La rentrée scolaire constitue le menu de l’éditorial de cette semaine. Ensuite, les articles sur le VIH/SIDA, la tuberculose et les maladies non transmissibles sont proposés. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

L’Equipe éditoriale

 

Editorial – Rentrée scolaire : offrir une place de choix à la médecine scolaire

Par Basile Keugoung

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VIH/SIDA

1. OMS – Élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant en Afrique du Sud

Auteur: Peter Barron et al.

Titre original: Eliminating mother-to-child HIV transmission in South Africa

Source : http://www.who.int/bulletin/volumes/91/1/12-106807.pdf

Par Bangaly Doumbouya

Problème

L’Organisation mondiale de la Santé a élaboré des lignes directrices claires pour la prévention de la transmission mère-enfant (PTME) du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). S’assurer que tous les éléments du programme de PTME soient mis en œuvre de manière qualitative dans tous les établissements présente cependant des défis.

Approche

Bien que l’Afrique du Sud ait lancé son programme de PTME en 2002, plus tard que la plupart des autres pays, le soutien politique a augmenté depuis 2008. La recherche opérationnelle a reçu davantage d’attention, et les données objectives ont été utilisées plus efficacement.

Environnement local

En 2010, environ 30% de toutes les femmes enceintes en Afrique du Sud étaient séropositives, et la moitié de tous les décès d’enfants de moins de 5 ans étaient associée au virus.

Changements significatifs

Entre 2008 et 2011, la proportion estimée de nourrissons de moins de 2 mois exposés au VIH, ayant subi une réaction en chaîne par polymérase (PCR) de routine visant à détecter la transmission précoce du VIH, est passée de 36,6% à 70,4%. Le taux estimé de transmission du VIH a diminué, passant de 9,6% à 2,8%. Les enquêtes basées sur la population en 2010 et 2011 ont signalé des taux de transmission de 3,5% et 2,7%, respectivement.

Leçons tirées

Voici certaines actions essentielles pour améliorer les résultats du programme:

Assurer la mise en œuvre rapide des changements de politique de PTME sur le terrain, grâce à la formation et à la diffusion des lignes directrices;

Assurer une bonne coordination avec les partenaires techniques, comme les agences de santé internationales et locales et les organisations non gouvernementales;

Utiliser les données et les indicateurs relatifs à tous les aspects du programme de PTME.

Permettre au personnel soignant des établissements de soins de santé primaires d’initier un traitement antirétroviral

Développer les services de laboratoire pour les décomptes de cellules CD4 + T et les tests PCR.

 

2. OMS – Intégration de la thérapie antirétrovirale dans les établissements de soins prénataux et de santé maternelle et infantile: revue systématique et méta-analyse

Titre original: Integrating antiretroviral therapy into antenatal care and maternal and child health settings: a systematic review and meta-analysis.

Source : http://www.who.int/bulletin/volumes/91/1/12-107003.pdf

Auteur : Amitabh B et al.

Par Bangaly Doumbouya

Il s’agissait de déterminer si l’intégration de la thérapie antirétrovirale (TAR) dans les établissements de soins prénataux (ESP) et de santé maternelle et infantile (SMI) pourrait améliorer les résultats du programme et la santé du patient.

Les auteurs ont systématiquement recherché via PubMed, Embase, African Index Medicus et LILACS des essais contrôlés randomisés, des études de cohorte prospectives et des études de cohorte rétrospectives comparant les résultats des cliniques ESP ou SMI ayant ou n’ayant pas intégré la TAR. Les résultats pris en compte comprenaient la couverture, la participation et la rétention de la TAR, ainsi que la mortalité et la transmission du virus d’immunodéficience humaine (VIH).

Résultats :

  • Quatre études répondaient aux critères d’inclusion. Toutes ont été menées dans des cliniques ESP.
  • Une participation accrue des femmes enceintes à la TAR a été observée dans les cliniques ESP qui l’avaient intégrée (risque relatif, RR: 2,09; intervalle de confiance IC à 95%: 1,78 à 2,46; I2: 15%).
  • Une couverture plus importante de la TAR a également été notée dans ces cliniques (RR: 1,37; IC à 95%: 1,05 à 1,79; I2: 83%).
  • Les analyses de sensibilité ont révélé une tendance à la prévalence nationale de l’infection par le VIH pour expliquer l’hétérogénéité de la taille de l’effet de l’intégration de la TAR sur sa couverture (P = 0,13).
  • La rétention de la TAR était similaire dans les cliniques ESP avec ou sans intégration de la TAR.

Les auteurs ont conclu que bien que peu de données aient été disponibles, l’intégration de la TAR dans les cliniques ESP semblait entraîner une augmentation des taux de participation et de couverture de la TAR. Les taux de rétention de la TAR restent semblables à ceux qui sont observés dans les modèles de référence.

 

3. Plos – Vers le dépistage universel et volontaire : une revue systématique et une méta-analyse des approches communautaires

Titre original –Towards Universal Voluntary HIV Testing and Counselling: A Systematic Review and Meta-Analysis of Community-Based Approaches

Amitabh Suthar et al.;

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001496;jsessionid=01E6D982948D3CAEE51B9712C55E60E2

Par Basile Keugoung

Une réponse efficace et globale à la pandémie du VIH/SIDA nécessite une expansion du counselling et du dépistage VIH afin d’améliorer l’accès à la prévention et aux soins. Le dépistage dans les formations sanitaires uniquement ne pourrait pas permettre d’atteindre les objectifs. Cet article fait la revue de la littérature sur l’évidence du dépistage communautaire.

La recherche des articles a été faite sur plusieurs sites Web (Pubmed, OMS, Embase..). les approches suivantes ont été évaluées : i) le dépistage porte à porte ; ii) le dépistage en stratégie mobile ; iii) le dépistage des cas index ; iv) le dépistage chez des hommes homosexuels ; v) le dépistage chez les personnes qui s’injectent les drogues ; vi) le dépistage mobile chez les professionnels de sexe ; vii) le dépistage mobile chez les adolescents ; viii) le dépistage volontaire ; ix) le dépistage au lieu de travail ; x) le dépistage à l’église ; et enfin xi) le dépistage à l’école.

Au total, 117 études ont été incluses à la revue. Les taux d’acceptation du dépistage sont les suivants : index : 88%, volontaire : 87%, mobile : 87%, porte à porte : 80%, au lieu de travail : 67%, à l’école : 62%. En stratégie mobile, le taux d’acceptation du dépistage variait de 9 à 100%.

Le dépistage à base communautaire améliore le dépistage et les soins, y compris des patients nouvellement testés ou ayant plus de 350 CD4/mm3, et obtient peu de résultats positifs. Parmi les séropositifs détectés grace à l’approche communautaire, 80% ont reçu leur test CD4 et 73% des personnes éligibles ont initié la trithérapie.

Dans les pays à faible et moyen revenu, le coût par personne testée variait entre 2 et 126 US$.

En conclusion, le dépistage communautaire permet d’améliorer le taux de dépistage, d’atteindre les personnes ayant des taux élevés de CD4 et d’obtenir leur adhésion aux soins. Les recherches ultérieures devraient améliorer l’acceptabilité du dépistage communautaire pour améliorer l’accès à la prévention, aux soins et au traitement.

 

Tuberculose

4. OMS – Tuberculose multi résistante en Bélarus: ampleur du problème et facteurs de risque associés

Auteurs : Alena Skrahina et al.

Titre original: Multidrug-resistant tuberculosis in Belarus: the size of the problem and associated risk factors

Sources : http://www.who.int/bulletin/volumes/91/1/12-104588.pdf

Par Bangaly Doumbouya

Il s’agissait d’évaluer le problème de la tuberculose multi résistante (TB-MR) sur le territoire biélorusse et explorer les facteurs de risque associés.

Au cours d’une enquête nationale menée en 2010-2011, 1420 cas de tuberculose (TB) ont été dépistés et 934 cas nouveaux ainsi que 410 cas précédemment traités ont été jugés conformes aux critères d’inclusion. Des isolats de Mycobacterium tuberculosis provenant de chaque patient admissible ont été testés pour leur sensibilité envers les médicaments antituberculeux. Des informations socio comportementales ont été recueillies lors d’entretiens basés sur un questionnaire structuré.

Résultat:

  • la TB-MR a été détectée dans respectivement 32,3% et 75,6% des cas nouveaux et des cas traités antérieurement, et 11,9% des 612 patients porteurs de la TB-MR présentaient une forme de tuberculose ultra résistante (TB-UR).
  • Un historique de traitement antérieur pour la TB représentait le principal facteur de risque indépendant pour la TB-MR (rapport des cotes, RC: 6,1; intervalle de confiance à 95%, IC: 4,8 à 7,7).
  • Les autres facteurs de risque indépendants comprenaient l’infection par le virus d’immunodéficience humaine (VIH) (RC: 2,2; IC à 95%: 1,4 à 3,5), l’âge <35 ans (RC: 1,4 ; IC à 95%: 1,0 à 1,8), un historique d’emprisonnement (RC: 1,5; IC à 95%: 1,1 à 2,0), une invalidité suffisante pour empêcher le travail (RC: 1,9 ; IC à 95%: 1,2 à 3,0), l’alcoolisme (RC: 1,3; IC à 95%: 1,0 à 1,8) et le tabagisme (RC: 1,5; IC à 95%: 1,1 à 2,0).

Les auteurs ont concluent que la TB-MR est très fréquente chez les patients atteints de tuberculose en Belarus. Ils ont affirmé que des nombreux facteurs de risque identifiés pour la TB-MR et la convergence entre l’épidémie de TB-MR et l’infection par le VIH exigent non seulement de renforcer la collaboration entre les programmes antituberculeux et de lutte contre le VIH, mais aussi la mise en œuvre de mesures innovantes pour accélérer la détection de la résistance à la tuberculose et améliorer l’observance du traitement.

 

Recherche

5. Health Research Policy & Systems – Charge financière des maladies non transmissibles dans les pays à faible et moyen revenu : une revue systématique

Titre original: The financial burden from non-communicable diseases in low- and middle-income countries: a literature review

Hyacinthe Tchewonpi Kankeu et al.;

http://www.health-policy-systems.com/content/11/1/31/abstract

Par Basile Keugoung

Les maladies non transmissibles étaient considérées comme affectant essentiellement les pays riches. Aujourd’hui, elles représentent une part importante de la morbidité et de la mortalité dans les pays à faible et moyen revenu mais leur impact sur les ménages est peu documenté. Cette revue de la littérature présente le coût de ces maladies sur les ménages.

Les maladies non transmissibles représentent une charge financière importante sur les ménages touchés et les plus pauvres sont les plus affectés. Les médicaments prennent la plus grande part du budget. Dans le traitement du diabète l’insuline est une source importante de dépenses pour les patients et leurs familles. Ces coûts limitent l’accès aux soins aux patients. On note par ailleurs une faible adhésion aux programmes d’assurance et un faible taux de remboursement.

Les coûts élevés de soins sont une barrière insurmontable pour certains patients, en particulier pauvres d’où la nécessité d’améliorer la protection financière dans les pays à faible et moyen revenu et de s’assurer que ces maladies sont prises en considération.

 

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