Chers Lecteurs,

Cette semaine, l’éditorial porte sur l’importance de la recherche pour l’atteinte de la couverture universelle. Le Rapport OMS 2013 sur la santé dans le monde concerne justement ce sujet.

Les articles que nous avons résumés concernent la santé maternelle, l’éradication de la poliomyélite et enfin sur le financement de la vaccination pour les enfants dans les pays à faible revenu, et enfin l’impact sanitaire des financements extérieurs des programmes de santé.

Bonne lecture

 

Editorial- Rapport OMS 2013 sur la santé dans le monde : Importance de la recherche pour la couverture sanitaire universelle

Par Basile Keugoung

L’OMS a publié le Rapport 2013 sur la santé dans le monde. Ce rapport s’intitule ‘Rapport sur la santé dans le monde 2013 – La recherche pour la couverture sanitaire universelle’. La Couverture Sanitaire Universelle (CSU) permettrait à chaque pays d’offrir des soins et services de santé à des coûts abordables et sans générer des dépenses catastrophiques pour le patient ou sa famille.

Le Rapport met en exergue la place capitale de la recherche pour accéder à la couverture sanitaire universelle. Il faudrait faire de la recherche pour produire des données essentielles indispensables à la réalisation de la CSU. Deuxièmement, chaque pays devrait non seulement effectuer les recherches car l’influence du contexte est indéniable, mais aussi utiliser les résultats pour résoudre ou lever les barrières à l’atteinte de la CSU. Enfin, la recherche a besoin de financement et de l’expertise et nécessite donc des appuis tant nationaux qu’internationaux.

Le rapport souligne l’importance de se doter des capacités de recherche. Le problème de ses capacités se pose beaucoup plus dans les pays à faible revenu. En Afrique sub-saharienne en particulier, cette capacité est encore faible dans la plupart des pays.

Des partenariats Sud-Nord ou Sud-Sud sont mis en place entre des Institutions de recherche pour renforcer cette capacité de recherche. L’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers-Belgique par exemple offre des bourses de formations doctorales à des candidats du Sud. Certains Journaux scientifiques annulent les frais de publication des articles pour les auteurs des pays à faible revenu. Des Initiatives Globales de Santé, des Fondations et la Coopération ont des financements pour des projets de recherche.

 

Un autre goulot d’étranglement concerne la publication des résultats de la recherche. Les grands journaux scientifiques, les Editeurs et les Publishers sont localisés au Nord. Il y a donc un risque pour des études qui n’ont pas une grande portée internationale et/ou une faible qualité scientifique d’être rejetés. La barrière linguistique se pose avec acuité pour des pays francophones ou lusophones. Seuls quelques Journaux scientifiques ayant un Facteur d’impact publient en Français. La majorité des Journaux ont l’anglais comme langue d’édition.

 

Au-delà des appuis du Nord, la plus grande responsabilité repose sur les pays du Sud pour mettre en place des mécanismes structurels permettant de lever les problèmes et de développer la recherche. Ces mécanismes devraient inclure le financement de la recherche, les incitants alloués aux chercheurs, et les modalités de promotion des chercheurs et/ou des enseignants dans les Universités.

Enfin, il faudrait une plus grande interaction entre les chercheurs et les policymakers et les gestionnaires des systèmes de santé. Cette interaction permettrait que les résultats de la recherche soient être utilisés pour réformer les politiques de santé ou d’adapter des stratégies de mise en œuvre des interventions de santé.

 


 

1.    International Perspective on Sexual Reproductive Health –  influence de la puissance intrafamiliale sur les soins de santé maternelle au mali: perspectives des femmes, des hommes et des belles mères

Auteurs: Darcy White et al.

Source : http://www.guttmacher.org/pubs/journals/3905813.html

 

Par Bangaly Doumbouya

 

Contexte

La preuve de divers paramètres, suggère que les femmes ont souvent peu de contrôle sur leurs propres décisions en matière de santé reproductive. Pour augmenter l’utilisation des services de prévention et des comportements, il est important de comprendre comment la dynamique du pouvoir intrafamilial et les attitudes des femmes, de leur mari et de leur belle-mère, sont associés aux pratiques de santé maternelle.

 

Méthodes

Dans 317 ménages recensés dans deux districts ruraux du centre du Mali, les femmes qui avaient accouché au cours de l’année précédente, leur mari et leur belle-mère, ont chacun rempli un questionnaire afin d’évaluer leurs attitudes à l’égard de la question de genre, du pouvoir et de la santé. Des analyses de régression logistique à deux variables et multi variées ont été effectuées pour identifier les associations avec quatre indicateurs de santé maternelle: la fréquence des consultations prénatales, le calendrier des soins prénatals, l’accouchement et les soins postnataux institutionnels.

 

Résultats

En analyses multi variées, les préférences et les opinions des belles-mères ont été associées à des attitudes de santé maternelle de leurs belles-filles. Les perceptions propres des femmes de leur auto efficacité, la valeur des femmes dans la société et la qualité des services dans les établissements de santé, ont également été indépendamment associées à leurs pratiques de recherche de la santé et de la prévention. Les préférences et les opinions des maris n’étaient pas associées à un quelconque résultat.

 

Conclusion

Les interventions axées sur les femmes ou les couples peuvent être insuffisantes pour faire progresser la santé reproductive dans les sociétés patriarcales comme le Mali. Les efforts futurs dans la recherche programmatique, doivent se pencher sur les normes de genre et examiner l’influence d’autres membres de la famille, comme les belles-mères.

2.    BMC Public Health (Debate)- Vers l’éradication du Virus Papilloma Humain à travers la vaccination universelle spécifique

Titre original: Towards the eradication of HPV infection through universal specific vaccination

Piergiorgio Crosignani et al.;

http://www.biomedcentral.com/1471-2458/13/642/abstract

Par Laure Fotso

Le Virus Papilloma Humain (VPH) est généralement reconnu comme la cause directe du cancer du col utérin. Le développement de vaccins anti-VPH efficaces, permet de prévenir les cancers du col liés au VPH.

Au cours des dernières années, en plus des preuves épidémiologiques et de  biologie moléculaire, le rôle oncogène du VPH dans le développement d’autres tumeurs a été soutenu, y compris les condylomes du pénis, de l’anus, de la vulve, du vagin, et les cancers oro-pharyngés. Les données ont montrés que bien que mis à l’écart dans la procédure de dépistage pour la prévention des maladies liées au VPH, les hommes sont affectés presque aussi souvent que les femmes  et jouent un rôle clé dans le paradigme de l’infection par le VPH: à la fois les patients et dans le cadre des mécanismes de transmission.  C’est ainsi qu’un groupe d’experts a passé en revue des études sur l’histoire naturelle de l’infection  à HPV et les maladies apparentées chez les femmes et les hommes, l’expérience croissante de vaccination contre le VPH chez les femmes, l’analyse de l’efficacité clinique contre l’efficacité économique de vaccination contre le VPH. Il en ressort une viabilité économique des programmes de vaccination à la fois chez les femmes et les hommes. Ces réalisations face à la hausse et l’attention nécessaire à la question de l’équité sociale dans les soins de santé pour les deux sexes, dans le but d’éradiquer l’infection par le HPV à la fois chez les femmes et les hommes.

 

3.    World Bank – Plusieurs million d’enfants seront protégés des maladies grâce à un important financement mondial

Titre original : Millions of children to be protected from deadly diseases through unique global vaccine bond issuance

http://www.worldbank.org/en/news/press-release/2013/07/02/millions-of-children-to-be-protected-from-deadly-diseases-through-unique-global-vaccine-bond-issuance

Par Laure Fotso

Partenariat public-privé  engagé à sauver la vie des enfants et de protéger la santé des populations en élargissant l’accès à la vaccination dans les pays en développement, GAVI utilise des mécanismes de financement innovants, y compris le co-financement par les pays bénéficiaires. Ceci permet de garantir un financement durable et un approvisionnement adéquat de vaccins de qualité. C’est ainsi que depuis 2000, GAVI a financé la vaccination de 370 million supplémentaires d’enfants et  a évité plus de 5,5 million de décès prématurés. A partir de 2006, les efforts de GAVI ont pris un souffle nouveau avec la création de l’International Finance Facility for Immunisation (IFFIm). Il s’agit d’une institution multilatérale de développement  qui facilite le financement de plus de 50 pays les plus pauvres du monde. L’IFFIm permet d’accélérer la disponibilité des fonds prévisibles à long terme pour les programmes de santé et de vaccination et d’aider ainsi la communauté internationale à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. C’est ainsi qu’en juillet dernier, l’IFFIm a doté le programme de vaccination GAVI  de 700 million US$. Dr Seth Berkley, PDG de GAVI  définit cette institution comme étant  l’innovation à l’échelle mondiale, reliant les investisseurs et les banquiers centraux en Europe, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient, au Japon et ailleurs avec des enfants dans les pays en développement.

Maintenant, les enfants les plus vulnérables de la planète peuvent avoir accès à de nombreux vaccins, y compris les vaccins contre les pires formes de pneumonie et de diarrhée, les deux plus grands tueurs d’enfants de moins de cinq. Ceci est une étape essentielle pour atteindre l’objectif de mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030.

 

Recherche

4.    HP&P – Impact sanitaire des financements extérieurs pour le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme: Revue systématique

Titre original- Health impact of external funding for HIV, tuberculosis and malaria: systematic review

Thyra E De Jongh et al.;

http://heapol.oxfordjournals.org/content/early/2013/08/05/heapol.czt051.short?rss=1

 

Par Basile Keugoung

Depuis 2002, l’aide des bailleurs pour la santé a augmenté de façon substantielle, surtout à travers les programmes de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. Une revue systématique a été effectuée pour évaluer l’impact de ces investissements sur la santé.

Les documents qui avaient étudié un lien entre les investissements et la santé ont été inclus dans la revue. Un cadre conceptuel basé sur la chaine causale a été utilisé pour analyser les documents.

Au total, 13 articles dont 11 en Afrique et 2 en Asie ont été inclus. Seules deux études ont documenté une chaine causale depuis le financement jusqu’au passage à l’échelle du programme, aux outputs produits, aux indicateurs de santé obtenus et à l’impact. De façon générale, on a noté une corrélation positive entre les fonds externes reçus et l’amélioration des indicateurs de santé.

Malgré le nombre important de programmes appuyés dans le monde et l’abondance de la littérature sur les programmes VIH/SIDA, tuberculose et paludisme, il n’y a que quelques études qui ont analysé la relation entre les investissements et les indicateurs de santé et leur impact. Les Organisations qui financent les programmes et les chercheurs devraient mettre un accent sur la collecte et l’analyse des données pour démontrer la relation entre le financement alloué et les effets obtenus.

Tagged with →  

One Response to PIS 219: Pour une couverture universelle santé

  1. Excellent report. I strongly believe that we can make a urge difference in people life throughout the world by reducing maternal and child mortality if we are applying all these concepts and using them as our guiding principles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please fill in the below * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.