C’est l’été et les vacances. Nous vous proposons alors une Lettre légère. Nous revenons sur le rapport publié par l’UNICEF sur l’excision et les mutilations génitales. Ensuite, vous trouverez trois articles sur le paludisme, la transmission materno-fœtale du VIH et la gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans au Burkina Faso.

Bonne Lecture

L’Equipe éditoriale

 

Editorial- Excision et mutilations génitales : Des coutumes qui menacent la santé de la fille et de la femme

Par Basile Keugoung

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Paludisme

1. Lancet (comment) – Eradication du paludisme: est-ce possible? Est-ce utile? Devons-nous la réaliser

Titre original: Malaria eradication: is it possible? Is it worth it? Should we do it?

Jenny Liu et al.;

http://www.lancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(13)70002-0/fulltext

Par Basile Keugoung

Ce sont trois questions que se sont posées Liu et collègues sur l’éradication du paludisme. Ils soulignent qu’en 1900, le paludisme était présent dans la plupart des pays. A ce jour, 111 pays l’ont éliminé et 34 pays sont sur la bonne voie pour son élimination (c’est-à dire l’absence de transmission dans une zone géographique donnée) avec une baisse de l’incidence et de la mortalité de plus de 80%. Dans les 64 autres pays, l’incidence et la mortalité ont réduit de 17% et 26% respectivement.

Ainsi, l’éradication est probablement possible mais plusieurs défis persistent.

1-D’abord, la charge morbide du paludisme est encore très élevée. En 2010, 219 million de cas de paludisme et 66000 décès étaient rapportés par 98 pays.

2-En plus, il y a une résistance aux antipaludéens ainsi que du moustique aux insecticides.

3-La mobilité des populations rend le contrôle de la maladie difficile.

4-Il y a peu de recherche sur Plasmodium vivax  qui est plus répandu dans certaines régions.

5-Les conflits rendent difficile la mise en œuvre des interventions dans certains pays

6-Il est difficile d’avoir des financements adéquats et pérennes pour soutenir les acquis

Quel serait le bénéfice de l’éradication du paludisme. Dans les cas où le paludisme est endémique, les bénéfices seraient importants en termes de vies sauvées et de fonds épargnés. Ceci aiderait à réduire les cas de paludisme importés dans d’autres  pays.

Enfin, nous devons faire tous les efforts pour éradiquer le paludisme car les coûts de prise en charge et ses effets négatifs sont très élevés. Sinon dans les pays endémiques, il persistera une morbidité et une mortalité palustres probablement faibles, des risques de résistance et donc de réintroduction des cas dans des zones indemnes de paludisme.

Par conséquent, il faudra maintenir les efforts intenses dans les pays à forte prévalence avec une élimination progressive et engager ensuite la phase d’éradication. Ceci serait possible entre 2050 et 2060.

 

VIH/SIDA

2. Reuters – Sept pays africains ont réduit la transmission materno-foetale du VIH de 50%

Titre original: Seven African countries cut child HIV infections by half

http://www.trust.org/item/20130625133607-0mtxe/?source=hptop

Dans un rapport publié par l’ONUSIDA, 7 pays africains ont réduit d’au moins 50% la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Il s’agit de l’Afrique du Sud, du Botswana, l’Ethiopie, le Ghana, le Malawi, la Namibie et la Zambie. Ceci est le résultat de l’augmentation de l’accès des femmes enceintes séropositives aux antirétroviraux, avec des couvertures de plus de 75%.

Par contre les nouvelles infections ont augmenté en Angola et restent stables au Nigéria.

 

Recherche

3. Journal of Epidemiology & Community Health – Améliorer l’équité en supprimant les paiements directs pour les enfants au Burkina Faso

Titre original: Improving equity by removing healthcare fees for children in Burkina Faso

Valéry Ridde et al.;

http://jech.bmj.com/content/early/2013/06/16/jech-2012-202080

Par Basile Keugoung

Cette étude a évalué les effets de la gratuité des soins sur les inégalités d’accès aux soins des enfants de moins de 5 ans au Burkina Faso.

Méthodes La conception composait de deux études complémentaires. La première était une suite interrompue de temps (56 mois avant et 12 mois après). L’étude des consultations curatives quotidiennes en fonction de la distance (<5, 5-9 et ≥ 10 km) dans un échantillon aléatoire stratifié de 18 centres de santé: 12 avec l’intervention et 6 sans intervention. La seconde était une enquête par panel des ménages (n = 1214) pour évaluer l’évolution de comportements. La régression à plusieurs niveaux a été utilisée partout.

Résultats La fréquentation a doublé sous l’intervention, après ajustement pour  la taille des Centres de Santé et de Promotion Sociale, les districts, la tendance séculaire et des variations saisonnières. L’utilisation a accrue pour toutes les distances et dans tous les 12 centres de santé de la zone d’intervention. L’exonération bénéficie à tous les enfants (rapports de taux (RR) = 1,52 (1,23 à 1,88)), si leurs besoins de santé étaient élevés (RR = 1,69 (1,22 à 2,32)) ou non (RR = 1,46 (1,10 à 1,93)) et si les enfants vivaient à proximité (RR = 1,42 (1,09 à 1,85)) ou loin d’un centre de santé (RR = 1,79 (1,31 à 2,43)). L’exemption a profité aux enfants des familles pauvres quand les besoins de santé étaient élevés et les services à proximité (RR = 5,23; (1,30 à 20,99)). Le montant moyen épargné pour le traitement d’un enfant par l’exemption était en moyenne et la médiane 2500 F CFA (≈ 5 $ US).

Conclusions La gratuité des enfants pour les enfants de moins de cinq est efficace et contribue à réduire les inégalités d’accès. Elle profite aux populations vulnérables, bien que leur utilisation des services reste limitée par les contraintes de l’accessibilité géographique des services.

 

4. International Journal of Health Planning & Management – Réformes et maladies non transmissibles émergentes: des défis rencontrés par un pays en conflit- Le cas de la Syrie

Titre original: Reforms and emerging noncommunicable disease: some challenges facing a conflict-ridden country—the case of the Syrian Arab Republic

Kasturi Sen et al. ;

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/hpm.2193/abstract

L’année dernière a été marquée par une turbulence considérable dans le monde arabe. La Syrie, un pays à revenu moyen inférieur avait une infrastructure de santé publique solide. Cet article explore les défis actuels de son système de santé, les troubles civils et les sanctions internationales qui tous ont de graves conséquences pour la santé de la population. Le système de santé de la Syrie était peu connu, et jusqu’à récemment, il était bien intégré pour fournir des soins préventifs et spécialisés en cas de besoin. Au niveau régional, il a été l’un des rares pays capables de relever les défis de la transition démographique et épidémiologique avec un accent depuis longtemps sur les soins primaires et la prévention, contrairement à la plupart des pays de la région. Ce contexte a radicalement changé à cause de la récente mise en œuvre des réformes et de la guerre civile en cours.

Les changements dans le mode de financement, la gestion et la prestation des services de santé menacent l’accès aux services, mais maintenant, ils sont aggravés par la destruction des services par la guerre interminable et les sanctions internationales. Cet article explore des effets combinés des réformes, des conflits et des sanctions sur la santé de la population.

 

 

 

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