700 millions US$  pour  les OMD 4 et 5 pour des projets  relatifs au financement basé sur les résultats.

 

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